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  • En péril et insalubre, un hôtel de Didi évacué

    En péril et insalubre, un hôtel de Didi évacué

    Face à l’inaction du propriétaire, les autorités ont procédé, jeudi matin, à l’évacuation dans un grand calme de l’ex-hôtel meublé « Le Simplon », 7 rue du Musée, à Noailles. L’établissement de 16 chambres est frappé par trois arrêtés de mise en sécurité depuis 2023, d’un arrêté de fermeture administrative définitive en ERP (établissements recevant du public) et d’un arrêt préfectoral d’insalubrité depuis juin dernier.

    « L’État, conformément à ses engagements dans la charte de relogement des évacués marseillais, et la Métropole [compétente en secteur OPAH-RU], se sont substitués [au propriétaire défaillant] pour assurer la protection des personnes, en procédant à la mise à l’abri des occupants, dans le respect des compétences de chaque institution », déclare la préfecture.

    « Soulagés mais angoissés »

    « Le Simplon » appartient à la SCI 26, dont Mordechai Didi était l’associé unique, avant de transmettre le flambeau à son fils Nathan, mis en examen comme lui. Didi était aux manettes de treize autres hôtels meublés, dont le 18 rue des Feuillants, juste derrière, évacué il y a seize mois. Une information judiciaire est toujours ouverte pour soumission de personnes vulnérables à des conditions d’habitat indignes, mais aussi escroquerie par surfacturation des nuitées d’hébergement d’urgence payées par l’état, travail dissimulé et blanchiment en bande organisée. Il est question de 2,3 millions de préjudice sur les 7,2 millions d’euros de fonds publics versés sur ce petit empire lucratif d’hôtels conventionnés.

    L’association Soliha, missionnée par la direction opérationnelle de l’habitat de la Métropole, avait prévenu tous les occupants de ce « trois fenêtres » très dégradé qu’ils devaient quitter les lieux, sans retour possible, pour être relogés dans des appartements hôtel aux Chartreux. « C’était terrible. Tout est dégradé. On n’avait pas de chauffage. L’eau de pluie passe-partout », explique un jeune nigérian qui emporte une valise et une guitare. « On est à la fois soulagés de partir et angoissés car on nous dit que c’est un relogement temporaire. C’est pas rassurant quand on a une famille », confie ce père soucieux de mettre à l’abri sa femme enceinte et leur fils. Pour les rassurer, il leur a été dit que le relogement est dû jusqu’à mainlevée complète de l’arrêté d’insalubrité. « Je suis ici depuis 2007. Je payais 500 euros par mois la chambre », nous dit un résident tunisien éprouvé, comme les autres, par ces années d’habitat indigne. L’association Droits et Habitat est à leur côté. La plupart des occupants qui ont porté plainte sont partie civile dans la procédure pénale en cours.

    L’ensemble des évacués ont été acheminés en voiture à l’hôtel Bontempo, aux Chartreux. Sur la base d’un arrêté d’exécution de travaux d’office, le service municipal de la Protection des populations à la DPPGR a coupé les fluides et posé une porte anti-effraction pour empêcher tout squat. L’immeuble, désormais vide, avait été acheté 180 000 euros par la SCI 26, en 2008 . L’immeuble sous saisie pénale immobilière depuis mars 2024 encourt la confiscation.

  • Une partie civile au procès de la rue d’Aubagne reconduite en Tunisie

    Une partie civile au procès de la rue d’Aubagne reconduite en Tunisie

    Ridha Manei (orthographe retenu par le greffe du procès de la rue d’Aubagne) a fini par être reconduit en Tunisie, il y a quelques jours, selon une information du site Marsactu, alors même que ce sans domicile fixe dépourvu de titre de séjour a été reconnue partie civile aux procès des effondrements du 5 novembre 2018, qui doit être rejugé en appel. Un statut qui ne l’a pas protégé.

    Il y a trois semaines, le 2 octobre, le site Blast révélait que Ridha Manei, 52 ans, était retenu depuis le 5 septembre déjà, au centre de rétention administrative (CRA) du Canet, dans l’attente d’un laisser passer des autorités consulaires, en vue de sa reconduite en Tunisie. Il était sous le coup d’une interdiction du territoire après une condamnation en 2023 pour vol. La Marseillaise avait vainement tenté de le joindre au CRA.

    Au procès des effondrements où il était venu témoigner, Ridha Manei avait raconté qu’il logeait, depuis fin 2017, dans l’appartement de Rachid Rahmouni au 65, rue d’Aubagne, que louait l’avocat Xavier Cachard, vice-président de la Région Paca. Ridha avait eu la vie sauve en se levant tôt pour aller travailler comme maçon sur un chantier.

    La loi du 12 février 2024 est censée protéger les personnes sans papiers victimes de conditions d’hébergements indignes, en leur attribuant une carte de séjour pour toute la durée de la procédure pénale. Mais M. Manei ne cochait pas les cases, car le jugement ne le reconnaît pas victime de l’habitat indigne de Xavier Cachard, puisque le bailleur ignorait qu’il l’hébergeait. Le jugement ne le reconnaît que victime de la mise en danger commise par Xavier Cachard et sa SCI Soyorem.

