Tag: Jacques Witkowski

  • Les dossiers de rentrée sur le bureau du préfet des Bouches-du-Rhône

    Les dossiers de rentrée sur le bureau du préfet des Bouches-du-Rhône

    Une saison des incendies pour le moment maîtrisée

    La saison n’est pas terminée, le front des incendies est resté stable dans le département, note Jacques Witkowski avec 512 feux recensés depuis le 1er juin, soit 67 de plus qu’en 2025, une augmentation de 15%. S’il y a eu « beaucoup de départs de feux », ils ont été « éteints très vite », mis à part celui de Rognac et de Lançon-de-Provence. Outre la prévention, la préfecture mise aussi sur le répressif avec le respect des obligations légales de débroussaillement. Des communes ont été mises en
    demeure, un camping à Beaurecueil fermé le temps d’agir. Les gendarmes missionnés dans les massifs ont interpellé 350 personnes pour comportements dangereux. Le représentant de l’État se prépare désormais aux épisodes cévenols qu’il appréhende.

    Accompagner les consommateurs de crack

    Face à l’augmentation de la consommation de crack dans le centre-ville qu’il juge « préoccupante », le préfet a mis en place des actions. D’abord répressives pour éviter « les enkystements » mais il mise aussi sur la prise en charge médicale des consommateurs. « Co-porté » avec la Ville, un site d’accueil de 17 places a ouvert mi-août, un autre de 10 places va suivre. Soit 500 000 euros investis par l’État pour leur fonctionnement. Un coordinateur médical a été mis en place. Le développement des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues, deux seulement à Marseille, est souhaité, et à long terme, l’installation d’une halte soins addictions plus que soutenue. Reste à trouver le site…

    Métropole : la balle renvoyée aux politiques

    Prévu le 10 septembre, le vote de la décision modificative du budget métropolitain marque une nouvelle étape. Pour le préfet, « budgétairement, l’affaire est réglée ». Et de réaffirmer le strict rôle de conseil et de contrôle de la légalité de l’État. « Je souhaite que la Métropole sorte de cette ornière », assure-t-il. La mission Bussereau-Debat devant permettre d’entamer des « discussions politiques » sur ses compétences ou limites géographiques.

    Vigilance sur Fibre excellence

    Alors qu’à Tarascon les salariés de l’usine de pâte à papier restent mobilisés après la fermeture du site ce vendredi 28 août (lire aussi page 5), le préfet indique avoir saisi le liquidateur pour s’assurer de sa mise en sécurité. Et si les lieux doivent être dépollués, ils le seront par le repreneur, ou, à défaut, par le propriétaire actuel, assure-t-il. Mais pas question pour autant de laisser la CGT le bloquer, s’il le faut, « on interviendra par contrainte », promet-il.

    Des économies sur l’hébergement d’urgence

    Une « dépense de 117 millions d’euros dans le département », permet de financer 6 000 places dans deux types d’hébergement d’urgence, l’un dans le diffus, l’autre provisoire à l’hôtel rappelle le préfet. Sur ce dernier, 1 562 places, « on a décidé de reprendre en main budgétairement les choses », indique-t-il, avec un nouveau contrat au 1er octobre avec des hôteliers. Et la réalisation d’un « état zéro », le préfet dénonçant « des situations irrégulières », avec « des gens à l’hôtel depuis 6 ans » Et de marteler : « Je suis comptable des deniers publics, je ne peux pas engager ce que le Parlement n’a pas voté. » Or au 1er janvier, le dépassement « était de 8 millions, là encore à 3 millions », déplore-t-il.

    Parallèlement en 2025, 1 400 logements ont été récupérés auprès des bailleurs, 991 cette année. « Presque 2 500 places, un effort notable », estime-t-il.

