Tag: industriels

  • Occitanie : ces particules dans l’air qui ne sentent pas bon

    Occitanie : ces particules dans l’air qui ne sentent pas bon

    On en boit, on en mange et désormais grâce à cette étude, on sait qu’on en respire. » On s’en doutait fortement et c’est maintenant avéré. En plus d’être présents dans l’eau et les sols, les pesticides, perturbateurs endocriniens et Pfas sont massivement présents dans l’air en Occitanie comme ailleurs.

    Menée en 2024-2025, une étude nationale de l’agence Atmo vient de révéler ses résultats qui pour le moins interrogent. Selon les prélèvements effectués dans 10 sites d’Occitanie représentatifs des différentes structures de territoires (grandes cultures, polyculture, viticulture, urbain…), notre « multi-exposition saisonnière » est avérée, résume Émilie Dalix, présidente d’Atmo Occitanie, structure indépendante qui se définit comme un tiers de confiance pour les citoyens, garant de l’intérêt général.

    Sur les 191 molécules recherchées dans l’air, la présence de 103 d’entre elles est avérée. Dans le détail, on trouve la trace dans tout ou partie des sites de 42 pesticides sur 87, 48 perturbateurs endocriniens sur 53 et 13 substances per et polyfluoroalkylées sur 51 plus connues sous le nom de « Pfas ou polluants éternels ». Il peut par exemple s’agir de fongicides, herbicides, insecticides, dégradés de combustion, de composés plastiques, répulsifs utilisés dans les produits d’hygiène…

    À noter que les perturbateurs endocriniens et les Pfas se retrouvent dans la totalité des sites testés en France, ce qui laisse penser que « ces molécules sont présentes dans l’environnement », résume Dominique Tilac, directrice générale d’Atmo Occitanie.

    Des cancers du poumon chez des non-fumeurs

    Que signifient ces résultats ? Eh bien c’est désormais aux scientifiques de s’en saisir et de le dire. Le but du lanceur d’alerte étant d’alerter les pouvoirs publics, pas d’affoler la population. « C’est une démarche scientifique, on doit passer du questionnement à la connaissance », insiste Émilie Dalix. Elle rappelle qu’« un adulte respire 15 litres d’air par jour ». Et que la loi LAURE (1996) garantit que « chacun a le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ».

    Au cœur du projet Paddle soutenu par l’Anses, Health data hub et coordonné par le CHU de Toulouse, le Pr Valentin Héluain tente d’établir précisément les liens entre pollution de l’air et cancer du poumon dont 20 à 25% proviennent chez des non-fumeurs, insiste-t-il. « On recherche les liens épidémiologiques de cause à effet entre une exposition environnementale et une maladie », résume le pneumologue et oncologue.

    Quand bien même certaines molécules se retrouvent loin des champs ou des usines, les secteurs agricole et industriel sont aussi invités à se saisir des résultats, comme pour les fumées par le passé. « Avant il y avait dans l’air du plomb et le souffre des carburants. On a moins de particules fines aujourd’hui. On peut agir sur la qualité de l’air », positive Dominique Tilac. Comme souvent tout est question de volonté politique. La santé publique doit primer sur l’économie.

  • L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    Après 16 ans d’existence, l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions est menacé. En seulement quatre ans, ce centre de recherche scientifique et participatif a perdu près de la moitié de son budget, soit environ 300 000 euros. « Il y a une réduction générale des financements, explique son directeur Philippe Chamaret. Ça fait plusieurs années qu’on en pâtit et qu’on recherche des fonds complémentaires. Aujourd’hui, on a un manque de moyens pour le fonctionnement minimum nécessaire pour mettre en œuvre les actions. Ce n’est pas tenable de consacrer 70% du temps de travail d’une équipe scientifique à chercher des financements. »

    Le budget de l’Institut repose à la fois sur les subventions des collectivités (essentiellement la Métropole), les appels à projet « de l’Agence nationale de la recherche, de l’Ademe, etc », et sur les missions cadrées dans le temps « comme ce qu’on fait à Lyon sur les PFAS », détaille Philippe Chamaret. Aujourd’hui, « l’inversion des flux financiers de l’État vis-à-vis des collectivités fait que certaines communes et la Métropole sont en grande difficulté et réduisent leurs contributions auprès du tissu associatif », dénonce-t-il.

