Tag: Jean-Paul Fournier

  • Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Vingt-cinq ans de Fournier à Nîmes, trente et un ans de Roustan à Alès : en 2026, deux villes clefs du Gard tournent la page de mairies verrouillées à droite. À Nîmes, Jean-Paul Fournier (LR) se retire après quatre mandats. La droite laisse un paysage en friche, fracturé entre les ambitions concurrentes de Julien Plantier, ancien premier adjoint, et de Franck Proust, patron de Nîmes Métropole, adoubé par LR, l’UDI… et plus récemment Horizons. À côté, Renaissance tente d’exister, au prix de combinaisons illisibles pour beaucoup de Nîmois. Quant au RN en embuscade, il laisse planer la rumeur Julien Sanchez.

    En face, la gauche a tiré les leçons de 2020. Avec Nîmes en Commun, Vincent Bouget (PCF) conduit une union large – PS, EELV, PP – nourrie par une démarche participative au long cours : des réunions de quartiers et un questionnaire où plus de 3 000 habitants ont pris la parole. Dans une ville où la droite a confisqué les décisions pendant un quart de siècle, le message est clair : redonner la ville à celles et ceux qui l’habitent.

    À Alès aussi, c’est la fin d’une époque. Max Roustan, figure de la droite locale depuis les années 1990, a passé la main à son fidèle compagnon de route, Christophe Rivenq. Une continuité revendiquée, au moment même où l’extrême droite engrange des victoires dans les circonscriptions alentour. Le RN rêve de transformer l’ancienne « capitale des Cévennes rouges » en vitrine de sa normalisation. La gauche, elle, tente de reconstituer un front commun pour « reprendre la maison » via le mouvement du Printemps alésien et son chef de file Paul Planque (PCF).

    Mais l’enjeu dépasse les seules préfecture et sous-préfecture. Dans les villages viticoles et les petites villes, le RN lorgne sur les mairies (Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit, Vauvert…). Là où les services publics se retirent, où les loyers flambent et où les fins de mois se tendent, c’est aussi le terrain de jeu des discours de haine et des clientélismes opaques. En 2026, le Gard joue donc gros. Soit les forces de gauche et du mouvement social parviennent à transformer les colères en projets, les citoyens en contre-pouvoirs locaux. Soit l’extrême droite continue d’essaimer, de Beaucaire à Vauvert, d’Alès aux hameaux des Cévennes, profitant des divisions et des rancœurs personnelles.

  • [Rétro 2025] Gard : abattoir sauvé, halles critiquées

    [Rétro 2025] Gard : abattoir sauvé, halles critiquées

    Fermé mi-janvier suite à la liquidation judiciaire prononcée en décembre 2024 par le tribunal de commerce, l’abattoir d’Alès a pu être sauvé in extremis au prix d’une privatisation de l’outil.

    Après plusieurs mois de procédures et de travaux de remise aux normes, la structure reprise par Olivier Roux, l’ancien directeur de l’abattoir de Tarascon et actuel patron d’Atelier spécialisé viande (ASV), a finalement pu rouvrir ses portes le 11 septembre. A peine 11 salariés y travaillaient à la reprise contre une vingtaine auparavant. Essentielle, l’installation, qui ne tourne qu’à 50%, va devoir faire ses preuves pour durer.

    Les halles de la discorde

    A Nîmes, un projet qui aurait pu sembler consensuel fait jaser. Il s’agit de la rénovation programmée des halles historiques (140 ans). Le flou entretenu par la municipalité de Jean-Paul Fournier est tel qu’en mai, un collectif a fait part de ses craintes, réclamant une véritable concertation. L’absence d’objectif ou même de visuel de ce que sera le lieu en 2029 suscite la méfiance. Combien d’étals demeureront ? Ce lieu de vie peut-il se gentrifier et devenir un lieu de consommation bling bling, comme à Béziers où les halles privatisées par Robert Ménard ont changé d’atmosphère et de clientèle ? A Nîmes ou Béziers, les halles, enjeu des municipales.

  • Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Ce samedi 13 décembre, les élus nîmois ont clôturé l’année politique par une séance de conseil municipal dense, avec 56 délibérations à l’ordre du jour. Moment fort de la matinée : l’adoption du budget primitif 2026, dernier de la mandature de Jean-Paul Fournier, dans un climat de plus en plus marqué par les échéances électorales à venir.

