Tag: Jean-Luc Beccari

  • Prison ferme pour avoir agressé trois pompiers

    Prison ferme pour avoir agressé trois pompiers

    Les sapeurs-pompiers et le Service département d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône s’étaient constitués parties civiles. Vendredi 21 août, le tribunal judiciaire de Tarascon a condamné Franck G. à 18 mois de prison ferme et 1 000 euros de dédommagement des victimes.

    Le 29 juin dernier, cet habitant de Raphèle-lès-Arles avait agressé trois soldats du feu du centre d’Arles venus éteindre un départ d’incendie d’espaces naturels qu’il avait provoqué sur son terrain. Ces violences ont entraîné des « interruptions totales de travail de 1 à 8 jours, 7 à 30 jours d’arrêt de travail ainsi que des traumatismes psychologiques », rapporte le Sdis 13. L’individu a été placé en garde à vue puis en détention provisoire jusqu’à la date de l’audience. À la barre, il aurait expliqué avoir allumé ce feu pour « éviter de faire un débroussaillage », rapporte La Provence, présente ce jour-là. En 2025, Franck G. avait déjà été condamné pour des faits similaires.

    Dans un communiqué de presse, le Sdis 13 dit « rester intransigeant face à de tels actes ». « Le président Richard Mallié, le conseil d’administration, le directeur départemental, le colonel Jean-Luc Beccari et la chaîne de commandement ne peuvent tolérer que leurs agents soient ainsi violentés et mettent tout en œuvre pour prévenir ce type de comportement et y répondre avec fermeté. » Le service départemental recense une centaine d’événements par an pour lesquelles les sapeurs-pompiers déposent plainte. « Ce chiffre est constant et ne prend pas en compte les agressions verbales régulières dont font l’objet les sapeurs-pompiers au quotidien », souligne-t-il.

  • Des soldats du feu en alerte maximale dans les massifs

    Des soldats du feu en alerte maximale dans les massifs

    En cette nouvelle journée d’alerte maximale, ce jeudi 23 juillet, ils sont un peu moins de 1 000 hommes et femmes prêts à intervenir au moindre départ de feu dans le département, nous explique Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône), depuis le centre opérationnel. Dans les casernes, mais aussi sur le terrain. « On va prépositionner des troupes et des camions sur des zones où on va pouvoir gagner en délai d’intervention », explique-t-il, devant une grande carte où sont représentées toutes les unités.

    On y voit notamment le groupe d’intervention feu de forêt du capitaine Gabriel Setti, venu de Martigues. Là, sur un parking en terre battue, aux Pennes-Mirabeau, non loin de la zone de Plan-de-Campagne, il veille avec 17 autres collègues et 4 camions, dont un équipé d’une citerne de 6 000 litres. « C’est un emplacement stratégique. On a la sortie de l’autoroute pas loin, on peut basculer sur l’A7, l’A55 », précise-t-il, la zone commerciale toute proche étant considéré comme « à risque » avec « un massif juste à côté et beaucoup de passages ».

    Le plus dur : savoir attendre l’intervention. Patience et concentration sont essentielles. « On ne sait jamais ce qui peut se passer, cela peut vite dégénérer. D’un côté, il ne faut pas se laisser emballer, de l’autre, il ne faut pas s’engager dans un faux rythme, s’endormir », analyse le pompier. Partir en renfort dans d’autres départements reste aussi une sérieuse option, à l’heure tout l’arc méditerranéen s’embrase.

    Un camion refuge

    La question de la sécurité de tous est également au cœur des préoccupations. « Bien sûr que s’il y a des gens ou de la forêt à sauver, on ira. Mais le but principal, c’est que ce soir ou demain matin, les 18 personnes du groupe rentrent chez elles », nous confie-t-il, marqué par la perte « des collègues en Gironde et d’un autre en Savoie ». Et s’il y a bien un endroit où se réfugier, quand le feu chauffe fort, faisant fondre jusqu’au joint des casques, c’est dans les camions.

