Tag: inflation

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    La Marseillaise : En quoi ce 1er-Mai 2026 est particulier ?

    Serge Ragazzacci : Pour trois raisons. Il y a d’abord le contexte de guerre partout dans le monde et le 1er-Mai est une journée internationale. C’est la date choisie en 1889 pour avoir une journée de mobilisation internationale avec un même mot d’ordre qui était à l’époque la réduction du temps de travail, avec, également, l’objectif de rappeler les solidarités ouvrières. Ce qui frappe en 2026, c’est l’étendue des guerres et le retour des visées impérialistes. Il faut donc se mobiliser pour la paix. Le deuxième élément, c’est la nécessité de se mobiliser suite aux tentatives de remettre en cause le caractère férié du 1er-Mai et, au-delà, de disputer le symbole et l’histoire des luttes ouvrières.

    Enfin, il faut profiter de ce 1er-Mai pour faire entendre toutes les revendications et toutes les colères en particulier sur la vie chère puisqu’il y a une nouvelle inflation avec la guerre alors qu’il y avait déjà une inflation forte en particulier des produits alimentaires. Il y a une nécessité que l’on augmente les salaires, les minima sociaux et les pensions de retraite.

    Quelles sont vos propositions face à la hausse des prix du carburant ?

    S.R. : Aujourd’hui il y a la question du détroit d’Ormuz mais il y a aussi les choix politiques de la France qui inquiètent. Crise après crise, c’est toujours la même attitude puisqu’il y a un refus de prendre en compte celles et ceux qui travaillent et d’aller vers les augmentations de salaires. On fait comme s’il n’y avait plus de dividendes dans le pays, comme si des entreprises ne continuaient pas à s’enrichir énormément et comme s’il n’y avait pas 300 milliards d’aides publiques versées sans contrôle ni contrepartie. Il y a des secteurs très fortement touchés puisque la semaine dernière, il y a eu un appel à la grève des aides à domicile de l’Hérault, par exemple. Dans certains secteurs, la voiture est l’outil de travail et, pour d’autres, c’est le moyen d’aller travailler. Il faut vraiment redonner du souffle parce qu’il va y avoir des conséquences sur notre département et sur le tourisme durant la saison estivale. Il y a donc aussi une nécessité de blocage des prix. Il faudrait également avoir une politique industrielle.

    On nous dit qu’il faut aller vers plus d’électrification, mais encore faudrait-il en avoir les moyens. On n’a pas de politique industrielle à hauteur des enjeux économiques et environnementaux. Nous militons toujours pour un retour de ce qu’était EDF-GDF avec une gestion 100% publique. Nous voulons aussi une baisse de la TVA pour les particuliers et les entreprises parce qu’on considère que l’électricité est un bien de première nécessité.

    Les premières conséquences sur l’emploi se font-elles déjà sentir ?

    S.R. : Cela va arriver, surtout chez les artisans et les plus petites entreprises. On ne comprend pas non plus qu’il y ait des remises en cause du télétravail. Au lieu d’inciter au télétravail, ce qui permettrait d’économiser un peu d’argent, on remet en cause ces accords.

    Certains dans le bloc central et à droite voulaient remettre en cause le 1er-Mai. Comment avez-vous vécu cette bataille finalement remportée ?

    S.R. : Il y a une volonté d’être à l’offensive sur ce jour férié et de pouvoir encore libéraliser parce que ça permet de faire sauter des verrous dans le Code du travail. C’est extrêmement important. Ce verrou est primordial car le 1er-Mai est le symbole de la réduction du temps de travail.

    On voit bien les velléités de revenir sur ces réductions du temps de travail, que ce soit sur le droit à la retraite, la semaine de 35 heures ou la journée de huit heures. Il faut que les salariés prennent la mesure du danger. L’objectif est de dérégulariser l’ensemble de certains secteurs. Et pas pour le bien des artisans et des commerçants. Parce que derrière, il y a les grandes surfaces. C’est le cheval de Troie qui a conduit à l’ouverture généralisée des grandes surfaces le dimanche. Il faut aussi rappeler que le volontariat n’existe pas car le contrat de travail est un lien de subordination donc on ne parle pas d’égal à égal avec son patron.

