Tag: Japon

  • [C’est l’été] Lecture : « Kaede et les secrets du passé »

    [C’est l’été] Lecture : « Kaede et les secrets du passé »

    Si vous êtes gourmands des enquêtes écrites à mi-chemin du roman à énigme, cher à Georges Simenon et Agatha Christie, et du polar « douillet », ce livre, assaisonné de références littéraires et cinémato-graphiques, a été mijoté pour vous.

    Calmann Levy, 19,90 euros.

  • [Entretien] Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l’IRIS : « Les Russes misent sur l’exténuation des Ukrainiens »

    [Entretien] Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l’IRIS : « Les Russes misent sur l’exténuation des Ukrainiens »

    Le président russe Vladimir Poutine s’est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, une visite jugée « absolument inacceptable » par le Japon qui revendique une partie de cet archipel. Cette polémique n’a rien d’anodine, Tokyo étant l’un des soutiens de Kiev dans la guerre déclenchée par la Russie en 2022. Désormais, tous les alliés des Ukrainiens sont ciblés d’une façon ou d’une autre par le pouvoir russe. Sur le front, les deux pays s’épuisent ; si Kiev peut compter sur ses drones, elle peine à intercepter les missiles russes, et demande, aux États-Unis de lui vendre au moins 5% de ses missiles Patriot.

    La Marseillaise : La visite de Vladimir Poutine sur les îles Kouriles a provoqué l’ire du Japon. Cet acte est considéré comme une « escalade », Tokyo soutenant Kiev. Qu’en dîtes-vous ?

    Jean de Gliniasty : Le sort des îles Kouriles devait être négocié entre le Japon et la Russie à l’occasion du traité de paix en 1945. Il n’y en a pas eu, justement parce qu’ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les Kouriles du Nord [considérées par le Japon comme occupées depuis 1945 par l’Union soviétique à l’époque et désormais la Russie, ndlr]. C’est la première fois à ma connaissance qu’un chef d’État russe vient solennellement dans les îles Kouriles. Dmitri Medvedev n’y est pas allé en tant que chef d’État. Poutine y a visité une usine de poissons et pas d’installation militaire. Pourquoi il l’a fait ? Le Japon a, depuis longtemps déjà basculé dans le camp des pays occidentaux qui appliquent des sanctions contre la Russie, pratiquement les mêmes que les Européennes ou les Américaines. Le deuxième élément, c’est qu’il y a une discussion en cours au Japon sur le resserrement d’alliances avec les États-Unis et l’éventuel stationnement d’armes nucléaires.

    Drone transportant des explosifs retrouvés en Allemagne, ingérences dans la campagne présidentielle en France, tous les alliés de Kiev sont ciblés ?

    J.d.G. : Dans la guerre hybride, tous les soutiens à l’Ukraine sont frappés. Tout dépend du niveau d’attaque : utilisation de l’intelligence artificielle, de fermes à trolls etc, cela fait longtemps que les Russes les emploient et cela s’intensifie en période électorale. Les Russes, comme tous les États dans les démocraties, soutiennent les partis qui leur sont favorables : l’AfD en Allemagne et d’autres formations politiques que je ne citerais pas en France, et s’attaquent à ceux qui soutiennent l’Ukraine. On est dans un moment d’intensification de la guerre hybride.

    Cela s’explique-t-il par les difficultés de la Russie sur le front ?

    J.d.G. : La situation est compliquée dans la mesure où les Ukrainiens ont fait des percées en matière de technologie et de fabrication de drones : ils peuvent frapper n’importe quelle partie du territoire russe. Mais c’est une phase qui se termine parce que les Russes ont mis au point des contre-mesures, attaquent l’Ukraine, bloquent les ports qui lui permettent d’exporter des céréales, ce dont elle est très dépendante. Nous sommes plutôt dans une phase d’escalade, où chacun a des atouts qu’il utilise. Les Russes ont les missiles et les Ukrainiens, les drones. Mais ils n’ont pas assez de Patriots et d’intercepteurs de missiles. On est dans une phase extrêmement dangereuse, d’escalade un peu sauvage. Les Russes misent sur l’exténuation des Ukrainiens et ils pensent pouvoir y arriver.

