Tag: Israël

  • Plus de 200 journalistes palestiniens tués

    Plus de 200 journalistes palestiniens tués

    Chaque semaine, les mêmes scènes d’une dramatique banalité se répètent : des corps inanimés, ensanglantés, sont enveloppés dans des draps blancs et recouverts d’un gilet pare balles siglé « PRESS » en lettres capitales. Des appareils photos ou des caméras encore salis par la poussière des bombardements sont disposés sur ces cadavres. Un symbole, un rappel, une triste réalité : ils ont été tués parce qu’ils étaient journalistes. Leur crime était d’informer.

    Ils sont les yeux de Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, au moins 210 journalistes ont été tués dans l’enclave selon le bureau des droits de l’Homme de l’ONU, la grande majorité d’entre eux étaient palestiniens. Pour la plupart, ils ont été tués dans le cadre de leur fonction, ce qui constitue un crime de guerre. À titre comparatif, 13 journalistes ont été tués par les forces russes depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Pour rappel : Israël empêche les journalistes internationaux d’accéder au territoire palestinien qu’il occupe à 70%.

    Les images de Khan Younès

    Les images de la dernière tuerie en date ont été largement diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux, provoquant l’émoi et la condamnation de la communauté internationale. La scène se déroule lundi dernier, après l’explosion d’un drone sur l’hôpital Nasser de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza. Alors que les journalistes et les secours se rendent sur place pour aider les victimes et constater les dégâts un bombardement aérien frappe. L’agence de presse Reuters a par la suite indiqué qu’au moment de la première frappe, l’un de ses collaborateurs diffusait un flux vidéo en direct. « Encore plus de journalistes tués aujourd’hui. On fait taire les dernières voix qui dénoncent la mort silencieuse des enfants victimes de la famine. L’indifférence et l’inaction du monde sont choquantes. (…) Cela ne peut pas être notre nouvelle norme pour l’avenir. La compassion doit prévaloir. Mettons fin à cette famine provoquée par l’homme en ouvrant les portes sans restrictions, protégeant les journalistes et les travailleurs humanitaires et sanitaires. Il est temps de faire preuve de volonté politique. Pas demain, maintenant », fustige Philippe Lazzarini, le chef de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).

    « Je veux mon fils que tu ne m’oublies pas, j’ai tout fait pour te rendre heureux », tels sont les mots de Mariam Abu Dagga, adressé à son fils, Ghaith, 13 ans. La journaliste de 33 ans est l’une des victimes de ces frappes. Indépendante, elle travaillait avec Associated Press, Independent Arabia et MSF. Elle est morte, appareil photo en main, aux côtés de quatre de ses confrères.

    Si Tsahal a reconnu avoir mené ses frappes, elle dit avoir visé et « identifié une caméra placée par le Hamas dans la zone de l’hôpital Nasser, utilisée pour observer l’activité des troupes [israéliennes] afin de diriger des activités terroristes contre elles ». Les soldats « ont agi pour éliminer la menace en frappant et en démantelant la caméra », est-il ainsi écrit dans ce texte du commandant militaire, présentant les résultats de l’enquête. Selon l’AFP, six victimes ont été présentées comme « terroristes » par l’armée israélienne mais aucun de leur nom ne correspondant à aucun de ceux des journalistes tués. Au total, 20 personnes sont mortes ce jour-là.

    « Une fois de plus, j’appelle Israël à cesser de tuer ceux qui tentent d’informer le monde de ce qui se passe à Gaza. Les journalistes, les médecins et les secouristes doivent être protégés à tout moment », martèle Hadja Lahbib, commissaire européenne à l’Égalité et à la gestion de crise. Au-delà des condamnations, de réelles sanctions se font toujours attendre. Le génocide se poursuit.

    L’attaque du 7-Octobre 2023 perpétrée par le Hamas a entraîné la mort de 1 219 personnes côté israélien, en majorité des civils. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues à Gaza dont 27 sont décédées selon l’armée. La guerre déclenchée par Israël a fait au moins 62 744 morts dans le territoire palestinien occupé, en majorité des civils, femmes et enfants essentiellement. Dimanche 31 août, la Défense civile de Gaza a fait état de 16 personnes tuées au cours d’opérations militaires israéliennes dans le territoire palestinien, dont 10 près de sites de distribution d’aide.

