Tag: Jean-Michel Suau

  • L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    Après avoir lancé l’idée d’accueillir des médecins cubains pour pallier la pénurie de soignants dans les Cévennes (16 000 personnes sont toujours sans médecin traitant sur Alès agglomération), le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé a souhaité effectuer un point d’étape devant la presse vendredi 6 février. Car le dossier pourrait bien s’accélérer dans les prochaines semaines.

    « Nous avons été reçus au ministère de la Santé le 10 décembre puis le 15 décembre nous avons remis 3 500 pétitions au sous-préfet d’Alès. Enfin le 14 janvier, André Chassaigne, ancien parlementaire aujourd’hui en mission dans les Caraïbes et à Cuba pour l’Assemblée nationale, a rencontré le conseiller santé du Président de la République », détaille Roger André, membre du collectif. « Il est ressorti de cette réunion qu’il n’existe aucun obstacle de principe au projet. Le conseiller a même formulé plusieurs propositions comme élargir l’expérimentation à un territoire d’outre-mer, développer des coopérations entre établissements hospitaliers cubains et français et accueillir des stagiaires. »

    Concrètement, le collectif doit encore finaliser un dossier pour définir les derniers détails permettant la venue des médecins cubains comme leur nombre, leurs statuts, la durée de leur mission, etc. Ce dossier doit être remis à l’ambassadeur de Cuba en personne lors de son déplacement à Alès le 23 février, même si l’actualité avec les menaces formulées par Donald Trump sur l’île caribéenne pourrait obliger l’ambassadeur à reporter sa venue à Alès. Au-delà des Cévennes, deux autres territoires ont demandé le renfort de médecins cubains : les Alpes-de-Haute-Provence et les Côtes-d’Armor en Bretagne.

  • À Anduze, Geneviève Blanc l’humain pour fil rouge

    À Anduze, Geneviève Blanc l’humain pour fil rouge

    En 2020, elle a été la toute première femme à devenir maire de la cité cévenole. Militante auprès d’EELV à l’époque, Geneviève Blanc est aussi issue d’une formation d’assistante sociale et d’un parcours dans l’insertion par l’économique. Une sensibilité pour « l’humain » dont elle affirme avoir voulu imprimer son premier mandat.

    « Nous avons créé une vraie politique culturelle sur la commune, avec des festivals de jazz, d’humour et de chansons. Nous avons une programmation de théâtre, beaucoup de résidences d’artiste, du cinéma… La culture pour tous est un axe fort de ce mandat », insiste l’élue cévenole, qui a aussi misé sur les équipements publics, la création d’un city stade en cœur de ville, désimperméabilisé la cour d’école, et aidé à l’installation d’agriculteurs…

    En mars prochain, celle qui a aussi œuvré en qualité de conseillère départementale au côté de Jean-Michel Suau (PCF) affrontera à nouveau Bonifacio Iglesias, son adversaire de 2020, détrôné après deux mandats. Si les deux candidats s’affichent sans étiquette, Geneviève Blanc a toujours assumé son appartenance à une gauche « écologiste et sociale ». « Me représenter, c’était une évidence parce que je ne veux pas qu’on retrouve le style de gestion qu’on avait auparavant. Moi, je travaille pour le lien social et le vivre ensemble », poursuit Geneviève Blanc. À l’occasion d’un deuxième mandat, la candidate et ses colistiers – renouvelés aux deux-tiers – souhaitent poursuivre les projets engagés, dont l’implantation d’un tiers-lieu culturel en centre-ville, la construction d’un habitat inclusif dédié aux personnes âgées, ou le développement du nouveau quartier de la gare…

    « Les gens de ma liste sont issus de toute la gauche, et de la société civile. Avec eux, je suis claire sur les questions identitaires, sur le partage des richesses, sur la notion de bien commun… Une fois qu’on partage tout cela, ça me convient », confie Geneviève Blanc, dont les premiers engagements étaient associatifs, au côté d’Amnesty international, pour la défense des droits de l’Homme.