    La problématique n’est pas nouvelle. Jusqu’en 2018, l’Institut employait 13 personnes. Depuis, les effectifs ont été restreints à 9 salariés, dont 6 scientifiques. Mais pas question de réduire la voilure davantage. « Le schéma de l’Institut c’est avoir une équipe transversale, souligne le directeur. Enlever une personne, une fonction, ça n’aurait plus de sens. » C’est cette pluridisciplinarité qui a fait la réussite de l’organisme, pionnier en matière de sciences participatives, qui s’est aujourd’hui dupliqué dans trois autres territoires.

    Philippe Chamaret appelle à une mobilisation et à une réflexion d’ensemble pour imaginer un mode de financement plus pérenne. Avec une piste d’ores et déjà identifiée : créer une structure, un fonds ou une fondation, alimentée par tous les financeurs potentiels, « dont les industriels, qui aujourd’hui ne contribuent pas aux recherches en santé environnementale sur leurs émissions ». « On partirait sur une base plus lisible », assure-t-il. Cette concertation est une « nécessité », à l’heure où la réindustrialisation du bassin de Fos-Berre « va changer la nature des polluants ». « Si on investit pour inventer d’autres modes de production, il faut aussi investir dans la connaissance de ces nouveautés. »

  • La décarbonation de l’industrie au centre des débats à Marseille

    La décarbonation de l’industrie au centre des débats à Marseille

    Différents aspects liés à la décarbonation industrielle étaient au programme de cette matinée. Parmi eux, la formation, mais aussi les impacts et les attentes des industriels. Ce rendez-vous s’inscrit dans la démarche Attractiv’industrie, initiative portée par la Chambre de commerce et d’industrie Aix Marseille Provence (CCI AMP) visant à accompagner le territoire dans le contexte de la transition écologique.

    De nombreux industriels, responsables d’institutions, représentants de l’état ou encore élus ont animé différents échanges. Le président de la CCIAMP, Jean-Luc Chauvin, et le préfet de région, Jacques Witkowski, sont intervenus lors de la dernière table ronde. « La décarbonation est la plus grande chance que l’on a eue depuis la création du site de Fos », a expliqué le président de la CCI. De son côté, le préfet est revenu sur les enjeux futurs du monde de l’industrie, des sécheresses historiques de cet été aux changements à venir liés aux approvisionnements en eau. Jacques Witkowski a aussi mentionné le débat autour du projet de ligne THT. Il espère « trouver un équilibre » et estime qu’« en général, tout le monde est d’accord sur le fond des projets, mais pas chez nous ».

    Par ailleurs, Jean-Luc Chauvin a reconnu « la réalité des difficultés du quotidien, notamment chez les jeunes qui se mobilisent », tout en rappelant, selon lui, que « la réponse aux inquiétudes ne peut pas être le désordre mais plutôt le travail et l’assurance d’une place dans la société ».

  • Les salariés d’ArcelorMittal en grève pour leurs frais de trajet

    Les salariés d’ArcelorMittal en grève pour leurs frais de trajet

    Ils ont choisi la grève pour faire part de leurs revendications. Depuis dimanche à 17h30, les salariés de la coulée continue (aciérie) de l’usine ArcelorMittal, à Fos-sur-Mer, ont cessé le travail dans le cadre d’un mouvement national de lutte pour une révision à la hausse des indemnités kilométriques liées aux trajets domicile-travail.

    Car, depuis la fin des bus affrétés par l’entreprise pour ses salariés en 2011, la voiture est devenue le principal moyen de se rendre au travail. L’entreprise verse une indemnité à ses salariés en fonction de la distance parcourue, à raison de 7,29 euros pour un aller-retour de 40 km par exemple, selon le barème actuellement en vigueur, depuis 2015, et dans la limite de 60 km aller.

