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  • [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    Figure de la lutte contre le narcotrafic, le jeune élu écologiste a commencé à mettre en pratique un projet pour la jeunesse dont il martèle que la Ville a fait une priorité.

    La Marseillaise : Quand les éducateurs vous transmettent leur rapport, que devient-il ?

    Amine Kessaci : Je le fais suivre à la fois au CLSPDR et au service prévention de la délinquance, qui ont les associations qu’on a déjà mandatées et avec qui on a démarché pour accompagner des jeunes, trouver des solutions emploi, etc. Et justement, ce que je suis en train de créer depuis mon arrivée, c’est une coordination entre les services, pour que, dès qu’on a des remontées comme celle-ci, on ait quelqu’un qui puisse justement faire le suivi, relancer, proposer des entretiens, des rendez-vous. Car j’ai constaté à mon arrivée, qu’il n’y avait pas de coordination entre les remontées terrain et le suivi de ces demandes. Jeunesse, prévention de la délinquance et CLSPDR, les trois services qui sont sous ma délégation travailleront ensemble.

    De quels moyens et budget disposez-vous pour ce faire ?

    A.K. : En tant que président du CLSPDR, le procureur de la République est le premier vice-président et peut nous donner les moyens niveau justice. On a la préfète de police qui est également vice-présidente et les structures sociales qui font les accompagnements. La Mission locale peut prendre le relais. Quand il s’agit de questions d’addictologie, on a des associations spécialisées. Marseille Habitat en tant que bailleur social peut aussi faire le lien, débloquer les situations. Ces dispositifs existaient déjà, je ne crée rien de nouveau, ce que j’apporte c’est la coordination. Niveau financier, nous sommes sous le coup des restrictions, la situation de la métropole nous met dans une situation inconfortable mais le maire l’a assuré, la jeunesse reste une priorité.

    Avez-vous des objectifs précis ?

    A.K. : Avec le maire, on s’est fixé deux lignes sur les politiques jeunesse. Premièrement, protéger les jeunes Marseillais face à l’entrée dans les narcotrafics, au mal-logement, au manque d’information, de formation, d’emploi, de dispositifs d’insertion. Le deuxième objectif, c’est de faire rêver la jeunesse, de permettre aux jeunes Marseillaises et Marseillais de pouvoir faire la fête, s’amuser. On se rend compte, qu’on est juste sur de l’action sociale, d’urgence, ce qui est important et nécessaire, mais les jeunes ont aussi besoin de respirer, de vivre. C’est quelque chose qu’on a oublié, notamment depuis le Covid. C’est pour ça aussi qu’on a lancé le dispositif « Vacances pour tous » qu’on a piloté avec Farida Benaouda [DVG, conseillère municipale déléguée en charge des vacances pour tous et des cités éducatives, Ndlr.] et Hassan Guenfici [DVG, adjoint au maire, en charge des centres sociaux et de l’éducation populaire]. La semaine dernière je me suis rendu à La Paternelle (14e), pour un départ en car des familles. Ces dernières sont meurtries, même si elles n’ont peut-être pas perdu des proches dans leur chair, elles ont en tout cas vu la guerre de la drogue de très près en 2023. Aujourd’hui elles peuvent partir, profiter d’une journée à l’extérieur grâce au dispositif « s’évader », mené avec ma collègue Anne-Sophie Sidani [PS, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville].

    Peut-on déjà tirer un premier bilan de votre action, cinq mois après avoir été élu ?

    A.D. : Nous sommes en train de mettre en place toutes ces actions de coordination et de lancer une nouvelle dynamique au sein du CLSPDR. Sur le décrochage scolaire par exemple, on attendait que le jeune ait plusieurs centaines d’heures de décrochage scolaire pour le convoquer et pour mettre en place des dispositifs. Maintenant on agit dès le départ. Dès qu’on voit qu’il y a des jeunes qui commencent à avoir beaucoup d’heures d’absence répétées sans justification, l’Éducation nationale et le procureur de la République nous saisissent pour justement éviter aux familles les placements, les actions judiciaires. Et on réunit ces jeunes avec leurs parents, les deux parents. On met en place aussi un accompagnement social. Avec des associations qu’on mandate, qu’on finance et à qui on demande de faire le suivi avec un bilan un mois après pour voir si le jeune est retourné à l’école.

    C’est un travail de dentelle ?

