Tag: isolement

  • Les aidants marchent au parc Borély pour se faire aider

    Les aidants marchent au parc Borély pour se faire aider

    En ce mardi 6 octobre, Journée nationale des aidants, les plateformes de répit (PFR) du département ont organisé une marche qui leur était dédiée. Les aidants sont les personnes qui prennent soin d’un proche et l’accompagnent au quotidien du fait d’une dépendance liée à l’âge, à la maladie ou au handicap. Ils peuvent être soutenus par des structures comme les PFR, mais cela reste une situation complexe pour des personnes qui ne sont pas des professionnels de santé.

    Lutter contre l’isolement

    Au-delà de mettre en valeur le dévouement des aidants, la marche a surtout pour but de leur proposer des ressources adaptées pour les soutenir. « Ça apporte de la visibilité qui peut notamment servir à mettre en place des actions avec des professionnels à la disposition des aidants. L’objectif est de faire connaître les structures disponibles pour les accompagner et leur apporter de l’orientation et des formations », explique Quentin Cayol, le directeur adjoint de l’association A3. Différentes associations d’aide à domicile ou d’accompagnement de personne en situation de handicap étaient présentes lors de ce rendez-vous.

    L’événement, qui se veut être une respiration dans un quotidien souvent compliqué, doit permettre aux aidants d’échanger afin de lutter contre l’isolement, problème majeur pour un aidant, alors qu’on estime leur nombre à 11 millions en France. « L’aidant se met en retrait, il s’épuise dans sa tâche sans que personne ne le sache. Il est d’ailleurs statistiquement prouvé que les aidants décèdent avant les malades », se lamente Paul Durano, aidant auprès de son épouse. Il peut d’ailleurs être difficile de s’identifier comme tel et le but de la marche est aussi de faire connaître ce statut particulier. Patricia Mohamed, responsable du pôle aide aux aidants de SAJ, espère « poser des mots sur une situation qui paraît naturelle car bâtie sur un lien d’affection ».

    Sites web : association-a3.fr et asso-saj.fr

  • Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Montpellier compte près de 80 000 étudiants. Derrière les chiffres du dynamisme universitaire se cache une réalité beaucoup plus sombre : on estime qu’un étudiant sur cinq vit dans la précarité, « soit environ 16 000 jeunes contraints de subsister avec un reste à vivre inférieur à 100 euros par mois », illustre Philippe Vernay, délégué bénévole de l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant à Montpellier.

    Une détresse financière qui entraîne, bien souvent, « un isolement social, car ces jeunes privés de ressources ne peuvent pas participer à toutes les activités que font d’autres étudiants », explique-t-il. Pour tenter de joindre les deux bouts, « ils travaillent, souvent dans le cadre de missions d’intérim et la plupart du temps le week-end, au détriment de leur scolarité ».

    Pour leur venir en aide, l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant, née à Lyon en 2021 et structurée en délégation officielle à Montpellier depuis avril 2025, propose une réponse concrète : le parrainage. « La particularité de notre action, c’est que nous traitons les deux volets : l’achat d’un cabas de nourriture de temps en temps et la création d’un lien social », poursuit le délégué montpelliérain. Concrètement, parrains et marraines accompagnent les jeunes pour faire les courses, les conseillent pour varier leur alimentation et partagent avec eux les bons plans locaux. 1 Cabas pour 1 Étudiant a par exemple noué un partenariat avec le Rayon 34, l’épicerie solidaire de l’Université Paul-Valéry, « qui permet aux étudiants d’acheter des denrées à seulement 15% du prix du marché ». Mais le cœur du dispositif reste l’humain. Ancienne directrice d’école à la retraite, Françoise marraine, depuis février, une étudiante d’origine béninoise de 22 ans : « La première fois qu’on s’est rencontrées, je lui avais donné rendez-vous sur la place de la Comédie. Elle était à Montpellier depuis un mois et elle ne la connaissait pas ! Elle était complètement repliée sur elle-même, elle avait peur de tout. L’arrivée en France a été un petit choc culturel. Elle a eu besoin d’être accompagnée pour comprendre comment ça fonctionne. On échange sur toutes sortes de sujets », confie Françoise.