    La CGT réclame une augmentation du barème, la direction propose 5 centimes de plus au kilomètre, « en actant que ce montant ne serait pas revu à la hausse », indique Stéphane Martins de Araujo, secrétaire du syndicat CGT de l’usine de Fos. D’autre part, le syndicaliste indique que « les cadres touchent 2,5 fois le barème des non-cadres alors qu’on va dans les mêmes stations aux mêmes prix ». Il demande donc un nivellement par le haut, mais aussi que la distance maximale indemnisée soit portée à 80 km, l’objet d’un « refus de la direction », selon le syndicaliste. Même réponse concernant l’instauration d’une prime carburant exonérée de 1 000 euros.

    Mais la revendication va au-delà de la mobilité. « Nous demandons la revalorisation du salaire et l’embauche des quinze intérimaires pour les sortir de la précarité et mieux les former à ces installations nécessitant des années pour les maîtriser », développe le responsable. En détail, il s’agit de 3% d’augmentation pour près de 80 euros net. Et « il manque encore une centaine de salariés sur la maintenance », d’après le syndicaliste, pour atteindre le niveau d’avant l’arrêt du haut-fourneau n°1 (HF1).

    Redémarrage en attente

    Car l’enjeu des embauches se mesure aussi aux 3,2 millions de tonnes affectées à Fos-sur-Mer par le groupe, comparé au 1,6 million actuellement réalisable. Le HF1, victime d’un incendie en octobre 2025 et qui devait redémarrer en juin, est toujours à l’arrêt : en cause, un démarrage raté et des complications liées à la fonte figée dans la ligne de production. « Cette situation n’est pas la faute des travailleurs, mais du manque d’investissement chronique et de mauvais choix de la direction », tance Zidane Mérabet, représentant du personnel CGT du site. Ce dernier met directement en cause le recours à l’intérim et le manque de formation comme responsables d’accidents industriels et empêchant la production. In fine, le syndicaliste craint « que le plan du groupe soit de justifier comptablement la fin d’ArcelorMittal Fos-sur-Mer », faute de pouvoir répondre à la commande et donc d’être rentable. « S’il n’y a pas d’investissement fin 2026-début 2027, on court à la catastrophe », prédit Zidane Mérabet.

    Contactée, la direction d’ArcelorMittal n’a pas souhaité réagir.

  • « Avec la politique d’austérité,on perd en connaissance »

    « Avec la politique d’austérité,on perd en connaissance »

    La Marseillaise : Les chercheurs et personnels n’ont de cesse de dénoncer le mépris de l’État à leur encontre. À quel point la situation est-elle selon vous dégradée ?

    Didier Gori : C’est assez déprimant. Les contraintes budgétaires ont des conséquences considérables sur les conditions de travail avec la baisse des effectifs, la précarité, mais aussi en termes de moyens sur les consommables, les appareils… On est obligé de s’adapter. Il faut aussi savoir que les budgets associés à la médiation scientifique ont plus spécialement été visés et gelés. Or ils servent justement à l’animation de la fête de la Science notamment avec des cafés scientifiques, des initiatives un peu plus populaires pour aller dans les lycées, proposer des manips, des montages de vulgarisation… Un tas de collègues dont c’est le métier se sont retrouvés avec des budgets sacrifiés, ce qui met à mal l’ouverture des scientifiques vers la société et inversement.

    Avec un budget 2027 de nouveau austéritaire, quelles sont vos craintes ?

    D.G. : C’est 54 milliards d’économie annoncés pour toute la fonction publique et très récemment, Philippe Baptiste, le ministre de la Recherche, s’est vanté qu’il donnerait 100 millions d’euros de plus au CNRS, mais à partir d’un budget qui est déjà déficitaire de 200 à 250 millions. Pour 2026, ce sont 260 millions d’euros de déficit. En juin, lorsque nous nous sommes mobilisés, nous expliquions que le CNRS avait été contraint de piocher pour la troisième année dans ses ressources propres non fléchées, un bas de laine qui permet aux laboratoires d’assurer la jouvence, les frais de réparation… Là, ils vont être obligés de prendre dans ce qu’on appelle les crédits fléchés, les crédits d’appel à projet qu’on a via l’Agence nationale de la recherche, mais aussi l’Europe. Cela pose un problème déontologique très fort, parce que ces crédits, on les a en contrepartie d’une destination et d’une activité scientifique.