    A.K. : Oui et franchement c’est nécessaire. Les jeunes ont besoin aussi de voir un jeune comme eux en face. Piloter au niveau « macro », c’est très bien et cela fait partie évidemment de mon rôle, mais la proximité ça a toujours été ma marque et je compte bien continuer.

  • Retraités, réfugiés et jeunes en insertion dans les champs à Val-Buëch

    Retraités, réfugiés et jeunes en insertion dans les champs à Val-Buëch

    J’ai de l’expérience en agriculture, j’avais une ferme en Syrie. Travailler dans ce chantier d’insertion me permet de rencontrer du monde, car je n’ai pas beaucoup d’amis ici. » Tamam Ibrahim, réfugié syrien arrivé en France il y a huit ans, a été au chômage pendant quatre mois avant d’être orienté par sa conseillère France Travail vers l’association d’insertion des Jardins du Buëch. Il a enchaîné les emplois de courte durée, sans jamais trouver de situation stable. « J’ai été carrossier, travailleur agricole, j’ai travaillé dans un hôtel… », énumère-t-il. Il compte renouveler son contrat au chantier d’insertion des Jardins du Buëch, jusqu’à la durée maximale autorisée : deux ans.

    « C’était moi le premier

    à être licencié »

    Un peu plus loin dans les plantations de haricots, Olivier, 60 ans, s’active à les récolter. Enfant de la Ddass, il n’a jamais appris à écrire correctement, et a ainsi du mal à trouver du travail, surtout depuis qu’il a dépassé les 60 ans. « À un certain âge, t’as plus de travail, c’est fini ! », lance-t-il à ses collègues, tous mobilisés pour la récolte. « Les patrons préfèrent former un jeune ouvrier plutôt que quelqu’un de 60 ans. » Olivier a enchaîné les emplois physiques et manuels, le transport de charges lourdes, avant d’arriver aux Jardins du Buëch. « Maintenant, il faut savoir écrire, se servir d’un ordinateur. Je n’ai jamais vraiment été à l’école petit, car les éducateurs ne s’occupaient pas tellement de nous tant on était nombreux », regrette-t-il. Ainsi, « quand c’était le moment de licencier, c’était moi le premier ». Il sera accompagné par l’association jusqu’à sa retraite, et espère ensuite « acheter un camion et partir sur la Côte d’Azur pêcher la daurade ».

    À Val Buëch-Méouge, près de Laragne, l’association propose du maraîchage ; mais, à Château-Arnoux-Saint-Auban, les personnes en insertion font également de la rénovation et de la communication. Les Jardins du Buëch ont été créés en 2001 par une équipe de psychiatres de l’hôpital psychiatrique de Laragne, « pour faire de l’accueil thérapeutique et de l’insertion au long cours pour un public désocialisé », explique Jean Busch, chef de culture et encadrant technique.

    L’association accueille désormais également des personnes en situation de handicap ou encore des jeunes éloignés de l’emploi, comme Lorenzo, 20 ans, titulaire d’un bac professionnel, orienté par sa mission locale après avoir travaillé en fromagerie, chez France Travail ou encore chez SFR. Le jeune homme suivra bientôt une formation de convoyeur de fonds.

  • Les riverains vent debout contre un parking dans un parc à Aix

    Les riverains vent debout contre un parking dans un parc à Aix

    à l’entrée du parc de la Torse, une barrière « normalement fermée, puisque c’est un accès piéton » est désormais ouverte. Elle laisse accéder les voitures d’une association d’insertion par les espaces verts, installée quelques mètres plus haut, sur le terrain dont le bail lui a été cédé par la Ville et communément appelé Legs Constant. Soumis à des aménagements, les bénéficiaires de l’association viennent donc garer leurs véhicules sur une parcelle du parc. Une situation qui crispe les riverains.« Avec ces chaleurs, on se dit que c’est une aberration d’enlever un espace de nature pour l’ouvrir aux voitures (…) c’est un parc hyper fréquenté, et de plus en plus », se désole Catherine, membre du CIQ la Torse-Cézanne et membre du Conseil syndical de la Tour d’Aygosi. Fin juin, le sujet commence à faire couler de l’encre, lorsque ce même conseil fait paraître une pétition en ligne contre « la transformation du parc arboré de la Torse en parking ».« Nous avons obtenu près de 3 500 signatures », estime Catherine. Un courrier a également été envoyé dans la foulée au premier adjoint, le 13 juillet et évoque un dossier « devenu le révélateur d’une préoccupation plus profonde : la place accordée à la nature en ville, la qualité du dialogue entre les élus et les citoyens, et la cohérence des choix publics face aux défis environnementaux ».