    Porté par l’adjoint aux finances Frédéric Escojido, ce budget affiche 402 M d’euros de dépenses consolidées, dont 125,8 M€ pour l’investissement. Il vise à poursuivre les projets structurants en matière d’urbanisme, d’éducation, de sécurité et de transition écologique, tout en maintenant un ratio de désendettement à cinq ans. « Ce budget est rigoureux, sincère, et assure la continuité de l’action municipale », a-t-il défendu. Mais à gauche, Vincent Bouget a dénoncé un « faux équilibre », pointant notamment « une baisse de plus de 2 M d’euros pour les associations ».

    Des débats électriques

    Les tensions se sont aussi cristallisées sur le financement des centres sociaux. François Courdil (adjoint) a accusé le Département de n’avoir soutenu qu’un seul centre cette année. Sur un autre front, l’élue d’opposition Sylvette Fayet a vivement critiqué l’augmentation de 50 centimes des places PMR pour les corridas, dénonçant une mesure « absurde et honteuse ». L’adjoint à la tauromachie Frédéric Pastor a répliqué que l’accompagnant bénéficie du même tarif réduit.

    Enfin, la Ville a réaffirmé son engagement pour l’égalité femmes-hommes, avec un index de 78/100 et des mesures de prévention accrues, notamment via le dispositif Angela ou la distribution de capuchons anti-GHB. À trois mois du scrutin, cette séance aura résumé en une matinée les enjeux d’un basculement politique en gestation.

  • Nîmes : Vincent Bouget en tête des municipales dès le 1er tour

    Nîmes : Vincent Bouget en tête des municipales dès le 1er tour

    « Dans une triangulaire, c’est gagnable pour la gauche à Nîmes. Tout est possible… y compris une victoire du RN. » À l’analyse du sondage de l’institut Quorum pour le Réveil du Midi, Michel Crespy se montre prudent.

    Pour le politologue montpelliérain, dans cette étude réalisée par téléphone du 3 au 19 novembre auprès de 804 Nîmois issus d’un échantillon (méthode des quotas) de 1 180 personnes représentatives de la population de la capitale gardoise, tout suggère que les jeux sont ouverts.

    Pour commencer, les estimations sont très serrées dans chaque configuration. Au 1er tour, la liste d’union de la gauche (hors LFI : 6%) de Vincent Bouget (28%) arriverait légèrement en tête devant le RN (27%). Soutenu par le maire sortant Jean-Paul Fournier, Franck Proust (22%) serait en difficulté dans l’optique où la macroniste Valérie Rouverand (9%) et l’ex-premier adjoint déchu, Julien Plantier (8%), partiraient en ordre dispersé. Si ces deux-là s’unissaient, leur score (22%) leur permettrait de devancer Frank Proust encore plus affaibli (18%) mais pas de talonner Vincent Bouget (30%) qui aurait encore le RN derrière lui (25%). La seule configuration où le communiste n’est pas donné en tête (29%), c’est si F. Proust et J. Plantier finissaient par s’allier dès le 1er tour (31%). Au vu des noms d’oiseaux qui ont fusé ces derniers mois entre les deux hommes de droite, c’est loin d’être fait. Si leurs ego étaient mis de côté, le RN suivrait en 3e position (24%), puis loin derrière V. Rouverand (11%) et les Insoumis François Tardieu et Leïla Taamali (5%).

    Les projections du 2e tour sont tout aussi indécises. Qu’il s’agisse d’une triangulaire ou d’une quadrangulaire*, F. Proust n’est donné vainqueur que d’un cheveu. Il l’emporterait avec 38% contre V. Bouget (36%) et le RN (26%) ou bien avec 30% devant l’union de la gauche (29%), l’extrême droite (25%) et J. Plantier (16%). Compte tenu de la marge d’erreur qui peut varier de 1,7 à 4,2 points, tout reste à faire durant la campagne.

    « Pas de prime au sortant »

    Cette étude peut-elle inciter la droite à s’unir ? « Ça dépend de la psychologie des candidats. Certains sont prêts à aller jusqu’au bout quitte à faire perdre leurs proches », rappelle Michel Crespy. Il pense aussi que les candidats sont peu influencés par un sondage local. « Ils croient connaître le terrain, ils rencontrent des gens dans la rue et leur font confiance ».

    Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de prime au sortant. « Souvent un maire sortant a pu désigner un dauphin qui a raté la marche. Aux Municipales, on vote d’abord pour une personne, être béni n’a pas beaucoup d’importance », assure M. Crespy.

    Il y a une autre inconnue : qui mènera la liste RN que la rumeur promet à l’ancien maire de Beaucaire, Julien Sanchez. « Je ne pense pas que le nom de la tête de liste change grand-chose pour l’électorat du RN, qui vote avant tout pour Le Pen ».

    Si le paysage politique n’est pas figé et que la campagne débute à peine, cette étude confirme un vrai élan en faveur de la liste Nîmes en commun donnée 10 points au-dessus du score de 2020. « Nous sentons une dynamique qui dépasse le cercle des convaincus. L’union fait du bien et donne confiance », positive V. Bouget.

    * 10% des suffrages exprimés sont nécessaires pour se maintenir au 2e tour, 5% pour fusionner.

  • Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Occitanie : un dernier budget sous haute tension électorale à Nîmes 

    Dernier débat d’orientation budgétaire du mandat Fournier, et ambiance électrique samedi 15 novembre au matin, au conseil municipal de Nîmes. Pour Jean-Paul Fournier, qui ouvrait son 25e et ultime rapport d’orientation budgétaire (ROB) en tant que maire, l’heure était au bilan. « Depuis un quart de siècle, notre cap a été maintenu », affirme-t-il, revendiquant une ville « transformée sans perdre son âme ». À ses côtés, l’adjoint aux finances, Frédéric Escojido, déroule un contexte économique tendu : inflation, hausse des taux, dotations stagnantes. « Le ROB est un exercice de transparence, le miroir de l’action menée », assure-t-il.

    La majorité met en avant une méthode : rigueur sur les charges, maîtrise de la masse salariale, investissement soutenu. Depuis 2020, 330 millions d’euros auraient été injectés dans la ville, et l’encours de dette poursuivrait sa baisse pour atteindre 174,5 millions d’euros fin 2025, avec un ratio de désendettement à 4,9 années. Pour 2026-2028, l’exécutif table sur une épargne nette en progression et 165 millions d’euros d’investissements possibles.

    Mais l’opposition ne partage pas l’optimisme. Pour Vincent Bouget (PCF), « certains voyants passent au rouge ». L’élu conteste le niveau réel de la dette, qu’il estime à 264 millions d’euros « si l’on inclut les budgets annexes du Cadereau et de l’Anru ». Il pointe aussi la baisse du fonds de roulement et une capacité d’autofinancement amputée : « Ce plan d’intervention n’est ni sincère ni financé. C’est un catalogue de Noël, démagogique et électoraliste. »

    Même tonalité chez Valérie Rouverand (Renaissance), qui souligne une ville « parmi les plus taxées » en France et une fracture territoriale croissante : « Les investissements se concentrent sur un centre élargi, au détriment des quartiers. » Évincé de la majorité et désormais candidat, Julien Plantier juge la situation « solide », mais davantage héritée d’une inertie que d’une vision. « Ce ROB est un document comptable, pas un projet pour la ville », tranche-t-il, regrettant l’absence de ligne directrice sur les grands équipements.

    Face aux attaques, le premier adjoint et candidat, Franck Proust, monte au créneau. « L’équilibre est un acte politique fort », martèle-t-il, rappelant que « plus de 50% des investissements sont financés par l’épargne brute ». Et de viser la gauche : « Le Département affiche plus de 13 années d’endettement. La peur va changer de camp. » Un débat tendu donc, prolongé par quelques couacs techniques et des échanges particulièrement vifs, notamment entre l’adjoint à la Culture, Daniel-Jean Valade, et Vincent Bouget, autour des investissements culturels. À quatre mois du scrutin, le ROB aura surtout servi de répétition générale aux candidats déjà lancés dans la bataille des municipales.

