Tag: Intersyndicale

  • À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    Les syndicats battront aussi le pavé de la capitale de Provence : l’intersyndicale locale a annoncé répondre à l’appel national à la grève, ce jeudi. À Aix, le rendez-vous est donné à 10h30, devant le rectorat, lieu de départ « symbolique » pour les syndicats. Puis le cortège s’élancera vers la sous-préfecture. « On continue à mettre la pression sur le gouvernement, rappelle Fabienne Allard, représentante syndicale CFDT. Arrivé à un moment, il ne suffit pas de nous écouter ou de nous regarder, mais de nous entendre ».

    Parmi les revendications listées par l’intersyndicale, l’abrogation de la réforme des retraites, une justice fiscale, et la répartition des richesses. « Preuve terrible : visiblement, Lecornu part sur le même budget. Il est clair qu’ils n’ont rien compris », insiste Céline Peccini, co-secrétaire FSU-Snuipp 13. « La mobilisation est de plus en plus forte. On a réussi à faire abandonner la suppression de deux jours fériés, comme le décret des doubles bandes franchises médicales, pointe de son côté François Canu, secrétaire de l’union locale CGT. La CGT pense qu’il y a moyen que le 2 soit un tournant dans la mobilisation. C’est dans les boîtes que ça va se jouer. »

    Entre les appels nationaux à la mobilisation, les syndicats continuent de mener les actions locales. Ils seront par exemple ce mardi, aux Milles, pour tracter et encourager les salariés de la zone commerciale à rejoindre le mouvement.

  • « La situation instable est un atout »

    « La situation instable est un atout »

    La Marseillaise : L’intersyndicale appelle à manifester ce jeudi, avant même qu’un gouvernement soit nommé. Quel rôle peut-elle espérer jouer ?

    Laurent Frajerman : Elle peut espérer jouer un rôle d’interlocuteur. Elle a été reçue plusieurs fois par le Premier ministre, qui est obligé de montrer que, contrairement à ce qui s’est passé avec Macron jusque-là, les corps intermédiaires allaient être plus écoutés. La situation instable est un atout. Si on voit émerger, dans des milieux divers, l’idée de redonner un rôle aux syndicats, c’est quand même pour canaliser le mouvement social. Il ne s’agit pas de proposer une autre politique, mais de redonner un peu de marge à un système complètement asséché. Il y a cette peur, dans une partie du patronat, des milieux dirigeants, que le refus de toute négociation soit contre-productif. D’un autre côté, il n’y a pas d’interlocuteurs clairs. Et comme le gros des mobilisés sont des agents du service public, c’est aussi un handicap.

    On entend souvent la critique des mobilisations « saute-mouton », et pourtant, on y revient…

    L. F. : On a une intersyndicale à huit, il faut convaincre la CFTC ou certains secteurs de FO de faire une grève un peu dure. Mais cela montre que tout se décide exclusivement en intersyndicale. Si les salariés ne pèsent pas sur ces choix-là, on arrivera toujours à un minimum commun. Le deuxième aspect, c’est que le rapport de force n’est pas si bon. On fait quand même une grève, mais on sait qu’on aurait du mal à faire plus. Cela pose la question, pour des syndicats comme la CGT ou la FSU, de trouver des voies nouvelles.

    Justement, nous sommes partis d’un mouvement vaporeux, « Bloquons tout », pour arriver à un mouvement classique, vous l’expliquez comment ?

    L. F. : « Bloquons tout » a été surévalué. Ce n’est pas évident de passer d’une protestation numérique à quelque chose de concret. Il a eu l’intérêt de montrer un mécontentement très large, il a permis un retournement de l’opinion publique sur des points importants. Tout le problème, c’est que les modalités d’action qui étaient proposées étaient irréalistes. On est donc revenu dans les rails de quelque chose de plus classique, avec toute une frange de la population qui ne s’associe pas, soit parce qu’elle fait grève par procuration, soit par hostilité. Une moitié des Français ne soutenait pas la mobilisation du 18 septembre. On revient dans un clivage traditionnel, avec les fonctionnaires, les gens de gauche qui soutiennent la grève. Mais d’autres catégories qui pourraient s’y greffer ne le font pas.

    Comment, alors, réinventer les modes d’action ?