    Débat municipal

    Clément Frel-Cazenave, élu d’opposition municipale Les écologistes au sein du groupe Aix Avenir (DVG), un peu plus tôt dans la semaine, estimait que « cet espace utilisé par les véhicules est bien plus qu’un simple terrain », mais un lieu « fréquenté chaque jour par de nombreux habitants ». Pour l’élu, « autoriser le stationnement de voitures sur cette pelouse pourrait entrainer la dégradation d’un patrimoine arboré naturel précieux ». Une décision d’autant plus « difficile à comprendre » alors que « le parking Carcassonne, situé à seulement une centaine de mètres, dispose de nombreuses places. » Du côté de la municipalité, on rappelle que la parcelle concernée était « laissée en friche, initialement fermée par un portail » et que « cette solution a été mise en place dans un contexte particulier. Jusqu’à présent, les véhicules de cette association étaient stationnés sur un terrain situé en face sur lequel, la Ville vient d’engager des travaux d’aménagement destinés à créer un nouvel espace vert ouvert au public.(…) Il a donc été nécessaire de trouver une solution alternative permettant à l’association de poursuivre ses activités. » Sollicitée, l’association concernée n’a pas pu nous répondre.

  • Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    De loin, ils ressemblent à de simples conteneurs maritimes. En s’approchant, les équivalents vingt pieds entreposés sur le terrain d’Homeblok sont en réalité des bureaux, des logements ou des éco-habitats. À Berre-l’Étang, les salariés de la marque portée par LVD Energie ont ainsi construit les vestiaires du stade Roger-Martin.

    C’est dans cette unité de la filiale inclusive du Groupe la Varappe que Bernard Cazeneuve, en opération séduction dans le département ce week-end après avoir publié un texte de 86 pages dans lequel il détaille ses pistes pour redresser le pays, s’est arrêté ce vendredi.

    Pour parler avenir industriel, mais surtout saluer le volet insertion de l’entreprise, qui a accompagné plus de 40 travailleurs en 2025. Actuellement, sur les 22 salariés qui font tourner le site, la moitié sont en contrat d’insertion. Pour l’ancien Premier ministre de François Hollande, « faire passer l’insertion de la marge à la norme, c’est créer la possibilité pour chacun d’avoir accepté d’avoir accès au travail ». Et de saluer : « Cette entreprise est emblématique de ce qui marche dans les territoires. (…) L’objectif c’est d’aller chercher des citoyens très loin du monde du travail, de les familiariser à l’apprentissage d’un métier et de leur donner l’amour de la profession. Ce qui m’a marqué ici c’est qu’il y a une véritable passion de l’objet fabriqué, une véritable fierté de l’engagement. Tout ça est un facteur de développement économique mais aussi d’épanouissement individuel. »

    Un ancrage territorial

    Lucas a intégré les équipes d’Homeblok en contrat d’insertion il y a huit mois. Lui qui n’avait pas de « métier de rêve » et arrivait « sans attente » a trouvé sa vocation. « Je ne connaissais rien de la soudure en arrivant ici et ça m’a directement plu. Je me vois plus faire autre chose. Ce que j’aime c’est pouvoir transformer, rendre les choses habitables, voir ce que je produis et l’avancement de mon travail. »

    Salim Berrada, le chef de site, a aussi trouvé sa voie grâce à la filiale inclusive. « Je suis resté trois ans en insertion, je n’avais pas de diplôme, je suis parti de zéro et j’ai pu évoluer avec le temps. Ça prouve que quand on veut on peut, même si j’ai peut-être aussi eu une bonne étoile. » Après avoir été militaire, intérimaire, pizzaïolo, équipier McDo, agent de sécurité, le trentenaire a trouvé une stabilité dans un emploi de manager qui l’épanouit.