    « Ils sont tous normés avec plusieurs dispositifs, à l’intérieur ou à l’extérieur », indique-t-il, montrant du doigt les petites buses qui entourent la cabine. Actionnables par un bouton, alimentées indépendamment du réservoir, elles permettent de faire une bulle d’eau « pour protéger les personnels, mais aussi les roues pour qu’on puisse potentiellement sortir d’une zone dangereuse. Et également la pompe sans laquelle on ne peut pas approcher du feu ». Dans la cabine, en surpression, renforcée avec des barres ignifugées, les pompiers disposent aussi de masques avec des bouteilles d’air, si la fumée rentre dans l’habitacle. « On a des procédures de repli. Chacun a une action bien précise à faire, que ce soit le chef, le chef du camion, le conducteur, les équipiers, etc. », ajoute le capitaine Gabriel Setti. Histoire de se sortir de situation critique en laissant passer les flammes. S’il n’a jamais eu à déclencher la bulle d’eau, il sait d’expérience que « la zone la plus virulente, c’est le front de l’incendie. En cas de danger, il faut alors en sortir ».

    Il y a aussi les détails qui font froid dans le dos. Comme ce carré blanc peint autour des poignées. « Cela permet de les repérer quand on est dans la fumée et de monter dans le camion », complète le pompier. Autant d’aménagements issus « malheureusement » des retours d’expériences après accident. En 50 ans, 21 sapeurs-pompiers ont perdu la vie, décompte-t-on au centre opérationnel, les interventions pour incendie représentant 5 à 6% d’entre elles.

  • [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    La Marseillaise : Le risque incendie était estimé sévère ce jeudi 23 juillet, comment appréhendez-vous cette nouvelle alerte ?

    Jean-Luc Beccari : Avant de vous répondre, je voulais rendre hommage à nos collègues de Savoie et de Gironde, puisque ce sont trois sapeurs-pompiers qui sont décédés depuis le début de la saison, et qu’on a en tête leur sacrifice. On appréhende cette journée avec beaucoup de préparation, on sait faire. C’est une des journées où les indicateurs de risque sont les plus importants depuis le début de la saison, même si depuis mi-juin, on en a eu une succession. Aujourd’hui, quasiment 980 sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône sont prêts, dans leurs casernes, ou prépositionnés sur le terrain, pour faire face aux opérations de secours courantes, mais aussi surtout au départ de feu que l’on pourrait avoir dans des conditions de sécheresse et de vent extrêmes sur certaines zones du département.

    Concrètement, que se passe-t-il quand un feu est détecté ?

    J.-L.B. : Très souvent, c’est un appel de secours par un témoin qui voit une fumée ou directement le feu du bord de la route. Sur le 18 et le 112, on le prend en compte directement. La détection peut aussi se faire par notre réseau de vigies, une trentaine, positionnées sur des points hauts des massifs forestiers. L’ensemble de ces éléments sont récupérés ici, dans ce centre opérationnel, et vont nous permettre d’engager les premiers moyens d’intervention, souvent d’ailleurs des forestiers sapeurs du Conseil départemental qui maillent, avec 60 patrouilles, le territoire. Et on va faire converger les moyens de secours des casernes et du dispositif préventif que vous voyez derrière moi prépositionné sur le terrain.

    Quel premier bilan tirez-vous
    de cette saison par rapport
    à la précédente
     ?

    J.-L.B. : Nous avons eu 379 départs de feu depuis le 1er juin. C’est plus que l’an passé, mais les surfaces sont contenues. Pas moins de 95% des feux sont éteints avant d’atteindre les 5 hectares. L’an passé, nous avions eu trois feux qui avaient pratiquement créé la totalité de la surface. Mais soyons humbles, on a une grosse journée à passer, et surtout, nous sommes le 23 juillet, notre saison est encore devant nous.

    L’usage de nouvelles technologies, comme les caméras dotées d’intelligence artificielle, est-il un atout ?

    J.-L.B. : Ces caméras intelligentes sont pour l’instant expérimentales, utilisées en « back-up » du dispositif humain. Il faut les mettre à l’épreuve du réel car on a beaucoup d’activités autour des massifs et du monde qui circule sur les routes. Trois projets sont en cours, on en tirera des conclusions en octobre.

    Vous insistez aussi sur
    la prévention. Quel message souhaitez-vous faire passer
    à la population
     ?