    « Un engagement valorisant et concret »

    « Quand elle vient manger à la maison, je fais la cuisine avec elle, je lui apprends à faire certains plats simples et pas chers. On l’emmène également à des concerts gratuits, pour lui montrer qu’on peut sortir, qu’au-delà des études et de la survie, on peut vivre. » Michel, un autre parrain bénévole, partage lui aussi des activités avec son filleul : randonnée, balade à vélo, après-midi à la plage, visite culturelle au Pont du Gard… L’objectif étant également d’élargir le cercle relationnel de ces jeunes en leur faisant rencontrer l’entourage des parrains et marraines.

    L’étude d’impact 2026 réalisée par l’association* confirme les vertus de ce parrainage solidaire : « Plus de 90% des jeunes déclarent se sentir moins seuls, manger plus souvent à leur faim, avoir un meilleur moral au quotidien ainsi que le sentiment de mieux tenir le coup face à la pression universitaire », rapporte Philippe Vernay. La force du dispositif repose sur cette relation personnalisée, où chaque binôme avance à son rythme, sans programme imposé. L’engagement demandé est avant tout moral, avec une durée minimale d’une année scolaire pour éviter toute rupture brutale pour le jeune. La structure propose un accompagnement solide depuis son siège lyonnais : une visioconférence présentant l’association est proposée en amont de chaque inscription et « si on a des questions, on peut téléphoner ou envoyer un mail. Il y a également régulièrement des forums de discussion entre parrains-marraines », témoigne Françoise.

    Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : les retraités sont nombreux, mais des actifs s’engagent également. Depuis son déploiement à Montpellier, l’association a déjà permis de concrétiser 90 parrainages. Si 25 binômes sont restés actifs tout au long de la période estivale, l’urgence est aujourd’hui au recrutement. « On sait qu’à la rentrée, 30 à 40 étudiants vont s’inscrire », estime Philippe Vernay. « L’idée est de convaincre qu’on est sur un engagement valorisant, concret, qu’on fait à son rythme, en fonction de ses moyens et de ses disponibilités. C’est aussi une façon de rendre un peu ce qu’on a pu avoir, ou ce dont on a fait bénéficier nos enfants… Un petit retour d’ascenseur face à une précarité qui augmente. »

    * Auprès de 271 étudiants parrainés et 161 parrains et marraines

  • « Pourquoi n’est-elle pas partie ? »

    « Pourquoi n’est-elle pas partie ? »

    Par Élona Rousseaux élève avocate

    « Pourquoi n’est-elle pas partie ? » Derrière cette question, que vous vous êtes peut-être déjà posée, se cache une profonde méconnaissance des mécanismes mis en place par les auteurs de violences conjugales pour empêcher ce départ. Et si la question était plutôt « Comment s’y est-il pris pour l’en empêcher ? » La notion de contrôle coercitif, remise en lumière par le Sociologue Evan Stark en 2007, permet de trouver une réponse à cette question. Il la définit comme une « conduite calculée et malveillante déployée presque exclusivement par les hommes pour dominer une femme, en entremêlant des violences physiques répétées avec trois tactiques de contrôle tout aussi importantes : intimidation, isolement et contrôle. ». Ce processus, n’est pas genré par essence, il a par exemple pu être utilisé comme méthode de torture durant la guerre de Corée.

