Tag: Ingénierie

  • Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Sur une feuille de papier, Noémie griffonne une sorte de tripode. « J’invente un robot », explique-t-elle, lors de la séance des Espaces publics numériques de lundi dernier. Sur le schéma, le fruit de son imagination ressemble au dessin d’une pyramide, sans base, avec une tige et une pince. Son frère Valentin, lui, opte pour la réalisation d’un chariot élévateur. Une autre participante, quant à elle, assemble une sorte de quadripède… avec une bâche au pied. « C’est un esclave, il passe la serpillière », glisse-t-elle avec espièglerie.

    Tous participent à un stage de deux après-midi accessible aux 9 à 13 ans et dédié à la construction et à la programmation d’un robot de leur conception, imaginée ou reprise de modèles proposés dans les manuels à leur disposition. « On a un petit guide pour mettre les pièces au bon endroit comme les legos » fait remarquer Valentin, qui n’a « jamais fait de robots », « c’est la première fois » qu’il en manipule. Une grande liberté est accordée aux enfants dans leur conception, « on peut leur donner des jambes, des yeux, c’est toi qui décides », explique justement l’animateur Alan Landolfi.

    Poser et résoudre

    un problème technique

    Sans le savoir, les jeunes construisent et mettent en œuvre des principes élémentaires de physique et de mécanique. Comme la transmission d’un mouvement par engrenage et crémaillère permis par servomoteurs, des petits moteurs électriques contrôlables finement. « J’arrive pas à avancer car il y a un truc qui gêne » remarque Valentin sur son chariot. « Quelque chose est peut-être mal placé », lui souffle l’animateur, et c’est bien le cas. Ou comment poser et résoudre un problème mécanique.

    De la même manière, la programmation répond à une certaine logique. Mardi, les participants ont tenté de donner vie temporaire à leurs créations à base de blocs d’instruction mis bout-à-bout. Noémie, par exemple, a programmé sa voiture-élévateur à roues indépendantes pour allumer une led rouge une seconde, lever et baisser son plateau, puis rouler. Mais sans préciser le temps, donnant une voiture filant entre les jambes des programmateurs en herbe sans s’arrêter.

    Valentin, de son côté, a réalisé un programme allumant une led verte, faisant monter, descendre, puis rouler 5 secondes son robot à petite vitesse, qui s’arrête et fait clignoter trois fois une led rouge.

    Une expérience ludique et éducative rendue possible par les Espaces publics numériques de la Ville. Ils sont équipés par Speechi, distributeurs des kits de robots développés pour l’Éducation nationale et pilotés par Arduino, un système libre très utilisé en ingénierie. De quoi susciter des vocations et créer les conditions pour y accéder par ces ateliers, toujours gratuits.

  • [Travailleur de demain] Anaïs, de l’ambition pour l’ingénierie

    [Travailleur de demain] Anaïs, de l’ambition pour l’ingénierie

    Anaïs Benoit-Ramos se destinait davantage à des études dans le domaine de l’audiovisuel plutôt que dans l’ingénierie génie mécanique. « Sauf que les écoles sont payantes, parfois à 7 000 euros par an. Impossible pour moi d’y aller. J’ai donc dû trouver une voie plus accessible », retrace-t-elle. Un peu par hasard, elle se lance dans un BTS Conception des processus de réalisation de produits, puis poursuit avec une année d’Adaptation technicien supérieur (ATS), tremplin vers son admission au concours des Arts et Métiers.

    La première année passée, la jeune femme poursuit son cursus chez Capgemini, sous-traitant d’Airbus. L’aéronautique est un domaine dans lequel elle se voit évoluer. « Je suis réellement passionnée par ce que je fais. à l’avenir, j’aimerais faire ma propre expérience en allant travailler chez Airbus, où chez de grands noms de l’aéronautique. C’est un domaine fascinant : voir voler des avions, des hélicoptères… » Anaïs Benoit-Ramos voit encore plus loin. « Après les années de salariat, j’aspire potentiellement à créer mon entreprise (…). Je sais que c’est compliqué, dans le contexte politique et économique actuel qu’on connaît. Mais j’aime communiquer, le management, j’en ai fait dans mon école et ça me parle. J’aimerais que mon intérêt pour le management soit appliqué au quotidien. » Esprit « compétitif et curieux », « à l’aise entourée de machines », Anaïs Benoit-Ramos explique « bosser dur » pour se sécuriser son avenir dans un monde « assez incertain ».