    N’est-ce pas l’opinion russe qui se lasse de ce conflit ?

    J.d.G. : Les bombardements sur les populations, en général, ça a l’effet totalement inverse. Si vous prenez le Blitz à Londres, l’effet des bombardements américains en Iran ou ceux contre les infrastructures avec des dégâts collatéraux des Russes en Ukraine, à chaque fois, ça a comme première conséquence d’accroître la cohésion de la population autour des dirigeants. Pour les Russes, c’est un petit peu différent car Poutine avait dit « c’est une opération militaire spéciale, ce n’est pas une guerre, on n’en subira pas les conséquences ». Il y a eu une première réaction de la population qui a été assez négative en disant « que fait le gouvernement ? C’est pas normal qu’on soit obligé de faire la queue aux stations d’essence ». L’Ukraine essaye de s’appuyer sur les mécontentements de la population russe pour déstabiliser le pouvoir, mais j’ai des doutes sur l’efficacité de cette méthode. Car l’autre réaction aux attaques, en général, c’est d’accroître la crédibilité du gouvernement qui ici dit « on est en guerre » avec l’Occident collectif, qui veut nous tuer, nous démanteler, nous dépecer. Je pense que la population russe et notamment la partie qui soutient Poutine, entre 50 et 60% de la population, seront galvanisés. On a déjà des articles, des tribunes, des chroniques. La pression de ceux qui veulent accroître la dimension de la guerre devient plus forte.

    Quid de la situation en Crimée ?

    J.d.G. : Le moment de l’annexion de la Crimée a été celui de la popularité maximale de Poutine. Et même s’il descend en ce moment, il n’est pas en dessous du niveau d’approbation de son action qu’il avait avant la Crimée, il en a gardé le bénéfice. Il est totalement exclu que les Russes rendent le territoire parce que c’est l’objectif principal de la guerre qui est soutenu par l’opinion. Le seul moment où il y a vraiment eu un risque nucléaire c’est quand les troupes ukrainiennes se sont approchées de la Crimée.

  • Sadako Sasaki et ses mille grues aux Correspondances de Manosque

    Sadako Sasaki et ses mille grues aux Correspondances de Manosque

    À quelques semaines des Correspondances de Manosque (23-27 septembre), les militants du Mouvement de la Paix peaufinent leur participation à l’un des grands rendez-vous culturels de la rentrée. Réunis début août, en cette période de commémoration des bombardements de Nagasaki et Hiroshima, les membres du comité de Manosque et ses environs, ont préparé leurs futures rencontres avec le public qui se feront autour d’un livre sur les mille grues.

    Réponse de paix

    Lors de cette réunion de travail, François Bettus a présenté l’ouvrage aux participants. « L’objet est d’aborder une réponse de paix dans un monde belliciste où montent les risques de guerre », a-t-il expliqué. Si de nombreux ouvrages ont popularisé la légende des mille grues, L’histoire authentique de Sadako Sasaki et des mille grues s’en distingue par son approche documentaire.

    Écrit par Sue DiCicco avec Masahiro Sasaki, le frère de Sadako, il retrace à partir de témoignages familiaux le destin authentique de Sadako, victime indirecte du bombardement atomique d’Hiroshima. Âgée de deux ans lors de l’explosion de la bombe en 1945, elle développera dix ans plus tard une leucémie liée aux radiations. Avant sa disparition à seulement douze ans, elle confectionnera plus d’un millier de grues en papier, inspirée d’une légende japonaise selon laquelle la réalisation de mille grues permet de voir son vœu exaucé.

    Cette biographie restitue le parcours de cette jeune survivante devenue un symbole mondial de paix et de lutte contre l’arme nucléaire. Au Japon, la grue, ou tsuru, est associée à la longévité, à la sagesse et à la paix. L’histoire de la jeune fille a traversé les frontières et fait aujourd’hui partie des récits emblématiques du combat contre la guerre nucléaire. Le Mouvement de la Paix entend s’appuyer sur cette histoire pour sensibiliser le public et les plus jeunes puisqu’une action complémentaire est envisagée dans les écoles du territoire.