    Outil de domination masculine

    Le contexte patriarcal a toutefois conduit à le transformer en outil de domination masculine. Dans le cadre des relations entre partenaires intimes, cette stratégie peut se traduire par des comportements multiples qui ont pour objectif de diminuer la capacité d’action de la victime et de générer un état de vulnérabilité permettant la coercition. Les violences physiques, qui en sont la partie visible, ne sont pas systématiques et s’accompagnent d’autres comportements : Exiger une autorisation pour accomplir des gestes quotidiens tel que sortir du domicile ou voir ses proches, micro-réguler le comportement de sa partenaire, interdire certains contacts, contrôler appels et messages, humilier, menacer, dénigrer… Une mécanique aux formes infinies, tant les auteurs savent redoubler d’inventivité pour asseoir leur contrôle. Même lorsqu’elles parviennent à quitter leur agresseur, les femmes ne parviennent pas toujours à échapper à ce contrôle. Le maintien de cette coercition peut résulter de comportements individuels – harcèlement, chantage au suicide, revenge porn, etc. – mais sa survie est également permise et entretenue par des mécanismes légaux qui maintiennent les femmes sous le joug de leur ancien partenaire. En présence d’enfants notamment, l’autorité parentale conjointe peut devenir un nouvel outil de contrôle, obligeant femmes et enfants à dépendre et à garder contact avec leur agresseur. Encore peu utilisée par les juridictions, la juge, Gwenola Joly-Coz, s’est emparée de la notion de contrôle coercitif dans cinq arrêts rendus par la Cour d’appel de Poitiers le 31 janvier 2024. Plutôt que de condamner des actes isolés, qui pris isolément n’auraient pas donné matière à condamnation, elle s’est intéressée à la situation dans son entier pour entrer en voie de condamnation. Cette reconnaissance brise le silence entourant des mécanismes insidieux et discrets, conçus pour être difficilement identifiables pour les proches et répréhensibles par les juridictions et contribuent à mettre fin à l’impunité de leurs auteurs. La diffusion de cette notion permet aux professionnels et aux victimes de mieux l’identifier et de préparer ensemble la question : « Comment faire pour partir ? », « comment faire pour s’en départir ? »

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  • À Aix, cette résidence mise sur l’égalité des chances et l’entraide

    À Aix, cette résidence mise sur l’égalité des chances et l’entraide

    Dans le hall de la résidence étudiante, un groupe de première année se masse timidement autour des plus expérimentés, étudiants de troisième année ou en master. Arrivés depuis lundi pour certains, ils sont 18 étudiants de première année à intégrer la première Résidence de la réussite du Crous d’Aix-Marseille, sur le site de l’Arc de Meyran.

    Au total, douze unités du même nom sont inaugurées cette année sur le territoire national, emboîtant le pas aux six autres déjà existantes. L’objectif de ces résidences spécifiques est de faciliter l’intégration dans l’enseignement supérieur des étudiants de première année, en particulier des boursiers, des jeunes en situation sociale précaire ou issus de quartiers prioritaires, de zones rurales ou encore des Outre-mer.

    L’ambition est claire : lutter contre l’isolement, un phénomène bien connu dans le monde étudiant. Le tout, via l’accompagnement d’un tuteur, étudiant plus âgé et volontaire pour guider les premières années dès leur arrivée et l’animation d’une coordinatrice de la Résidence de la réussite. À Aix, le schéma d’un tuteur pour deux élèves semble de mise. Huit tuteurs se sont pour le moment portés volontaires. « Les étudiants, particulièrement les étudiants de première année, lorsqu’ils arrivent dans leur nouvelle vie, loin de leurs parents, il y a un choc, une transition difficile à vivre en fonction de la distance des familles. Nous avons des étudiants internationaux, ultramarins… C’est important qu’il existe pour eux, dans leur résidence, une vie sociale la plus riche et la plus accompagnante possible, contextualise Bénédicte Durand, présidente du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous), présente pour l’inauguration. Les résidences de la réussite assument une part d’accompagnement académique (…), mais elle assume surtout un collectif de solidarité. »

    Une dans chaque académie

    Inès-Lou est l’une des bénéficiaires du dispositif. L’étudiante, qui entame une double licence en droit et en lettres, a découvert cette unité en surfant sur le site du Crous. « être entourée est un grand privilège et permet de ne pas être trop jeté dans l’océan et avoir des repères », estime Inès-Lou. Manoë, qui entame une licence en psychologie, à lui entendu parler de la Résidence via son enseignante de lycée. « J’ai bien aimé le projet de tuteur, tutoré, quand on arrive en L1, on a souvent peur d’être seul », estime l’étudiant. D’ici 2028, le Cnous vise une résidence par académie.