    Des projets de recherche sont-ils sabrés ?

    D.G. : On a des sujets en panne et des situations variées. Par exemple, on va mettre un stagiaire qui coûte moins cher dessus, et il va rester moins longtemps. On va essayer de jongler avec les personnels ou étudiants présents. Des projets seront tout simplement mis en stand-by. Ceux qui ont réussi à avoir des appels à projets vont pouvoir débloquer parfois une partie du financement. Mais on perd en connaissance, en compétitivité.

    Sur l’appropriation des enjeux des évolutions scientifiques, notre pays vous semble-t-il au niveau ?

    D.G. : Il y a des défis contemporains qu’on devrait se préparer à assumer mais la France n’y est clairement pas. Sa politique d’austérité est en train de nous paupériser. La compétition internationale est en train de s’accélérer. Il va falloir que nos scientifiques aient les moyens de rivaliser. On ne peut pas continuer la course à pied quand les autres chevauchent des fusées. Je pense notamment à l’IA, un sujet fondamental. Depuis 6 mois les choses se sont précipitées. En juillet, une expérience a été menée où on a demandé à une IA de vérifier si un système était sécurisé. Elle était déconnectée de l’Internet. Et, on ne sait pas comment, elle s’est connectée, s’est dupliquée sur un serveur, s’est mise à dialoguer avec d’autres IA pour remplir sa mission. On se retrouve avec un outil surpuissant dont il faut définir le cadre. Je pense que la communauté scientifique a un rôle d’éclairage auprès de la société.

    Ces sujets ne relèvent-ils pas aussi du débat public ?

    D.G. : Oui. Pour en revenir à l’IA je pense à l’impact environnemental. Avec le choix qu’a fait Emmanuel Macron de proposer aux industriels d’héberger des data centers, la France offrant une énergie électrique majoritairement décarbonée et beaucoup de ressources d’eau. Or l’eau est un bien collectif des Français, à qui on aurait dû demander leur avis avant d’engager l’État aux bénéfices d’entreprises privées et étrangères. Il y a une reconnaissance de l’expertise scientifique mais au niveau des décideurs publics, sous l’effet du lobbying, elle n’est pas prise en compte.

    Comment voyez-vous l’avenir dans vos labos ?

    D.G. : La communauté scientifique est extrêmement affectée par cette énième année de gel de salaire. Nous sommes à la croisée des chemins. Lors du comité national des laboratoires en janvier nous allons poser le problème sur la table, dans le calendrier de l’élection présidentielle. Soit il y a une réelle politique d’investissement dans la recherche, soit la France va décrocher. Au niveau de l’intersyndicale au national, on a commencé à discuter pour de nouvelles actions dès qu’on aura des éléments plus précis sur le budget 2027, avec déjà la date du 17 octobre en ligne de mire.

  • Syndicats et patronat pressent l’État pour la ligne haute tension

    Syndicats et patronat pressent l’État pour la ligne haute tension

    « C’est un collectif inédit à la hauteur des enjeux pour le territoire ». L’expression de Jean-Christophe Amarantinis, président de l’Union Pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), pour annoncer la mobilisation du jour n’est pas galvaudée. Car ce mercredi, il se tient aux côtés de Stéphane Benhamou, le président du Medef Sud mais aussi de Franck Bergamini, le secrétaire général de l’Union Départementale FO des Bouches-du-Rhône et de Jérôme Yvernault, délégué régional de la CFE-CGC Paca. Ajoutez à cela Pascal Kuhn, président de l’UIMM Alpes-Méditerranée également directeur du site d’Airbus Helicopters à Marignane et Stéphane Bergamini, délégué général de l’organisation professionnelle France Chimie Méditerranée et vous obtenez un étonnant attelage.

    Un attelage qui vient pourtant délivrer un message limpide et unitaire : « La tchatche c’est bien, mais maintenant on a besoin d’engagements fermes et irrévocables de l’état, d’un calendrier finalisé avec des financements calibrés ! Il faut la ligne très haute tension ! », comme le résume Jean-Christophe Amarantinis.