    Pour lui, Homeblok est un bon outil professionnel. « On propose de découvrir tous les métiers de la construction, de la menuiserie à la plomberie en passant par l’isolation, l’étanchéité, l’électricité… C’est très polyvalent. » Mais Salim Berrada pointe surtout l’aspect social de la structure. « On est une équipe, on s’entraide. Ici, on a tous un passé, on s’ouvre, il y a une confiance totale et ça nous libère un peu. »

    Pour le président d’Homeblok Laurent Laïk, tout l’enjeu des années à venir pour la filiale de la Varappe réside dans son ancrage dans le territoire. « On est en plein cœur de tout le développement pressenti, on a le double volet d’accompagner économiquement les entreprises en offrant par exemple des logements temporaires pour les gens qui vont arriver, mais aussi en proposant des candidats par rapport aux emplois qui vont être créés demain. On considère que chacun doit trouver sa place mais doit jouer son rôle dans la société. »

  • Donner une seconde vie aux objets à Aubagne

    Donner une seconde vie aux objets à Aubagne

    Installée dans ses nouveaux locaux de l’Îlot d’Aubagne, lieu de vie mixant tertiaire, restauration, activités à vocation sociale et espaces naturels au 1100 chemin de l’Avelanède, la ressourcerie le Dirigeable ouvre cet été ses portes et propose six créneaux d’upcycling entre le 21 juillet et le 27 août. Au programme : réparation et customisation de vêtements, création d’un oiseau suspendu en bois, découverte de la couture ou transformation de vaisselle en objet de décoration…

    « C’est l’occasion pour les habitants du territoire de découvrir l’espace création et de repartir avec un objet fabriqué de leurs propres mains », soulignent les organisateurs. Toujours planifiées l’après-midi, les séances durent entre 1h30 et 3h, coûtent entre 12 et 25 euros et sont à destination de petits et grands.

    Espace de progression sociale

    Fondé en 2016 au sein de l’association Evolio, le Dirigeable est, au-delà d’un lieu de collecte et de revente d’objets de seconde main, un espace de progression sociale. Tout en s’inscrivant dans une démarche d’économie circulaire en encourageant les pratiques de réemploi, de réparation et de recyclage, la ressourcerie travaille à l’insertion des personnes précaires et éloignées de l’emploi en faisant de leur passage dans la structure un tremplin vers un projet professionnel durable. Les salariés en insertion, qui bénéficient d’un accompagnement social personnalisé, ont pour rôle de « trier, réparer, restaurer, créer de nouvelles pièces à la vente » et de « reconditionner des vélos et des appareils électroniques ».

    L’occasion de « remettre un pied dans le monde du travail » mais aussi de « retrouver confiance en eux en acquérant de nouvelles compétences », précise le site web de l’association. En 2025, 81 personnes en insertion ont été accompagnées par la ressourcerie.

    Inscription sur le site www.ressourcerie-ledirigeable.fr

  • Fête le Mur célèbre ses 30 ans dans sa ville natale

    Fête le Mur célèbre ses 30 ans dans sa ville natale

    Pour Yannick Noah, le voyage à Aix-en-Provence est une véritable madeleine de Proust.

    Le coup de cœur est né après une demi-finale de Coupe Davis, en 1991. « Tout est parti d’un café partagé avec des potes, d’un rêve qui est finalement devenu réalité » se souvient celui qui, depuis trente ans, donne de son temps pour permettre la découverte du tennis à des gamins qui n’en avaient pas forcément l’idée.

    Celui qui a appris à jouer au tennis avec une planche et des balles en caoutchouc voulait que d’autres, qui comme lui n’étaient pas destinés à pratiquer le tennis, puissent briser les murs. Yannick Noah a pris son bâton de pèlerin. « Il y a un homme qui nous a énormément aidés, c’est Lucien Weygand. J’étais tout penaud quand je l’ai rencontré. Mais lui, il n’a pas hésité pour nous permettre de lancer le mouvement. »

    Retour aux sources

    Ce coup de pouce de celui qui était alors le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône a déclenché une vague qui, partie du Jas de Bouffan, a déferlé sur l’ensemble du territoire, dépassant le cadre de l’Hexagone.

    Trente ans après, c’est un véritable retour aux sources pour un tournoi qui a pris de l’ampleur. Permis à des milliers de gamins de vivre une passion, le tennis. Et pour certains, d’avoir un parcours au plus haut niveau.

    « La pratique du tennis est un vecteur pour des programmes d’éducation et d’insertion », précise Ludovic Bouabanh, membre de l’association Fête le Mur. Installées dans les quartiers prioritaires, les antennes couvrent l’ensemble du territoire, dont 28 sont dans la région provençale et six dans les Bouches-du-Rhône.

