Tag: insertion sociale

  • Le rôle des tuteurs de travail d’intérêt général salué à Aix-en-Provence

    Le rôle des tuteurs de travail d’intérêt général salué à Aix-en-Provence

    La remise de trophées qui s’est tenue lundi matin avait pour objectif de mettre en avant le travail des partenaires qui accompagnent les participants de TIG. « Ça fait du bien d’être remercié et qu’on reconnaisse notre utilité et notre compétence. Cela donne du sens à notre démarche », s’est félicité Djamal Achour, président de l’association Anonymal, partenaire du dispositif depuis 2021.

    Le dispositif en question est pensé comme un parcours pédagogique et permet à des personnes placées sous main de justice d’exécuter leur peine en participant à des TIG. Ces travaux de groupe sont des projets concrets et utiles à des tiers bénéficiaires, proposés par les structures partenaires pour remobiliser leurs participants.

    Favoriser l’insertion sociale et professionnelle

    L’intérêt de ces activités repose sur l’apprentissage de nouvelles capacités pour les participants. L’objectif du dispositif est en effet la prévention de la récidive. « On a de bons résultats, on ne revoit pas un bon pourcentage de participants de TIG entre les mains de la justice. Le meilleur moyen de réinsérer, c’est de faire confiance. C’est une deuxième chance pour leur permettre d’avancer », explique Djamal Achour.

    Ces expériences permettent de se mettre au service de la collectivité et contribuent ainsi à développer un sens certain du collectif. « Ils dédommagent la société avec leur travail et apprennent à travailler ensemble. C’est bien de s’éloigner de l’individualisme », résume le directeur de l’association, très impliqué dans ce projet social.

  • À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    À Manosque, des salariés en insertion sublimés par une artiste

    Dans son exposition visible jusqu’à dimanche au centre Carzou, la photographe Marie Calmes raconte le parcours de travailleurs en réinsertion professionnelle, qu’ils soient en situation de handicap, immigrés ou trop âgés pour être embauchés. « La ressourcerie rassemble de nombreux sujets de société », explique l’artiste : intégration, marché du travail, « difficultés à trouver un emploi pour des publics étrangers, en rupture sociale, familiale ou professionnelle, sans papiers, à la rue ». Dans la salle d’exposition, un enregistrement audio donne la parole aux salariés en réinsertion, qui y racontent leur parcours semé d’embûches, que ce soit lié au handicap, à la migration ou encore à des problèmes familiaux. « Parfois, c’est la boîte pour laquelle ils travaillaient qui a fermé et ils n’ont pas retrouvé de travail après, ou c’est un burn-out, une dépression, un deuil… », cite par exemple l’artiste. « C’est des gens qui ont totalement perdu confiance en eux », ajoute-t-elle. À travers son travail, elle souhaite « interroger les regards qu’on peut porter sur ce genre de publics, qui sont souvent stigmatisés ».

    « Il y a des gens qui viennent de pays en guerre, ou même des Français, qui ne trouvent pas de travail. C’est pas en traversant la rue qu’on trouve du boulot. La plupart de ces gens veulent travailler, s’intégrer, mais ce n’est pas simple », déplore Marie Calmes. « Ces gens m’ont touchée, j’ai vu leurs difficultés, et je me suis dit qu’il fallait le partager, parce qu’il y a des gens qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils vivent au quotidien. Je voulais les mettre en lumière.»

    « Un pied de nez

    à la hiérarchie sociale »

    Les portraits des salariés en réinsertion sont présentés dans des cadres d’époque dorés, tous trouvés à la ressourcerie. « Je trouvais que c’était un bon moyen de faire un pied de nez à la hiérarchie sociale, en mettant les salariés en valeur dans des cadres issus de castes bourgeoises », lance Marie Calmes.

    Pour la photographe, la ressourcerie est « un lieu de résilience, de transition, où chacun peut retrouver une place », ou encore « une famille pour retrouver le chemin vers le travail ». « On y prend en considération le handicap, les difficultés, cela permet de remettre le pied à l’étrier », avance-t-elle.

    L’exposition a également un aspect écologique, mettant en avant le travail de recyclage et de récupération de la ressourcerie, et dénonçant la pollution au travers de photos de machine à laver et de fauteuils jetés en pleine nature aux alentours de la ressourcerie.

    La photographe a réalisé ce travail dans le cadre d’une résidence au sein de la ressourcerie, à Sainte-Tulle, où elle est restée deux semaines en octobre 2024. Elle a même pensé à faire un livre où elle raconterait les histoires de toutes les personnes en réinsertion rencontrées.

    Une dizaine de salariés étaient présents au vernissage samedi, et certains reviendront lire leurs témoignages ce jeudi à 14h et samedi à 11h. « Je voulais les remercier publiquement de la confiance qu’ils m’ont accordée et du courage de raconter son histoire, d’avouer ses fragilités, parce qu’il y en a qui m’ont confié des choses intimes qui ne sont pas faciles à regarder en face », explique Marie Calmes. Une salariée a par exemple raconté à la photographe avoir été interpellée à son arrivée à la gare de Marseille, accusée de « venir en France pour voler le pain des Français parce qu’ici il y a des aides », alors qu’elle avait fui son mari qui menaçait de l’assassiner et avait dû « laisser ses enfants au pays ».

    D’autres textes faisant écho aux thématiques de l’exposition seront lus dans le cadre des Correspondances de Manosque.