    L. F. : Il ne faut pas multiplier les actions dont on sait qu’elles ne servent à rien. Mais, il y a malgré tout un espace très large entre les journées « saute-mouton » et la grève générale reconductible. Il faudrait explorer cet entre-deux, deux journées de grève consécutives, des grèves par secteur, par territoire… Il y a un manque d’innovation, les propositions de l’intersyndicale sont tellement prévisibles, à l’inverse des Gilets jaunes, que ça ne peut pas donner de grandes victoires. La grande question, c’est l’implication des salariés. Il y a des possibilités techniques pour les associer, favoriser les initiatives locales… Aux directions d’être plus inventives, comme les cheminots l’avaient essayé, et aux salariés de s’impliquer plus. C’est seulement par le collectif que ça peut fonctionner.

    Les revendications sur les retraites reviennent, on vit un match retour de la dernière mobilisation ?

    L. F. : C’est frappant. On aurait pu imaginer que « Bloquons tout » ne donne pas cet aspect-là, mais à partir du moment où le côté gazeux s’est évaporé, il n’en est resté, le 10 septembre, que la partie la plus mobilisée du mouvement de 2023 qui estimait qu’il fallait bloquer, et pour le 18 septembre, le profil de ceux qui s’étaient mobilisés pour les retraites. Ce qui rend la situation complexe pour les organisations, c’est qu’elles n’ont pas gagné la bataille de l’opinion. Elle est très partagée, notamment sur la question de la dette. Vous pouvez avoir des gens qui se mobilisent contre des choses insupportables, comme la fin de deux jours fériés, mais qui sont prêts à accepter des « sacrifices nécessaires ».

  • « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Montpellier pour ce rendez-vous ?

    Marine Tondelier : Avant même de devenir secrétaire nationale du parti, j’étais déjà venue plusieurs fois à la Paillade et au Petit Bard. J’ai beaucoup d’amis ici. C’est au Petit Bard que j’avais rencontré Tarek Kawtari de l’Assemblée des quartiers avec qui on co-organise cet événement. Depuis des années, on organise une université des ruralités écologistes. On tenait à avoir un rendez-vous dédié aux quartiers. C’était un sacré défi, on est impatient de voir ce qu’il en ressort. Je viens du bassin minier du Pas-de-Calais. On souhaite de plus en plus organiser des événements spécifiques à certains types de territoires qui nécessitent une attention et des solutions particulières. Je pense aussi aux Territoires dits d’Outre-Mer, à la montagne, au littoral, aux ruralités…

    Les écologistes ne cherchent-ils pas comme les Insoumis à séduire les quartiers populaires ?

    M.T. : Entre les écologistes et les quartiers populaires, c’est une longue histoire. René Dumont [premier candidat écolo à la présidentielle de 1974, Ndlr] lui-même avait tissé une histoire avec les quartiers populaires. Depuis, ils ont été abandonnés et sont devenus le laboratoire de politiques racistes à l’œuvre comme les politiques de relégation sociale ou le contrôle au faciès. La CEDH a condamné la France sur ce sujet. Quand j’ai adhéré chez les Verts, on travaillait beaucoup avec les Verts de Roubaix, les premiers à nous donner un coup de main dans la lutte contre le RN à Hénin-Beaumont. J’étais aussi allée au quartier Valdegour à Nîmes. Avant Montpellier, je me rends dans les quartiers Nord à Marseille. C’est souvent sans tambours ni trompettes mais j’ai une longue histoire avec les quartiers populaires. Le dérèglement climatique touche en premier lieu les plus vulnérables. Par exemple : les HLM non isolés insupportables l’été et qui coûtent une blinde à chauffer l’hiver. Les quartiers populaires sont aussi moins bien desservis. C’est saisissant de voir dans les quartiers Nord de Marseille des gens qui vivent à deux pas de la mer mais à qui on interdit l’accès. Tout est fait pour qu’ils aient du mal à rejoindre le centre-ville.

    En quoi Jean-Louis Roumégas ferait un meilleur maire de Montpellier que Michaël Delafosse ?

    M.T. : J’ai totale confiance en Jean-Louis Roumégas que je connais depuis longtemps. On a fait beaucoup de choses ensemble. Je me réjouis qu’aujourd’hui les adhérents montpelliérains des Écologistes soient unis. Je connais l’histoire politique montpelliéraine et ce n’a pas toujours été le cas. Ils commencent une belle campagne. Le local a été inauguré, le travail programmatique est en cours, les gens sont très motivés. Je m’étais mobilisée sur la Zac des Coteaux. Il y a beaucoup à faire. Une étude indique que 8 Français sur 10 estiment que leur maire n’agit pas assez face au dérèglement climatique.