    « On fait taire les dernières voix qui dénoncent la mort silencieuse des enfants victimes de la famine. »

  • Antisémitisme : Macron répond à Netanyahu dans une lettre

    Antisémitisme : Macron répond à Netanyahu dans une lettre

    « Ces accusations d’inaction face à un fléau que nous combattons de toutes nos forces sont inacceptables et offensent la France tout entière », écrit-il, estimant que cette lutte « ne saurait être un sujet d’instrumentalisation ». Le Premier ministre israélien a déclenché une nouvelle crise avec la France, en accusant Emmanuel Macron « d’alimenter le feu antisémite » avec son intention de reconnaître l’État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies prévue en septembre prochain, à New York.

    Dans une lettre adressée à Emmanuel Macron en date du 17 août, il s’est dit « préoccupé par la montée alarmante de l’antisémitisme en France et par le manque d’actions décisives (du) gouvernement pour y faire face ». Le 19 août, la présidence française avait déjà dénoncé comme « erronée, abjecte » l’accusation de Benjamin Netanyahu, affirmant qu’Emmanuel Macron en avait pris connaissance par voie de presse et y répondrait par courrier. Le chef de l’État français souligne, dans sa réponse, qu’il « demeure et demeurera garant de l’impérieuse nécessité de combattre cette abomination, partout et toujours ». « Les antisémitismes de notre pays viennent de loin, ont longtemps été nourris par l’extrême droite, sont aujourd’hui aussi alimentés par l’extrême gauche qui essentialise la communauté juive et soutient la haine contre cette dernière », pointe-t-il encore.

    Emmanuel Macron estime que son initiative diplomatique pour une reconnaissance de l’État de Palestine est une « main tendue » à Israël pour une « paix durable » dans la région et rejette aussi toute accusation de soutien, à travers ce processus, au mouvement islamiste palestinien Hamas. « Je vous appelle solennellement à sortir de la fuite en avant meurtrière et illégale d’une guerre permanente à Gaza qui expose votre pays à l’indignité et votre peuple à une impasse, à cesser l’illégale et injustifiable recolonisation de la Cisjordanie et à saisir la main tendue des partenaires internationaux disposés à travailler à un avenir de paix, de sécurité et de prospérité pour Israël et la région », poursuit-il. Selon lui, « l’État palestinien doit constituer la fin du Hamas ». « C’est aujourd’hui la seule manière d’éradiquer réellement le Hamas et d’éviter à la jeunesse israélienne de se consumer dans une guerre permanente, dévastatrice pour les Palestiniens de Gaza, mais également pour Israël et la région tout entière », relève-t-il encore.

    62 819 morts à Gaza

    Pendant ce temps, la guerre entre le Hamas et Israël se poursuit dans la bande de Gaza. Le territoire palestinien est décimé. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1 219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues dont au moins 27 morts selon l’armée israélienne. La campagne de représailles israélienne a fait au moins 62 819 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Ce qui est désormais qualifié par de nombreux experts comme un génocide.

    L’aide internationale qu’Israël autorise à entrer dans le territoire palestinien dévasté, assiégé et affamé est en « légère hausse », mais reste « une goutte d’eau dans l’océan », a déploré le chef du Programme alimentaire mondial (PAM), Carl Skau. L’ONU a officiellement déclaré, vendredi, la famine à Gaza, en imputant la responsabilité à Israël.

  • [Université d’été du PCF] À Montpellier, Fabien Roussel appelle à la mobilisation

    [Université d’été du PCF] À Montpellier, Fabien Roussel appelle à la mobilisation

    Après une journée riche en débats pour le deuxième jour de l’Université d’été du PCF organisée ce week-end à Montpellier, Fabien Roussel, armé de ses plus belles chaussures rouges, est rentré sous une ovation dans l’amphithéâtre du Corum, samedi. Il faut dire qu’avec le nombre de sujets brûlants qui agitent l’actualité, sa prise de parole était attendue.