    En clair, syndicats et patronat s’allient pour mettre un coup de pression à l’adresse de l’état et élus politiques locaux sur le projet de la fameuse ligne à très haute tension (THT) qui doit relier le Gard et Fos-sur-Mer. Une ligne qui doit permettre « l’électrification des processus industriels et donc une décarbonation » des entreprises du pourtour de l’étang de Berre, rappelle Pascal Kuhn. Et qui conditionne l’aboutissement d’une cinquantaine de projets industriels, pour la création de 10 000 emplois directs et des dizaines de milliers induits.

    « Quand on chipote trop,

    le train passe »

    « Si ce projet ne voit pas le jour, c’est aussi de nombreux emplois qui risquent d’être perdus », tonne Franck Bergamini. Avant de développer l’enjeu économique et social que représente cette ligne THT : « L’avenir se joue maintenant, si demain ArcelorMittal n’a pas d’électricité décarbonée, il fermera son haut-fourneau et ira le faire ailleurs, mais ni dans la région ni dans le pays ».

    Si ces acteurs tapent du poing sur la table, c’est que le calendrier pour la prise de décision devient de plus en plus serré, entre élections sénatoriales et présidentielles. « Il faut que ceux qui portent la responsabilité politique aient du courage. On ne peut pas accepter que cette décision soit suspendue à des échéances électorales », martèle Stéphane Benhamou. Plusieurs élus locaux, notamment de Camargue et du Pays d’Arles (lire article ci-dessous) montent aussi au créneau contre un projet qui défigurerait le paysage et questionnent sa nécessité. Pascal Kuhn répond à ces critiques : « Certains diront qu’on n’a pas besoin d’autant d’électricité, qu’il faut enterrer la ligne… On peut discuter encore 3 ans de ce sujet. Mais quand on chipote trop, le train passe sans vous attendre ».

    Concrètement, ces acteurs attendent « une prise de décision claire » de la part de l’État, et donc de la préfecture, avec notamment une déclaration d’utilité publique (DUP) « avant le 1er semestre 2027 ». Une DUP qui est en instruction depuis mai dernier…

    La CGT réaffirme que ce projet est « vital »

    Si la CGT n’était pas présente lors de l’interpellation commune du patronat et d’autres syndicats, Pascal Galéoté, secrétaire de l’UD CGT 13 et secrétaire général de la CGT du Port de Marseille rappelle « l’impérieuse nécessité de la mise en place de la ligne THT ». « Il y a eu des annonces claires de l’État sur l’intérêt national pour le pays que représente cette ligne, nous le saluons. Maintenant il y a une nécessité d’accélérer la prise de décision pour sa mise en œuvre, c’est plus que vital pour l’avenir du bassin de Fos mais aussi pour l’ensemble du territoire », martèle Pascal Galéoté.

  • À Tarascon, l’usine de Fibre Excellence toujours protégée par ses salariés

    À Tarascon, l’usine de Fibre Excellence toujours protégée par ses salariés

    La garantie de sécurité du site dépend des salariés ! » Ce dimanche, Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT du site, réaffirme la volonté des travailleurs de Fibre Excellence de poursuivre la mise sous protection du site le temps nécessaire à sa sécurisation complète.

    Pour rappel, après sa liquidation judiciaire c’est un mandataire judiciaire qui a pris la main sur la gestion de l’usine de pâte à papier, et le site devait officiellement fermer, vendredi 28 août, avec la fin du contrat de travail des salariés. Mais nombreux sont les travailleurs qui s’inquiétaient de la manière dont la transition allait se faire et pointaient des risques industriels (lire nos articles du 29/08 et du 27/08) pour le site classé Seveso. « On veut tout faire pour éviter un déversement accidentel de produits chimiques dans le Rhône, un incendie ou autre… Il faut donc que les mesures nécessaires pour maintenir l’intégrité du site soient prises avec les concernés », rappelle Jean-Michel Bulinge.