  • L’insalubrité, une lutte qui ne connait plus de répit

    L’insalubrité, une lutte qui ne connait plus de répit

    « On commence à taper, à monter sur des astreintes financières », annonçait en avril le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, chef d’orchestre des dispositifs de lutte contre l’habitat indigne. La création à titre expérimental d’une « mission interservices de lutte contre l’habitat indigne » confiée à une commissaire divisionnaire, a en effet mis en synergie toute la chaîne de coproduction des arrêtés de traitement de l’insalubrité qui associait l’ARS, les inspecteurs de salubrité de la Ville, le DDTM et le CODERST, sous la houlette de la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard sur le départ.

    Le nombre de signalements de situation de mal-logement dans les Bouches-du-Rhône enregistrés sur la plateforme Signal Logement et traités par les services de la DDTM continue de croître : 2 612 en 2023, 3 536 en 2024, 3 473 en 2025 et déjà 2 267 depuis le début de l’année, même si une grande partie relève plus de l’indécence, que de l’insalubrité. « La réalité dépasse de beaucoup les 60 000 logements potentiellement indignes dans les Bouches-du-Rhône [dont environ 40 000 à Marseille] » avait prévenu le préfet d’un département où la moitié de l’habitat exige d’être rénové.

    Une pièce noire, humide

    et sans ouvrant

    Depuis le début de l’année, 93 arrêtés préfectoraux d’insalubrité initiaux ont été publiés sur les Bouches-du-Rhône dont 51 à Marseille et déjà 9 arrêtés fixant une astreinte à des propriétaires récalcitrants dont des bailleurs sociaux (13 Habitat et Provence Métropole Logement). Pour l’année 2025, on comptait 70 arrêtés d’insalubrité engageant une procédure dont 39 à Marseille et 5 astreintes. Pour rappel, en 2016, aucun arrêté d’insalubrité n’avait été pris à Marseille, capitale de l’habitat indigne. C’est dire le coup d’accélérateur donné depuis. 11 arrêtés ont prononcé la main levée après constat de travaux dûment exécutés. Un arrêté du 30 juin 2026 a clôturé une procédure ouverte en février 2017. Il s’agissait d’un logement 15 rue des tours à Martigues et interdit temporairement du fait que sa pièce principale était une pièce noire, humide et sans ouvrant.

    En juillet, le préfet a signé un arrêté ordonnant au propriétaire du local situé 33 rue du refuge au Panier de cesser de le mettre à disposition et de procéder au relogement de l’occupant. Là encore, le taudis est sans eau chaude, sans fenêtre, sans éclairage naturel. Son accès se fait d’ailleurs « depuis la façade arrière entre le 4 et 6, rue du Bouleau » avec une porte d’entrée laissant passer l’air et de hauteur insuffisante…

    À la Capelette, le 20 juin, le préfet a interdit définitivement de mettre à disposition un local « impropre à l’habitation » en fond de cour du 24-26 rue des Forges, et qui constitue un « danger pour la santé et la sécurité physique des personnes ». Aucune pièce de vie n’a de surface ou de volume suffisant. La situation d’insalubrité est aggravée par la ventilation insuffisante et l’absence de stabilité de l’échelle de meunier. L’obligation de reloger le locataire est signifiée.

    À Fuveau, le préfet a fait fermer un logement non seulement insalubre au 21 chemin d’Arles à Fuveau mais « sans existence légale faute d’autorisation d’urbanisme ». Il est relevé que le logement présente en particulier une « absence partielle ou totale de la toiture, avec un réseau fuyard des eaux usées à proximité du logement ». Une curiosité est notée : l’occupante serait titulaire d’un bail depuis six ans dans le parc social.

    Parfois, l’insalubrité et le péril structurel se conjuguent. Ainsi au 1er étage du 9 boulevard Féraud à Saint-Mauront sous arrêté de mise en sécurité depuis novembre 2024 : la pièce principale est inférieure à 7 m2 là où le seuil légal minimal est de 9 m2. Il est noté aussi qu’une pièce louée comme pièce principale ne dispose pas de fenêtres sur l’extérieur. L’arrêté ordonne de « remédier aux causes de moisissure qui prolifère sur les murs de façade de la chambre et du bureau », dans un délai de trois mois.