    Pensez-vous que Sébastien Lecornu puisse faire voter un budget ?

    M.T. : Je pense que l’équation de Sébastien Lecornu est assez impossible. Je viens de voir l’intersyndicale qui appelle à une mobilisation le 2 octobre. Comme moi, les syndicalistes ont été très peu rassurés sur le manque de clarté du Premier ministre qui malgré ses intentions ne nous rassure sur aucun point. Pour une raison simple : il est en train de négocier avec Les Républicains : Bruno Retailleau, Rachida Dati, Gérald Darmanin pour les garder au gouvernement. Sébastien Lecornu parlait d’une rupture. Pour l’instant, personne ne la voit sauf peut-être une rupture avec les Français. Nous, on veut une rupture dans les politiques publiques, on veut de la justice sociale et environnementale.

    Êtes-vous toujours favorable
    à une primaire des gauches pour la présidentielle
     ?

    M.T. : Je l’appelais depuis le début ! Ce qu’on a fait l’an passé en créant le Nouveau front populaire était une forme de réflexe, de sursaut, parce que l’extrême droite pouvait arriver à Matignon. Je ne comprends pas qui aurait un argument un an après pour nous expliquer que ce risque serait moins élevé. Qu’on parle de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella à l’Élysée – celui qui ne sera pas en prison – le danger est énorme. Notre travail c’est de l’empêcher et de permettre des politiques qui changent vraiment la vie. Cela ne peut pas fonctionner en ordre dispersé, c’est mathématique. On doit faire confiance aux électeurs de gauche et écologistes pour qu’ils choisissent leur représentant collectivement. J’ai des différences avec les socialistes, les insoumis, les communistes mais à la fin, je sais pourquoi je me bats. En politique aussi les écosystèmes sont riches de leur diversité. J’entends que Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann aient envie d’y aller sans passer par la case primaire mais je connais leurs valeurs. L’anti-fascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques. On ne peut pas prôner l’anti-fascisme et ne pas vouloir discuter d’une candidature unique. Ils n’auront pas le choix et ne peuvent pas avoir peur du vote des électeurs. On ne peut forcer personne mais je souhaite qu’une primaire la plus large possible ait lieu avant l’été 2026. Les communistes seront là à la fin et Jean-Luc Mélenchon prendra ses responsabilités.

  • Soulever l’espoir

    Soulever l’espoir

    « Résistance n’est qu’espérance » écrivait le poète René Char, le capitaine Alexandre du maquis de Céreste. Cette Résistance dont
    le programme, Les jours heureux, a posé les bases d’une société sans guerre et avec des droits nouveaux, dont la Sécurité sociale, se conjugue toujours au présent. Le mouvement social qui se met en route cet automne est l’héritier de ce combat pour la dignité et la justice sociale. Alors que la société bouillonne de colères, l’objectif de l’intersyndicale est de transformer ces colères en mobilisation et en espoir. Un seul chemin pour cela : le nombre et l’unité du monde du travail pour faire plier un Premier ministre missionné par Emmanuel Macron pour poursuivre la même politique.

    Guerre idéologique

    Une politique de cadeaux fiscaux – 211 milliards d’aides publiques aux entreprises -, qui voit s’enrichir à vitesse supersonique les grandes fortunes au détriment des salaires, des pensions, des allocations, des services publics. Cette inégalité se voit de plus en plus et le patronat a bien compris le danger. Conséquence, il a entamé une guerre idéologique avec le soutien de la droite classique et de l’extrême droite. À son crépuscule le pouvoir macroniste a démontré qu’il était incapable de répondre à la question sociale autrement qu’en la niant et/ou en la réprimant.

    L’intersyndicale sonne l’heure de la Résistance avec dans sa musette des propositions concrètes et crédibles pour augmenter les salaires, développer les services publics, financer les retraites, la Sécurité sociale etc. De quoi soulever l’espoir.

  • Les syndicats ne lâcheront rien !

    Les syndicats ne lâcheront rien !