  • À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    « Beaucoup de résidents sont seuls, isolés, n’ont pas de famille. Beaucoup disent que leurs enfants les ont mis à l’Ehpad pour être tranquilles ». Ada Knol, retraitée néerlandaise installée à Puimichel depuis 36 ans, donne de son temps pour faire du bénévolat et passer du temps auprès des résidents de l’Ehpad public d’Oraison. « Certains perdent la mémoire. Le personnel n’a pas le temps de discuter avec eux. Être là, poser sa main sur leur bras, leur sourire, ça fait déjà tellement de choses, c’est très important ! », insiste la bénévole. « Il y en a qui me disent : “je dois rester ici jusqu’à ma mort, alors à quoi ça sert la vie ?” ».Cet isolement est d’autant plus accentué par la période de canicule, pendant laquelle les résidents ne peuvent que très peu sortir. « C’est encore plus difficile pour eux avec la canicule, ils souffrent plus, avec la fatigue, la déshydratation », constate Ada Knol.

    Face à la vague de canicule précoce, l’Agence régionale de santé (ARS) a débloqué des budgets pour acheter des climatiseurs, que l’Ehpad a pu disposer dans ses couloirs. Les chambres, elles, restent non climatisées. « Il fait chaud dans les chambres qui n’ont pas la clim. On vient plus régulièrement, on est plus vigilants pendant les périodes de forte chaleur », explique Audrey Llopis, qui vient tous les jours rendre visite à son père, atteint d’une maladie neurodégénérative.

    Pour faire face à la chaleur écrasante, l’établissement public a mis en place une procédure stricte : « on barricade, on ferme les volets dès qu’on peut », témoigne Amandine Bourjac, aide-soignante. « Avec l’âge, les résidents perdent la sensation de soif, alors on met en place des tours d’hydratation toutes les deux heures », explique-t-elle. « On a adapté les goûters : toute l’année, ils ont des gâteaux secs. Là, on leur donne des glaces et des fruits », ajoute Mylène Goudet Ramirez, cadre de santé. Le personnel surveille les résidents de près pour s’assurer qu’ils s’hydratent. « On essaie de le prendre à temps : si on a quelqu’un qui ne boit pas, qui est fatigué dans son lit, on va le perfuser et le lendemain, ça va mieux », explique Margot Mansuy, infirmière.

    Rompre l’isolement

    Pour pallier l’isolement des résidents sans famille, l’Ehpad a deux animatrices dédiées, une coordinatrice de la vie sociale et des bénévoles, détaille la cadre de santé. L’établissement accueille également des jeunes en service civique dont la mission est de rompre l’isolement. Des créneaux de visio sont aussi mis en place pour permettre aux résidents de rester en contact avec des proches éloignés. Une aide-soignante dédiée prend en charge les troubles anxieux. « Mes cinq enfants voulaient me prendre chez eux, mais je ne voulais pas être un poids pour eux », témoigne Yvette Robert, résidente aux Tilleuls. Son voisin, José Flores, orphelin espagnol, a quitté son pays pour fuir le franquisme, après le décès de son père à la guerre, qu’il n’a pas connu. « J’ai été hospitalisée à Marseille après une chute, puis mon fils, médecin à Manosque, m’a rapprochée ici », raconte Juliette Khatchian. Son fils l’appelle trois fois par jour pour vérifier qu’elle va bien. « On est bien, mais on n’est plus chez nous. Si j’avais la possibilité, je serais restée chez moi jusqu’à la mort, comme mes parents », regrette Juliette Khatchian.

    L’Ehpad compte une centaine d’agents, 80 résidents, et fait aussi de la prise en charge à domicile. « L’été, on signale les résidents aux mairies, les CCAS mettent en place des choses. Ils peuvent enfoncer la porte si on n’a plus de nouvelles », explique Mylène Goudet Ramirez. « On manque d’argent » pour avoir suffisamment de renforts pendant l’été, regrette la cadre de santé. « On est en déficit, on n’a pas l’argent à la hauteur de notre mission. On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a » déplore-t-elle.