    D’où des tensions avec le mandataire judiciaire la semaine passée, jusqu’à un gros coup de chaud le jour de la fermeture où la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) est venue constater la situation. « On connaît le site comme personne. Il y a de l’acide, de la soude, des produits alcalins, des bactéries, de l’acide phosphorique pour le traitement des eaux dans les bassins d’aération… On leur demande le temps de sécuriser avec notre expertise », expliquait, ce vendredi, Yohan, opérateur aux 24 ans d’usine.

    « L’arrêté préfectoral

    nous donne raison »

    Et visiblement, les travailleurs n’étaient pas dans le faux puisque la préfecture des Bouches-du-Rhône s’est fendue d’un arrêté inédit dans la foulée de la visite des services de l’État. Cet arrêté prescrit « des mesures d’urgence » à l’adresse du mandataire-liquidateur. Ce dernier, que La Marseillaise a pu consulter, constate que « la mise en sécurité du site n’a pas été initiée » par ledit mandataire et « qu’il convient de maintenir au-delà du 28 août 2026 une présence humaine adaptée sur site ».

    Plus que ça, la préfecture va dans le sens de la CGT et tacle l’action du mandataire : « Le liquidateur est mis en demeure d’assurer la surveillance du site et le maintien des dispositifs de sécurité […] sur la base d’une organisation comprenant […] l’équipe proposée par la CGT. » En clair, les salariés ont pu rester tout le week-end sur l’usine, comme le préconisait l’organisation syndicale. « Cet arrêté est une victoire. Il nous donne raison, on voit bien que l’action du mandataire ne tient pas la route », réagit Jean-Michel Bulinge. « Fermer sans plus de sécurité c’est de l’inconscience… L’arrêt, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. On n’arrête pas une usine à papier comme une boulangerie », abonde Jaïr Flor-Pachi, délégué FO et mécanicien atelier qui est entré à Fibre Excellence en 2003 en intérim puis salarié en 2012.

    « Jusqu’au bout

    des opérations »

    D’où un week-end apaisé avant une nouvelle semaine qui s’annonce chargée pour les travailleurs papetiers. « On a une réunion ce lundi avec le secrétaire général de la préfecture et les représentants des différents services de l’État concerné par le dossier », développe le syndicaliste. Une rencontre où les enjeux sont grands pour l’avenir du site : « Nous allons demander le maintien des salariés sur site, a minima pour les postes nécessaires pour qu’il y ait une garantie environnementale et sécuritaire. » Cette revendication concerne une quarantaine de salariés. Reste à savoir combien de temps cette situation de mise en sécurité va durer et si la préfecture accède aux demandes des travailleurs. « Dans tous les cas, il faut le maintien des travailleurs jusqu’au bout des opérations », conclut Jean-Michel Bulinge.

  • [Exclusif] Les salariés de Fibre Excellence en appellent à la police de l’environnement

    [Exclusif] Les salariés de Fibre Excellence en appellent à la police de l’environnement

    La situation est toujours plus que tendue sur le site de Fibre Excellence de Tarascon. Après le blocage, ce mercredi, de l’arrivée d’une entreprise de maintenance industrielle qui doit gérer la fermeture du site classé Seveso, voilà que la CGT monte à nouveau au créneau. Et toujours pour un potentiel «risque industriel et environnemental» en lien avec la transition post-fermeture du site. « Le mandataire judiciaire veut couper l’électricité sur le site. Cela a été annoncé ce matin », s’alarme Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine. Son inquiétude ne vient pas de nulle part : Forcément, une coupure d’électricité, si elle est mal réalisée, peut avoir un vrai impact sur un site de cette ampleur. « Le mandataire veut couper l’électricité au motif que les liqueurs sont figées et qu’il n’y a donc pas nécessité à les maintenir en circulation », explique-t-il. Pas de quoi alerter les non initiés mais cette question des liqueurs n’est pas anodine.