    Au 6 rue d’Anvers, le préfet a ordonné de traiter en procédure d’urgence un risque d’intoxication aux peintures au plomb. Un diagnostic a détecté sur des revêtements dégradés la présence de plomb à une concentration supérieure à 1 mg/cm².

  • À Carry-le-Rouet, des renforts de gendarmerie pour sécuriser la saison d’été

    À Carry-le-Rouet, des renforts de gendarmerie pour sécuriser la saison d’été

    Le bleu est partout, à Carry-le-Rouet. L’eau turquoise de la Méditerranée, le ciel dénué de nuages et les uniformes des forces de l’ordre. Ce mercredi, à l’occasion de la visite du préfet de région, Jacques Witkowski, le dispositif estival de sécurité a été entièrement déployé dans la petite commune de 6 000 habitants. Deux groupes de gendarmes sont positionnés de part et d’autre du rond point qui mène au parking de la plage du Rouet pour contrôler les automobilistes, tandis que deux hommes patrouillent en civil sur le banc de sable. Du côté du centre-ville, d’autres militaires, associés aux agents la police municipale, sillonnent les rues.

    L’été, 7 réservistes et 12 militaires détachés viennent appuyer l’action des 26 gendarmes de la brigade, dont le périmètre s’étend aux secteurs du Rove, d’Ensuès-la-Redonne et de Sausset-les-Pins. Carry-le-Rouet a beau « ne pas être une cité balnéaire », la population « peut doubler sur une journée », affirme le maire (DVD), René-Francis Carpentier.

    Le commandant Jean-Yves Curci reconnaît : « C’est un territoire très préservé. (…) On a une délinquance maîtrisée, avec 1 300 faits de crimes et délits à l’année. » Les deux mois d’été n’en restent pas moins « un moment particulier », puisqu’ils représentent 27% des interventions. « En termes de volume, c’est 60% de plus que le reste de l’année. On a une saisonnalité très marquée avec des phénomènes assez particuliers, parce que l’essentiel du tourisme est local et journalier, avec, par exemple, des vols à la roulotte à proximité des zones de baignade, de la consommation de stupéfiant ou des atteintes à la tranquillité publique. On n’est pas forcément sur de la grande criminalité, mais le volume de faits est plus important que le reste de l’année et nécessite des renforts. »

    Au sein de la population, ces forces de l’ordre supplémentaires sont bien accueillies. « Beaucoup de gens viennent de l’extérieur, on veut que la Côte Bleue reste préservée », confie Anthony, patron d’un salon de coiffure dans le centre-ville. Justine, elle, aurait aimé qu’une attention particulière soit portée aux incivilités aux abords des plages plutôt qu’à la sécurité. « C’est une ville très tranquille, mais les gens sont très stressés. Pour moi, la vraie problématique, c’est plutot les atteintes à l’environnement, les jets de mégots etc… »

    Neuf nouveaux postes

    Le dispositif sécuritaire concerne tout le département. Le général Pierre Baillargeat détaille : « Il s’articule en interne avec des gendarmes qui sont redéployés sur les zones d’affluence touristique. On est également appuyés par 20 gendarmes mobiles et 34 réservistes qui viennent de toute la France. » Au total, 86 militaires supplémentaires sont déployés dans les Bouches-du-Rhône.

    « Ces renforts nous permettent d’ouvrir neuf nouvelles emprises, réparties sur Carry-le-Rouet, Cassis, Ceyreste, Cadolive, la Sainte-Victoire, Eygalières, Saint-Rémy-de-Provence, Les Baux-de-Provence et Les Saintes-Marie-de-la-Mer, poursuit-il. On est logés par les communes ou des établissements scolaires, comme le lycée militaire d’Aix. Ça nous permet d’avoir les bons personnels aux bons endroits, de pouvoir nous adapter aux mouvements de population. »

  • Un policier grièvement blessé suite à un refus d’obtempérer

    Un policier grièvement blessé suite à un refus d’obtempérer

    Gravement blessé, mais ces jours ne sont plus en danger… Un policier a été victime, dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet, d’un refus d’obtempérer, percuté par un véhicule a priori volé, sortant de la cité Benza, à Pont-de-Vivaux, dans le 10e arrondissement, indique-t-on de sources policières.