  • Indecosa CGT 83 invite à protéger les consommateurs

    Indecosa CGT 83 invite à protéger les consommateurs

    Face aux coupes budgétaires du futur budget de l’État, l’Indecosa CGT 83 (Information défense des consommateurs salariés) tire la sonnette d’alarme. Une situation qui s’inscrit dans la lignée de la politique macroniste : « Depuis 2017, des centaines de milliards d’euros d’argent public ont été distribuées (…) aux “clientèles” privilégiées par la droite : les entreprises et les grandes fortunes, aux frais de la population ».

    Parmi les coupes suggérées, la fermeture de plusieurs établissements publics, ou leur mise au régime sec : l’Agence du bio, ciblée par LR, victime d’une baisse drastique de son budget (15 M d’euros). L’Office français de la biodiversité est également la « cible de la FNSEA et de la très droitière Coordination rurale ». Dans la même optique, l’Agence de la transition écologique (Ademe) est aussi dans le viseur du RN et LR.

    Mais ce qui alerte le plus l’Indecosa, c’est la possible disparition de l’Institut national de la consommation (INC). Cet « organisme indépendant des pouvoirs économiques » revendique « la revue “60 millions de consommateurs”, référence des tests comparatifs et alertes santé et des émissions d’info suivies chaque semaine par plus de 3 millions de téléspectateurs ». Il faut aussi mentionner la baisse des moyens des Centres techniques régionaux de la consommation (CTRC), alors que « la défense des consommateurs s’appuie sur l’INC, qui assure l’expertise, les associations qui accompagnent les familles, et les CTRC, chargés de la formation des bénévoles associatifs », détaille l’Indecosa. « Tous les débats sur la malbouffe, le nutri-score, le bio seraient clos ? », interroge l’association, qui a également lancé une pétition auprès du Sénat pour maintenir une TVA à 5,5% sur le gaz et l’électricité, que le gouvernement veut faire passer à 20%.

  • Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    « On ne peut pas penser séparément la lutte contre l’immigration clandestine et celle contre la délinquance. » Les mots du nouveau préfet de Paca et des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc, lors du bilan de ces huit premiers mois marque bien sa nouvelle stratégie. Malgré des actes de délinquances en baisse, continuant la dynamique entamée en 2024, et des chiffres de la lutte contre le narcotrafic encourageants, le haut fonctionnaire a martelé l’importance de la lutte contre les personnes en situation irrégulière.

    L’occasion pour Georges- François Leclerc de faire le bilan sur la réforme administrative de mars 2025 qui « permet une unité de commandement ». Une transformation qui a permis « de concentrer davantage les moyens et les techniques sur la lutte contre l’immigration clandestine », selon le haut fonctionnaire.

    Cette stratégie répressive des personnes en situation irrégulière s’aligne avec celle du ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau incitant à plus de contrôles et plus de délivrance d’obligation à quitter le territoire (OQTF). Le préfet s’est donc félicité d’une hausse de 72% d’interpellations de personne en situation irrégulière entre janvier et août 2025, par rapport à la même période en 2024.

    Intensification des contrôles

    Une augmentation liée à une intensification des contrôles. Le commandant de gendarmerie Pierre Baillargeat affirme d’ailleurs que sur les zones rurales : « Plus de 300 gares et trains sont quotidiennement contrôlés par les gendarmes pour assurer la tranquillité des voyageurs et pour nous inscrire dans cette dynamique voulue par monsieur le préfet de contrôle des individus et de lutte contre l’immigration irrégulière », explique-t-il.

    Une hausse des contrôles qui entraîne selon le commandant « des résultats significatifs, puisque trois fois plus de personnes en séjour irrégulier ont été contrôlées cette année ». Sur les 7 111 personnes sans papiers interpellés sur les Bouches-du-Rhône, aucune information n’indique s’ils ont été appréhendés lors d’un contrôle d’identité ou d’un autre délit.

    Le préfet met d’ailleurs en avant l’augmentation des émissions d’OQTF. « À chaque fois qu’un dossier est transmis à la préfecture des Bouches-du-Rhône, il y a l’émission d’une OQTF », affirme-t-il. Cette sanction administrative oblige la personne visée à quitter le territoire sous 30 jours. Elle peut être délivrée à toutes personnes n’étant plus en régularité sur le territoire ou ayant commis des troubles à l’ordre public.

    Lutte contre le narcotrafic

    La préfète de police, Corinne Simon, est ensuite revenue sur les réussites des forces de police dans la lutte contre le narcotrafic, avec notamment la présence constante de trois unités de CRS en résidence à Marseille. La création d’une brigade de CRS « nouvelle génération », déployable sur tout le territoire répond « à cette volonté d’être omniprésent sur toute la zone », affirme-t-elle. Le préfet se félicite également du déploiement de la stratégie utilisée dans les quartiers nord sur la zone entre Belsunce, Noailles, les Réformés et la Canebière. « Il n’y a pas un jour où il n’y a pas de patrouille », précise le fonctionnaire. Une stratégie qui permet notamment le contrôle des 9 points de deal du centre-ville identifiés. Le haut fonctionnaire a également insisté sur la baisse des chiffres des actes de délinquances sur le territoire (lire ci-contre). Pas un mot en revanche sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pourtant « grande cause nationale » d’Emmanuel Macron.

    Malgré les bons chiffres, la lutte contre le narcotrafic et la délinquance semblent être détrônée dans l’ordre des priorités par « lutte contre l’immigration clandestine », l’alpha et l’oméga de la politique de Bruno Retailleau, de l’État, de ses représentants… Comme de l’extrême droite.