    Le comité local installé à la Maison des associations de Manosque, s’inscrit dans l’histoire du Mouvement de la Paix, né en 1948 et engagé en faveur du règlement pacifique des conflits et de la promotion d’une culture de paix. Avec un objectif : défendre les valeurs de dialogue, de solidarité et de coopération internationale.

    Les militants du comité local seront présents sur les Correspondances les jeudi 24 et samedi 26 septembre à la salle annexe du Café du coin. Ils proposeront des lectures d’extraits du livre ainsi qu’un atelier d’origami permettant au public de réaliser ces fameuses grues en papier. Une manière originale d’associer littérature, mémoire et engagement citoyen et de rappeler que les messages de paix portés par l’histoire de Sadako Sasaki conservent aujourd’hui toute leur résonance dans un contexte international marqué par de nombreux conflits.

  • En mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki

    En mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki

    « Les hibakushas nous ont laissés face à une responsabilité historique implacable », déclare Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix 13 ce jeudi soir devant le monument des mobiles (1er). À sa droite sont accrochées des photographies des victimes des bombardements atomiques sur les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. En ce 81e anniversaire, le pacifiste lance devant ses soutiens la campagne de son organisation pour l’abolition des armes nucléaires : « dénoncer la bombe, c’est dénoncer un système qui hiérarchise les humanités en méprisant le vivant », lance-t-il. L’objectif est d’interpeller le gouvernement et les élus locaux, notamment les maires, pour pousser la France à ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian).

    En haut de la Canebière, le secrétaire général de l’UD CGT 13, Marc Pietrosino appelle le « camp progressiste » à la mobilisation : « la lutte pour la paix, c’est la lutte des classes ». Il note par ailleurs, qu’au moment où des usines ferment, notamment Fibre Excellence à Tarascon, les travailleurs sont redirigés vers les entreprises de l’armement, à Istres ou à Toulon… « Il n’y a pas de fatalité, continuons à nous battre », pousse le dirigeant syndical.

    Peu à peu, l’armée s’immisce partout, au travail, à l’école. « Au lieu de financer des emplois utiles et durables pour la santé, l’éducation et la transition écologique, l’État instrumentalise la précarité pour alimenter les spéculateurs et les profiteurs de guerre », fustige Coralie Hernandez, responsable fédérale de la commission solidarité internationale et paix au sein du PCF 13. Et alors que le Conseil constitutionnel a validé dans la journée la dernière loi de programmation militaire portant à 436 milliards d’euros pour le budget des armées d’ici à 2030, la communiste note que « sur 12 Canadairs, seuls 5 sont en marche ». La maison brûle et l’État prépare les armes.

  • [Entretien] Pierre Villard, Mouvement de la paix : « C’est toujours émouvant de venir à Hiroshima »

    [Entretien] Pierre Villard, Mouvement de la paix : « C’est toujours émouvant de venir à Hiroshima »

    La Marseillaise : Dans quel contexte s’inscrit votre nouveau déplacement au Japon ?

    Pierre Villard : L’urgence de l’élimination des armes nucléaires est encore plus forte aujourd’hui que ce qu’elle était il y a un an. Je le sens dans le contenu des débats. C’est-à-dire que 2025, était une année anniversaire, c’étaient les 80 ans des bombardements donc il y avait beaucoup d’expressions sur la réalité de la bombe avec des témoignages des hibakushas [personnes ayant survécu aux bombardements, ndlr]. Évidemment, c’est toujours très présent. Mais les mobilisations pour l’élimination des armes nucléaires, notamment en vue de la première conférence d’examen du Tian (traité sur l’interdiction des armes nucléaires), qui aura lieu en novembre prochain, ont pris plus de place. Nous sommes par ailleurs porteurs d’une action qu’on va proposer dans le monde entier le même jour à l’ouverture de la conférence du traité d’interdiction. La question de la convergence des actions pacifistes dans le monde entier, pour contraindre les gouvernements toujours réticents, reste au centre de nos discussions. Ces États sont de moins en moins nombreux quand même, puisque là, on vient d’avoir le centième, les Îles Tonga, qui a signé le traité d’interdiction des armes nucléaires, quand 75 l’ont ratifié. Aujourd’hui, la majorité des États s’engagent pour le traité, considérant que le seul moyen de se prémunir de la menace atomique, ce n’est pas de la contrôler, mais c’est de l’éliminer.