    La voiture a été repérée vers 23h50 par un équipage de la BAC qui envoie un signal radio. Signal entendu par un équipage de la compagnie départementale d’intervention dans les parages et qui décide d’intervenir en renfort. L’un des gardiens de la paix tente alors d’arrêter la voiture qui arrivait en direction de l’équipage « à vive allure », au moyen du dispositif « stop stick ». Une sorte de herse portable pour percer les pneus des véhicules qui passent dessus.

    Cherchant à éviter le dispositif, la voiture poursuivie percute un terre-plein, happant le policier qui est alors violemment projeté sur plusieurs dizaines de mètres. Dans sa course dans les airs, il arrache un grillage et termine en chutant lourdement sur le parking d’un concessionnaire automobile Mercedes. Polytraumatisé, le policier sera pris en charge par les marins-pompiers et le Smur, transporté en réanimation à l’hôpital de la Timone. Si son pronostic vital n’est plus engagé, il aurait été gravement touché à une jambe. La voiture en fuite, elle, percutera également une barrière avant de finir dans un arbre.

    Un acte criminel très grave pour Laurent Nuñez

    Les quatre occupants du véhicule, qui tentaient de s’enfuir à pied, ont été interpellés et placés en garde-à-vue, précise-t-on. Le conducteur n’avait pas de permis de conduire.

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé sur les réseaux sociaux « un acte criminel très grave », estimant que « ceux qui s’en prennent à nos policiers doivent être sévèrement punis ». Sur ces mêmes réseaux, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a adressé son « plein soutien » au policier, à ses proches et à l’ensemble de ses collègues. Pour lui, « rien ne justifiera jamais ces comportements meurtriers contre ceux qui nous protègent ».

    Du côté des syndicats policiers, Bruno Bartocetti, secrétaire national du syndicat Unité zone-sud, a déploré la situation, tandis qu’Alliance a fait le lien avec l’adoption d’une loi, début juillet, instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, assimilée par ses opposants à « un permis de tuer ». Le syndicat lui estime que « l’impunité XXL a des conséquences bien réelles. »

    Selon un rapport du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI), les refus de contrôle routier ont nettement augmenté en 2025, une hausse de 9% par rapport à l’année précédente, alimentée notamment par les refus d’obtempérer qui constituent la majeure partie des délits (28 100 refus d’obtempérer pour 2025).

  • À Marseille, une journée d’hommage aux agents de police

    À Marseille, une journée d’hommage aux agents de police

    Gaaaaaaaaaarde à vous, au drapeau. » Sur l’esplanade de la Major tôt le matin ce vendredi 10 juillet, du Raid aux douanes en passant par la PJ et la sécurité publique, toutes les forces de police et de gendarmerie sont représentées pour une journée nationale mise en place voilà cinq ans. Une cérémonie au cours de laquelle ont été remises des décorations pour faits de bravoure notamment, comme des médailles de la police nationale échelon or ou bronze ou celle de l’ordre national du mérite, mais aussi un moment pour rendre hommage aux policiers décédés.

    Il s’agit de « mettre à l’honneur les 153 000 femmes et hommes qui, tous les jours de l’année, se mettent au service de la République et de la sécurité de nos concitoyens », indique le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, donnant lecture d’un message du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez.

    L’occasion « que tous se rappellent l’exigence de la vocation que vous avez embrassée, ce métier qui ressemble souvent à un sacerdoce et qui, pour certains de vos collègues, a revêtu la forme du sacrifice », estime-t-il

    « Une montée

    de l’hyper-violence »

    Il rappelle que « depuis le début de l’année 2026, déjà cinq policiers qui ont perdu la vie en mission ou en service. Ils viennent allonger la trop longue liste des 39 agents de la police nationale décédés depuis 2021, année où cette journée a été instituée aussi et avant tout pour faire mémoire de leur nom et de leur engagement ». Sans compter les blessés : 1 100 chaque mois en moyenne 2026.