  • À Marseille, la veille sociale crée des liens entre jeunes et personnes âgées

    À Marseille, la veille sociale crée des liens entre jeunes et personnes âgées

    « Allô bonjour ! », salue au téléphone Méline, 18 ans, opératrice de veille sociale estivale au Centre communal d’action sociale de Marseille. Cet été, vingt jeunes, dix en juillet et dix en août, passeront des milliers d’appels téléphoniques auprès des seniors marseillais pour les protéger des fortes chaleurs et de la canicule, dans le cadre du renforcement de la veille sociale du Centre. « Quand on appelle la personne, on essaye de créer un lien avec elle. On lui demande si tout se passe bien chez elle, si elle pense bien à s’hydrater », explique l’un d’entre eux. Sans oublier de leur rappeler aussi les bons gestes à adopter en cas de fortes chaleurs. « Ils ont conscience que la canicule dure de plus en plus longtemps et qu’elle est plus fréquente. Ils nous disent souvent qu’ils en souffrent », confie Méline, étudiante en prépa commerciale. Mais les appels ne s’arrêtent pas aux conseils pour faire face à la chaleur. Les opérateurs veillent aussi à ce que les personnes âgées ne soient pas isolées. « Vous avez de la famille qui vient vous rendre visite ? », demande, en ligne, l’un des jeunes à une personne âgée. « Oui, mes enfants et petits-enfants n’habitent pas loin. Je suis bien accompagnée. Pour l’instant, je touche du bois, tout va très bien », se réjouit cette senior.

    Des visites de convivialité

    Dans le cas où une personne âgée est isolée, une visite de convivialité est organisée à son domicile. Les opérateurs se rendent en binôme chez elle. L’occasion de lui donner un kit pour lutter contre la chaleur et, c’est la nouveauté cette année, de la sensibiliser aux écogestes. Mais aussi de lui tenir compagnie le temps d’une heure ou deux. « On essaye de partager un bon moment avec elle, de lui faire plaisir, pour qu’elle ne se sente pas seule », explique l’un des opérateurs. La visite est rythmée de discussions et d’anecdotes. « Ils racontent souvent leur enfance. Ce sont des personnes qui ont eu des vies remplies et extrêmement différentes. Pour les plus joueurs, on leur propose de faire un jeu de cartes », s’enthousiasme Méline. Et parfois, ce sont les personnes âgées elles-mêmes qui proposent une partie de Scrabble. « Derrière chaque appel, derrière chaque visite, il y a une attention portée à une personne. Un échange, un sourire, une présence. Souvent même une intervention qui permet d’éviter que les situations ne se dégradent. C’est cela l’esprit de la veille sociale, être présent avant qu’il ne soit trop tard. Être à l’écoute, aller vers celles et ceux qui en ont le plus besoin. Au CCAS de Marseille, nous sommes convaincus qu’une politique sociale efficace est avant tout une politique de proximité. Une politique qui protège, une politique qui innove, une politique qui ne laisse personne de côté », exprime Karim Touche, président du Centre communal d’action sociale et adjoint au maire de Marseille. À ce jour, 8 000 personnes sont inscrites dans le registre du Centre. Il est aussi possible d’inscrire quelqu’un d’autre que soit. Une initiative qui ne laisse pas indifférents les opérateurs. « Ça fait du bien. On tire des leçons de ces échanges. C’est constructif, pour les personnes âgées, mais aussi pour nous », constate Rafaël, 20 ans, opérateur et étudiant en troisième année en BUT réseau et télécommunication à Luminy. Un sentiment partagé par Méline. « J’aime le côté intergénérationnel. Je l’ai déjà fait l’été dernier. J’ai noué des liens avec certaines personnes. Revenir me permet de reprendre des nouvelles. »

  • Un frigo partagé pour nourrir la solidarité à Aix-en-Provence

    Un frigo partagé pour nourrir la solidarité à Aix-en-Provence

    Rue Jules-Verne, juste en face de l’école Giono-Schweitzer, le 20 000 Lieux a ouvert ses portes en cette fin d’après-midi, mercredi. Comme à son habitude, le tiers-lieu se remplit d’élèves tout juste sortis des cours, de seniors et d’habitants du quartier. Tiers lieu bouillonnant du quartier d’Encagnane, , c’est ici qu’a été installé le deuxième « Frigo partagé » du territoire. Un premier existe déjà au Jas-de-Bouffan, au sein de la Maison du Droit et de la Justice, géré par la Ville.

