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  • Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Au lendemain de la condamnation à une amende civile record de 100 000 euros d’un multipropriétaire parisien en infraction sur un meublé touristique rue Dragon, la Ville de Marseille est venue réclamer, mercredi, devant ce même juge des référés, le prononcé de 1,5 million d’euros d’amendes civiles à l’encontre des quatre sociétés d’un investisseur et influenceur immobilier. Celui-ci contournait la réglementation sur la location de six meublés touristiques de courte durée.

    Attendu par une dizaine de militants d’un collectif anti-Airbnb qui avaient déployé une banderole « Rends tous les logements ! Airbnb casse-toi ! Marseille n’est pas à toi ! », Florent Richard, 37 ans, ne s’est pas présenté à l’audience, laissant son avocat faire amende honorable à sa place. « Il a eu peur pour sa sécurité car il n’est pas le bienvenu à Marseille. Son portrait est affiché sur des murs. Ce n’est pas normal, ce n’est pas M. Pelicot ! Effectivement, il a eu un temps un appât du gain sur quelque chose de facile, mais il a compris, il a appris et il veut tourner la page », a plaidé Me Martin Guerin pour cet affairiste immobilier qui se vantait, sur YouTube, de s’être constitué avec 44 logements à Bordeaux, Paris et Marseille, un patrimoine de 3 millions d’euros en trois ans.

    à Marseille, ses sociétés exploitaient sans autorisation de changement d’usage et sans avoir réalisé les compensations obligatoires exigées, quatre meublés touristiques au 9 rue des Honneurs, un immeuble du Panier (qui pour l’anecdote avait appartenu à Marseille Habitat de 1997 à 2016), ainsi que deux locations saisonnières dans un grand appartement qu’il a divisé, au 16 rue Colbert. « L’étreinte de la Ville s’est resserrée sur lui en octobre 2025. Il a immédiatement retiré tous ses appartements des plateformes et s’est dirigé vers des locations en baux mobilité », a expliqué Me Guerin, qui a prié le tribunal de trouver « un juste équilibre dans le combat légitime de la Ville et ses demandes d’amendes qui sont complètement disproportionnées ».

    « On peut comprendre la colère des collectifs, a dénoncé Me Jorge Mendes Constante, conseil de la Ville. Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseur qui dit faire du “coaching immobilier” en exprimant sur Youtube ce genre de slogans, Un million d’euros en quatre ans grâce à la location courte durée” ou Ici on fait du business, pas de la charité”. Il a mis en place un système. L’influenceur locatif s’est vanté d’avoir un taux d’occupation de ses locations à Marseille de 98% et d’avoir tiré 1 318 000 euros de chiffre d’affaires en 3 ans sur ces deux adresses ! »

    L’avocat a réclamé pour la Ville la condamnation de chacune des quatre sociétés que Florent Richard gère – deux SCI propriétaires, une société chargée des locations et une pour la conciergerie – à l’amende maximum de 100 000 euros prévue en cas de changement illicite d’usage, multipliée par le nombre d’appartements qu’il a ainsi soustrait au marché de la location classique, soit un moment total d’1,5 million d’euros.

    Délibéré le 23 septembre.

    « Nous serons intransigeants »

    « La Ville ne laissera rien passer. On attaquera systématiquement. Nous serons intransigeants. Les prochaines assignations concerneront des conciergeries qui participent à des locations sans autorisation », déclare Audrey Garino, l’adjointe au logement, présente mercredi devant le tribunal. L’élue PCF observe que l’engagement de la Ville a déjà entraîné « une baisse de 16% des meublés saisonniers sur la ville ».

    D.C.

  • L’influenceur aux 44 meublés jugé ce mercredi à Marseille

    L’influenceur aux 44 meublés jugé ce mercredi à Marseille

    Forte de son succès de la veille, la Ville dégaine de nouveau l’« assignation en procédure accélérée » devant le tribunal judiciaire et exigera, ce mercredi matin, le retour de six meublés touristiques illégaux à la location classique.

    L’investisseur immobilier assigné est Florent Richard, 36 ans, un influenceur qui revendique sur YouTube être devenu millionnaire en exploitant 44 logements à Bordeaux, en région parisienne et à Marseille, où il n’a sollicité aucune autorisation de changement d’usage.

    Le trentenaire loue en locations touristiques, sur Airbnb, quatre logements au 9 rue des Honneurs, un immeuble au Panier qu’il possède en totalité. La Ville demande au tribunal de prononcer à l’encontre de chacune des trois sociétés qui administrent ses biens – une SCI propriétaire, une société qui commercialise et une société de conciergerie – une amende civile de 100 000 euros pour chaque local en infraction. L’avocat de la ville, Me Jorge Mendes Constante, rappellera comme il fait à chaque procès depuis un an que le contrevenant n’a procédé à aucune compensation par transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage, comme l’exige la réglementation municipale. Lors du contrôle en décembre 2025 par un agent assermenté, le propriétaire a expliqué qu’il « ne savait pas trop la procédure ». Selon les données transmises par la plateforme Airbnb, il a tiré de ses quatre meublés touristiques un chiffre d’affaires de 806 355 euros entre 2021 et 2024.