    Cette journée c’est aussi « un moment de célébration. Célébration de la beauté de votre devise, de la noblesse de vos valeurs et du sens profond de votre vocation », poursuit le préfet. Et de revenir sur un « contexte de montée indéniable de l’hyper-violence ». « Nos forces de sécurité sont, par ailleurs, constamment défiées. Ne pas obtempérer à leurs injonctions devient une option, discuter leur monopole de la force légitime, une habitude, s’en prendre à leur intégrité physique, de moins en moins rare », note le ministre dans son discours, considérant que « quelques-uns veulent faire oublier qu’aux racines de l’engagement [des policiers] se trouve la protection des plus vulnérables, le secours aux victimes et la sécurité de chacun de nos concitoyens ».

    Alors qu’il entend renforcer l’arsenal légal vers le tout sécuritaire, Laurent Nunez en profite pour enfoncer le clou, estimant que l’action des policiers s’inscrit « dans le cadre des lois républicaines et des règles déontologiques toujours nécessaires, toujours proportionnées, toujours exemplaires ».

  • Nicolas Isnard tente de trouver une issue budgétaire

    Nicolas Isnard tente de trouver une issue budgétaire

    Après une conférence des maires ce mercredi 8 juillet, Nicolas Isnard (LR) va soumettre au vote en septembre le principe de création d’un fonds de concours d’un montant « équivalent à la baisse de dotation solidaire communautaire ». Les élus avaient refusé de voter le budget 2026 le 28 avril dernier, le président de la métropole estimant que l’État était responsable d’un trou de 144 millions d’euros, laissant la main à la Chambre régionale des comptes et au préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski. Au-delà des 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement et les investissements de la collectivité, les magistrats financiers proposaient de sabrer 53 millions d’euros dans la dotation de solidarité communautaire.

    Pour le maire de Salon-de-Provence, pas question de recourir à l’impôt pour redresser la barre et une idée fixe : préserver la capacité d’investissement des communes.

    Des marges de manœuvre très réduites

    « Le budget arrêté réduit fortement les marges de manœuvre des communes. Il était de notre responsabilité de trouver une solution qui permette d’atténuer cette perte. En transformant cette perte de Dotation de solidarité communautaire en fonds de concours pour 2026, nous apportons une réponse concrète, rapide et solidaire, tout en respectant les équilibres financiers de la Métropole », souligne-t-il.

    Les 92 maires ont également convenu « d’engager immédiatement les travaux sur le futur pacte financier et fiscal entre la Métropole et les communes. » Un groupe de travail étant mis sur pied pour examiner « l’ensemble des leviers permettant de construire un cadre financier durable et équilibré. » Attributions de compensation, dotation de solidarité communautaire, fiscalité… « Toutes les pistes seront mises sur la table afin de préparer la suite du mandat dans un esprit de responsabilité et de dialogue », assure la présidence de la métropole. La première réunion devant se tenir dès ce jeudi.

  • À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    Des flammes hautes de plusieurs mètres, poussées par le vent, avec des sautes de feu de 300 mètres, atteignant au plus fort de son activité les 1 200 mètres par minute… De l’enfer de l’incendie du 8 juillet 2025, les sinistrés de l’Estaque n’ont rien oublié, encore traumatisés. Parti d’une voiture en feu aux Pennes-Mirabeau en fin de matinée depuis le tunnel des 4 vents, sur l’A55, l’incendie avait atteint rapidement le Jas de Rhode, nourri par les déchets du centre de tri de la métropole, avant d’accélérer, encore, jusqu’au nord de Marseille, s’attaquant aux collines du Verduron. En centre-ville, une ambiance fin du monde. Un panache de fumée jaunâtre, avec des quantités de particules fines « 10 fois supérieures au seuil journalier réglementaire », analysait alors AtmoSud, association de surveillance de qualité de l’air, avait obscurci le Vieux-Port, recouvrant la ville de cendres.