    J.-L.B. : Tout notre dispositif a, bien évidemment, une limite. Celle des départs de feu multiples, celle de l’imprudence qui peut créer des départs de feu dans des zones extrêmement dangereuses, et aujourd’hui, malgré notre mécanisme mis en place, rien ne peut être plus efficace que le comportement de la population dans ces journées à risque. Alors quoi dire ? Pensez à nous ? Pensez à ceux qui sont tombés il y a quelques jours en Gironde. Pensez à eux quand vous êtes en voiture et que vous êtes tentés de jeter votre mégot par la fenêtre. Pensez aussi à ceux qui perdent leur maison. Peut-être, alors, que vous ne ferez pas un barbecue en bordure de massif cet après-midi ou que vous ferez très attention si vous voulez couper un métal avec une disqueuse à proximité d’un massif forestier. Plus de 90% des incendies sont d’origine humaine. Cette mobilisation de chacun est indispensable. Et c’est pour ça que, même si on le répète sans cesse, il va falloir aussi vraiment mobiliser les gens. Au bout du bout, il y a des vies et il y en a trois qui sont tombées, c’est déjà trois de trop.

    Alors que les incendies sont
    de plus en plus précoces
    et intenses, pensez-vous qu’il faille revoir votre doctrine, l’attaque massive des feux naissants
     ?

    J.-L.B. : Je pense que les grands principes de notre stratégie nationale sont toujours bons. Même si dans leur mise en œuvre, il y aura toujours de l’amélioration continue. L’évolution majeure est à avoir dans nos réflexions autour de l’aménagement du territoire. Il faut absolument qu’on réfléchisse au cloisonnement de nos massifs, à l’aménagement agricole et aux coupures vertes, à réinvestir les espaces qui peuvent être en friche, à travailler sur des ceintures peut-être vertes autour d’un certain nombre de villages, dans certaines configurations. L’aménagement DFCI pour « Défense de la forêt contre l’incendie », est capital pour accéder également aux massifs. Et puis il y a les obligations légales de débroussaillement. Il faudra, quoi qu’il en soit, passer un cap. Parce qu’on a encore trop de situations où la lutte et la défense des points sensibles sont rendues extrêmement compliquée, voire dangereuse, parce que l’habitation ou les accès ne sont pas débroussaillés, parce qu’il n’y a pas d’eau disponible et parce qu’on a de la voirie, parfois, qui ne nous permet même pas d’accéder avec nos véhicules sur des lieux habités. L’enjeu immédiat est probablement d’intervenir de manière plus conséquente et plus forte pour arriver à améliorer la « défendabilité » des zones d’interface entre habitat et forêt. Une oliveraie, une vigne entretenue, ou l’agro-pastoralisme qui existaient quand nous avons investi notre espace rural ou péri-rural et qui, petit à petit, ont perdu du terrain, peuvent aussi réellement être de nouveaux outils.

  • Une nuit face au feu à Rognac et Lançon

    Une nuit face au feu à Rognac et Lançon

    Sur la départementale du Col du Télégraphe, l’odeur de cendre envahit les narines. C’est au bord de cette deux fois deux voies, du côté de Lançon, que le feu s’est déclenché mercredi soir, aux alentours de 20h. « Ça fait partie des endroits vraiment à risque malheureusement, parce qu’il y a beaucoup de circulation et de passage », souffle le capitaine Philippe Bodin, chef de secteur sur l’intervention. Après avoir parcouru près de 275 hectares pendant la nuit, l’incendie a été déclaré fixé ce jeudi matin, à 10 heures.

    Le cocktail était hélas parfait pour attiser les flammes : mistral et tramontane, avec des rafales allant jusqu’à 90 km/h, une température avoisinant les 30 degrés et une hydrométrie en berne. « On a lutté toute la nuit dans une zone assez inaccessible avec des conditions météorologiques extrêmement défavorables », relate Jean-Luc Beccari, chef de corps départemental des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône (Sdis 13). Le concours des deux Canadairs de la flotte nationale de la société civile dès le petit matin et les moyens au sol conséquents ont finalement permis de maîtriser le feu.

    Devant la météo toujours hostile, un important dispositif du Sdis 13 est resté sur place ce jeudi pour éviter toute réactivation des foyers. « On surveille le secteur pour continuer à préserver la partie qui n’a pas brûlé », explique le capitaine Philippe Bodin devant une opération de traitement des lisières et de noyage. La RD113 est toujours fermée à la circulation et ce, jusqu’à 19 heures ce soir afin de permettre aux pompiers de travailler en toute sécurité.

