Tag: institutions

  • La filière bois se mobilise après la liquidation de Fibre Excellence

    La filière bois se mobilise après la liquidation de Fibre Excellence

    Mieux vaut tard que jamais. L’organisation interprofessionnelle regroupant des acteurs et institutions du secteur du bois et de l’économie forestière, Fibois Sud, affirme passer à la vitesse supérieure dans sa mobilisation de soutien à la filière suite à la liquidation, et l’arrêt, de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence de Tarascon.

    Rappelons que ce site faisait vivre des centaines de travailleurs forestiers puisqu’il transformait le bois en pâte à papier avant sa liquidation à la fin juillet dernier. « Fibre Excellence Provence absorbait jusqu’alors 30 à 35% des volumes de bois récoltés en région, soit environ 200 000 tonnes par an. En offrant un débouché aux bois de qualité “industrie”, l’usine contribuait à l’équilibre économique de nombreuses coupes forestières et au financement d’une gestion durable des massifs régionaux », rappelle d’ailleurs Fibois Sud. Une production à l’arrêt qui a « des répercussions majeures » pour l’économie régionale du bois selon l’organisation. « 73% des entreprises déclarent être impactées et 84% d’entre elles rencontrent déjà des difficultés de trésorerie », estime-t-elle, s’appuyant sur une étude réalisée auprès de 42 entreprises du 3 au 10 septembre 2026.

    D’où la position de l’organisation : « la priorité est de trouver rapidement de nouveaux débouchés et de préserver les capacités de récolte forestière régionales ». Fibois Sud cite notamment « l’arrêté préfectoral modificatif d’urgence » pris le 15 septembre permettant « d’augmenter la part de bois régional dans l’approvisionnement de la centrale biomasse GazelEnergie de Gardanne ». Un arrêté loin d’être anodin puisqu’il aide à « sauvegarder l’activité des entreprises forestières ». « Cette mesure prévoit 35 000 tonnes supplémentaires d’ici fin 2026 et 150 000 tonnes supplémentaires en 2027, portant l’approvisionnement régional à 230 000 tonnes par an sur un volume total d’approvisionnement de la centrale maintenu à 450 000 tonnes », explique Fibois Sud. Enfin, et surtout, l’organisation annonce qu’elle « pilotera dès 2027 une étude visant à identifier et accompagner de nouveaux projets industriels pour diversifier les débouchés des bois régionaux, tout en consolidant les circuits de valorisation existants et en respectant la hiérarchie des usages du bois ». Affaire à suivre.

  • Deux jours de congrès à Port-de-Bouc pour changer le monde

    Deux jours de congrès à Port-de-Bouc pour changer le monde

    On veut changer le monde, et ça urge », résume Pierre Villard en introduction de la conférence de presse du Mouvement de la paix, vendredi midi, présentant les enjeux du congrès national de l’organisation qui se tient à Port-de-Bouc, vendredi et ce week-end. « L’Homme a la capacité de disparaître plus rapidement que les dinosaures et on propose de ne pas essayer », reprend le coordinateur régional du mouvement. « La paix est un moteur des transformations sociales du monde et c’est en construisant la culture de paix qu’on répondra aux conflits mondiaux », affirme Pierre Villard.

    En plein mouvement lycéen, cet aspect moteur se révèle. « Cela interpelle sur la capacité des lycéens à pouvoir s’exprimer pacifiquement. » La professeure de droit Raphaëlle Maison, invitée du Forum, relève qu’« il y a une forte conscience politique dans ce mouvement », citant des pancartes vues comme « financez nos facs, pas des génocides ».

    Une illustration concrète de cette culture de paix que Pierre Villard appelle « boussole de la convergence des aspirations ». Celles des femmes, enfants, racisés, Lesbienne-Gay-Bi-Trans (LGBT), handicapés… « Toutes les minorités sociales ont intérêt et droit à la paix. Les oppressions auxquelles ils font face servent le même objectif de faire régner l’ordre par la force et non la loi. Nous, on voudrait l’inverse : au lieu de la loi de la force, la force de la loi. »

    Question démocratique

    La culture de paix revêt un caractère particulier en Paca, région clé du complexe militaro-industriel de la France. « Nous avons décidé, localement, de nous inscrire dans le congrès et dans la campagne pour le désarmement nucléaire », indique Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. L’organisation d’une grande manifestation régionale devant la base aérienne 125 d’Istres est envisagée le 20 mars 2027 « pour témoigner du refus des armes nucléaires », d’après le responsable.