    Qu’est-ce qui a changé depuis
    votre première visite
     ?

    P.V. : C’est la sixième fois que je viens ici, la première fois, c’était il y a 15 ans donc je vois aussi des évolutions. Cette fois, il y a énormément de gens de Corée du Sud car c’est le pays où il y a le plus d’hibakushas après le Japon. Et pour cause, pendant la Seconde guerre mondiale, du fait de l’impérialisme japonais, il y avait énormément de prisonniers coréens au Japon, et qui, eux aussi, ont été victimes des radiations. En France, on a les victimes des essais nucléaires français, à la fois en Algérie et en Polynésie. Ici, j’ai posé concrètement la question du lien et de la solidarité entre toutes les victimes des politiques nucléaires, qu’elles le soient des bombardements ou des recherches et des essais. Les milliers de Français qui, actuellement, sont membres de l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) eux, ne se revendiquent pas comme étant victimes de la bombe atomique.

    Comment ces échanges nourrissent vos actions ?

    P.V. : À titre tout à fait personnel, c’est toujours à la fois émouvant, enrichissant et rafraîchissant de venir ici. C’est émouvant parce qu’on a du mal à s’imaginer qu’il y a 80 ans, la ville était rasée. Cela renforce, à la fois la valeur de l’engagement pour la paix et l’interdiction des armes nucléaires et la nécessité de le développer encore. On réfléchit à faire venir les hibakushas à nouveau, début 2027 dans le cadre des actions qu’on va développer pour la campagne des élections présidentielles. Nous sommes engagés sur plusieurs mois d’actions pour l’élimination des armes nucléaires avec une montée en puissance jusqu’à l’élection présidentielle pour que cette question-là soit dans le débat public.

  • La visite exceptionnelle des hibakushas

    La visite exceptionnelle des hibakushas

    Les témoignages des derniers survivants des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki sont précieux, et leur combat, juste. « L’arme nucléaire n’a pas sa place dans l’humanité », appuyait ainsi Hideto Matsuura, 80 ans, qui était encore dans le ventre de sa mère au moment où l’enfer a été largué sur le Japon.

  • Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour que nul n’oublie l’horreur, pour que chacun soit sensibilisé au danger de l’arme nucléaire et qu’à terme, celle-ci soit abolie : les pacifistes se réunissent, comme chaque année, en mémoire d’Hiroshima et Nagasaki pour le 81e anniversaire des bombardements atomiques. Ce rassemblement, prévu à 18h au monument des Mobiles à Marseille*, sera l’occasion pour le Mouvement de la Paix 13 de lancer une grande campagne citoyenne et politique en faveur du Traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian).

    L’organisation pacifiste veut mettre en débat la théorie de la dissuasion et la présence d’armes atomiques sur la base aérienne 125 d’Istres. « C’est un territoire interdit où les choses sont gérées sans aucune transparence et où des dangers notoires, notamment les bombes atomiques, représentent une menace pour toute la population », tempête Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Les militants veulent promouvoir la notion de sécurité humaine. Ce concept des Nations Unies vise à placer l’individu au centre des priorités à la différence de la sécurité nationale. Pour Michel Dolot, les décisions budgétaires du gouvernement français illustrent à eux seuls l’opposition entre ces deux notions « tous les moyens sont pour la sécurité de l’État et très peu sont dévolus à la sécurité humaine. Cela donne des polémiques qu’on voit autour du nombre de Canadairs, à côté des moyens qu’on met pour les bombes atomiques », fustige-t-il.