    Une vague de solidarité

    Si le pire a été évité grâce à l’intervention massive des 254 pompiers mobilisés, qui ont « lutté toute la nuit pour sécuriser les zones habitées », environ 600 personnes vivant dans les quartiers des Guigues et des Emeries, à La-Fare-les-Oliviers, ont été évacuées vers le centre culturel Jean-Bernard par mesure de précaution. Ils ont finalement pu rejoindre leurs logements au petit matin, peu après 6 heures.

    Le maire Jérôme Marciliac témoigne : « J’ai jamais vécu ça, en plus aujourd’hui j’aurais dû être en formation cellule de crise, je l’ai vécu en direct ! Ça s’est passé dans une ambiance calme, apaisée et sereine. Ça aurait pu être bien plus compliqué. Il y a eu une grosse vague de solidarité dans la commune. Les commerçants du village Vival et la Farigoule et nos bouchers ont offert des victuailles et des boissons. » L’association des parents d’élèves du collège a également porté les plateaux-repas destinés à la soirée du bal des 3e, qui se déroulait dans le gymnase de l’école Olivier Guirou et qui a été écourtée au vu des circonstances.

    Caroline fait partie de ces Farens qui sont allés soutenir les riverains touchés. « J’ai pleuré, j’ai pensé à toutes mes amies, à tout le monde. On s’est tous appelés, parce que ça reste un village où tout le monde se connaît, puis on est allés au centre culturel discuter avec les papis et mamies. Ils étaient en pyjama, ça m’a brisé le cœur. Si j’avais pu ramener tout le monde à la maison je l’aurais fait. »

    La cheffe d’entreprise, qui habite chemin des Teses, n’a pas dormi de la nuit : « On voyait les flammes arriver, elles étaient quasiment à notre porte vers 22h30, avant de dévier assez soudainement, raconte-t-elle. J’ai des animaux, des chevaux, des chiens, des oiseaux… J’ai commencé à baliser. Et puis j’ai aussi mon salon de coiffure et d’esthétique de l’autre côté. J’aurais pu tout perdre, autant mon travail que ma maison. »

    Neuf départs sur dix sont d’origine humaine

    Si aucun dégât matériel n’est à déplorer du côté de Lançon, l’incendie de Rognac, qui s’est déclarée au même moment mais a été maîtrisé plus rapidement, a été plus dévastateur.

    Les flammes ont parcouru 40 hectares et atteint la zone industrielle. Les entrepôts de l’entreprise de travaux publics Vincent TP ainsi que les locaux de Signal Market ont été détruits entre 20h30 et 4h. Cinq habitations attenantes ont été touchées. 140 sapeurs pompiers sont restés sur place dans la journée de jeudi pour surveiller les points chauds qui subsistaient.

    Après ces deux sinistres, les pompiers ont un mot d’ordre : « Soyez citoyens. » Ils rappellent que neuf départs d’incendie sur dix ont une origine humaine. L’accès aux massifs forestiers reste interdit.

    ET AUSSI

    Le maire de Marseille veut le retour des canadairs à Marignane

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille n’en démord pas, « il faut que les canadairs reviennent à la base de Marignane », a-t-il déclaré lors du dernier conseil municipal, vendredi dernier (notre édition des 27-28 juin). Le départ des bombardiers d’eau à la base de Nîmes en 2017 n’a toujours pas été digéré. Et de rappeler l’incendie qui a très durement frappé l’Estaque et touchés plus de 90 maisons, il y a un an. « Nous devons continuer à réclamer des moyens car nous sommes en difficulté quand ils ne sont plus accordés », a-t-il martelé. Le débat sur cette question est loin d’être clos.

    Le bataillon des marins-pompiers en renfort

    « Ce mercredi, 70 marins-pompiers ont été envoyés en renfort pour intervenir sur les feux dans les départements des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault, indique le bataillon des marins-pompiers de Marseille. Ils y ont passé la nuit. »

    Ce jeudi, « le détachement de l’Hérault est revenu tandis que 30 marins-pompiers sont restés mobilisés sur le feu de Lançon de Provence », précise-t-il. Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont également été épaulés par leurs homologues des Sdis des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, de la Drôme, de l’Ardèche et du Var.