    Au lendemain de l’annonce d’une nouvelle journée de mobilisation de l’intersyndicale, reçue en vain par Sébastien Lecornu, deux rassemblements étaient organisés ce jeudi 25 septembre dans les Bouches-du-Rhône, devant la préfecture à Marseille et la sous-préfecture à Istres, à l’appel de l’intersyndicale.

    « Sans surprise, le Premier ministre ne bouge pas sur ce qui nous paraît essentiel. Il est là pour dérouler la politique de casse sociale des gouvernements précédents… Ça fait trop longtemps qu’ils gouvernent sans légitimité, en passant en force, il faut que leur pillage des richesses sur le dos des travailleurs, s’arrête », martèle Jessica Jadé, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « On s’est réunis pour rebondir dans le département dès le lendemain de l’ultimatum avec ces rassemblements, pour montrer qu’on reste toujours mobilisés pour construire les suites ».

    À Marseille, le 2 octobre, la manifestation départementale s’élancera à 10h30 du Vieux-Port. Lundi une réunion intersyndicale permettra d’en régler les détails, portée par l’élan du 18 septembre qui avait vu près de 120 000 manifestants selon les syndicats, défiler à Marseille, Aix, Salon et Arles. Ils étaient une centaine jeudi à avoir répondu à l’appel de la CGT, FO, la CFDT, FSU, Solidaires, la CFTC, la CFE-CGC, l’UNSA.

    « Il faut monter d’un cran et transformer la colère sociale en mobilisation et en espoir », abonde Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13. « Cela implique de décrypter et dénoncer les mesures budgétaires proposées, les discours lénifiants sur la dette et son poids réel, mais aussi montrer qu’il est possible d’inventer un état social du XXIe siècle, basé sur des services publics renforcés et au périmètre élargi, et une protection sociale étendue à tous les âges de la vie ».

    Devant la préfecture, René Sale, secrétaire général FO d’Aix-en-Provence, dénonce au micro la « guerre » menée par le gouvernement Macron et son ancien ministre de la défense, qu’il accuse de vouloir « détruire la sécurité sociale, les services publics et nos droits ». Il regrette les mobilisations ponctuelles et appelle à une grève reconductible dès le 2 octobre.

    S’inscrire dans la durée

    Les mots d’ordre sont clairs : abrogation de la réforme des retraites imposée par le 49.3 et refus de tout budget d’austérité. « Aujourd’hui, ce gouvernement peut faire passer en force par des décrets, il a tous les décrets de près dans le tiroir », estime-t-il, dénonçant à son tour une politique « au service des patrons » qui accorde « 211 milliards » aux entreprises tandis que « les 500 familles les plus riches captent 42,5% du PIB ». Pour FO, la riposte passe donc par des assemblées générales, la grève et le blocage du pays. « C’est l’histoire qui nous l’enseigne », assure le syndicaliste.

    Franck Balliot insiste de son côté sur la nécessité de préparer activement la grève du 2 octobre. « On va dans les établissements, même là où il y a peu de syndiqués, pour convaincre les collègues qu’il faut franchir un cap », explique-t-il. Si la mobilisation du 18 septembre était déjà été forte avec jusqu’à 45% de grévistes dans les établissements, l’objectif est désormais d’y rendre la grève majoritaire. La rentrée n’est pas une période facile dans l’éducation nationale « mais le mouvement est fort dès le départ », note-t-il. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de contrer les budgets d’austérité mais aussi de porter un projet offensif : « Montrer que de l’argent, il y en a, et qu’on peut financer les services publics et la sécurité sociale. »

    « Partout dans les boîtes, les entreprises, les administrations, on va chercher les collègues pour construire la grève », enchaîne Jessica Jadé, soulignant l’importance de l’ancrage local et de la reconduction « là où c’est possible ». C’est le cas dans l’énergie, où la grève reconductible a débuté le 2 septembre à l’appel de la FNME-CGT. Plus de 200 piquets ont été recensés dans les industries électriques et gazières sur la base de revendications salariales fortes : hausse de 9%, création d’échelons, baisse de la TVA sur l’énergie…

    Franck Balliot rappelle aussi les difficultés concrètes dans les établissements scolaires comme la baisse des crédits pour l’aide aux devoirs, et la perte de pouvoir d’achat des enseignants. Dans la foulée, il invite à se mobiliser dimanche sur la marche « Climat, justice, libertés » qui convergera avec celle pour Gaza.