  • 13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    Dix ans se sont écoulés, mais l’émotion demeure intacte. Ce jeudi 13 novembre, à midi, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Nîmes pour honorer la mémoire des victimes des attentats de Paris et Saint-Denis. Autour du maire Jean-Paul Fournier, des élus et du préfet, une minute de silence a d’abord été observée, « un silence où se mêlent la peine et l’espérance », a-t-il déclaré, rappelant la gravité de ces attentats qui ont « fait vaciller tout un pays », marqué une génération entière et transformé durablement l’approche nationale face au terrorisme. S’en est suivi l’hymne national, en mémoire des 132 morts et des centaines de blessés.

    Le maire a insisté sur la nécessité de transmettre cette mémoire collective : « Dix ans ont passé, mais la France n’oublie pas. Elle se recueille et elle tient debout. Et ici comme ailleurs, nous faisons vivre ce qui a été attaqué : la liberté, la fraternité, la laïcité. » Le préfet Jérôme Bonet, présent à ses côtés, a salué l’engagement des forces de secours mobilisées en 2015 et la responsabilité de chacun dans la défense des valeurs républicaines.

    Se souvenir ensemble

    À Montpellier, un hommage s’est tenu à 14h30 au Monument aux morts, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. Élus, habitants et représentants des institutions y ont participé, dans la continuité des commémorations organisées dans tout le pays. Là aussi, la sobriété et le recueillement ont dominé. Le maire Michaël Delafosse a rappelé que « le 13 novembre 2015, le fanatisme islamiste arrache les vies humaines au Bataclan, sur les terrasses ». Pour lui, l’hommage est aussi un engagement : « Notre pays affronte l’épreuve, en se tenant debout pour protéger nos valeurs de liberté et de fraternité. Les victimes sont indéfectiblement dans nos mémoires. Elles nous obligent, Montpellier se souvient. »

    À Nîmes et à Montpellier comme partout dans l’Hexagone, l’émotion était la même : une douleur encore sensible, mais aussi la nécessité de rester vigilant face à la menace et la volonté de rester unis. Dix ans après le 13 novembre, la région a réaffirmé une certitude : la mémoire continue de rassembler.

  • La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La succession de Jean-Paul Fournier, après vingt-cinq ans de règne, vire à la guerre des droites. À cinq mois des municipales de 2026, les prétendants s’entre-déchirent sur fond de soupçons de glissement idéologique. Dernier épisode en date : le déplacement de Julien Plantier à Béziers, ville symbole du virage sécuritaire incarné par Robert Ménard. L’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier y a rencontré la nouvelle brigade municipale antistupéfiants, saluant « une initiative forte » et affirmant vouloir « s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs ». Une référence qui interroge, tant le maire de Béziers a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine et régulièrement critiqué pour sa gestion autoritaire. Plantier, de son côté, a assumé que le thème de la sécurité serait au centre de sa campagne : « Chaque Nîmois doit pouvoir se sentir en sécurité partout, tout le temps. Aujourd’hui, nous avons besoin d’autorité. Le maire doit incarner cette autorité », a-t-il déclaré suite à la rencontre.

    Ce voyage biterrois a fait bondir une partie de la majorité sortante, comme le dévoile Objectif Gard : « Quel signal envoie-t-il ? Ménard, c’est l’extrême droite. S’il pensait récupérer les voix du centre-gauche, il peut désormais se mettre le doigt dans l’œil », aurait taclé un proche de Franck Proust. Avant d’ajouter : « La sécurité, il est coresponsable du bilan de Fournier, il était premier adjoint jusqu’au début de l’année ». Un autre raille une « photo opportuniste » : « Le maire de Béziers ne l’a même pas reçu, il a juste échangé avec un adjoint et un responsable sécurité. C’est ridicule. »

    Un boulevard pour le RN

    Du côté de Franck Proust, une autre polémique enfle après l’arrivée du communicant Olivier Jalaguier dans son entourage. Ancien soutien d’Yvan Lachaud, le publicitaire revendique une « union des droites » jusqu’à Zemmour et Maréchal. Un positionnement jugé inacceptable par Jean-Paul Boré, président de l’association Tous pour Nîmes et son agglomération (TPNA), qui a aussitôt coupé les ponts avec Proust : « Ce serait rédhibitoire à toute possibilité de coopération, totalement incompatible avec notre refus de toute alliance avec des partis qui prônent l’exclusion. » Le candidat a tenté d’éteindre l’incendie, affirmant que Jalaguier n’était « qu’un prestataire de communication », et qu’il restait « fermement opposé à l’union des droites ». Trop tard, peut-être. Pour Boré (ex-PCF), cette confusion « offre un boulevard au Rassemblement national, qui se délecte de la division de la majorité sortante ».