    L’incendie de Fréjus sous surveillance

    Ce jeudi matin, « le feu de Fréjus est toujours sous surveillance », a indiqué la Préfecture du Var. Celui-ci avait parcouru mercredi en milieu d’après-midi une trentaine d’hectares mais avait obligé à l’évacuation de 2 200 personnes par précaution tandis que d’autres ont été confinés.

    « Les opérations de noyage et de traitement des lisières qui ont duré toute la nuit se poursuivent encore aujourd’hui », a-t-il précisé jeudi, avant de remercier l’ensemble des personnels mobilisés.

    Des massifs forestiers à haut risque

    Dans les Bouches-du-Rhône, 13 massifs forestiers sur 25 sont classés en risque incendie très sévère ce vendredi : Alpilles, Arbois, Castillon, Chaîne des Côtes, Chambremont, Côte Bleue, Lançon, Les Roques Montagnette, Pont de Rhaud, Quatre Termes, Rougadou, Sulauze. L’accès, la circulation, la présence et les travaux y sont strictement interdits en raison d’un mistral avec des rafales pouvant atteindre 65 km/h. Dans le Var, l’accès est déconseillé (risque sévère) dans sept massifs forestiers : les Monts Toulonnais, la Sainte-Baume, les Maures, la Corniche des Maures, l’Estérel, le Haut-Var et le Centre-Var.

  • La stratégie globale des pompiers face au risque d’incendie

    La stratégie globale des pompiers face au risque d’incendie

    Les sapeurs-pompiers sont sur le qui-vive. Alors que l’hexagone connaît des niveaux records de températures, les premiers départs de feu en bord de route sont enregistrés par le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13). « C’est significatif, assure son directeur le colonel Jean-Luc Beccari. On assiste à une accélération du dessèchement de la végétation superficielle. On bénéficie d’un bon apport des pluies du début de printemps pour la sécheresse profonde, mais aujourd’hui ça s’atténue. Cette semaine va peut-être faire basculer la situation. »

    Avec une éventualité qui nécessite une grande vigilance : la dispersion des moyens aériens nationaux en cas d’accentuation du risque incendie dans les départements plus au nord de la zone de défense.

    De leurs côtés, les pompiers du 13 se préparent. Ce mardi 23 juin, la caserne de Coudoux forme des cadres dits « HBE », pour hélicoptères bombardiers d’eau. Au-dessus du vallon de l’Aigle, un pilote s’entraîne et effectue des va-et-vient entre le canal situé en contrebas et les équipes au sol avec une précision horlogère.

    Cette année, le département dispose de deux engins pour la saison estivale, soit un budget de 800 000 euros (sur 4,1 millions d’euros au total pour le Sdis). Le commandant Jean-Philippe Rey, responsable de l’équipe HBE qui compte 27 hommes dont trois pilotes, explique : « On établit une stratégie globale, mais le fait d’avoir un moyen aérien projetable très rapidement augmente nos chances de traiter le feu au moment de l’éclosion. » Ces hélicoptères permettent aussi d’embarquer les 236 sapeurs-pompiers du Détachement d’intervention héliporté (DIH) pour les déposer au plus près des sinistres difficiles d’accès, comme celui du massif de Marseilleveyre ce week-end.

    « Diversifier la boîte

    à outils opérationnels »

    Cette année, plusieurs nouveaux dispositifs sont expérimentés. Parmi eux, le module de Surveillance et d’intervention sur les grands axes routiers (Sigar) : « Lors des journées à fort danger, deux camions seront positionnés et prêts à bondir sur les autoroutes, car les départs en bord de route sont un énorme problème », explique Richard Mallié, président du Sdis 13.

    Face à l’intensification du risque incendie, « on continue de progresser et de diversifier notre boîte à outils opérationnels », affirme le colonel Jean-Luc Beccari. D’un point de vue matériel, une politique d’accroissement des capacités d’actions terrestres permet au Sdis de se doter de deux nouveaux véhicules lourds pour atteindre les 20 camions-citernes 13 000 litres l’an prochain. D’un point de vue humain, le service départemental mène un plan de recrutement jusqu’en 2028 pour augmenter le nombre de sapeurs pompiers professionnels et atteindre un effectif de 1 400.