    Bilan malgré la mobilisation de 875 sapeurs et marins-pompiers : 750 hectares ravagés, 91 maisons touchées. Et tout de suite, lors des premières réunions avec les autorités, une polémique majeure sur la lenteur d’intervention des secours et l’absence de moyens aériens immédiats. S’ils soulignaient la réaction rapide de la Ville avec la mise à disposition du centre social pour l’accueil, les dons et des permanences pour les accompagner dans leurs démarches, les habitants des Hauts de l’Estaque pointent la responsabilité du préfet d’alors, Georges-François Leclerc qui a pris la main sur les opérations et transféré le commandement des sapeurs-pompiers, en charge du départ du feu aux Pennes-Mirabeau, aux marins-pompiers de Marseille, compétents sur le territoire de la deuxième ville de France, au milieu de l’après-midi. Dans la foulée, un collectif est créé.

    Après le feu, la pluie

    et les coulées de boue

    Le très long communiqué du préfet qui tente de se justifier ne convainc pas. Nombre de sinistrés reprennent les propos de Grégory Allione, ex-patron du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours) jusqu’en janvier 2023, aujourd’hui député européen macroniste, qui s’insurge contre une décision purement « administrative » des opérations de secours prise par la Direction générale de la sécurité civile à Paris, pour l’envoi des canadairs. « Quand vous êtes dirigés par des gens qui n’ont jamais commandé un feu c’est une difficulté opérationnelle, ce type de décision m’exaspère », dénonce-t-il à qui veut l’entendre.

    Plaintes contre X

    « Pour avoir des réponses »

    Deux mois plus tard, les sinistrés allaient subir la double peine. À l’incendie dévastateur, succèdent des coulées de boues lors des premiers épisodes cévenols de la fin septembre. Le mur de la gare de l’Estaque, une dizaine de mètres de haut, explosé par les flots, les rails emportés. Chemin de la Nerthe, chemin du Marinier, d’énormes bouts de bitumes dévalent la route. Là encore la solidarité joue à plein.

    Au fil des mois, la galère se poursuit avec les assurances qui font traîner. Si le directeur de « France assureurs » a assuré dans nos colonnes au lendemain du feu que des correspondants en région étaient missionnés pour faciliter les choses, les experts tardent à passer et les litiges se multiplient retardant d’autant la reconstruction. Le conseil municipal a voté une aide exceptionnelle d’un million d’euros, la métropole de 500 000 euros pour éviter de faire l’avance des frais.

    Du collectif émane mi-décembre une association des victimes de l’incendie de l’Estaque, les plaintes contre X « pour avoir des réponses »
    commencent à tomber. Aujourd’hui, elles seraient une centaine. Le mode de commandement n’a pas évolué et Georges-François Leclerc est devenu préfet d’Île-de-France. Promis en février, le comité local d’aide aux victimes n’a pas eu lieu assure un sinistré quand pour l’actuel préfet Jacques Witkowski, cette aide relève du ministère de la Justice…

  • Une vedette de la police au nom d’Eric Masson

    Une vedette de la police au nom d’Eric Masson

    « La police nationale et l’État se souviennent d’Éric Masson. Aujourd’hui, son nom prendra la mer », déclare Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône. Ce mercredi 24 juin, une navette maritime a été baptisée « Commandant Masson ». Elle rend hommage à ce brigadier de police, tué en 2021, à Avignon, dans l’exercice de ses fonctions, lors d’une opération de lutte contre le trafic de stupéfiants. Le titre de commandant lui avait été attribué à titre posthume.

    Sur le quai du stade nautique Florence-Arthaud, la famille d’Éric Masson était présente pour assister à cet hommage, en présence de Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône. « Baptiser cette embarcation au nom d’Éric Masson permet d’honorer d’abord ce qu’il fut et de porter son nom pour les années qui viennent sur les emblèmes de la police nationale », précise le préfet. À l’issue de la cérémonie, les proches sont montés à bord de la vedette pour procéder à son baptême, en brisant une bouteille de champagne sur la coque, selon la tradition marine. Le bateau a ensuite effectué ses premières minutes de navigation.