    « Plus d’argent dans les armes que dans la santé »

    Une indignation partagée par Yves Perrin Toinin, secrétaire adjoint de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (AMFPGN), « la loi de programmation militaire prévoit que d’ici à la fin de la décennie on ait doublé les budgets notamment ceux pour l’arme nucléaire, avec la création de nouveaux missiles, de nouvelles ogives, de nouveaux engins comme les sous-marins nucléaires, un nouveau porte-avions. Un ensemble qui fait qu’on ne va pas du tout vers le désarmement, bien au contraire », dénonce le médecin. « Cet été, par exemple, on a vu les décrets tomber, doublant les franchises médicales sur les médicaments, augmentant le reste à charge. On met beaucoup plus d’argent dans les armes que dans la santé », éructe-t-il.

    Le professionnel de santé entend, lors du rassemblement marseillais, sensibiliser les participants aux conséquences médicales de l’arme nucléaire. Les bombes larguées le 6 août 1945 sur Hiroshima et trois jours plus tard sur Nagasaki ont causé la mort de 110 000 à 210 000 personnes, sans compter les milliers ayant contracté des maladies, notamment des cancers. Selon un sondage Ifop pour le Mouvement de la Paix, La Marseillaise et l’Humanité, 80% des personnes interrogés déclarent craindre l’utilisation de l’arme nucléaire. Un sujet que les participants à cette campagne ont l’intention de pousser dans la course à la présidentielle.

    L’un de leur objectif est que la France, puissance nucléaire, ratifie le Tian : « pour qu’elle soit un exemple, avec une diplomatie souveraine, qu’elle garde une voix indépendante qui ne se plie pas à l’Otan et refuse de s’aligner sur les intérêts états-uniens », tranche Coralie Hernandez, responsable fédérale de la commission solidarité internationale et paix au sein du PCF 13. Et renchérit : « la paix, c’est un combat politique de classe qui s’articule avec la lutte anti-impérialiste et une transformation sociale ».

    *(Square Léon Blum 1er)

    80%

    des Français
    déclarent avoir peur
    des armes nucléaires
    selon un sondage Ifop réalisé pour
    le Mouvement
    de la Paix,
    La Marseillaise, l’Humanité
    en janvier dernier.

  • Abolir la Bombe

    Abolir la Bombe

    Mettre fin à l’engrenage de la guerre. C’est l’urgence de ce début de XXIe siècle, 81 ans après la bascule dans l’ère de la bombe atomique avec les bombardements criminels des deux villes japonaises d’Hiroshima, le 6 août 1945, et de Nagasaki, trois jours plus tard, le 9 août.

    Aucun objectif militaire n’était visé. Le Japon avait perdu mais il fallait aux États-Unis une démonstration de force. Les leçons d’Hiroshima et de Nagasaki ne doivent cesser d’être tirées et enseignées. L’arsenal nucléaire est désormais massif et les guerres en cours, menées par des pays qui possèdent la « Bombe », font planer une menace réelle sur l’humanité. Aussi, la campagne lancée ce jeudi à Marseille par le Mouvement de la paix est d’intérêt public. Car l’économie de guerre, au prétexte de secourir notamment l’Ukraine lâchement agressée par la Russie de Poutine depuis 2022, est en train de prendre le pas sur le droit international et la diplomatie.

    Culture de paix

    Cette orientation belliciste des budgets publics nationaux et internationaux (celui de l’Otan notamment) partout dans le monde, et en particulier en Europe, est extrêmement inquiétante. Car elle se fait au détriment de la paix en minant les investissements publics nécessaires aux politiques sociales, aux services publics, à la culture, la santé, l’environnement.

    La culture de paix est un long apprentissage. Exiger l’abolition des armes nucléaires participe de cette culture qui fait le choix de la fraternité, de la coopération, de la vie. La paix est un enjeu démocratique qui doit être au cœur de la campagne présidentielle.

