Tag: Inclusion scolaire

  • À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    « Elles sont payées toute leur vie sous le seuil de pauvreté, sous le Smic. C’est un métier indispensable qui ne leur permet pas de vivre », a déploré Gweltaz Broudic, cosecrétaire de la FSU 04. « On accompagne de plus en plus d’élèves qui sont de plus en plus en souffrance, pour un salaire dérisoire d’environ 1 000 ou 1 300 euros », a expliqué Valérie, AESH à l’école des Sièyes à Digne. « On se fait insulter, taper dessus », regrettent-elles avec sa collègue Marielle. Une AESH peut accompagner jusqu’à huit élèves, ce qui laisse seulement deux à trois heures par semaine pour chaque enfant, ont-elles expliqué. Une délégation a été reçue par la DSDEN.

  • Handicap : quelle place dans la campagne en Vaucluse ?

    Handicap : quelle place dans la campagne en Vaucluse ?

    Comme en 2014 et 2020, le collectif handicap Vaucluse (CHV), qui regroupe une vingtaine d’associations, se mobilise sur les municipales. En étoffant et modifiant sa démarche *. « Jusque-là, on avait sollicité que les candidats à Avignon en leur demandant leur programme qui restait général en plein de bons sentiments, cette année on a sondé les principales villes en leur soumettant nous-mêmes un questionnaire plus précis », expose Sophie Mercatant, présidente du CHV.

    Sur 34 listes sondées entre début janvier et début février, 50% ont répondu (plus 3 hors délais, non comptabilisées dans la synthèse), avec des disparités (zéro retour à Cavaillon, 100% à Avignon). « Le taux de participations est plutôt bon », juge tout de même Sophie Mercatant. Avant d’être potentiellement élus, les candidats rendent accessibles à 80% leurs réunions publiques mais 60% pour leurs documents de campagne. « 94 % des listes (16 sur 17) indiquent la présence d’au moins une personne en situation de handicap, visible ou invisible, sur leur liste », apprécie la présidente du CHV.

    Les résultats ne donnent pas d’enseignements généraux, montrant un bord politique pas plus sensible à la question qu’un autre. « Il n’y a pas de résultats similaires entre candidats d’une même carte politique », note Arnaud Roudière, du Riad [relais pour intervenants à domicile]. Le CHV se félicite aussi de voir que les candidats ne raisonnent plus qu’en handicap physique en termes d’accessibilité « mais évoque aussi les handicaps sensoriels ou mentaux ».

  • [Rétro 2025] Alerte rouge sur l’éducation inclusive dans l’Hérault

    [Rétro 2025] Alerte rouge sur l’éducation inclusive dans l’Hérault

    Depuis la rentrée de septembre, les mobilisations se sont multipliées dans l’Hérault pour protester contre le manque d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap).

    « Jamais nous n’avons recensé autant de manquements », dénoncent dans un communiqué commun la FSU-SNUipp 34, le Snes-FSU 34, le Snep-FSU 34, le SNnuep-FSU 34 et SUD Éducation 34, qui ont déposé le 6 octobre une alerte sociale. Certains Pial (Pôles inclusifs d’accompagnement localisé, chargés de gérer les besoins d’accompagnement des élèves en situation de handicap) auraient notamment décidé, depuis la rentrée, « d’accompagner uniquement les élèves à fort besoin, donc relevant d’un accompagnement individuel
    – obligation légale – au détriment de ceux censés bénéficier d’un accompagnement mutualisé
     », assure Clémence Cimier, co-secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 34 et AESH.

    42 000 enfants sans solution en France

    « Parfois l’enfant se retrouve avec 1h d’accompagnement par semaine. En classe, c’est de la souffrance pour tout le monde : les enfants qui souffrent de handicap, les autres et les enseignants », dénonce Marie Nikichine, présidente de la FCPE de l’Hérault. Plusieurs mobilisations ont eu lieu, dans l’Hérault comme dans le Gard (la dernière date du 16 décembre) pour défendre les AESH, désormais le deuxième corps de métier de l’Éducation nationale, trop peu nombreux et toujours privés de statut. En Octobre, le ministère convenait que 42 000 enfants étaient sans accompagnants.