    Jessica Jadé insiste, elle, sur l’appel confédéralisé de la CGT du 9 octobre autour des enjeux de santé et de protection sociale. Pour elle, les mobilisations ont déjà permis de faire reculer le gouvernement sur les jours fériés et les franchises médicales mais une autre répartition des richesses, la taxation des dividendes, ou le rétablissement de l’ISF passeront par la construction d’une « mobilisation de masse » qu’il faut « inscrire dans la durée ».

    « Montrer que de l’argent, il y en a, et qu’on peut financer les services publics et la sécurité sociale. »

  • L’intersyndicale appelle à la mobilisation jeudi 2 octobre

    L’intersyndicale appelle à la mobilisation jeudi 2 octobre

    Le Premier ministre n’a apporté « aucune réponse claire » aux attentes des travailleurs et des travailleuses, ont déploré les membres de l’intersyndicale à l’issue de leur rencontre avec Sébastien Lecornu à Matignon mercredi. L’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFTC, FSU, Solidaires, CFE-CGC et Unsa, soit toutes les organisations de travailleurs du pays avait lancé un « ultimatum » au Premier ministre, exigeant des engagements forts en matière de justice fiscale et contre l’austérité.

    Les représentants de l’intersyndicale ont annoncé une nouvelle journée de grèves et de mobilisation le 2 octobre, une date qui devrait être confirmée ce mercredi, en fin de journée, par l’intersyndicale.

  • Le social donne le tempo !

    Le social donne le tempo !

    Les nouveaux sans-culottes font-ils peur aux privilégiés du XXIe siècle ? Le grand patronat et son représentant en chef, le président du Medef, Patrick Martin, tremblent au point d’aller jusqu’à adopter le vocabulaire syndical. « Le patron des patrons » a annoncé, mardi, « un énorme meeting dans les prochains jours ». Au centre de leur effroi, l’idée d’une taxation des hauts revenus des ultra-riches qui infuse de plus en plus dans la société tant les inégalités se sont creusées ces trente dernières années et se sont singulièrement accélérées sous la présidence Macron.

    Faire triompher l’égalité fiscale

    Pour mémoire, rappelons que la proposition de taxe « Zucman » qui fait s’évanouir les milliardaires, (du nom de l’économiste Gabriel Zucman), concernerait uniquement 1 800 foyers fiscaux. Ceux-là mêmes qui paient, en proportion, moitié moins d’impôts que le contribuable moyen.
    Ils seraient taxés à 2% seulement. C’est dire combien l’avidité n’a pas de limite pour s’émouvoir pour si peu ! Sauf qu’au-delà du pourcentage,
    c’est l’idée même de faire triompher l’égalité fiscale et la justice sociale qui insupportent ces libéraux perfusés aux aides publiques : 211 milliards par an, sans contrôle ni contrepartie en emplois et/ou en investissements, comme l’a révélé un rapport du Sénat.

    Ce matin, après
    le succès de la journée du 18 septembre toutes
    les organisations syndicales vont proposer au Premier ministre
    une feuille de route pour relancer un pays à l’arrêt sur le plan des salaires, des investissements
    et des services publics
    et lui proposer d’aller chercher l’argent là où
    il s’accumule. Ces propositions seront-elles entendues ? En tout cas, c’est le social qui donne
    le tempo du débat public.

  • « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    ENTRETIEN

    La Marseillaise : Depuis 2023, c’est la première fois que l’intersyndicale est réunie. Faut-il y voir le signe d’un mouvement social qui va durer ?

    Serge Ragazzacci : En tout cas on le souhaite. Pour cette première journée, on a eu 55 appels à la grève public/privé. Ce qui est sûr, c’est que les annonces de Bayrou le 15 juillet, qui faisaient suite au naufrage du Conclave sur les retraites, ont tout de suite créé les conditions de l’unité syndicale qui manquait depuis deux ans. Ça a été un détonateur. De la même manière qu’il n’avait pas appelé les partis politiques, Bayrou n’a pas consulté les syndicats de salariés. Tout le monde a parlé de la suppression des deux jours fériés mais il y a aussi la énième réforme de l’Assurance chômage, la question du déremboursement des médicaments avec les retraités – les « boomers » – pointés du doigt. Sans oublier la remise en cause de la monétisation de la 5e semaine de congés payés, des 35 heures… Sur ce budget, on est sur tout ce qui peut remettre en cause les conquêtes sociales des 50 dernières années.