    Outre la découverte du tennis, les adhérents, dès l’âge de 9 ans, apprennent les bases du sport. Avec en tête les cinq valeurs qui sont les piliers de l’activité. À savoir respect, égalité, volonté, solidarité et estime de soi.

    Pour les adhérents, il y a la pratique du tennis. Marwa, qui a débuté à huit ans, a accroché dès son premier entraînement. « J’ai fait des rencontres fantastiques, et, si cela reste un loisir pour le moment, j’ai envie de continuer, pourquoi pas poursuivre la compétition. Et puis, il y a Yannick Noah. Il est gentil et très attentif à ce que nous pouvons faire, il nous donne envie de faire mieux. » L’Aixoise, fan de Coco Gauff et Serena Williams, a franchi un palier cette année. « Je suis arrivée en demi-finale, c’est encourageant pour moi », reconnaît-elle.

    Othmane, son pote aixois, a, lui, gagné le tournoi 2026. « C’est ma deuxième fois, en 7 ans de pratique » clame-t-il. Lui qui est venu par curiosité ne jure plus que par sa raquette. Et avoue « avoir trouvé une deuxième famille ».

    De la cité à Roland-Garros

    Le tennis est d’ailleurs une famille, où il n’y a pas que des joueurs. Fête le Mur propose également des formations de juge de ligne, ramasseur de balle et juge-arbitre. « En parlant avec quelqu’un qui était déjà arbitre, j’ai trouvé ça cool et je m’y suis mise » confie Rayhana.

    Si elle débute, Lucas, venu de Stain, entame sa troisième année en tant que juge de ligne. Et savoir que certains qui ont fait sa formation arbitrent désormais sur de grands tournois, comme Roland-Garros ou les Jeux Olympiques renforce sa motivation.

    Quant à Yannick Noah, il contemple le fruit de trente années d’efforts. « Il y a eu une première graine, plantée au Jas de Bouffan. Et voir ce qu’elle a donné est vraiment encourageant ». L’association qu’il a portée sur les fonts baptismaux est devenue un acteur important dans les cités où elle intervient. « Une association répond à un besoin. Son existence révèle aussi que tout n’est pas fait comme il se doit par notre société pour améliorer la qualité de vie des gens » constate-t-il.

  • À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    Les rassemblements de la CGT en amont des séances plénières du Conseil départemental de Vaucluse font désormais presque partie du déroulé, avec des manifestations à plusieurs reprises ces dernières années. Et un nouveau est prévu ce vendredi 26 juin contre la réorganisation du pôle Solidarité sous sa forme prévue ainsi que pour dénoncer la politique de la collectivité autour du RSA.

    Dans un tract, le syndicat regrette ainsi une « réorganisation trop floue » du service. Et assure que les agents n’ont pas encore été informés des futurs organigrammes, des missions exactes qui leur seront attribuées, des impacts sur les différents postes ou encore des « conditions d’exercice ». Avec une interrogation également sur la non-réintégration de la direction Insertion-Emploi au pôle Solidarités, estimant que « tout est lié » entre insertion, accompagnement social ou encore parcours vers l’emploi. Et demande « une réponse claire et une réponse approfondie sur ce choix d’organisation ».

    Contacté par La Marseillaise, le Département n’a pas répondu dans les délais impartis pour la publication de cet article sur le sujet.

    Réaction demandée

    La question de la politique de gestion du RSA va également être remise sur la table. Le Vaucluse étant le département où le versement a le plus reculé ces dernières années. Dans une lettre ouverte publiée le 13 juin dernier est pointé le « durcissement progressif de la gestion du RSA ». En citant la chute de 32% du nombre de bénéficiaires entre 2022 et 2025. « Sous couvert de contrôle, d’”accompagnement renforcé” et d’économies budgétaires, votre collectivité multiplie les dispositifs de sanctions, de suspensions et de radiations qui frappent directement les personnes les plus précaires de notre département », poursuit le syndicat. Qui, « à défaut de réponse et de mesures concrètes », prendra « toutes les initiatives nécessaires pour dénoncer publiquement cette situation ». Sans préciser si des poursuites vont éventuellement être engagées contre la collectivité, comme cela a été le cas dans le Finistère il y a une semaine, où la CGT et six allocataires ont porté plainte contre le Département du nord-ouest de la France.