    Évoluer en transmettant

    « à commencer par mon métier. Avec l’évolution de l’intelligence artificielle (IA), je vois l’avenir du boulot un peu trouble. D’ici une trentaine d’années, l’IA pourrait nous amener à perdre du travail. Il faut qu’on se batte pour le conserver, pour trouver un moyen de travailler avec. Pour l’instant, on se contente de compléter les défauts de l’intelligence artificielle, elle n’est pas trop une menace. Mais, d’ici trente ans, elle sera perfectionnée, et là, ce sera inquiétant », estime-t-elle.

    Sur un plan plus personnel, l’étudiante confie s’être accrochée dans ce domaine, souvent masculin, parfois « discriminant » pour se sécuriser, aussi, un avenir financier. « Je voulais pas vivre ce que (ma mère) a vécu. Elle s’est battue pour m’élever, en enchaînant deux boulots : un le matin, un le soir. Je me suis dit que je ne ferais jamais ça donc j’ai continué comme je le pouvais mes études. »

    Autre ambition fixée : ouvrir le domaine de l’ingénierie mécanique à davantage de femmes. « Je me vois évoluer dans ma branche en partageant mes connaissances, surtout en rencontrant des jeunes filles, dans les lycées ou les collèges, qui veulent poursuivre leurs études pour aller dans l’ingénierie, déroule Anaïs. On est souvent fixées, de façon inconsciente parfois, sur l’idée que l’industrie, c’est pour les mecs. Ce sont des réflexions entendues. Je veux leur parler, à ces filles qui veulent aller un peu plus loin, exceller dans les domaines dits masculins et parfois être meilleures. » Le 4 décembre, la jeune femme est d’ailleurs intervenue dans son ancien lycée, dans le cadre d’une rencontre organisée par l’association « Elles bougent », qui vise à sensibiliser les jeunes femmes aux carrières scientifiques et techniques.

    Le concours

    Lors de la 48e édition Worldskills, Anaïs Benoit-Ramos a concouru aux côtés de deux coéquipiers (Romain Cheynet et Léo Semenadisse), dans la catégorie Développement de produit industriel. Tous ont décroché la médaille de bronze pour avoir présenté le prototype d’un robot qui avait pour tâche de « suivre des travailleurs dans les champs et leur alléger la charge portée. Ce robot-là devait pouvoir porter des fruits et des légumes », explique Anaïs. Un travail de six longs mois, rapporte la participante, avec la fierté pour elle et son équipe est d’avoir été « les seuls à rendre notre projet avant la compétition » et de s’être « dépassés pour ce challenge ».

  • Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Alors que le collectif CANBUS s’active et mobilise pour empêcher le prolongement du Boulevard Urbain Sud (un linéaire prévu sur 8,5 km de l’échangeur Florian jusqu’à la traverse Parangon) et épargner le jardin de la Mathilde, les jardins familiaux Joseph-Aiguier et la pinède du Roy d’Espagne, la Métropole lance un marché pour poursuivre l’isolation acoustique des bâtiments impactés sur les 3 km de la section livrée en 2021 jusqu’au boulevard de Sainte Marguerite.

    A ce jour, les menuiseries de 126 logements ont déjà été remplacées via un dispositif de subventions que la Métropole veut étendre. Pour s’assurer de l’impact réel de l’infrastructure décriée, une mise à jour en juin 2021 de l’étude acoustique de 2016, a mis en évidence « la nécessité de traiter 570 bâtiments supplémentaires par rapport aux 117 bâtiments initialement prévus » et ce en dépit de 5 kilomètres de murs de clôture acoustiques déjà posés.