    Le projet est porté par trois acteurs : le CCAS, qui a répondu à un appel à projets du Département, principal financeur de l’opération ; l’association La Cabane des voisins, chargée de la gestion du frigo solidaire ; et le 20 000 Lieux, qui accueille le dispositif, mais ne constitue pas une entité juridique. L’initiative est développée en lien avec l’association Les Frigos Solidaires.

    « L’idée était de pouvoir offrir une réponse alimentaire diversifiée et novatrice pour le territoire, tout en repérant les personnes qui pourraient avoir besoin d’un accompagnement », explique Jessica Nouri, directrice du pôle opérationnel de l’action sociale du CCAS.

    Elle précise : « On choisit tout de même de l’appeler “Frigo partagé”, plutôt que solidaire. C’est pour tout le monde. On n’y vient pas parce qu’on a besoin d’argent, mais parce qu’on vient aider la société, faire du bon plan et de l’antigaspi. L’idée est d’avoir des produits frais à disposition, des produits laitiers, fruits et légumes. On fait aussi des actions collectives pour sensibiliser à ces questions-là et travailler à la santé nutritionnelle. » Si le frigo est déjà installé depuis six mois, son inauguration vient seulement d’avoir lieu, ce mercredi, le temps de tester le dispositif. « Il y a plusieurs règles à respecter, explique Thomas Roger, pour l’association La Cabane des voisins. Il faut laisser des produits frais. Mais on n’est pas là pour faire la police, l’idée est de responsabiliser les gens. Cela reste un don. » Pendant plusieurs mois, les bénévoles de l’association ont également démarché les commerçants et maraîchers du quartier. Plusieurs d’entre eux contribuent désormais régulièrement à alimenter le frigo partagé.

    Un projet déjà intégré

    « Depuis, on remarque que les produits frais ne restent pas longtemps ! Les habitants se sont déjà approprié le concept », remarque Laila, pour La Cabane des voisins. Somaya Bouhalli, présidente, veut voir plus loin : « On est ici dans un quartier prioritaire de la Ville, la solidarité y a toute sa place. On a deux écoles, on est un quartier où il y a des personnes âgées et, juste à côté, l’atelier Jasmin qui est un lieu d’insertion au travail. On est dans un lieu stratégique ! Les enfants qui sortent de l’école ont aussi pris leurs repères ici, viennent partager un goûter, on reçoit aussi les ateliers couture avec les séniors… Le projet prend tout son sens, il permet aussi de rompre l’isolement. »

    Selon Brigitte Billot, adjointe à la solidarité présente ce jour, d’autres frigos partagés pourraient voir le jour.

  • À Avignon, un espace pour sortir les seniors de l’isolement

    À Avignon, un espace pour sortir les seniors de l’isolement

    Quoi de mieux qu’une foule pour inaugurer un lieu qui lutte contre la solitude des seniors ? C’est ce qu’il s’est passé ce lundi 8 juin à l’Escale, dans le quartier de la Croix des Oiseaux à Avignon.

    Bien qu’ouvert depuis début novembre, l’espace va permettre d’accueillir les anciens dans la journée afin de faire « une pause pour dire adieu à la solitude, à l’isolement », précise l’espace social et culturel de la Croix des Oiseaux (ESSC).

    Identifier 80 personnes

    à l’année

    Dans les faits, ils seront accueillis avec des cafés ou une petite collation, tandis que diverses activités seront organisées par les équipes sociales, notamment autour du tricot. Mais outre ces occupations manuelles, des interventions de professionnels de la santé sont aussi programmées dans ces anciens locaux du bailleur Grand Delta Habitat. Avec des actions de prévention autour des risques de chute ou encore de l’alimentation, de l’hydratation et des bons gestes à adopter lors des canicules.

    « Notre objectif est d’identifier 80 personnes à l’année sur le territoire avignonnais », clame fièrement Didier Despresles, chargé de développement pour Malakoff Humanis, mutuelle qui a financé la structure avec l’aide de son programme « Réseau de confiance ». Un travail qui est aussi effectué avec l’aide du centre social ainsi que du bailleur Grand Delta Habitat. « Tous ont notre contact et peuvent le faire passer si une personne semble se sentir seule. On sait que c’est parfois difficile, mais il ne faut vraiment pas hésiter », glisse la responsable Jessica Deschamps.