    Michel Dolot pointe aussi « une question démocratique », celle « du poids de ce qu’on met dans la défense au détriment de la sécurité humaine », considérant que « quand vous êtes militaire, vous n’avez pas de souci de logement ou de santé, tandis qu’à Aubagne, on n’a pas les moyens de rénover l’hôpital ».

    Alors que la France vient de faire une nouvelle démonstration de son missile nucléaire M51, le Mouvement de la paix dénonce un « acte politique qui va à contre-pied total de l’évolution du monde, selon Pierre Villard. Dans un des pires moments de la guerre froide, l’URSS et les USA ont réussi à dépasser la défiance a priori des autres. » D’où l’idée que « si l’ONU n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Comme la paix.

  • Le droit international, boussole pour la paix

    Le droit international, boussole pour la paix

    Blocages politiques, impuissance face aux grands conflits mondiaux, réformes impossibles, difficultés financières… Créée en 1945 pour maintenir la paix et la sécurité internationales, l’Organisation des Nations unies (ONU) traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. « En tant qu’institution, elle est en danger », constate avec inquiétude Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Lors d’un forum qui s’est tenu vendredi, veille du congrès national de l’organisation ces 10 et 11 octobre, chercheurs, universitaires, diplomates et responsables d’ONG se sont réunis autour d’une question volontairement provocatrice : « Et si l’ONU n’existait pas ? » Objectif de la journée : disséquer les blocages du droit international, jeter les bases d’un nouveau multilatéralisme et inviter la société civile à se mobiliser.

    Raphaëlle Maison, professeure de droit international public à l’Université Paris-Saclay, dit avoir une « très grande difficulté à défendre l’ONU », devant un tableau qu’elle qualifie de « cauchemardesque ». Elle et son collègue, le professeur de sciences politiques à l’Université Bourgogne-Europe à Dijon et chercheur au Centre de recherche et d’étude en droit et science politique, Raphaël Porteilla, sont sans appel : « La politique a trahi les idéaux de la Charte des Nations unies. »

    Et d’illustrer. Dans la résolution 2 803 du 17 novembre 2025, le Conseil de sécurité reprend le premier point du plan Trump pour Gaza, qui vise, selon Raphaëlle Maison, à « effacer les traces du génocide, en tirer profit et rééduquer les survivants afin qu’ils oublient leur histoire ». Le 11 mars 2026, quelques jours après l’opération conjointe américano-israélienne en Iran, le même organe de l’ONU dénonce « les attaques inacceptables perpétrées par la République islamique (…) contre les territoires de l’Arabie saoudite, de Bahreïn, des Émirats arabes unis, du Koweït, d’Oman, du Qatar et de la Jordanie et considère que ces actes portent atteinte au droit international », omettant de mentionner les frappes aériennes des deux membres permanents du Conseil de sécurité. Raphaëlle Maison dénonce une « inversion du réel ».

    L’Assemblée générale des Nations unies n’est pas en reste. Le 24 septembre, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, suspecté de crimes de guerre, y prend la parole malgré le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale en novembre 2024. « Quelques jours avant, le président états-unien faisait publiquement part de son choix possible d’annihiler l’Iran », poursuit-elle. « Le crime est désormais revendiqué à l’Assemblée générale des Nations unies, alors que le recours à la force et la menace de recours à la force sont interdits par la Charte. Les propos de Donald Trump sont une sorte de profanation. » Pour Raphaël Porteilla, « tout ça montre que le monde continue d’être structuré par des hiérarchies coloniales, raciales, et expose de manière assez crue un ordre juridique international impérialiste ». Il ajoute : « Il y a des règles, mais il y a la souveraineté des États, c’est-à-dire leurs intérêts individuels, et ces intérêts priment sur les règles internationales. Cinq peuvent décider du sort des résolutions. »

    Le patrimoine juridique

    de l’humanité

    Face aux « dérives politiques des institutions » de l’ONU et notamment du Conseil de sécurité, Raphaëlle Maison appelle à revenir au texte de la Charte, qui constitue « le patrimoine juridique de l’humanité », et à une évolution coutumière de ce texte pour renforcer le rôle de l’Assemblée générale.