    Le Nordiste n’a pas tergiversé longtemps : « La situation est de plus en plus dure. Quand on allume le poste, c’est la guerre, les violences, les massacres, des famines », a-t-il immédiatement lancé avant de consacrer une partie de son discours aux sujets internationaux. Il a ainsi appelé à refuser de « se faire humilier par Ursula von der Leyen qui sans aucun mandat démocratique est allée signer la capitulation à Washington ». Sur ce sujet des droits de douane américains, Fabien Roussel a demandé « la tenue d’un conseil européen exceptionnel », la convocation « au plus vite » des parlements ainsi que la convocation d’un référendum en France.

    Sur le conflit ukrainien, il a appelé aux négociations pour garantir la neutralité de l’Ukraine. Sur le « le génocide du peuple palestinien », le communiste a fait part de « sa colère devant des chefs d’État européens qui se disent prêts à envoyer des troupes en Ukraine mais qui laissent faire le gouvernement criminel de Netanyahou et ses ministres racistes ». Les militants présents ont ensuite ovationné Qassem Awad, dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), présent dans la salle.

    Rentrée sociale explosive

    Fabien Roussel a ensuite réclamé un « boycott militaire et commercial » d’Israël et a renouvelé la demande de libération des otages israéliens et celle de Marwan Barghouti. Il a également confirmé travailler avec les forces politiques, associatives et syndicales à « une grande marche pacifique pour l’arrêt des massacres, pour la libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens et une solution à deux États ».

    Mais le cœur du discours de près d’une heure trente du secrétaire national a bien porté sur la rentrée sociale et la mobilisation pour s’opposer au plan d’austérité prévu. Fabien Roussel a d’abord confirmé que sans changement sur le budget, il appellerait à la censure du gouvernement Bayrou. « Le PCF soutient toutes celles et ceux qui se mobiliseront en cette rentrée pour mettre un coup d’arrêt à ce braquage inédit de nos richesses nationales », a-t-il poursuivi tout en indiquant qu’il serait aux côtés des énergéticiens le 2 septembre, des personnels des Hôpitaux de Paris (AP-HP) et des personnels de santé, le 4 octobre et de ceux qui veulent « bloquer le pays » le 10 septembre. « Nous partageons pleinement la révolte de celles et ceux qui travaillent dur et ne récoltent que du mépris de la part de ministres qui émargent à 10 000 euros par mois, ne payent pas le train, l’avion, l’essence, l’électricité, la nourriture mais qui nous donnent des leçons de vie. Il y a 20 millionnaires parmi les ministres : qu’ils vivent avec un Smic et payent leurs factures et on en reparlera », a-t-il insisté.

    Après un focus sur l’importance du milieu associatif où « 186 000 emplois sont menacés » qui s’ajoutent aux « 300 000 emplois menacés dans l’industrie », le maire de Saint-Amand-les-Eaux a insisté sur l’importance de retrouver un « État fort, solidaire et juste » et de rétablir une « République laïque et sociale ». Fabien Roussel a ensuite listé une partie des propositions mises en avant par les communistes pour cette rentrée. S’il appelle à la fin « des orgies de subventions publiques pour les grands groupes et les cures d’austérité pour les services publics », il réclame un « Pacte pour la France » qui s’appuierait sur un plan d’investissement de 500 milliards d’euros en cinq ans. « C’est pour cela aussi que nous revendiquons la nécessité de nationaliser certains établissements bancaires privés. Il y a besoin de cette révolution qui consiste à mettre une partie du capital au service du travail, de la production, du climat et du redressement du pays », explique-t-il.

    Dans ce « pacte », il propose aussi une augmentation des salaires, des pensions de retraite et la baisse de 30 à 50% des prix de l’électricité. Il souhaite aussi la construction de 200 000 nouveaux logements par an, la relance de « 20 nouvelles centrales nucléaires » et la planification de « l’embauche et la formation, sous statut de centaines de milliers d’enseignants, de soignants, de travailleurs sociaux, de douaniers, de policiers, d’agents territoriaux ».

    Ces propositions seront à nouveau mises en avant à la Fête de l’Huma, les 12, 13 et 14 septembre.

    « Le PCF soutient tous ceux qui se mobiliseront pour arrêter
    ce braquage inédit de nos richesses »