    Le prochain 1er-Mai, en 2027, se déroulera en pleine élection présidentielle, comment appréhendez-vous les prochains mois ?

    S.R. : Il faudra que les gens se mobilisent. Il y a des choses qui se passent dans les entreprises qui permettront peut-être des avancées. On ne sait pas comment va se dérouler l’année à venir, mais nous appelons les salariés à ne pas rester attentistes dans une séquence électorale parce que de l’autre côté, les patrons, eux, ne sont pas attentistes. On voit [après l’invitation de Jordan Bardella par le Medef et la rencontre entre Marine Le Pen et les patrons du CAC 40, Ndlr] la porosité et l’absence de moralité du patronat. Nous sommes dans un phénomène de banalisation et le patronat ne voit pas le caractère raciste, xénophobe, islamophobe et antisémite de l’extrême droite. C’est aussi la conséquence de la démission d’un certain nombre de formations politiques, en particulier à droite, qui ont mis de sacrés coups dans le barrage républicain. Ça devient extrêmement dangereux. C’est un signal d’alerte et il y a besoin d’une réaction à la hauteur. L’autre raison de manifester le 1er-Mai, c’est donc pour s’opposer à la montée de l’extrême droite partout en Europe et plus particulièrement en France. C’est un sujet qui nous mobilise et qui va continuer de nous mobiliser jusqu’à l’élection présidentielle.

    Entretien réalisé par Tristan Arnaud

  • Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Mardi 14 avril, le nouveau conseil municipal de Montpellier a adopté (53 voix, 8 LFI contre, 8 abstentions du groupe Altrad), le premier budget de la mandature. Qualifié par le maire Michaël Delafosse (PS) de « responsable, sérieux et volontariste » en dépit d’un « contexte d’incertitudes » sur les recettes fiscales et du « désengagement progressif de l’État » ajoute Julie Frêche (PS), le budget 2026 de la Ville s’élève à 718 millions d’euros (ME). Malgré l’inflation (2,6% attendus en 2026), le « choix fort » a été fait de ne pas augmenter les taux de la taxe foncière bâtie (52,63%), non bâtie (112,71%) et de la taxe d’habitation (22,49%) sur les résidences secondaires.

    Autre double pari ambitieux : celui des « efforts de gestion sans transiger la qualité des services publics ». Dans une ville à la « solvabilité préservée », « chaque euro dépensé doit être utile », prévient Serge Guiseppin, l’adjoint aux finances. Sous réserves d’ajustements, 240 ME doivent être dépensés en investissement et 396 ME pour le fonctionnement (dont 222 ME en dépenses de personnel).

    Des projets déjà contestés

    Sur les 498 ME affectées aux politiques publiques, l’école (nouveaux groupes scolaires), les crèches et l’alimentaire se taillent la part du lion avec 181 ME. 64ME seront consacrés à l’aménagement (foncier, Zac Montpellier Sud, ravalement des façades…), 53 ME à la sécurité (vidéo-protection, lutte contre les tags…), 44 ME à la solidarité (CCAS, Ehpad, tarifs sociaux dans les cantines…), 38 ME au sport (assos, clubs…) et à la culture (Moco, Pavillon Populaire…) ou encore 32 ME à la transition écologique.

    Parmi les projets emblématiques, figure la future cité de l’alimentation (60 ME) qui en 2028 « produira près du marché gare 16 000 repas bio et locaux pour renforcer notre souveraineté alimentaire », détaille Marie Massart. À l’élu d’opposition LFI Antoine Bertrand qui préférerait « la gratuité des cantines » à la tarification sociale (repas dès 50 centimes), l’écologiste répond. « Ce n’est pas comparable aux transports. Le coût serait élevé (100ME) avec un risque de saturation des cantines ».

    L’écolo Stéphane Jouault a vanté le projet (8,3ME) de la « grande boucle piétonne » du futur « poumon vert » du nord (parc Lunaret, Lavalette, Montmaur) et Serge Guiseppin celui de l’Hôtel des Sécurités (17,8 ME) en devenir à Celleneuve. De quoi agacer Livia Jampy (LFI). « C’est open bar pour le tout répression et des miettes pour répondre à la crise sociale ». Attaque contre laquelle Hervé Martin (PCF) dégainera l’« agence municipale du logement ».