    L’enseignante propose par ailleurs quelques pistes : abolir le Conseil de la paix pour Gaza ; promouvoir le recours à la Cour internationale de justice pour le règlement des différends ; ne pas céder à la propagande de guerre, « cette guerre contre le terrorisme qui justifie tout » ; réaffirmer l’égalité en droit des États, le principe de non-ingérence et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Peuples dont il est question en préambule de la Charte : « Nous, peuples des Nations unies (…) ». Raphaël Porteilla croit « que les citoyens ont quelque chose à dire et ce sont eux, que ce soit dans la rue ou à travers les urnes, qui vont pouvoir demander aux gouvernants de respecter ceux pour quoi ils ont été élus », bien que la paix soit la grande absente des programmes. Face à l’impérialisme, le politologue pousse à trois gestes individuels : conserver la faculté de s’indigner ; se former au droit international pour débloquer le verrouillage de l’information ; et enfin s’engager pour donner du sens à l’indignation.

    Il assène : « Pour moi, le droit international reste la boussole sur laquelle on doit se fonder pour construire l’avenir des générations futures. Sans ce droit international, imparfait, incomplet, critiquable et réformable, sans cette base de valeurs qui sont les principes de la Charte, l’anarchie reviendra et elle guette avec une odeur guerrière et de suprémacisme nauséabond. Il nous faut nous lever ensemble. »

  • Agir sur les jeunes avant qu’ils ne soient pris par le réseau

    Agir sur les jeunes avant qu’ils ne soient pris par le réseau

    Avec la répression, la prévention pour marcher « sur nos deux jambes » et « éviter que nos jeunes tombent du côté obscur » a introduit la préfète de police, Corinne Simon lors des deuxièmes assises de la prévention de la délinquance ce jeudi 8 octobre. Une première en France. Après avoir posé les bases lors de premières assises en février, place à l’action et au partage de savoir-faire. Dans la salle, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, des référents de CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), des élus, des magistrats, des associatifs et bien sûr policiers et gendarmes.

    « Nous avons plein de liens à faire entre nous pour être efficient » estime le président de la Midelca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), Nicolas Prisse. À la tribune, la présidente du Département, Martine Vassal (DVD) revient aussi sur cette volonté d’avancer, pointe « des manques au niveau de la coordination ».

    Concrètement, « nous déférons 700 mineurs chaque année, si on peut en agir sur 20% d’entre eux, on aura déjà gagné le pari de la prévention secondaire », estime Céline Raignaut, procureure adjointe, à la tête de la division des mineurs du tribunal de Marseille. Substitute du procureur à Aix-en-Provence, Coralie Jaquet témoigne de l’arrivée de ces gamins « précaires et vulnérables » qui viennent « jobber dans les Bouches-du-Rhône » : 109 impliqués dans le trafic de stupéfiants sur sa juridiction dont 20 déférés.

    Des projets multiples

    Face à ce constat, des expériences, positives, ont été menées. Dans le cadre du projet Limits (Limiter l’implication des mineurs dans les trafics de stupéfiants) à Sarcelles, Loos et Lille rappelle Nicolas Prisse. Aix-en-Provence s’y est aussi lancée témoigne Christine Trossero, cheffe proximité du CLSPD, à la recherche des « petits signes comme le décrochage scolaire, des réactions violentes » permettant le suivi d’une trentaine de situations. Centre de loisirs jeune de la police qui reçoit les collégiens, interventions des gendarmes en milieu scolaire, capsules vidéo pour s’adresser aux ados sur les réseaux sociaux, média favori des trafiquants… Chacun apporte sa pierre à l’édifice. Jusqu’à ce qu’Amine Kessaci (EELV), adjoint au maire de Marseille en charge de la jeunesse, bouscule un peu le débat. S’il insiste lui aussi sur la nécessaire coordination, « la prévention n’est pas à la hauteur de la violence de ces réseaux, nous avons tout à réécrire » balance l’élu qui préconise un fort engagement de l’État ou de s’inspirer de l’exemple italien.

    En attendant, le travail de dentelle se poursuit. Une lettre d’engagement entre préfecture de police, Midelca et Département, a été signée pour la création et le financement d’une cellule d’écoute et d’accompagnement des familles, en collaboration avec les institutions et une association, sur le modèle de celle installée au niveau départemental sur la radicalisation. Pour rattraper « ces jeunes sur le point de basculer, les sortir de la spirale », avec « leur libre adhésion » précise le directeur adjoint de la préfète, Pierre Gilardeau. Elle se réunira dès novembre avant de nouvelles assises en 2027.

  • Améliorer l’accès aux soins pour les détenus

    Améliorer l’accès aux soins pour les détenus

    En visite au centre de détention de Tarascon, Guillaume Piney, directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) et Yann Bubien, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur ont signé jeudi 6 août une feuille de route conjointe, « destinée à renforcer l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la région » indiquent ARS et DISP dans un communiqué ce mardi 11 août.