    Cela signifie qu’après avoir accusé le coup en 2024, le moral des troupes syndicales est regonflé à bloc ?

    S.R. : Il y a eu un moment de flottement avec le passage de Bayrou. Mais tout le monde a compris que c’était pour maintenir le même cap, notamment la réforme des retraites qui est le catalyseur de toutes les colères depuis 2023. C’est cette réforme qui a conduit à la chute des différents gouvernements et a conduit aux échecs électoraux de la macronie et de ses soutiens. En tête de la plateforme revendicative figure toujours l’abandon de la réforme des retraites à 64 ans.

    La chute de Bayrou change-t-elle la donne ?

    S.R. : Son plan d’austérité n’est pas caduc. Pour l’instant la seule assurance que l’on a, c’est le renoncement à la suppression des deux jours fériés. Tout en réclamant de demander aux syndicats de trouver des rentrées d’argent. Pour le reste, il n’y a pas d’abandon global, c’est pour cela qu’on appelle à la mobilisation. On reste dans la même veine. Ils ont sorti les boucliers et les défenses anti-aériennes pour défendre les intérêts des plus riches via les 211 milliards d’euros annuels d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni contrepartie. Depuis quelques semaines, c’est haro sur la taxe Zucman [2% d’imposition sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, Ndlr], dont on nous dit qu’elle générerait le départ des plus grandes fortunes qui se sont gavées comme jamais. Ils oublient qu’on est champions d’Europe de réversion des dividendes. La taxe Zucman, ce serait vraiment le minimum. Les pauvres, eux, sont toujours suspects. Comme s’ils allaient s’acheter des voitures de luxe et des Rolex avec leur allocation de rentrée scolaire. Contrôler ces 211 milliards aux entreprises par contre ce serait une atteinte à la liberté. Je constate qu’à ce jour, à part nous, personne au gouvernement ne parle des fermetures de boîtes et des licenciements alors même que 300 000 emplois sont sur la sellette. Bayrou s’en foutait et pour l’instant, Lecornu n’en parle pas.

    Sébastien Lecornu tente d’envoyer des signaux (jours fériés maintenus, fin des « privilèges à vie » des ministres). Cela va-t-il dans le bon sens ou est-ce de la poudre aux yeux ?

    S.R. : J’ai l’impression qu’on est sur de la cosmétique sur le plan économique. On parle d’un côté de ponctionner 40 milliards sur le dos du monde du travail et de l’autre de quelques millions d’euros… Il n’y a pas de commune mesure. Si c’est pour retirer des privilèges à 15 personnes pour justifier d’aller en massacrer des millions d’autres à coups de déremboursements médicaux et de remise en cause de l’emploi, on se rendra vite compte de la limite de l’effet d’annonce. Le sujet principal de notre pays, c’est que les salaires et les pensions n’ont pas été revalorisés, on n’a pas retrouvé le niveau de 2020. Le pouvoir d’achat reste une revendication essentielle. Si on veut remplir les caisses de la Sécu, la question des salaires et de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui rapporteraient 6 milliards d’euros, fait partie de la solution. Des gens peinent à finir le mois. Si on veut relancer l’économie, il faut relancer la consommation, en recul avec l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie avec par exemple la hausse de la TVA sur le gaz. Les gens continuent à perdre du pouvoir d’achat alors que les plus riches continuent de voir leur fortune augmenter. En 30 ans, le PIB de la France a été multiplié par deux mais pas le Smic. Les 500 plus grandes fortunes possédaient 9% de la richesse nationale, elles en contrôlent aujourd’hui 42%. Je pense qu’on peut leur en prendre un peu.

    L’autre enjeu, c’est celui des services publics. La CGT donnera d’ailleurs des suites le 9 octobre avec une mobilisation nationale et dans l’Hérault sur les questions de santé et de Sécurité sociale. Du côté de l’intersyndicale, il y aura bien sûr des suites au 18 septembre…

    Si le mouvement citoyen « Bloquons tout » rebondit, l’intersyndicale envisage-t-elle des actions communes ?