    « On ne peut pas être contre le fait de remettre des gens au travail, tout ne peut pas être blanc ou noir mais des ajustements ont été faits », se justifiait la présidente en sortie d’hémicycle le lundi 31 mars dernier.

  • Que du beau pour la grande vente de la communauté d’Emmaüs Saint-Marcel

    Que du beau pour la grande vente de la communauté d’Emmaüs Saint-Marcel

    « Samedi, on vend ce qu’on a de meilleur, c’est du très bon état. Il faut qu’on casse la baraque ! », lance joyeusement Roselyne bénévole depuis 25 ans à la communauté. Et de poursuivre en s’affairant : « Nous n’avons que deux grandes ventes dans l’année, alors on garde les belles choses, les marques pour ce jour-là. Vous allez vous croire aux Galeries Lafayette. » Non sans oublier de rappeler qu’« acheter à Emmaüs, c’est un acte solidaire et engagé ».

    Fermé pendant deux jours pour tout préparer, bénévoles et salariés, environ 70 personnes s’activent à tous les niveaux de la communauté. Du neuf arrive et des invendus repartent au recyclage. À la tête de l’équipe, Hami Kahia-Tani est le nouveau responsable fraîchement arrivé depuis un mois et demi tandis que Stéfania Crotti le seconde. « C’est une vente d’été alors, nous avons beaucoup de mobilier de jardin neuf, au tiers du prix. ça vaut vraiment le coup », détaille Hami. « Mais aussi, des meubles anciens dans la grande salle des ventes, de la vaisselle, des verres, du petit et du gros électroménager. Mais aussi bien sûr des vêtements, des sacs et des chaussures », poursuit-il. Tout au fond du grand hangar, on s’affaire dans la partie électroménager. « On nettoie, on range. On a des vrais climatiseurs, des micro-ondes, des machines à laver, des télévisions… et tout a été contrôlé », présente Patrick compagnon arrivé il y a un an.

    Évoluer sans cesse

    Concernant les vêtements, Hami est sans appel : « Frip insertion à Saint-Marcel, c’est la ligue des champions du textile. » Camélia la responsable sourit et confirme : « Chapeaux, maillots neufs, tongs, sac de plage, serviettes, nous avons. Mais aussi des vêtements griffés, des carrés de soie, et des sacs de marque. » Mais le responsable sait qu’il faut évoluer sans cesse. « Pourquoi pas créer un dressing à 1 euro ? » Le quartier bénéficie de pas mal de donateurs mais la demande est forte. « Ici, tout le monde peut s’équiper. Les plus précaires, mais aussi les curieux sans critères d’âge », assure-t-il. En perspective, il y a aussi la volonté d’installer des bennes à ferraille pour mieux trier les métaux et de former un compagnon. Mais aussi d’arriver à garantir le gros électroménager. Véritable lieu de vie, Saint-Marcel attend beaucoup de monde samedi, et on comprend pourquoi.

    Rendez-vous le samedi 6 juin de 9h à 18h à la communauté Emmaüs Saint-Marcel au 46 Boulevard de la Cartonnerie, 13011, Marseille

  • Jouques poursuit son objectif emploi

    Jouques poursuit son objectif emploi

    La commune poursuit sa politique en faveur de l’insertion professionnelle. Dans cette ligne, une vingtaine de recruteurs se sont rassemblés au centre socioculturel de cette commune d’à peine 5 000 habitants, répondant ainsi à l’invitation de la Ville, organisatrice de la rencontre Événement emploi. Le premier, depuis le premier mandat du maire (SE), Eric Garcin. La matinée, a donc réuni entreprises, organismes de formation, structures d’insertion et acteurs publics de l’emploi afin de favoriser les recrutements et impulser de premières rencontres. Seize entreprises privées ont joué le jeu, parmi elles Iter Organization, Vinci Autoroutes, Proman… Mais aussi neuf organismes de formation et plusieurs partenaires publics, dont France Travail, la mission locale et le Département via son bus insertion, avaient également fait le déplacement. Selon les organisateurs, ce sont au total 134 participants qui ont émargé, principalement venus de Jouques et Peyrolles-en-Provence, mais aussi de Venelles, Meyrargues, Aix-en-Provence ou Marseille. « Les retours des entreprises sont très positifs », souligne, à l’issue, la municipalité. « Cette rencontre s’inscrit clairement dans la démarche Territoire zéro chômeurs longue durée dans laquelle Jouques a été retenue depuis 2016, rappelle Eric Garcin. C’est un souci constant de la commune de travailler sur la levée des freins vers le retour à l’emploi, pour ceux qui en sont éloignés. Faire venir les entreprises, c’est plutôt concluant. » Pour rappel, la commune s’attelle à résorber le taux de chômage local en employant au sein d’une Entreprise à but d’emploi (EBE) : l’Elan. « J’ai alerté tous les sénateurs des Bouches-du-Rhône sur la question, ils vont tous défendre la position de Jouques », prévient le maire, qui précise : « Aujourd’hui, on est en dessous des taux de chômage du département et en dessous du taux de chômage national. On était au-dessus, avant l’arrivée de l’expérimentation. À force de travailler cette matière on a réussi à faire baisser le taux de demandeurs d’emploi. »