    Le but affiché : « garantir un accès équitable aux soins, assurer la continuité de son parcours de santé et proposer une prise en charge adaptée aux besoins spécifiques des personnes placées sous-main de justice ».

    Si aucun détail chiffré n’est donné, les deux institutions promettent le « renforcement de l’offre de soins » avec le « déploiement de la téléconsultation et de la télémédecine » et de nouvelles prises en charge dans certaines unités sanitaires, comme la dialyse.

    Plus de télémédecine

    ARS et DISP souhaitent aussi « améliorer les parcours de soins afin d’éviter les ruptures de prise en charge ». Pour ce faire, les protocoles associant établissements pénitentiaires, hospitaliers et ARS seront « actualisés » par le biais d’une « meilleure organisation des extractions médicales – afin de réduire les annulations et les retards de soins qui en découlent – ainsi que par un renforcement de la coordination entre professionnels de santé et personnels pénitentiaires ».

    Autre priorité de cette feuille de route : faciliter l’intervention médicale en détention en dehors des horaires habituels de consultation, des partenariats restant à nouer avec les acteurs de médecine de ville, pour que les médecins interviennent en soirée et le week-end. Au-delà des moyens déployés, aucun délai n’est non plus clairement établi. En attendant, les conditions de détention se détériorent au point que le suicide est sept fois plus fréquent en prison qu’en milieu libre note l’institut national d’études démographiques.

  • Des caravanes occupent à nouveau des terrains de rugby à Marseille

    Des caravanes occupent à nouveau des terrains de rugby à Marseille

    Je suis président d’un club, pas gestionnaire de la mairie », vitupère Augustin Marie, président du club Marseille Rugby Méditerranée. Depuis dimanche dernier, les terrains du stade Mouton (11e) sont occupés illégalement par une centaine de caravanes de gens du voyage. « Ça ne date pas d’hier, depuis 15 ans c’est la même chose… L’année dernière, on a mis neuf mois à récupérer nos vestiaires », poursuit-il. Alors que les entraînements doivent reprendre le 3 août, le président exprime son inquiétude : « Nous sommes bénévoles et c’est nous qui en payons le prix. Je ne sais pas comment on va faire. »

    Responsabilités

    Alors que sur les réseaux sociaux, le maire de secteur (RN), Olivier Rioult, multiplie les messages et se sert de la polémique pour enfoncer la Ville de Marseille et se mettre en avant, Augustin Marie est clair : « Ce n’est pas une histoire de politique. C’est la faute de toutes les institutions qui n’ont pas fait leur travail, la Métropole qui n’a pas les aires d’accueil suffisantes, la Ville qui nous doit des installations sportives… »

    Contactée, la Ville de Marseille « rappelle que la Métropole est compétente en matière d’aménagement des aires d’accueil et des aires de grand passage des gens du voyage ». La mairie ajoute avoir « saisi le juge des référés du tribunal administratif ». Pour la municipalité, il est indispensable de « garantir un accueil digne des gens du voyage, dans le respect de leurs droits », sans quoi la mairie « ne peut pas légalement solliciter du préfet l’évacuation directe d’un terrain communal ».

    Contactée, la Métropole n’a pas répondu à notre sollicitation.

  • L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    Le ministère de la Culture a ouvert une instance de classement au titre des monuments historiques de l’ancien palais de justice de Brignoles (Var), édifié entre 1839 et 1842. Cette décision ministérielle rare, signée le 20 mai 2026 et qui vient d’être publiée, répond à une demande de l’association Sites & monuments qui avait interpellé en urgence l’État pour sauver l’édifice de 1 000 m2.

    « Le dépôt le 14 août 2025 d’un permis de démolir partiel fait peser une menace directe de transformations irréversibles, d’altérations architecturales substantielles et de perte de lisibilité des volumes et des dispositions d’origine sur cet ensemble d’intérêt patrimonial majeur », a écrit en février Sandrine Rolengo, la déléguée régionale Paca de l’association de défense du patrimoine. Son courrier à Rachida Dati soulignait l’extrême urgence à intervenir. « Dans un contexte de pression foncière et de renouvellement urbain, ces risques appellent une réponse immédiate des pouvoirs publics. »

    « Un ensemble architectural complet »

    Après le départ du tribunal du centre-ville, le bâtiment historique est resté vacant et s’est dégradé jusqu’à l’effondrement partiel de la toiture et de zones de plancher. « La préservation en l’état étant devenue impossible, notamment en raison du coût nécessaire, il a été décidé la démolition partielle du bâtiment, en ne conservant que la façade principale », énonçait, en juin 2025, la mairie de Brignoles dans l’appel d’offres pour sa déconstruction. L’instance de classement garantit désormais la sauvegarde de cet ensemble « dans l’attente de l’instruction d’une mesure de protection pérenne ». « Tous les effets du classement au titre des monuments historiques s’appliqueront de plein droit à cet immeuble pendant une durée d’un an », énonce la décision.