  • Violent séisme dansle sud-ouest du Japon

    Violent séisme dansle sud-ouest du Japon

    Parmi les treize victimes, trois ont trouvé la mort dans un centre commercial et cinq dans une usine de papier. Des médias ont par ailleurs fait état d’une personne décédée dans une maison affaissée. Les autorités n’ont pas donné de détails sur les autres décès. Cette secousse de magnitude 7,1, qui a frappé mardi le département de Kumamoto sur l’île de Kyushu, a causé des dégâts considérables : maisons effondrées, ponts endommagés, incendies et des dizaines de milliers d’habitants privés d’électricité et d’eau. Une violente explosion consécutive au séisme a par ailleurs fait s’effondrer partiellement un centre commercial de Kashima, dans la banlieue de la ville de Kumamoto. Trois personnes y ont trouvé la mort, a annoncé mercredi Akio Yoshida, président du groupe Aeon qui exploite le site. Une autre est en arrêt cardio-respiratoire, et trois personnes restent portées disparues. Environ 130 policiers, 450 pompiers et 170 militaires étaient mobilisés sur place. La cause de l’explosion, survenue 50 minutes après le séisme, « fait encore l’objet d’une enquête, mais il est probable qu’elle soit due au gaz », a ajouté Keiji Ohno, autre dirigeant d’Aeon. Cinq personnes ont également trouvé la mort et quatre autres étaient portées disparues à l’usine Nippon Paper Industries de Yatsushiro, où une partie d’une colossale cheminée industrielle s’est effondrée. Plus de 9 000 personnes ont trouvé refuge durant la nuit dans des centres d’évacuation et 84 000 subissaient des coupures d’eau. En 2016, deux tremblements de terre dévastateurs – l’un de magnitude 6,5, suivi deux jours plus tard par un autre de magnitude 7,3 – avaient frappé Kumamoto. Ils avaient fait 273 morts et plus de 2 800 blessés. Situé à la jonction de quatre grandes plaques tectoniques, le Japon est l’un des pays les plus exposés aux tremblements de terre, la très grande majorité d’entre eux restant de faible intensité.

  • La belle campagne des frères Popov en Asie

    La belle campagne des frères Popov en Asie

    En deux semaines, les frères Popov ont montré qu’il fallait désormais compter avec eux sur le circuit mondial.

    Christo a été le premier à dégainer. Le cadet de la fratrie est allé chercher son premier succès dans un Open 750, au Japon. Au passage, il s’est offert des succès contre deux des meilleurs mondiaux. « C’est un titre qui me revient mais qui revient aussi à toute l’équipe qui m’entoure et aussi à la France. C’était top de recevoir autant d’encouragements, ça me fait chaud au cœur. C’est top pour la France, je suis très content. »

    La semaine suivante, en Chine, alors que Christo était éliminé en quart de finale, son frère aîné a pris le relais. à Shangzhou, Toma junior a sorti le grand jeu, devenant le premier badiste tricolore à se hisser en finale d’un Open 1000, équivalent d’un tournoi du Grand chelem en tennis.

    Celui que personne n’attendait à ce niveau-là, a su hausser son niveau. Et faire douter le Taïwanais Chou Tien Chen en finale. Il a même pris la deuxième manche, mais a craqué dans la troisième. « Je suis content de ma prestation, quand même… J’aurais aimé pousser un peu plus loin, car c’était une finale. »

    Le Fosséen retient « la très belle semaine » et sa manière de maîtriser « des conditions de jeu très, très compliquées, que j’ai su gérer en m’adaptant dans les moments clef ». Il rappelle « j’ai battu deux adversaires qui, d’habitude, étaient plus forts que moi. Et dans la finale, je pense ne pas avoir démérité. Je regrette mon premier set, où je suis très mal entré dans la partie ».

    Christo et Toma junior Popov ont fait le plein de confiance. Ils peuvent désormais se focaliser sur leur prochaine, échéance. Les championnats du Monde seront le point d’orgue du calendrier. Et les résultats des Fosséens vont booster la délégation française. Rendez-vous du 17 au 23 août, à Dehli, en Inde.