    Ouverture du lundi
    au vendredi. Horaires
    et programme précis sur esccroixdesoiseaux.org/lescale/

  • Un nouveau lieu d’accueil en commun pour la jeunesse à Avignon

    Un nouveau lieu d’accueil en commun pour la jeunesse à Avignon

    La porte des possibles. Depuis six mois, l’association les Petits Débrouillards et le point accueil écoute jeunes (PAEJ) du Planning familial ne sont séparés que par cette porte communicante. Les deux structures sont en effet en colocation, sur 200 m2, au 3e étage de l’immeuble le Vinci, et ont inauguré leurs locaux ce mardi. Le bâtiment, place Farnèse sur la Rocade, y abrite déjà la Mission locale et le Planning familial. Un même lieu, aux missions différentes, mais tourné vers l’émancipation de la jeunesse.

    « Chacun déménage dans un contexte différent, décrit Sonia McComarck, écoutante et coordinatrice du Paej. Nous étions dans un local à la Barbière devenu trop étroit et insécurisant pour tout le monde. » Le quartier a connu plusieurs épisodes de violence, difficilement tenables surtout quand on œuvre en rez-de-chaussée. Qui plus est, « le lieu manquait de confidentialité, ici le site est bien plus anonyme, on ne peut pas deviner où se rend le jeune quand il entre dans le bâtiment », poursuit Sonia McCormack.

    Un accueil anonyme et gratuit pour les 12-25 ans

    Côté Petits Débrouillards, l’association de médiation scientifique, présente en Vaucluse depuis 25 ans, était aussi à l’étroit dans ses locaux à quelques encablures de là. « Au départ, on était même voisin du Planning familial qui était dans l’appartement à côté avant de venir ici, on a déjà travaillé ensemble sur les questions d’éducation à la sexualité où on a apporté des outils interactifs », décrit Solène Merer, directrice régionale des Petits Débrouillards.

    Si pour l’heure, les deux structures colocataires finissent de prendre leurs marques, « tout est à construire », selon la coordinatrice du Paej, « l’idée est d’avoir des projets communs autour de la jeunesse et l’égalité femmes-hommes », abonde Solène Merer. « Dans un contexte de fragilité accrue de la jeunesse, cet accueil est indispensable », loue Suzanne Bouchet, vice-présidente (DVD) en charge de l’enfance et des solidarités. « Il y a un constat partagé autour de l’isolement, de la précarité et de l’accès aux droits de la jeunesse, le Paej a depuis cinq ans trouvé son public », abonde Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial 84. Créé en 2021, le Paej accompagne quelque 130 jeunes individuellement par an et plus de 2 000 lors d’initiatives collectives comme des forums. « On s’adresse aux 12-25 ans de manière généraliste, gratuite et anonyme, pour un soutien social ou psychologique et de médiation en santé, expose Sonia McCormick. On est l’un des rares lieux désinstitutionnalisés qui offre une pause. »

  • [Quoi de neuf] Pénélope Diot : « On a voulu raconter des histoires de femmes »

    [Quoi de neuf] Pénélope Diot : « On a voulu raconter des histoires de femmes »

    Olivier Nottale : Pouvez-vous présenter votre association ?

    Pénélope Diot : Jasmin d’Orient existe depuis 20 ans dans le quartier Saint-Martin/Tournezy à Montpellier. Elle a été fondée par Samia Khouaja qui est toujours la présidente. À la base, l’association propose des cours d’apprentissage du français et des cours de gym. En arrivant dans ce quartier prioritaire avec beaucoup de familles monoparentales, Samia a vu beaucoup de femmes isolées sans activité. Elle a eu envie de créer des espaces pour ces femmes pour qu’elles puissent créer du lien, sortir de chez elles, de l’isolement. C’est aussi une association où il y a beaucoup de jeunes. On leur a proposé des actions culturelles, des sorties, des séjours, des cafés rencontres sur de l’accompagnement à la parentalité. C’est une association à l’écoute des besoins des territoires en offrant des solutions, des espaces, des projets participatifs. À travers l’apprentissage du français, la culture ou l’accès au sport, on va créer du lien social. On se décrit comme une association socio-culturelle.