    L’ancien palais de justice est l’œuvre de l’architecte Esprit Lantoin (1787-1856), qui l’a conçu dans un style néoclassique comme « élément central d’un ensemble architectural complet d’édifices construits pour les institutions judiciaires et pénitentiaires sous la monarchie de Juillet ». C’est en réalité tout le pôle judiciaire du XIXe qui mérite d’être sauvé. C’est pourquoi Sites & monuments a demandé que soient également protégées l’ancienne prison, l’ancienne gendarmerie, la place et sa fontaine. « Bien que situés dans le Site patrimonial remarquable de la ville, ces édifices méritent une protection individuelle afin d’assurer leur conservation, leur restauration et leur transmission aux générations futures », vient d’écrire l’association reconnue d’utilité publique au maire de Brignoles, Didier Brémond (LR), pour demander une reconversion de l’îlot plus respectueuse du patrimoine.

  • Un atlas participatif pour le Géoparc Socle de Provence

    Un atlas participatif pour le Géoparc Socle de Provence

    La candidature au label mondial « Géopark Unesco », que les départements du Var et des Alpes-Maritimes déposeront conjointement début 2027 pour le géoparc « Socle de Provence », n’a pas seulement vocation à faire reconnaître son patrimoine géologique remarquable. Elle a également trait à promouvoir le patrimoine culturel matériel et immatériel de cette zone de 1 600 km² s’étendant de Sanary jusqu’à Vallauris, à travers les massifs des Maures, de l’Estérel et du Tanneron.

    C’est en ce sens que le département du Var, en lien étroit avec le CNRS, initie la rédaction d’un Atlas du patrimoine culturel, véritable cartographie des richesses locales. Cet ouvrage aura pour objectif de recenser les éléments du patrimoine matériel et immatériel, de la canne de Provence à la castanéiculture, en passant par l’exploitation du liège et les composantes immatérielles telles que les rituels, costumes, danses et savoir-faire liés aux métiers.

    Un projet participatif

    et déjà lancé

    Derrière cette future réalisation, les exigences du label Unesco, qui exigent la présentation de cinq axes patrimoniaux en lien avec le projet : les traditions et expressions orales, y compris la langue, comme vecteur du patrimoine culturel immatériel ; les arts du spectacle (musique, danse, théâtre traditionnel…) ; les pratiques sociales, rituels et événements festifs ; les connaissances et pratiques concernant la nature de l’univers, et les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

    À la base de ce recueil, des travaux réalisés par des chercheurs, organismes et associations. Cependant, dans de nombreux cas, les informations sont absentes, pour l’instant manquantes, ou en train de disparaître au profit de pratiques globalisées. C’est pourquoi les porteurs du projet de géoparc ont décidé de donner à l’atlas un caractère participatif. Ainsi, une enquête « grand public » est lancée afin de recueillir des savoirs traditionnels locaux liés à la nature et ses usages, forestiers comme maritimes.

    Un projet qui bénéficie du soutien de deux figures emblématiques de la cuisine provençale, les chefs Gui Gedda et André Del Monte, qui s’engagent pour la transmission des gestes et traditions culinaires. Car la gastronomie sera un point central de l’enquête publique, via un questionnaire déjà en ligne, qui invite les habitants à partager leurs savoir-faire, de tradition familiale, régionale et locale, des ingrédients utilisés aux méthodes de cuisine. Pour que nos « gaubis » ne disparaissent pas.

  • À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    Là, nous sommes au rez-de-chaussée dans la maternelle, au-dessus, ce sera l’élémentaire… » Le directeur général de la Société publique des écoles marseillaises (SPEM), Nicolas Andreatta, assure la visite du futur groupe scolaire Parc Kalliste Nouvelle (15e) ce samedi 4 juillet. Un ensemble monumental de 21 classes avec bibliothèque, salle de motricité et autres espaces de restauration, construit aux dernières normes bioclimatiques, qu’il décrit à Antonio Costa, président du Conseil européen, accompagné du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Il faut dire que l’Europe, par l’intermédiaire de la BEI (Banque européenne d’investissement), a octroyé un prêt de 200 millions d’euros pour soutenir le plan écoles de la Ville. Le projet Kalliste s’inscrit dans un quartier prioritaire et mettra à disposition des habitants une salle polyvalente.