    S.R. : Le 10 septembre, il n’y a pas eu que « Bloquons tout ». Ce mouvement ne souhaitait pas d’élargissement syndical mais à Béziers, Bédarieux ou Lodève, comme il ne se passait rien, la CGT avait déclaré un rassemblement. Ici ou là, on a déjà eu des contacts. On est sur un mouvement hybride. On n’est pas dans la situation des Gilets jaunes.

  • Les salariés Carrefour en ordre de bataille à Aix-en-Provence

    Les salariés Carrefour en ordre de bataille à Aix-en-Provence

    Autour d’une journée de débats, organisée à l’appel de la CFDT Commerce et services des Bouches-du-Rhône, les salariés Carrefour, réunis en intersyndicale, sont venus des quatre coins de la France s’ordonner pour contre-attaquer le passage des magasins de l’enseigne en location sous-gérance. Voilà plus d’un an que la CFDT appelle à dénoncer le « montage destructeur » de la location-gérance. « En juin, un collectif de plusieurs magasins s’est mis en place pour apporter des éléments leur permettant d’aller combattre sur des expertises, rappelle Yann Durafour, délégué syndical CFDT de Carrefour Le Merlan. L’objectif est donc d’accompagner ces magasins et leurs salariés, pour assigner en justice Carrefour et récupérer les éléments. Le collectif a aujourd’hui grandi. » En intersyndicale – FO et la CGT ayant rejoint la réunion de ce vendredi – représentants nationaux de syndicats et experts judiciaires, incluant des avocats en droit du travail, se sont réunis pour réfléchir aux meilleures pistes de contre-attaque face à la multiplication des externalisations de magasins. Pour rappel, ce contrat par lequel le propriétaire d’un fonds de commerce en confie l’exploitation à un locataire-gérant qui l’exploite contre une redevance, cause aux salariés une « perte de leurs acquis sociaux au bout de 15 mois », selon la CFDT, une baisse de salaire, et davantage de précarité. Entre autres. « Aucun locataire-gérant depuis 2018 n’a réalisé de bénéfices. La location est juste une tromperie, une machine pour licencier, pour Jérôme Coulombel, ex-directeur du service contentieux au siège Carrefour de Caen. Vous avez osé bouger localement. C’est vous qui allez pouvoir faire sauter les verrous. » Si avocats et experts n’ont pas encore de réponses quant à la stratégie à adopter, le but reste, pour les salariés, de démontrer le système déloyal, pour les effectifs, de la location-gérance. « Le but est de montrer comment la location est une fraude pure et dure chez Carrefour », ajoute Yann Durafour. À suivre.

  • Populaire et déterminé

    Populaire et déterminé

    Avant même que les centaines de cortèges s’élancent partout en France ce jeudi 18 septembre à l’appel d’une intersyndicale soudée pour la justice sociale et fiscale et contre les projets d’austérité du énième gouvernement de la Macronie, le monde du travail a d’ores et déjà gagné les cœurs et les têtes.

    Selon un sondage rendu public mercredi par Elabe pour BFMTV, 56% des Français « soutiennent » l’appel de l’intersyndicale.

    Une large majorité (66%) estime aussi que la politique du nouveau Premier ministre sera « dans la continuité de celle menée par
    les gouvernements précédents d’Emmanuel Macron
    ». Le mot de « rupture » avancé par Sébastien Lecornu ne fait pas illusion, pas plus que son auteur n’a convaincu les représentants de gauche qu’il a reçu mercredi à Matignon.

    Changer de cap

    Les Français veulent du changement dans leur vie et un cap clair. Cela passe par de bons salaires, de bons emplois, de bons services publics et une fiscalité juste avec la taxation des ultra-riches. Bref, ils exigent que l’orientation politique menée depuis huit ans par Emmanuel Macron s’arrête et que notamment l’inique réforme des retraites soit abrogée.

    les professions intermédiaires sont d’ailleurs 64% à soutenir la mobilisation du mouvement social, et 60% des employés et ouvriers également. Nombre de ces travailleurs seront soit en grève soit en manifestation.

    Face à la puissance de ce mouvement, le gouvernement démissionnaire et minoritaire, panique. Signe de sa fébrilité, le déploiement des forces de l’ordre est à un niveau inégalé alors qu’il est désormais éclatant que le rapport de force est du côté des travailleurs, rassemblés dans un élan populaire et déterminé.