  • Déserts médicaux : des maires gardois chez le sous-préfet d’Alès

    Déserts médicaux : des maires gardois chez le sous-préfet d’Alès

    Avec la même volonté, le 10 décembre, une autre délégation venue du Gard, de Bretagne et du Bourbonnais s’est rendue au ministère de la Santé pour exposer l’état alarmant de leurs territoires. Aux côtés d’André Chassaigne, chargé de mission, figuraient le député de l’Allier Yannick Monet, Christine Caro de l’Atelier citoyen Santé Bretagne, Fabien Cohen, spécialiste des centres de santé, et Jean-Michel Suau du comité de défense de l’hôpital d’Alès.

    On se souvient que, le premier jour du printemps, une trentaine d’élus locaux s’étaient déjà réunis à l’initiative du comité alésien. Vincent Le Meaux, président de l’agglomération Guingamp-Paimpol, confronté aux mêmes difficultés, y participait pour partager expériences et solutions.

    Dans le seul bassin alésien, plus de 16 000 habitants sont sans médecin traitant. Malgré l’engagement du personnel, l’hôpital d’Alès doit réguler les urgences et refuser certains patients. Le délai pour une consultation en dermatologie atteint près de deux ans.

    Moins 11% d e médecins

    Depuis cette réunion, un mouvement local et national s’organise pour identifier les déserts médicaux et définir les priorités. L’État, pourtant maître d’œuvre, peine à répondre à l’urgence : alors que les besoins augmentent, le nombre de médecins a chuté de 11% entre 2020 et 2022 et ne connaît qu’un frémissement en 2024 avec 1% de praticiens supplémentaires. Le vieillissement des médecins, le désengagement des gouvernements successifs en matière de santé et la formation insuffisante de praticiens risquent d’accentuer la pénurie. Le recours aux praticiens hors Union européenne (Padue) progresse -l’hôpital d’Alès en accueille déjà plusieurs- mais cela demeure insuffisant. Le comité de défense estime qu’il faudrait 50 praticiens supplémentaires pour répondre aux besoins les plus pressants. D’où la proposition des élus et du comité d’Alès de faire appel aussi à des médecins cubains, reconnus pour leur expertise. Ils l’ont démontré pendant le Covid en soutenant plusieurs pays européens et assurent aujourd’hui encore la continuité des hôpitaux de Calabre, en Italie.

    Dans la micro-région cévenole, l’arrivée de Padue et de médecins cubains renforcerait l’hôpital et permettrait de rouvrir l’un des cinq centres de la mutuelle des mineurs (Fidelis), actuellement fermés faute de personnel. Ils offriraient également une présence médicale quasi permanente au sein de l’Ehpad de Saint-Christol, des deux d’Alès et ceux de Rousson, Génolhac, Ponteils…, tous rattachés à l’hôpital cévenol. Ce maillage soulagerait les équipes et assurerait de meilleurs soins aux habitants vivant à proximité de ces centres. « C’est ce que nous avons expliqué au représentant de la ministre lors de notre entretien », a expliqué Jean-Michel Suau à la sortie du ministère. « Les autorités se sont montrées ouvertes au recours à des praticiens étrangers et notamment avec les Cubains dans le cadre d’un accord de coopération mutuellement avantageux pour les deux nations. » L’hôpital d’Alès, celui de Guingamp et des établissements des Alpes-de-Haute-Provence pourraient être des bases d’expérimentation.

    Le dossier sera prochainement déposé sur le bureau de la plus haute autorité du pays. Le 16 décembre à Alès les maires appuieront la démarche pour une mise en œuvre rapide de ses solutions vitales pour leurs populations. À suivre…

    EN CHIFFRES

    13,5

    millions de Français vivent dans des déserts médicaux.

    6,7

    millions de personnes n’ont pas de médecin traitant.

    1

    médecin pour 679 habitants à Cannes contre 1 pour 979 habitants à Alès.

    1

    personne sur 4 a renoncé à des soins pour raisons financières.

    68

    pour cent des Français ont renoncé à des soins en raison du temps d’attente au cours des cinq dernières années.

    Le 15 décembre à 18h à l’espace Cazot d’Alès, forum sur l’accès aux soins dans le bassin de vie.