    Un plan à 1,5 milliard

    Démarré en décembre 2025, l’établissement devrait être livré en septembre 2027. Coût de l’opération : 14,1 millions d’euros, dont 6,5 financés au titre de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine). « Cette école doit être un lieu totem, estime Benoît Payan. Ici à Marseille, il y a deux grands fléaux : l’habitat, sur lequel nous n’avons pas beaucoup de prise, et les écoles, construites à la va-vite, dans les années 60, et, qui, elles, relevaient de notre responsabilité. »

    Le « plan écoles du siècle », rien de moins, lancé en 2021, prévoit la rénovation, la reconstruction partielle ou totale des 470 établissements de la ville, moyennant 1,5 milliard d’euros. Un plan organisé en plusieurs vagues, la 2e et la 3e sont en cours avec 35 écoles construites d’ici 2028, 48 entre 2026 et 2029, puis une 4e entre 2027 et 2030 avec 43 autres. Tout devrait être terminé en 2032. Depuis 2020, 27 établissements scolaires sont sortis de terre, comme l’école Baya, ex-école des Abeilles, en centre-ville, Toros Mater dans le 9e, Jolie-Manon à la Belle-de-Mai (3e).

    Pour le maire de Marseille, la présence d’Antonio Costa vient conforter le bien-fondé de cette vaste ambition. « Il a été chef de gouvernement au Portugal mais aussi maire de Lisbonne. Il sait la difficulté qu’il a eue aussi dans sa ville sur les écoles. Il sait que ce chantier est pour l’avenir », pose Benoît Payan.

    Le président du Conseil européen insiste sur des institutions européennes qui « doivent être proches des citoyens ». « L’école est au cœur de notre projet, parce que cela veut dire tout d’abord : opportunité », défend-il. Selon lui, l’école reste aussi « l’endroit décisif pour la citoyenneté. Et la citoyenneté, c’est décisif pour bâtir une société avec des valeurs. L’Union européenne, c’est une union des valeurs ». Interrogé sur le choix de Marseille pour y faire une halte, Antonio Costa met en avant une « ville européenne au cœur de la Méditerranée », qui représente une certaine idée de l’Europe, celle « d’une union dans sa diversité ».

    Il repartira en mer faire un point sur les projets menés sur le littoral après avoir rencontré le bataillon des marins-pompiers, pour évoquer la dimension européenne de ses actions.

  • Rencontre à Marseille pour un meilleur suivi psy des enfants placés

    Rencontre à Marseille pour un meilleur suivi psy des enfants placés

    Les enfants [placés] cumulent plusieurs vulnérabilités en raison des lacunes de l’offre médico-sociale disponible et de la pédopsychiatrie », alerte la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, dont la députée (PS) du Val-de-Marne, Isabelle Santiago, en est la rapporteuse. La parlementaire était ce vendredi à l’hôpital Salvador de Marseille (8e) pour échanger avec les professionnels bucco-rhodaniens et découvrir leurs projets pour pallier à cette problématique.

    L’équipe mobile intersectorielle pour enfants confiés (EMI-CO) portée par l’assistance publique hôpitaux de Marseille et l’hôpital de Valvert en est un exemple. Piloté en partenariat avec les différentes structures d’accompagnement des enfants placés, il a pour ambition « d’être le maillon manquant entre le lieu de vie de ces jeunes et les Centres médico-psychologique », explique le Dr Jokthan Guivarch, coresponsable de l’EMI-CO. Le programme prend en charge les enfants de moins de 12 ans pour faire des évaluations pédopsychiatriques et développementales et coordonne des soins en attendant une place dans les institutions adéquates. L’unité met également en place des formations afin de permettre aux éducateurs de mieux repérer et réagir face à des enfants atteints de trouble. Le problème de recrutement des pédopsychiatres ou des éducateurs est également pointé du doigt par les professionnels. « Pourtant, il faut accompagner au mieux ces enfants car le manque d’accompagnement à de graves conséquences sanitaires », insiste la parlementaire qui souhaite une refonte globale du système de la protection de l’enfance français.