    Mission de surveillance en mer

    Deux embarcations, dont celle baptisée ce mercredi, ont été financées par la région pour un montant total de près de 760 000 euros, selon la Région Sud. Cet investissement s’inscrit dans une « double stratégie », selon Renaud Muselier. D’une part, depuis 2016, la collectivité régionale a consacré 51 millions au renforcement des forces de sécurité, comme l’indique la Région Sud. « Le deuxième cliquet, ce sont les Jeux olympiques : il y avait besoin de renforts importants pour aider les forces de l’ordre à avoir du matériel effectif et performant pour faire respecter les règles maritimes », complète Renaud Muselier.

    Cette nouvelle unité sera utilisée à des fins de patrouilles côtières. « Cette embarcation doit intervenir à la fois sur des missions classiques maritimes, par exemple pour aider des gens qui sont en difficulté et effectuer des patrouilles, mais aussi sur des missions de police. On a chaque année des accidents graves et pour ceux qui naviguent, on sait combien c’est difficile », explique Jacques Witkowski. « Ce sont des moyens dont nous avons besoin dans une ville maritime comme Marseille. Avec près de 50 kilomètres de linéaire côtier, il faut que la police puisse intervenir en mer », précise-t-il. Au-delà de l’hommage rendu, cette vedette doit ainsi renforcer les capacités d’intervention en mer dès la saison estivale 2026.

  • Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Le comité d’accueil à la sortie du bus en provenance de Marseille, au terminus de l’aéroport à Marignane, surprend un peu les voyageurs. Les forces de la police aux frontières, la gendarmerie des transports aériens et les douanes ont uni leurs forces pour une journée de contrôle, mardi.

    Tandis que Pacha, labrador de 7 ans, passe sa truffe sur les valises et les passagers, cherchant à détecter des produits stupéfiants, le préfet de région, Jacques Witkowski, venu avec la préfète de police, Corinne Simon, explique : « Le message est clair, les produits illicites ne passeront pas par la plateforme aéroportuaire. Avec 11 millions de passagers, Marseille se place comme un des premiers aéroports français et européen, il nous faut éviter qu’il soit une porte ouverte sur les trafics. »

    Précisant que ce travail commun est quotidien sur ce site, « un travail à bas bruit », Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, ajoute que ces services ont dans leur ligne de mire le stup’, mais aussi « les VTC illégaux qui font prendre des risques aussi à leurs clients ». Côté douane, « on a deux obligations », pose Michael Lachaux, directeur régional des douanes à Marseille :   « Assurer la fluidité, ne pas retarder, et assurer la sécurité du département voire de la région. » Les douaniers ont effectué, en 2025, pas moins de 1 400 constatations et saisi 2,5 tonnes de tabac, 30 000 contrefaçons et 50 kg de stupéfiants.

    Les mules pour le tabac

    Il témoigne du retour d’un phénomène, celui des mules. « On connaissait les mules guyanaises, où on mettait plusieurs passagers qui avaient ingéré des produits, [dans l’idée que] les premiers se font prendre et les autres passent sans être contrôlés. On a la même chose en matière de tabac, avec plusieurs centaines de kilos à chaque fois », détaille-t-il.

    Après la gare routière, direction les sous-sols du terminal 1. Un avion en provenance d’Alger vient d’atterrir. Une destination « sensible » pour les douanes, où il faut distinguer le trafic, avec le tabac en échange d’autres produits importés, du voyageur qui ramène pour sa consommation personnelle.