    Pas de quoi convaincre Salim Jahwari (pro-Altrad) qui pointe les 468 ME de dette (et 117 ME d’emprunt) ni Nathalie Oziol (LFI). « Ce budget est la mise en œuvre de la feuille de route austéritaire dictée par le gouvernement ». Caricatural pour l’écolo Manu Reynaud qui, face à ce « macronisme fantasmé », invite LFI à « ne pas se tromper de combat ni d’adversaire à la Présidentielle ».

  • Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    C’était une première amenée à devenir un rendez-vous annuel. Les Assises du tourisme du Var se sont tenues jeudi à l’hôtel du Département, à l’initiative de l’agence Var Tourisme. Environ 230 acteurs locaux et nationaux, issus des collectivités et du domaine touristique, se sont donné rendez-vous pour une journée organisée autour de quatre tables rondes thématiques.

    Celles-ci ont permis de rappeler les priorités et d’ouvrir les perspectives à venir. Et une volonté revient souvent : « aller plus loin ». Notamment dans le développement d’une clientèle quatre saisons, pour laquelle Var Tourisme a mis en place « une stratégie depuis 2023, qui paye sur le printemps et l’automne », développe Guillaume Décard, son président, qui indique que ce résultat est lié « à la clientèle internationale, qui a plus de pouvoir d’achat que la clientèle française ».

    « Les Varois savent qu’en été, on prête le Var »

    Et Var Tourisme ne compte pas s’arrêter là : après être parvenu à consolider la clientèle européenne de proximité (Italie, Grande-Bretagne, Autriche et Pologne plus récemment), elle s’attaque désormais à la Scandinavie et aux États-Unis, dans un élan « d’augmentation considérable du tourisme américain dans le Var », ajoute Guillaume Décard.

    Et ce développement passe par la diversification de l’offre. Pour ce faire, l’accent doit être mis sur « le Var des terres », où « l’authenticité est beaucoup plus forte ». Dans cette optique, le tourisme mémoriel a notamment été usité dans le cadre des 80 ans du débarquement de Provence, et l’agritourisme apparaît désormais comme la perspective d’avenir. « En un an et demi, nous sommes devenus département pilote auprès d’Atout France [agence de développement touristique nationale, Ndlr] », souligne le président de Var Tourisme. Un domaine vecteur d’emplois et « intégré dans le dispositif Var insertion emploi », ajoute Jean-Louis Masson, qui certifie que « l’offre dépasse même la demande ». Et pour loger les saisonniers, question mise sur la table par plusieurs candidats aux élections municipales, le président du conseil départemental propose de généraliser la mise à disposition des résidences étudiantes durant l’été. Une solution qui paraît limitée, puisque seuls les bassins toulonnais et fréjusiens disposent de telles infrastructures.

    Et le tourisme engendre aussi une augmentation des prix, et parfois des situations difficiles à vivre pour les locaux. « Nous sommes la première destination de France à avoir mené une étude anthropologique pour abolir les croyances limitantes sur le tourisme », indique Martine Felio, directrice générale de Var Tourisme, qui affirme que « les entretiens montrent que les Varois savent qu’en été, on prête le Var ». Un panier de consommation témoin est par ailleurs utilisé pour surveiller l’augmentation des prix dans un contexte déjà inflationniste.

  • Les profiteurs de guerre

    Les profiteurs de guerre

    La guerre, meurtrière pour les peuples, est toujours une très bonne affaire pour le capitalisme. C’est pour cela qu’il la fait. Celle déclenchée au Moyen-Orient par les États-Unis de Donald Trump et Israël – dirigé par le gouvernement suprémaciste de Benjamin Netanyahu – a coupé les routes maritimes du pétrole. Résultat, depuis le 28 février, les prix flambent et les multinationales de l’or noir font des profits records. Selon une étude commandée par Greenpeace et relayée par l’association Attac, les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de profits supplémentaires par jour depuis le début de la guerre. Pour le seul mois de mars, ces superprofits représenteraient environ 2,5 milliards d’euros.