    En effet, les liqueurs, noires et blanches, sont des solutions chimiques utilisées dans le procédé industriel des papeteries et usines de pâte à papier. Quand elles sont «figées», c’est qu’elles ne coulent plus. D’où le problème soulevé par la CGT : « Elles ne sont pas figées ! On va droit face à risque industriel ». Une affirmation appuyée par plusieurs vidéos où les salariés constatent effectivement qu’elles coulent toujours. « S’il n’y a plus d’électricité, les liqueurs ne circuleront plus, elles vont se figer et cela va dégrader l’outil. S’il n’y a plus d’électricité, on ne peut plus prendre la main, en cas de défaillance, sur beaucoup de vannes qui sont pneumatiques », alerte Jean-Michel Bulinge. Avant de tonner : « On est prêt à accueillir les services de l’État, la Dreal [Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement], et à le faire constater ».

    Contacté, le mandataire judiciaire se veut, au contraire, rassurant et balaie d’un revers de main les inquiétudes syndicales : « On est sur une simple mise en sécurité du site, ni plus ni moins, en concertation avec les équipes qui en sont en charge depuis 3 semaines ». Il évoque une coupure d’électricité « maîtrisée ». « On ne va pas couper l’électricité en tant que telle, nous allons mettre à l’arrêt certains secteurs isolés de manière raisonnée, avec les gens qui connaissent leur usine et leur métier », développe Maître Brenac. Et de conclure sur la question des liqueurs : « Ce sont des inquiétudes infondées ».

    Pas de quoi convaincre la CGT : « Qu’il le démontre avec un plan de coupure ! ». Elle n’est d’ailleurs pas la seule à monter au créneau puisque l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT) du site, dans un communiqué de presse diffusé dans l’après-midi appuie l’inquiétude : « Le liquidateur prévoit tout simplement de couper l’électricité de l’usine afin de supprimer les risques. Comment peut-on simplement penser qu’il suffirait de couper l’alimentation électrique pour que notre usine de Tarascon, classée Seveso, ne soit plus dangereuse ? ».

  • Le tourisme comme moteur économique en plein essor

    Le tourisme comme moteur économique en plein essor

    À l’embouchure du Rhône, entre terre, mer et fleuve, Port-Saint-Louis-du-Rhône est l’une des portes d’entrée de la Camargue. Érigée en municipalité distincte des territoires d’Arles et de Fos-sur-Mer en 1904, cette commune du bout du monde s’est bâtie autour de son port de transbordement. Plus de 120 ans plus tard, elle se dessine un nouveau visage en se tournant vers le tourisme, sans oublier son héritage. « Nous assumons pleinement cette histoire industrielle et maritime en la transformant en atout touristique », souligne l’adjointe au maire déléguée à l’attractivité Marion Castellani.

    Observation des flamants roses, plages naturelles, salins, randonnée, vélo, navigation entre Rhône et Méditerranée, découverte des métiers de la pêche, visite des sites portuaires et industriels en activité… La programmation, qui met en valeur les traditions camarguaises et provençales, tout comme le patrimoine ouvrier, porte ses fruits. « Port-Saint-Louis-du-Rhône confirme sa montée en puissance comme destination de nature, de littoral et de tourisme itinérant », poursuit l’élue. L’Office de Tourisme accueille chaque année plus de 5 000 visiteurs dans ses locaux, « un chiffre qui ne cesse de progresser », précise la directrice Mandy Girard-Marin. L’aire de camping-car, inaugurée en 2022, permet à elle seule d’accueillir près de 10 000 visites.

    Un tourisme

    quatre saisons

    Si la clientèle est majoritairement française (principalement issue de la région Sud, de l’Île-de-France et d’Auvergne-Rhône-Alpes), la Via Rhôna offre une visibilité européenne à Port-Saint-Louis-du-Rhône, située au terme du parcours reliant le lac Léman à la Méditerranée, avec des touristes venant d’Allemagne, des Pays-Bas ou encore d’Italie.

    Deux ports de plaisance, le port central et un partenariat avec des compagnies de tourisme fluvial permettent également d’accueillir une clientèle plus internationale. « Les Américains, les Canadiens et les Australiens », amateurs de balades sur le Rhône, sont particulièrement représentés. La Ville travaille à la création de nouvelles escales dans le cadre de la démarche Provence fluviale. Le futur Pôle Nautisme Mer, avec la réhabilitation des 300 hectares de la Presqu’Île du Mazet, doit renforcer l’accueil des plaisanciers, avec la création de 4 500 places à sec et à flot, tout en promouvant les métiers maritimes. « Ce projet repose sur deux principes : développer des activités écoresponsables et réinvestir intelligemment les friches pour valoriser le foncier disponible sans artificialisation inutile », précise Marion Castellani. Avec un objectif : « Allonger les durées de séjour tout en développant une activité touristique plus étalée sur l’année ». Le chiffre d’affaires est évalué à 220 millions d’euros, avec 570 emplois attendus à la clef.

  • Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    Alerte au risque industriel sur le site Fibre Excellence

    « On relève de la mise en danger ! Si des produits chimiques se déversent dans le Rhône, ça va être une catastrophe environnementale. » Les mots de Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT de l’usine de pâte à papier tarasconnaise Fibre Excellence sont forts mais l’inquiétude est bien réelle. Si le site a été liquidé judiciairement à la fin juillet, les installations classées Seveso trônent toujours au-dessus du Rhône et ce sont les salariés qui assurent surveillance et sécurité de leur ex-outil de travail. Mais plus pour longtemps : « Une société spécialisée dans le traitement des déchets industriels doit arriver sur le site ce mercredi et les salariés doivent définitivement le quitter, vendredi ». Sur le papier, la nouvelle pourrait paraître rassurante, mais c’est tout le contraire pour ceux qui officiaient sur le site. « En trois jours, comment va-t-elle faire pour maintenir l’état des installations, garantir la sécurité du site et éviter des fuites de produits chimiques ? », questionne le délégué syndical. Il prend un exemple concret de danger potentiel : « On a une station de puisage d’eau dans le Rhône, notre station d’épuration en recrache dans le Rhône après traitement… S’il n’y a pas une surveillance de tous les instants, il y a un risque que des produits chimiques passent ». Avec des effets qui pourraient être dévastateurs sur la faune et la flore environnante.

    6 000 m3 de produits chimiques sur l’usine

    L’alerte est telle qu’elle est reprise par la CGT à un niveau confédéral. La centrale syndicale de Montreuil tire aussi « la sonnette d’alarme » dans une communication pour le moins inquiétante : « Gérer des déchets ne signifie pas savoir conduire et sécuriser une papeterie de plusieurs dizaines d’hectares ». Avant de développer : « Protection incendie, installations électriques, équipements contenant de l’amiante, milliers de mètres cubes de produits chimiques : la sécurité industrielle ne s’improvise pas et ne peut pas être transférée en quarante-huit heures ! ».

    Sur le terrain, Jean-Michel Bulinge confirme : « Il y a des postes de conduite qui nécessitent un an d’expérience pour savoir exercer correctement. Mais là, à moins d’une semaine du départ du site, rien n’est calé ni calculé ! ». Le syndicaliste s’appuie aussi sur la manière dont la transition post-liquidation s’est réalisée comme source d’inquiétude pour l’avenir : « Lors de la liquidation, on nous assurait que les salariés quitteraient le site le jour même, mais finalement ils nous ont demandé de prendre les postes de travail pour assurer la sécurité des installations ! ». Concrètement, il n’y aurait aucun contact entre le syndicat, pourtant cheville ouvrière de la sécurité sur le site, et ladite société de gestion de déchets. « Il n’y en a pas non plus avec la direction », assure Jean-Michel Bulinge.

    Une situation lunaire lorsqu’on sait que 6 000m3 de produits chimiques divers et variés sont toujours sur l’usine, de même que la bagatelle de 17 000 tonnes de bois. « Si demain les salariés n’assurent pas le pompage de l’eau, il n’y aura tout simplement plus d’eau sur site. Avec tout ce que ça implique pour une intervention des pompiers par exemple », prend pour autre exemple le syndicaliste. D’où l’appel de la CGT à une réaction des pouvoirs publics : « Le mandataire judiciaire et la Préfecture doivent prendre conscience de la situation ».

    Et surtout à ce qu’un chemin pour donner un avenir industriel à l’usine soit trouvé alors que les offres de reprise pour son usine sœur de Saint-Gaudens, rescapée de la liquidation, doivent être déposées devant le tribunal de commerce de Toulouse, ce lundi.