    L’investisseur est assigné aussi pour un autre appartement, de type 7 celui-là et de 110 m² qu’il possède au 16 rue Colbert (1er), et qu’il a divisé pour exploiter deux meublés touristiques loués plus de 170 euros la nuitée. Les données Airbnb rapportent un chiffre d’affaires de 854 678 euros sur ces deux appartements depuis 2022.

  • Cinq fraudeurs de meublés Airbnb assignés à Marseille

    Cinq fraudeurs de meublés Airbnb assignés à Marseille

    Alors que la saison touristique redémarre, la municipalité a assigné cinq nouveaux propriétaires en infraction sur huit adresses de meublés touristiques. Les audiences sont fixées aux 6 et 22 mai prochains devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Marseille. Par ailleurs, 4 assignations de la Ville sur des meublés à Malmousque et au Panier d’un juge consulaire de Marseille qui ont été dépaysées à Toulon y seront jugées le 12 mai.

    Selon les estimations de la mairie, plus de 6 000 des 13 000 meublés touristiques identifiés sur les plateformes de location sont exploités sans autorisation de changement d’usage (désormais conditionnée à une compensation par transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage), ni déclaration préalable de mise en location.

    Chaque année à Marseille, plus d’un million de nuitées avec valises à roulettes se font dans des meublés de tourisme. Pour endiguer ce phénomène qui nourrit la crise du logement, la Ville a déjà abaissé la durée de mise en location pour les résidences principales de 120 à 90 jours par an. Elle saisit les boîtes à clés sauvages et traduit en justice les fraudeurs. En février, pour la première fois, elle a fait condamner définitivement – il n’y a pas eu d’appel – deux gros loueurs à 255 000 euros d’amendes civiles intégralement versées à la ville, avec retour à usage d’habitation des locaux dans les trois mois.

    « Rendez les logements ! »

    Pour cette saison 2, la Ville poursuit sept loueurs dont un investisseur immobilier de 36 ans, Florent R., qui étale sa réussite et ses conseils sur les réseaux sociaux. L’influenceur est d’ailleurs nommément visé dans un communiqué du Groupe unifié pour l’insurrection du quotidien. Ces activistes traquent les « crevards de ce Far West de l’immobilier » avec pour slogan : « Rendez les logements ! »

    Le trentenaire aux 13 sociétés répond de l’exploitation de quatre meublés au 9, rue des Honneurs au Panier et de deux grands meublés dans un appartement divisé au 16, rue Colbert (1er). « On ne savait pas trop la procédure » a-t-il répondu aux agents de la brigade de contrôle, alors qu’il se dit « expert en location courte durée et automatisation ». En quatre ans, d’après les calculs de la Ville, ces six meublés touristiques gérés à distance ont généré 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires, six fois plus que ce qu’ils auraient généré en location classique. D’où sa fierté de tirer « à ce jour près de 20 K euros/mois de revenus locatifs ».

    « Ici on fait du business, pas de la charité »

    Florent R. dit gérer 44 meublés touristiques à Bordeaux, en région parisienne et à Marseille. Sur sa chaîne Youtube, il se vante d’être devenu un « millionnaire dans l’immobilier » fort d’un « patrimoine d’environ 3 millions d’euros ». Il propose du « coaching individualisé » pour « gérer sa location courte durée à distance ». « Ici on fait du business, pas de la charité. Finalement c’est facile de louer des nuits à plus de 200 euros », pouvait-on lire sur son compte Facebook qu’il a verrouillé. La mairie fustige sa « très grande indifférence à la loi », son « sentiment d’impunité ouvertement affiché » et demande au tribunal de lui infliger pour plus de 1,5 million d’euros d’amendes civiles avec retour à l’habitation classique de tous ces locaux illégalement exploités.

    Autre multipropriétaire assigné, Mickael S., 40 ans, pour quatre meublés touristiques au 76, avenue de Montolivet (4e), 12 rue de Crimée (3e) et 147 boulevard de la Blancarde (4e) en recourant à l’occasion un faux numéro d’enregistrement, ce qui démontre selon la ville « une véritable volonté de fraude ». Il est demandé pour chaque adresse 100 000 euros d’amende pour défaut de changement d’usage, 5 000 euros pour usage de faux, 12 500 euros pour défaut de publication.

    Paul C., 40 ans, investisseur parisien, est lui assigné pour deux meublés non déclarés au 118, rue Dragon (6e) dont une chambre de bonne. Proposé sur les plateformes Airbnb et French Casa, le grand appartement avec six chambres, loué 400 euros la nuit, lui a rapporté 207 600 euros illégalement de 2022 à 2024 selon la Ville. Deux autres investisseurs doivent répondre aussi de leurs meublés exploités en douce rue Fontaine de Caylus et rue Nationale.