    Dans une droite nîmoise éclatée entre Proust, Plantier, Rouverand et Lachaud, l’union rêvée par Jean-Paul Fournier semble hors d’atteinte. À force de rivalités personnelles et d’ambiguïtés stratégiques, la majorité sortante pourrait bien perdre la main sur la ville pour la première fois depuis un quart de siècle, au profit d’une gauche unie autour de Vincent Bouget.

  • À Nîmes, la guerre des chefs à droite bat son plein

    À Nîmes, la guerre des chefs à droite bat son plein

    Depuis l’annonce du non-remplacement de Jean-Paul Fournier après vingt-cinq ans de règne, Nîmes vit au rythme d’une primaire à ciel ouvert. L’entrevue du mardi 30 septembre entre Franck Proust, premier adjoint et président de Nîmes Métropole, et Julien Plantier, son prédécesseur à l’Hôtel de Ville devenu dissident, n’a rien réglé. Elle a, au contraire, confirmé la divergence stratégique : Proust plaide pour un pilote unique à la Ville et à l’Agglo au nom de la « cohérence » ; Plantier n’envisage que la mairie, la tête de liste et le nom sur l’affiche. Les proches du maire sortant l’assurent : l’accord espéré par Fournier n’est plus à l’ordre du jour. « Pas pour l’instant », souffle Plantier, qui cultive l’option d’alliances latérales.

    Car l’orbite de droite et du centre se densifie. Valérie Rouverand, porte-voix de la majorité présidentielle, avance ses pions et n’exclut pas une entente… si elle fait sens électoralement. À la périphérie, Yvan Lachaud, longtemps banni, redevient un acteur : étiquette Horizons en poche et vieux comptes à solder, il s’offre comme relais, voire pivot, pour recomposer un attelage. Dans ce jeu d’équilibristes, chacun teste son rapport de force, publie des soutiens, quadrille les quartiers, verrouille les réseaux économiques et associatifs. Les ego font le reste.

    Les dossiers de fond n’en disparaissent pas pour autant. Sécurité et narcotrafic minent le débat public, l’adaptation climatique, la mobilité (bustram, vélo), le logement social et Magna Porta s’invitent dans tous les éléments de langage. Proust met en avant l’entregent acquis à Paris et Bruxelles et promet des mutualisations Ville-Agglo « trop longtemps reportées ». Plantier, 39 ans, docteur en droit, joue la carte du renouvellement et promet une méthode « au plus près des habitants », épaulé par une part non négligeable d’anciens adjoints désormais tombés en disgrâce. Au-dessus de la mêlée, Jean-Paul Fournier martèle son avertissement : divisés, « ils sont voués à l’échec ». Message reçu… mais pas entendu.

    Une primaire à ciel ouvert

    Concrètement, la droite pourrait se présenter en trois, voire quatre listes au premier tour : Proust, Plantier, Rouverand et, selon les configurations, un ticket estampillé Horizons. Une telle dispersion transformerait le 1er tour en véritable primaire, avec une question clé : le perdant se désistera-t-il réellement pour le mieux placé ? Dans les coulisses, certains jurent qu’un engagement existe pour se ranger derrière celui qui sortira en tête. Encore faudra-t-il le tenir le soir venu.

    Cet éclatement n’a pas échappé aux autres camps. Le RN, traditionnellement moins haut à Nîmes qu’ailleurs dans le Gard, observe et attend de dévoiler sa tête de liste. À gauche, en revanche, l’union patiemment construite autour de Vincent Bouget (PCF) sous la bannière Nîmes en commun est d’ores et déjà sur les rails. Dans une ville où la pauvreté touche une large part des habitants, le bloc progressiste mise sur la cohérence programmatique et la discipline d’appareil. Si la droite s’éparpille et si deux listes de centre-droit restent en lice au second tour, l’arithmétique peut soudain sourire à la gauche unie. D’ici là, tout se résume à une équation simple pour les héritiers de Fournier : additionner ou se soustraire.