    Justice fiscale

    Outre la nécessité de se dégager d’une dépendance mortifère aux énergies fossiles, l’urgence est de faire payer ceux qui s’enrichissent de manière indécente alors que les citoyens peinent à payer leurs factures. Contrairement aux affirmations du bloc central (minoritaire) qui gouverne la France, bloquer les prix, taxer les compagnies est possible et absolument souhaitable. Celles et ceux qui participent à la vie de la cité, des aides à domicile en passant par les artisans, les agriculteurs, les pêcheurs, les enseignants, les infirmières etc. Bref toutes celles et ceux qui font tourner le pays et assurent la concorde sociale, sont aujourd’hui en grande difficulté tandis qu’une poignée d’actionnaires se gavent. La collecte de l’impôt débute et il est temps d’instaurer la justice fiscale.

  • [Entretien] Henri Sterdyniak : « La hausse va beaucoup peser sur les ménages »

    [Entretien] Henri Sterdyniak : « La hausse va beaucoup peser sur les ménages »

    La Marseillaise : Comment cette guerre lointaine se traduit-elle concrètement dans l’économie locale ?

    Henri Sterdyniak : D’abord, on ne sait pas combien de temps la guerre va durer, et ça crée une très grande incertitude pour tous les agents économiques. On a deux scénarios possibles : soit la tension s’atténue et les prix de l’énergie reviennent à des niveaux un peu supérieurs à avant la crise, soit la guerre continue et là, les prix restent durablement élevés. La première conséquence, c’est la hausse du prix de l’énergie : l’essence dépasse les deux euros le litre, le diesel est encore plus cher, le gaz augmente aussi. Et ça peut aller plus loin, avec des difficultés d’approvisionnement sur certaines matières ou intrants.

    Pourquoi certains secteurs sont particulièrement touchés ?

    H.S. : Ce sont les secteurs où l’énergie représente une part importante du coût de production. Le transport routier est le plus touché, avec environ 30% des coûts liés à l’énergie. La pêche, c’est même autour de 35%. Ensuite, vous avez l’agriculture, le BTP, puis les aides à domicile, les infirmières, qui font beaucoup de kilomètres, surtout en milieu rural comme l’Occitanie. Et justement, il y a une très grande inégalité territoriale. Dans les zones rurales ou les périphéries, les gens doivent utiliser leur voiture pour tout. Ils supportent pleinement la hausse.

    Les aides gouvernementales sont-elles suffisantes ?

    H.S. : Les aides sont relativement faibles. C’est de l’ordre de vingt centimes par litre, ce qui couvre à peu près la moitié de la hausse pour l’essence, mais beaucoup moins pour le diesel. Le gouvernement refuse pour l’instant des mesures plus fortes, notamment sur la fiscalité ou sur les profits des grandes entreprises pétrolières. Il est aussi contraint par des règles budgétaires imposées par Bruxelles, qui limitent les marges de manœuvre sur les dépenses publiques. Résultat : une grande partie de la hausse va peser sur les ménages et les secteurs en difficulté.

  • Port-de-Bouc veut concilier ambition et sérieux budgétaire

    Port-de-Bouc veut concilier ambition et sérieux budgétaire

    Dès la troisième séance de conseil municipal, la nouvelle assemblée délibérante a été plongée dans le grand bain avec le débat d’orientation budgétaire. « Il ne s’agit pas simplement d’un exercice technique, mais d’un temps de transparence et de responsabilité », rappelle Akrem M’Hamdi, adjoint au maire en charge des finances.

    Le tout dans un contexte « exigeant », rappelle Laurent Belsola (PCF), entre les « conséquences internationales liées aux conflits armés », les « concurrences douanières imposées par certains gouvernants », et le désengagement progressif de l’État, tant au niveau des services publics, « obligeant les collectivités à redoubler d’efforts pour pallier les manques », qu’au niveau des finances. La suppression de la taxe professionnelle en 2010 ainsi que de la taxe d’habitation constituent un « manque à gagner pour les communes », insiste le maire. Son adjoint aux finances ajoute : « Le projet de loi de finances 2026 va faire perdre entre 5 à 8 milliards d’euros aux collectivités selon les estimations. »