    La réglementation impose au maître d’ouvrage des mesures de protection en cas de dépassement des seuils de 60/65 décibels le jour (6h-22h) et 50/55 décibels la nuit (22h-6h). Pour donner un ordre d’idée, le niveau sonore à moins de 8 mètres d’un véhicule roulant à 50 km/h se situe autour de 70/75 décibels. La somme de 10 véhicules augmente le niveau de bruit global de 10 décibels, soit 80/85 décibels. Le bruit montant, sa perception est amplifiée aux étages. D’où l’isolation acoustique des façades proposée.

    Un trafic encore sous-estimé

    Autre problématique soulevée, la sous-estimation du trafic pris en compte dans les études. Si du côté de l’A50, il est projeté que le BUS passerait de 40 000 véhicules/jour en 2021 à près de 49 000 en 2040, il était observé en 2021 que du coté de Sainte Marguerite (où les travaux d’aménagement d’un rond-point débutent), le BUS était déjà parvenu à son niveau projeté de trafic 2040 avec près de 28.000 véhicules/jour. « Il est donc possible que le trafic sur le BUS soit sous-estimé sur certaines sections », analyse l’étude de 2021 qui recommande de « refaire une étude de trafic pour mieux apprécier les trafics de long terme, voire de majorer les isolements des bâtiments à traiter dans cette éventualité, surtout que le BUS doit être prolongé vers le sud, ce qui risque d’induire des trafics supplémentaires. »

    D’où la possibilité qui est donnée de réaliser de nouvelles mesures acoustiques par logement « à la demande des propriétaires notamment au regard d’une éventuelle évolution du trafic routier », propose la Métropole.

  • MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    Akwaba, c’est bonjour en ivoirien. Et les Marseillais de l’immobilier en Afrique (MIA’s) ont l’intention de décliner le mot à la sauce marseillaise. Cette société de conseils et de services tournée vers l’Afrique francophone créée en 2017 par huit associés, professionnels de l’immobilier, veut passer la vitesse supérieure.

    Depuis octobre 2024, Antoine Viallet, président des MIA’s, s’est installé à Abidjan pour développer l’offre commerciale. Il y a mené depuis plus de 200 rendez-vous pour « comprendre les besoins, réactualiser l’offre et bâtir une stratégie avec nos partenaires locaux. On a une fine lecture des problématiques immobilières et d’urbanisme en Afrique. » Dans une ville de 6 millions d’habitants et qui enregistre 200 000 nouveaux arrivants chaque année, les opportunités ne manquent pas.

    La formation est au cœur de leur démarche. Antoine Viallet y développe notamment une plateforme dédiée aux métiers de l’immobilier : « On vit en live les Trente Glorieuses dont on a toujours entendu parler. Un des sujets clés, c’est la compétence, il manque par exemple 20 000 urbanistes au Nigeria. »

    Renaud Tarrazi, architecte urbaniste, rappelle l’origine marseillaise du projet : « Notre parcours commun vient du Club de l’immobilier de Marseille, créé il y a 30 ans pour rassembler tous les métiers de la chaîne immobilière. L’idée, c’est de travailler en meute pour créer du business ensemble. » Cette dynamique collective s’exporte en Afrique avec une volonté : « Il ne s’agit pas de reproduire un modèle France-Afrique mais de travailler là-bas avec eux (…) On partage une langue, un socle juridique mais on doit avoir un regard pertinent. »

    Les MIA’s interviennent déjà sur plusieurs projets comme une gare routière à Cotonou, un immeuble mixte à Douala. L’offre de cette équipe pluridisciplinaire se présente comme un « couteau suisse » : promotion, gestion, ingénierie, architecture, audit, formation… « On adapte notre réponse aux réalités locales, sans donner de leçons », poursuit Renaud Tarrazi.

    Geneviève Langlois, promotrice et seule femme du groupe, a rejoint l’aventure après le salon Dakar 2020. Elle a été frappée par « la vitesse de développement des projets et la qualité des intervenants mais il reste beaucoup à structurer, notamment sur la copropriété et la sécurisation de la propriété foncière ».