  • Retraités, réfugiés et jeunes en insertion dans les champs à Val-Buëch

    Retraités, réfugiés et jeunes en insertion dans les champs à Val-Buëch

    J’ai de l’expérience en agriculture, j’avais une ferme en Syrie. Travailler dans ce chantier d’insertion me permet de rencontrer du monde, car je n’ai pas beaucoup d’amis ici. » Tamam Ibrahim, réfugié syrien arrivé en France il y a huit ans, a été au chômage pendant quatre mois avant d’être orienté par sa conseillère France Travail vers l’association d’insertion des Jardins du Buëch. Il a enchaîné les emplois de courte durée, sans jamais trouver de situation stable. « J’ai été carrossier, travailleur agricole, j’ai travaillé dans un hôtel… », énumère-t-il. Il compte renouveler son contrat au chantier d’insertion des Jardins du Buëch, jusqu’à la durée maximale autorisée : deux ans.

    « C’était moi le premier

    à être licencié »

    Un peu plus loin dans les plantations de haricots, Olivier, 60 ans, s’active à les récolter. Enfant de la Ddass, il n’a jamais appris à écrire correctement, et a ainsi du mal à trouver du travail, surtout depuis qu’il a dépassé les 60 ans. « À un certain âge, t’as plus de travail, c’est fini ! », lance-t-il à ses collègues, tous mobilisés pour la récolte. « Les patrons préfèrent former un jeune ouvrier plutôt que quelqu’un de 60 ans. » Olivier a enchaîné les emplois physiques et manuels, le transport de charges lourdes, avant d’arriver aux Jardins du Buëch. « Maintenant, il faut savoir écrire, se servir d’un ordinateur. Je n’ai jamais vraiment été à l’école petit, car les éducateurs ne s’occupaient pas tellement de nous tant on était nombreux », regrette-t-il. Ainsi, « quand c’était le moment de licencier, c’était moi le premier ». Il sera accompagné par l’association jusqu’à sa retraite, et espère ensuite « acheter un camion et partir sur la Côte d’Azur pêcher la daurade ».

    À Val Buëch-Méouge, près de Laragne, l’association propose du maraîchage ; mais, à Château-Arnoux-Saint-Auban, les personnes en insertion font également de la rénovation et de la communication. Les Jardins du Buëch ont été créés en 2001 par une équipe de psychiatres de l’hôpital psychiatrique de Laragne, « pour faire de l’accueil thérapeutique et de l’insertion au long cours pour un public désocialisé », explique Jean Busch, chef de culture et encadrant technique.

    L’association accueille désormais également des personnes en situation de handicap ou encore des jeunes éloignés de l’emploi, comme Lorenzo, 20 ans, titulaire d’un bac professionnel, orienté par sa mission locale après avoir travaillé en fromagerie, chez France Travail ou encore chez SFR. Le jeune homme suivra bientôt une formation de convoyeur de fonds.

  • Une journée ensemble face à la délinquance

    Une journée ensemble face à la délinquance

    Devant le restaurant d’insertion la Graine de Piment, qui emploie des jeunes passés par la PJJ, ce jeudi 25 septembre en fin de matinée, des représentants d’entreprises se mêlent aux jeunes de la Mission locale pour une journée dédiée à la prévention de la délinquance.

    Une journée pour illustrer notamment « les liens étroits entre insertion sociale et insertion professionnelle », confie ainsi, dans un tract, la Mission locale jeunes Grand Avignon, en précisant que les échanges « seront autant d’occasions pour les jeunes des quartiers prioritaires de mettre en avant leurs atouts professionnels, de découvrir la transférabilité de leurs compétences et de bénéficier de conseils concrets pour leur future insertion dans l’emploi ».

    « Il faut absolument privilégier la prévention à la sanction. Et on ne le montre pas n’importe où, car on montre ici que l’insertion par le travail de jeunes, au passé parfois délinquant, ça marche. Ils apprennent un métier et montrent qu’on peut avoir confiance en eux », souligne ainsi Isabelle Gineste, directrice de la Mission locale jeunes Grand Avignon.

    « Produire un déclic »

    Une journée qui a commencé par un débat sur la prévention de la récidive, de la réinsertion et de la citoyenneté, animé par Yazid Kherfi, ancien braqueur passé par la prison, devenu écrivain et médiateur dans les quartiers populaires. « Cette journée va permettre à chacun de réfléchir aux postures qu’il faut avoir. J’ai été délinquant de mes 15 à mes 30 ans. Et j’en suis sorti quand le maire de ma ville a témoigné en ma faveur et m’a fait comprendre que j’avais plus de qualités que de défauts », raconte l’intervenant.

    Un message qui a résonné chez les jeunes avignonnais, comme pour Lukman, habitant du quartier des Rocades et aujourd’hui étudiant, qui assure, avant de partir en cours, « que ce discours résonne quand c’est une personne issue, comme nous, des quartiers qui le raconte ». Mais aussi pour Kaïs, jeune habitant lui aussi de la Rocade, qui a longuement échangé avec l’intervenant, s’interrogeant sur le fait que « la prévention a des effets positifs », car « les gens ne changent que quand ils ont eu des galères », estime-t-il. « Il faut produire un déclic. Et ceux qui sont passés par là peuvent transmettre leur savoir », confie l’intervenant.