    Dans ce marasme et malgré des « marges de manœuvre réduites », la Ville de Port-de-Bouc parvient à éviter l’effet ciseaux. En 2025, les recettes sont estimées à 36,8 millions d’euros, les dépenses à 31,2 millions d’euros. « Depuis 2022 elles ont augmenté de 6,8% contre une inflation de 13,6%, note Akrem M’Hamdi. Nos dépenses augmentent deux fois moins vite que l’inflation. » Dans ces dépenses, 18,7 millions d’euros sont alloués au personnel, soit 59,9%. « Garder les compétences a un coût, on est montés à 400 agents, précise-t-il. Ce taux est dans la moyenne mais il va falloir qu’on fasse attention, on en est largement conscients. »

    Pour 2026, les objectifs sont clairs : « Poursuivre la maîtrise de la masse salariale, investir sans dégrader notre équilibre et consolider notre niveau d’endettement », dévoile Akrem M’Hamdi.

    Des priorités assumées

    Celui-ci s’élève à 855 euros par habitant, un niveau proche de la strate des villes entre 10 000 et 20 000 habitants (environ 803 euros), avec un poids de la dette contenu à 37,8% des recettes, contre 56,7% pour la strate.

    Pour continuer de « préparer l’avenir sans abandonner qui que ce soit sur le bord du chemin », la commune se donne la possibilité d’emprunter à hauteur de 1,5 million d’euros. En 2026, elle envisage de flécher 22% des recettes à destination de l’éducation et la jeunesse, 38% à destination des équipements et du patrimoine, 18% pour l’environnement et le cadre de vie et 20% pour culture et sport. « Ça risque d’être compliqué, admet Akrem M’Hamdi, pour autant on a des priorités qu’on va assumer », parmi lesquelles : la rénovation énergétique des bâtiments, l’amélioration du cadre de vie, du réseau de voiries et des réseaux de mobilités douces, l’accès à une santé de proximité et l’adaptation au changement climatique. Le budget sera mis au vote le 28 avril.

  • Ceux qui subissent, ceux qui encaissent

    Ceux qui subissent, ceux qui encaissent

    Plus de deux euros le litre ! C’est 25% de plus que le niveau constaté au début du mouvement des Gilets jaunes en 2018.

    En cause : la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Bilan : le régime théocratique des Mollah n’a pas desserré son emprise sur sa population mais attaqué ses voisins arabes et bloqué le détroit d’Ormuz, stratégique pour l’approvisionnement du monde en pétrole.

    En Europe le prix des carburants flambe, menaçant tous les secteurs de l’économie tant notre dépendance aux énergies fossiles est encore profonde.

    Il y a ceux qui subissent, sont étranglés par le coût d’un plein, abattus par cette nouvelle crise ou légitimement révoltés à l’idée d’être prisonniers de tarifs qui vampirisent le fruit de leur travail.

    Et il y a ceux qui encaissent. Pas le choc. Les profits.

    Solutions

    En premier lieu, les spéculateurs qui font fluctuer les cours à la moindre déclaration de Donald Trump, les grandes compagnies pétrolières et leurs actionnaires.

    En second lieu… L’État qui ne cesse de justifier sa lenteur à réagir par ses finances dégradées. Pourtant, près de 60% du prix payé à la pompe correspond à des taxes. Mais le gouvernement préfère débloquer un « chèque énergie » pour une partie des foyers qui sera donc in fine encaissé par les grands groupes.

    D’autres solutions existent : blocage des prix du carburant, taxes flottantes, prélèvements exceptionnels sur les compagnies pétrolières, déblocage des réserves stratégiques…

    À moyen et long termes cette nouvelle crise nous invite à accélérer la transition écologique et garantir notre souveraineté énergétique.

    L’énergie est un bien commun, un droit, elle doit être placée sous maîtrise publique.