  • Attaque du Prolé d’Alès : les avocats sonnent la charge

    Attaque du Prolé d’Alès : les avocats sonnent la charge

    Six mois et toujours aucune interpellation. C’est le constat effectué vendredi 7 novembre au Prolé d’Alès par les trois avocats mandatés par les victimes, qui s’étonnent de la lenteur de la procédure alors que leurs clients avaient fourni aux enquêteurs un certain nombre d’éléments. « Ils ont pratiquement fait l’enquête, il suffirait maintenant de la boucler en quelques jours », a même précisé Me Sophie Mazas, avocate au barreau de Montpellier.

    En effet, après l’attaque du bar communiste par une dizaine de personnes fin mai, lors de la feria, les victimes étaient très vite remontées jusqu’au groupuscule d’extrême droite du Bloc Montpelliérain. Ce 7 novembre, celles-ci ont fourni à la presse tous les éléments apportés il y a six mois aux enquêteurs. Une recherche sur les réseaux sociaux a en effet permis de montrer que non seulement le Bloc Montpelliérain revendique une activité dans le Gard (contrairement à ce qu’il a affirmé après l’attaque) mais aussi que certains de ses membres étaient bien venus en repérage au Prolé deux jours avant l’assaut. Plusieurs membres de ce groupuscule ont aussi été formellement identifiés sur des photos postées par le Bloc Montpelliérain sur ses réseaux sociaux.

    « Tous ces éléments ont été fournis aux services de police », confirme Cécile Alphon-Layre, présente dans le bar le soir de l’attaque. « Aujourd’hui, les victimes sont dans le questionnement. On se fait tabasser, on porte plainte, on trouve les visages de certains des agresseurs et il ne se passe rien. Si on est toujours dans un état de droit, il doit y avoir une justice ». Sa sœur, Elsa, qui a pris les premiers coups et s’est jetée sur le cheminot pour le protéger des coups portés par deux hommes tandis qu’il était au sol et que sa femme enceinte était retenue à l’intérieur, abonde : « Certains des agresseurs habitent sur le territoire. Nous les avons déjà croisés. Il y en a même un qui s’est rendu par hasard au travail d’une des victimes, qui a pu l’identifier formellement et noter sa plaque d’immatriculation. Où est la protection des victimes ? Beaucoup ont encore des séquelles. Pourquoi il n’y a aucune interpellation alors que lorsque j’ai porté plainte, la police m’a affirmé avoir récupéré des images de vidéosurveillance du bas de la rue ? »

    Des interpellations

    sous deux mois ?

    Avec ce point presse, les avocats espéraient surtout faire pression sur le parquet pour qu’il accélère et informe sur le suivi du dossier. « Nous avons écrit au procureur mais nous n’avons aucune réponse. Nous n’avons même pas un numéro de dossier. Nous voulons bien tout entendre, que le parquet soit chargé avec notamment les nombreux dossiers liés au narcotrafic, que la police est en sous-effectif et qu’elle manque d’enquêteurs. Mais pour entendre, il faut encore qu’on nous parle », souligne Me Ralph Blindauer, l’avocat du Parti communiste français qui poursuit : « Aujourd’hui, aucun témoin n’a été entendu. Nous avons un doute sérieux sur le démarrage de cette enquête parce que si elle avait commencé, on en aurait vu des signes ».

    Resté mutique sur ce sujet jusqu’ici, le procureur d’Alès Abdelkrim Grini a été contraint de s’expliquer. Il a notamment indiqué avoir transmis le dossier à la police judiciaire de l’Hérault puisqu’une partie des auteurs seraient domiciliés dans ce département. Il assure que l’enquête suit son cours et que plusieurs assaillants ont bien été identifiés mais qu’il y a encore besoin de réunir des preuves. Il promet ainsi des arrestations d’ici les deux prochains mois pour « violences aggravées ».

    En attendant que ces propos soient suivis d’effet, victimes et avocats se disent prêts à accentuer la pression pour s’assurer que l’enquête ne s’enlise pas. Si les avocats ont plusieurs possibilités de procédure, ils ne veulent pour l’instant rien dévoiler. Du côté du PCF, Giovanni Di Francesco, le secrétaire de la section alésienne, n’exclut pas l’organisation d’un rassemblement et/ou de se constituer partie civile pour avoir accès au dossier.