  • La Mission locale de Salon, un modèle pour le gouvernement

    La Mission locale de Salon, un modèle pour le gouvernement

    En déplacement dans le département, Sabrina Roubache revient sur les traces de sa famille. « Ma mère a grandi là » s’émeut la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage face à Jérémy, un jeune salonais qui lui présente son travail d’archives destiné à faire vivre la mémoire du quartier des Canourgues, alors qu’une opération de renouvellement urbain y est en cours. Le vingtenaire mène ce projet en partenariat avec la Mission locale de la ville.

    Cette structure a déménagé en septembre dernier dans de nouveaux locaux, boulevard Pasquet, là où était autrefois installé Pôle emploi. Racheté par la municipalité pour 1,5 million d’euros, cet espace de 1 000m2 a été rénové pour rassembler en un lieu unique les quatre bureaux de la commune et permettre un meilleur accompagnement des 2 300 jeunes, âgés de 16 à 25 ans, suivis chaque année. « Il y a plein de dispositifs, un peu essaimés, qui ont été relocalisés, glisse le maire de Salon, Nicolas Isnard (LR). Ça nous permet aussi de rouvrir une antenne de Centre d’information et d’orientation à la rentrée prochaine pour faire une véritable Maison de la promotion des métiers. »

    Parmi les autres innovations de la Mission locale : la Gaming House. Romuald, son référent, explique : « Les jeunes font une simulation qui dure de 45 minutes à une heure. À l’issue, ils sont évalués sur dix compétences psychosociales comme la planification, la gestion du stress, la gestion du temps, le leadership, etc. Ce qui est vrai dans les jeux vidéo peut être transposé dans la vie réelle. » L’an passé, 56 jeunes ont bénéficié de ce dispositif. Autant depuis janvier.

    Avec ces outils numériques et la réunion d’une multiplicité d’acteurs, la structure poursuit un objectif : « Que ce lieu soit un lieu pour la jeunesse et pas seulement des locaux professionnels », affirme son directeur, Jean-François Bruneau. « Ça va être un modèle du genre », s’émerveille Sabrina Roubache.

    Un budget en baisse

    Pourtant, le budget alloué aux Missions locales est en baisse dans la loi de finances 2026. Initialement annoncée à 13%, la baisse devrait finalement se situer entre 7% et 8%. Parallèlement, les structures du réseau constatent une hausse significative de la demande d’accompagnement. Depuis septembre 2025, le nombre de premiers accueils aurait ainsi augmenté d’environ 8% et même de 10% pour les mineurs, selon l’Union nationale des Missions locales.

    « Ça n’a échappé à personne qu’on est en période de discipline budgétaire et qu’on ne peut pas imaginer, quel que soit le secteur ou le segment, qu’on n’essaie pas de réajuster à la marge, justifie la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels et de l’Apprentissage. Mon combat est de ne pas faire de coupe brutale. On m’a déjà interpellée, notamment sur les premiers équipements pour les apprentis, et on regardera à la maille des territoires, là où on peut aider et là où on peut faire des péréquations. Quand on voit une mission locale comme celle de Salon, tout le monde en rêve. Ça veut dire une chose : quand vous avez des pouvoirs publics qui travaillent ensemble, avec des élus locaux qui s’emparent de la question, l’État et des jeunes qui sont en demande, ça fonctionne. Et on va appuyer ça. (…) On sait aller chercher des crédits là où c’est utile. »

    Sabrina Roubache assure rentrer à Paris « en s’en inspirant » : « Je vais demander que l’on m’aide à en faire le modèle de ce que peut être une Mission locale, quand il y a une volonté municipale. »