  • Quand Noël fait flamber les portefeuilles

    Quand Noël fait flamber les portefeuilles

    A 11h, mercredi 23, veille de Noël, les rayons du Lidl du Centre Bourse (1er) sont pris d’assaut par les clients retardataires, venus complétés à la hâte leur panier de courses pour le réveillon. Bercés par le bruits des caisses enregistreuses, desquels émanent, presque sans interruption, le « bip » des articles scannés, les acheteurs oscillent de rayon en rayon, laissant souvent seul l’étal des produits de Noël. Agathe fait partie des rares clients qui, lors du passage de La Marseillaise, s’approche de la vitrine des fêtes. « Disons que j’ai reçu une petite pression familiale pour acheter du saumon, je suis donc venue le chercher, ironise-t-elle. Mais c’est vrai qu’avec la hausse des prix, j’achète moins de trucs festifs. Disons qu’avant je faisais attention à la qualité, maintenant plus à la quantité, ce qui me dirige vers des produits moins originaux. »

    À quelques mètres de là, Giovanna, maman célibataire, opte elle aussi pour la simplicité. Dans son chariot mercredi : pains briochés, steak haché et frites surgelées. « Je vais à la simplicité : demain ça sera burgers maisons. Mon fils adore, ça sera très bien, s’enthousiasme-t-elle. Les produits de luxe sont chers, je n’en achète pas. Et pour les aliments coûteux dont j’ai envie, comme le chocolat, je vise les enseignes bon marché. Je viens à Lidl parce que c’est plus accessible. Pour les sucreries, je vais chez Action. L’éternel système D. »

    Une stratégie « au rabais » donc, qui est aussi celle de Valérie, venu compléter ses courses avec sa fille. « Le gigot de demain soir m’est resté en travers de la gorge, le prix est passé du simple au double en un an, s’indigne-t-elle. Je m’adapte, soit je n’achète pas, soit je diminue les quantités. Et même avec la famille, on change les habitudes : cette année chez ma sœur, on opte pour un apéro dînatoire plutôt qu’un gros repas, ça fait des économies. » Jouer sur la quantité, c’est aussi la méthode d’Armelle qui, ex fidèle d’Auchan, favorise désormais Lidl pour ses produits à bas coût. « J’essaie toujours de consommer des bons produits, mais en me limitant, détaille-t-elle. Et pour les produits vraiment en augmentation, comme le chocolat, je vise les promotions. Dès que j’en vois une, même si c’est hors période, j’en profite : j’anticipe… »

    Explosion du cours du chocolat

    Grande star des fêtes de fin d’année, le chocolat est dans toutes les bouches, cité comme le produit phare de l’inflation cette année et pour cause : selon une étude Nielsen IQ pour Ici et France Info, son prix aurait augmenté de 55% par rapport à 2022. En cause : de très mauvaises récoltes en Afrique de l’Ouest, à l’origine de 70% de la production mondiale de fèves de cacao. Les prix devraient cependant de nouveau baisser en 2026, le cours du cacao étant en 2025 revenu à des taux moins élevés. Mais d’autres produits connaissent une hausse toute aussi particulière. Selon l’association de consommateurs UFC-que choisir, depuis janvier 2022, trois rayons de grande surface ont connu une forte augmentation : la crémerie, la boucherie et l’épicerie sucrée, accumulant respectivement une hausse de 28,6%, 27% et 26,3%.

    Toujours selon l’étude menée par Nielsen IQ pour ICI et France Info, le prix d’un panier de noël moyen serait en 2025, pour la deuxième année consécutive, en légère baisse, avec une diminution de 1,1% par rapport à 2024.

    Le coût des festivité s’allège ?

    Une situation probablement favorisée par la baisse des prix du foie gras, réduits de 9% par rapport à l’an passé – décrue possible grâce à un retour à la normale après plusieurs années de grippe aviaire – ou encore du saumon fumé, pour lequel on observe un recul de 4%. Côté dessert, les étiquettes réservent aussi de belles surprises : la bûche glacée de supermarché montre une baisse spectaculaire de 25%, toujours par rapport à 2024.

    Mais ces évolutions restent à mettre en perspective avec les très hauts taux d’inflation qu’a connu la France depuis 2022, avec des prix qui ont au global bondi de 12% sur trois ans. L’inflation ralentie donc, mais les montants des tickets de caisse restent très élevés par rapport à un passé récent.