    Rémy Cougnenc : Vous avez 20 bénévoles et 6 salariés. Ce sont des jeunes du quartier qui s’investissent ?

    P.D. : La plupart des bénévoles sont des enseignants FLE (français langue étrangère). Ils participent à nos actions dans l’espace public. Par exemple pendant deux ans au festival « Au rythme de la vie » qui n’a pas pu être maintenu pour des raisons financières. On a aussi des bénévoles de l’accompagnement scolaire du lundi au jeudi avec un maillage intergénérationnel.

    Rémy Cougnenc : Avez-vous perçu un risque de décrochage scolaire dans ce quartier en raison de la barrière de la langue par exemple ?

    P.D. : Une des problématiques de ce quartier c’est effectivement qu’on a beaucoup de jeunes en décrochage scolaire entre 16 et 25 ans. Des acteurs sont mobilisés comme la mission locale. Mais il y a un enjeu sur la jeunesse. On propose des stages d’initiation à la photographie, on a un agrément jeunesse et éducation populaire, on propose des débats philos avec des intervenants…

    Rémy Cougnenc : Les parents viennent-ils davantage vers vous de peur que leurs enfants ne tombent dans le fléau du narcotrafic ?

    P.D. : Il y a une inquiétude des parents et nous aussi notre rôle est de rassurer de mettre en lien avec des structures psy. La santé mentale est un sujet dans les quartiers et il y a peu de structures. Il faut déconstruire les idées reçues. On propose des espaces avec les mamans, autour de goûters on discute de troubles de santé mentale, sur comment discuter avec son adolescent… Les mamans se rassurent entre elles, se rendent compte qu’elles ne sont pas seules. On essaye de dynamiser le quartier parfois diabolisé dans les médias, de ne pas le rendre fantôme.

    Olivier Nottale : C’est vrai que les quartiers sont souvent stigmatisés sur de fausses idées…

    P.D. : C’est ce qu’on défend avec Samia. Les jeunes sont mobilisés dans ces quartiers, il y a beaucoup de solidarité, une interculturalité aussi. Le mélange des cultures crée du lien et des choses magnifiques. On essaye de valoriser l’image des quartiers.

    Rémy Cougnenc : De quels pays sont originaires les gens qui viennent vers l’association ? Avez-vous des Syriens, des Ukrainiens ?

    P.D. : Le cœur de l’activité de l’association c’est l’apprentissage du FLE. On compte 57 nationalités différentes. Il y a des apprenants qui viennent de partout dans le monde et de plusieurs endroits de Montpellier. On n’est pas cantonné à Saint-Martin. Cela crée des échanges riches. On développe des actions culturelles grâce à cette interculturalité. Par exemple, pour notre exposition créée cette année, on a 10 personnes de 6 nationalités différentes. On a des femmes du Liban, un homme d’Algérie, une femme d’Albanie… Aussi une personne qui vient d’Ukraine, beaucoup d’Amérique du Sud : Colombie, Mexique, Brésil. On a aussi des femmes chinoises, thaïlandaises, vietnamiennes…

    Olivier Nottale : Cette exposition sonore propose une rencontre avec des récits de femmes marquées par le déplacement, la transmission et la mémoire. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    P.D. : C’est une exposition qui est le résultat d’actions collectives. L’idée c’est de créer une participation active des personnes. Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes (le 8 mars), on a voulu raconter des histoires de femmes. C’est une exposition sonore. On a enregistré 7 personnes (10 ont participé aux ateliers) pour faire revivre leurs anecdotes, leurs histoires. L’idée c’était de parler de soi en tant que femme ou bien de parler d’une femme qu’on connaît : sa mère, sa sœur… et de croiser ces mémoires. On peut se rendre à cette exposition au Café social, près de la tour Saint-Martin. On est en train de visiter d’autres lieux d’exposition pour faire circuler ces récits, que d’autres personnes puissent les écouter dans d’autres quartiers et communes. On s’est aperçus que peu importe d’où on vient, des histoires très personnelles peuvent toucher d’autres gens.

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