    À l’image de ceux installés en surface, des tapis accueillent les bagages débarqués. Un autre labrador de la douane, Van, spécialisé dans la recherche de tabac en quantité, est guidé par son maître. « Quand il marque, il gratte, je prends alors la valise et je la mets de côté », détaille une douanière, fier de son « collègue de travail ». Un job de précision avec les bagages de 130 ou 150 passagers par vol. Justement, l’animal repère un sac. Il ne va pas être retenu, mais remis dans le circuit. « Ce qui nous intéresse, c’est non seulement la marchandise, mais la personne qui vient la chercher », développe le directeur régional des douanes. Toujours dans ce souci de fluidifier les flux, le voyageur sera intercepté à la surface et le bagage ouvert devant lui. Bilan : cinq cartouches au lieu d’une admise.

    Dans la zone fret, le Paco, le malinois de la gendarmerie, capable de dégoter explosifs, armes, stupéfiants et billets de banque, fera chou blanc sur les boîtes médicales en provenance d’Ajaccio. « C’est un outil précieux pour nous », insiste le major Rio, dont la brigade de 27 effectifs est en charge de la sûreté portuaire.

    Entre-temps, les douanes ont encore réalisé une belle prise : pas moins de 100 paquets de cigarettes, en provenance d’Algérie…

  • Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    La deuxième Métropole de France peut de nouveau reprendre la main sur ses finances. Près de deux mois après le refus des élus de voter le budget pour protester contre des coupes budgétaires, celui-ci a été notifié ce mardi matin à l’intercommunalité par le préfet de région.

    «Je suis resté volontairement silencieux tout au long du processus pour ne pas perturber le débat, cette phase est terminée», partage Jacques Witkowski. Lui souligne le «choix surprenant» qu’a fait l’hémicycle métropolitain, en assurant que «ce n’est pas une collectivité qui est en faillite, […] on n’était pas dans une situation d’urgence qui aurait nécessité une intervention majeure». De quoi écarter tout recours à une hausse des impôts locaux. Il exonère aussi l’État de toute responsabilité dans le déficit de 144 millions d’euros : «Les concours financiers sont supérieurs à ce qu’ils étaient en 2023, cela reste une collectivité aidée au-dessus de ce que l’on fait habituellement.»

    «Je remets le ballon au centre»

    Aussi reprend-il à son compte les coupes claires préconisées jeudi par la chambre régionale des comptes dans son avis budgétaire, avec 91 millions d’euros d’économies dont 25 millions pour les transports, 12 millions pour les subventions aux associations et opérateurs métropolitains, 4,5 millions sur la masse salariale.

    Mais là où les magistrats financiers prévoyaient de retirer 53 millions dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) versée aux communes pour compenser les inégalités du territoire, lui propose de tailler dans les attributions de compensation (AC), reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle. «Le préfet doit faire respecter les lois et les règlements de la République», justifie-t-il. Or, la chambre régionale des comptes avait pointé 178 millions d’euros d’attributions de compensation considérées comme indues. Tandis que la DSC est une obligation légale.

    Il ne désigne cependant pas les villes qui verront leurs reversements coupés. Ce sera à l’hémicycle métropolitain de répartir ces 53 millions de coupes entre ses communes, à une majorité qualifiée des trois cinquièmes, suivi d’un vote des conseils municipaux. A moins que les élus ne décident désormais de voter une décision budgétaire modificative pour changer la copie rendue par le préfet et piocher malgré tout dans la dotation de solidarité. «Dans ces deux chemins, il y a une condition absolue, la Métropole doit équilibrer son budget», rappelle le représentant de l’Etat. Et d’imager : «Cela ne fait jamais plaisir quand un arbitre de terrain siffle une faute de jeu. C’est ce que je fais, je remets le ballon au centre.» Ce qui est certain, c’est que les communes devront revoir leurs budgets déjà votés.

    Enjeux parlementaires

    Face à l’appel des maires de déconstruire l’édifice intercommunal, «l’Etat n’est pas saisi d’un débat de modification de la Métropole, ce n’est pas à l’ordre du jour, indique le préfet. S’ils veulent un débat on s’en saisira, mais ça prendra du temps». Quant à la hausse demandée du versement mobilité pour faire contribuer davantage les entreprises au financement des transports, «c’est un choix du Parlement», rappelle-t-il. Comme toute évolution du statut de la RTM évoquée en conférence des maires la veille.