    « Pour les aliments chers dont j’ai envie, je vise les enseignes bon marché. L’éternel système D… »

  • [Grand entretien] Joseph Pronesti : « Deux fois plus de bénéficiaires en 5 ans » à la Banque alimentaire

    [Grand entretien] Joseph Pronesti : « Deux fois plus de bénéficiaires en 5 ans » à la Banque alimentaire

    BIO EXPRESS

    La Marseillaise : Quel est votre parcours ?

    Joseph Pronesti :

    Je fais partie de la Banque alimentaire du Gard depuis 2010 et j’en suis le président depuis 2020. Quand j’ai pris ma retraite professionnelle après une carrière en tant qu’agent EDF-GDF, ma femme et moi avons ouvert une petite épicerie solidaire à Aramon. Quelques années plus tard, nous l’avons cédée au Secours catholique et je me suis investi auprès de la Banque alimentaire. À l’arrivée du Covid, on m’a sollicité pour devenir président. L’association compte aujourd’hui 90 bénévoles. Notre rôle est de récolter les invendus des supermarchés et les surplus des producteurs pour les redistribuer aux associations partenaires comme les Restos du cœur par exemple.

    SIX NOUVEAUX CAMIONS

    La Marseillaise : Que s’est-il passé la nuit du 27 novembre 2024 ?

    Joseph Pronesti : Nous avons subi un attentat, un acte volontaire pour lequel une personne a été arrêtée et condamnée. Cette nuit-là, je suis arrivé sur place à trois heures du matin. Tous nos véhicules avaient été détruits. On venait de terminer la collecte de denrées de 2024, nos étagères étaient garnies. J’étais désemparé mais dès le lendemain, un élan de solidarité s’est mis en place. Les bénévoles ont commencé la tournée des supermarchés avec leurs véhicules personnels, les Banques alimentaires d’autres départements, des voisins producteurs et commerçants, la Croix Rouge nous ont prêté des camions. Une immense chaîne de solidarité s’est mise en place et on a pu reprendre les collectes le jour même.

    Où en est l’association aujourd’hui ?

    J.P. : Grâce à une cagnotte en ligne que j’ai rapidement mise en place après l’incendie, nous avons réussi à récolter 528 000 euros. Elle a été remplie grâce à des dons de particuliers touchés par notre histoire, des subventions de l’État et des fonds versés par des villes et communautés de communes. Nous sommes rapidement arrivés au-delà du montant du préjudice de la perte des six camions qui était de 450 000 euros. Cet argent nous a permis de passer commande de six camions frigorifiques flambant neufs que nous avons inaugurés le 17 octobre. La somme a également permis de rembourser les frais de réparation engagés sur les véhicules qui nous avaient été prêtés. Cette solidarité a boosté nos bénévoles. On a pu revoir le ciel bleu de la Banque alimentaire très vite après l’incident. Ce fut un moment magique.

    UNE NOUVELLE COLLECTE

    La Marseillaise : Quand est prévue la prochaine collecte de la Banque alimentaire ?

    J.P. : Nous serons dans les supermarchés les 28, 29 et 30 novembre pour récolter des produits de longue conservation comme des boîtes de légumes ou des plats cuisinés, des produits d’hygiène pour adultes et bébés. On prend donc les petits pots, les couches, les laits en poudre infantiles, etc. En entrant dans le supermarché, souvent les clients me demandent ce dont on a besoin. Généralement, je leur propose de prendre ce qu’ils aimeraient recevoir. Et alors ils savent. Quand je participe aux collectes, j’aimerais avoir une caméra pour capturer les yeux des enfants quand ils me tendent ne serait-ce qu’un paquet de pâtes. Ils sont si fiers. Ils savent que c’est important. J’ai aussi en tête l’image de ce vieil homme qui avait acheté une boîte de sardines pour lui, et une autre pour la Banque alimentaire. Il n’avait peut-être pas les moyens d’acheter plus. Il aurait pu manger trois jours avec ça, mais il a fait l’effort. C’était fantastique.

    Quelle est l’importance de ces collectes ?

    J.P. : L’année dernière, nous avons récolté 167 tonnes de denrées alimentaires. Mais nous avons distribué 1 935 tonnes de nourriture sur l’année. La collecte d’hiver ne représente qu’environ 10% de la distribution annuelle mais elle reste essentielle car nous récupérons des produits de marques connues que nous allons donner ou revendre à très bas prix à nos bénéficiaires. Cela leur redonne un peu de dignité humaine. Se nourrir c’est important, mais se sentir digne l’est tout autant. Si nous n’y faisons pas attention, on risque de rompre le lien social. La personne risque alors de basculer dans l’alcool, la drogue, la dépression et aller jusqu’au suicide.

    SITUATION SOCIALE

    La Marseillaise : Comment évolue la demande auprès de la Banque alimentaire ?

    J.P. : Quand j’ai pris la présidence en 2020, nous avions
    19 800 bénéficiaires. Aujourd’hui, nous en avons 44 637. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. On recense des populations nouvelles en demande comme des étudiants, des retraités, des smicards, des personnes en reconversion professionnelle ou qui travaillent dans l’éducation par exemple. Ce sont des personnes qui, malheureusement, n’arrivent plus à joindre les deux bouts à cause de l’augmentation du coût de la vie.

    La demande pourrait-elle dépasser votre capacité ?

    J.P. : Elle va dépasser c’est sûr, car l’aide européenne est limitée et parce que l’État ne nous accorde pas plus de financements pour augmenter la qualité et la quantité des produits. Les supermarchés donnent moins et les agriculteurs ne peuvent pas surproduire délibérément pour nous faire des dons. Si la demande continue d’augmenter ainsi, il nous faudra trouver de nouvelles solutions. J’ai sollicité le Département du Gard à hauteur de 150 000 euros pour passer commande auprès des agriculteurs pour l’année prochaine. Mais encore faut-il qu’il puisse suivre financièrement lui aussi…

    COMMENT S’ANNONCE L’HIVER ?

    J.P. : C’est la période la plus difficile pour nous. On a besoin de beaucoup de provisions, d’où l’importance de cette collecte des 28, 29 et 30 novembre. Mais nous ne sommes pas toujours bien vus dans les supermarchés. Il arrive qu’on nous dise que nos actions « ne profitent qu’aux immigrés ». Bien sûr, c’est faux. Et il ne faut pas croire qu’on est à l’abri parce qu’on vit dans une belle maison et qu’on part en vacances dans les îles. Un divorce, un accident, une maladie grave peuvent faire basculer une vie entière. Nous ne nourrissons pas des profiteurs, mais des personnes dans le besoin.

  • Le supermarché coopératif invite à découvrir son modèle

    Le supermarché coopératif invite à découvrir son modèle

    La Coop sur Mer, supermarché coopératif, participatif et éthique du Port du Levant, organise, samedi, une journée portes ouvertes à l’occasion de la 4e édition des Journées Solidaires. Le premier objectif est de faire découvrir à tous ceux qui ne le connaissent pas encore son mode de fonctionnement et ses produits. Mais aussi de mettre en avant, tout au long de la journée, de nombreuses initiatives locales et engagées conduites, sur le terrain, par le mouvement associatif toulonnais partenaire.

    À l’origine, l’idée a germé dans l’esprit d’une quarantaine d’habitants de l’agglomération toulonnaise, partis du constat que l’offre proposée aux consommateurs soucieux de leur santé, mais aussi de l’impact écologique et social de leurs achats, était loin de répondre à leurs besoins. Tant en qualité avec les produits de la grande distribution, qu’au niveau tarif avec les magasins bio, dont l’accès reste difficile pour toutes les bourses.

    L’alternative de la coopérative est née. Et ça marche. Chaque coopérateur détient dix parts sociales de 10 euros et donne trois heures par mois de son temps pour le fonctionnement du supermarché.

    L’occasion, ce samedi de 9h30 à 19h, de venir découvrir le magasin ouvert exceptionnellement à tout le monde, ce jour-là, avec plusieurs réunions d’information, tout au long de la journée. Au programme, aussi, un jeu-concours et des lots à gagner pour les fêtes de fin d’année. Sans compter la rencontre d’autres acteurs de l’Économie sociale, comme ceux par exemple le Tiers-lieu L’Amarre, Lien 83, LOWbjethèque, Chercheurs en Herbe, Pollen 83, Le Collectif varois de l’agriculture urbaine, L’Autre c’est Nous ou de l’OceanQuest.