  • Inclusion scolaire : « Un nombre inédit d’écoles nous ont alertés »

    Inclusion scolaire : « Un nombre inédit d’écoles nous ont alertés »

    « Jamais nous n’avons recensé autant de manquements », dénoncent, dans un communiqué commun, la FSU-SNUipp 34, le Snes-FSU 34, le Snep-FSU 34, le SNnuep-FSU 34 et SUD Education 34, qui ont déposé, le 6 octobre, une alerte sociale « pour dénoncer les conditions de travail dégradées des personnels de l’Éducation nationale, notamment en matière d’inclusion scolaire ».

    20 ans après le vote de la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, la réalité semble bien loin du compte. « La loi a certes permis une prise en compte de ces élèves, mais cette ambition ne s’est pas accompagnée des moyens nécessaires », déplorent les syndicats mobilisés. « Depuis le premier jour de la rentrée, un nombre inédit d’écoles nous ont alertés sur le manque cruel de moyens financiers et humains à leur disposition. »

    Certains Pial (Pôles inclusifs d’accompagnement localisé, chargés de gérer les besoins d’accompagnement des élèves en situation de handicap) auraient notamment décidé, depuis la rentrée, « d’accompagner uniquement les élèves à fort besoin, donc relevant d’un accompagnement individuel, au détriment de ceux censés bénéficier d’un accompagnement mutualisé qui ont pourtant eux aussi besoin de cet accompagnement pour progresser », assure Clémence Cimier, co-secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 34 et accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH).

    « Si les Pial priorisent les accompagnements individuels, c’est parce que la loi oblige à les accompagner. Alors que pour les élèves qui ont un accompagnement mutualisé, c’est beaucoup plus flou, donc plus difficile pour les familles de se retourner contre ça », confie l’AESH montpelliéraine. L’accompagnement mutualisé « consiste surtout en du scolaire  : reformuler des consignes, réexpliquer ce que l’enseignant vient de dire, etc. En accompagnement individuel, on va avoir des élèves beaucoup plus lourdement handicapés, qui ne sont pas forcément au niveau de la classe dans laquelle ils sont scolarisés  », détaille Clémence Cimier.

    « À l’école Léo Malet, où je travaille, sur 38 élèves notifiés pour un accompagnement individuel ou mutualisé, 15 n’ont aucun accompagnement. Et on ne parle que d’une école, imaginez à l’échelle du département… », illustre la représentante de la FSU-Snuipp, qui assure que des écoles sont concernées dans tout l’Hérault. « Privés de cet accompagnement, les enseignants doivent donc gérer à la fois les élèves en situation de handicap, les élèves non-lecteurs mais qui n’ont pas forcément d’accompagnement parce que les dossiers ne sont pas montés, les élèves allophones qui viennent d’arriver en France, les élèves dits “classiques”… ça devient trop. Tout ça entraîne de la souffrance, tant pour les enseignants que pour les AESH  », assure Clémence Cimier. « On n’a pas l’impression de ne pas pouvoir faire correctement notre travail ». Sans compter la fatigue  : « Accompagner uniquement les élèves qui ont des accompagnements individuels, donc des handicaps plus sévères, c’est une plus grande fatigabilité. Car on en accompagne plusieurs toute la journée, dans différentes classes, et ces enfants-là on ne peut pas les lâcher du regard, il faut être tout le temps là. Ils peuvent faire des crises, se jeter par terre, se frapper… », témoigne la représentante de la FSU Snuipp 34.

    « Le ministère porte la responsabilité de l’altération de la santé de ses personnels, qui tiennent seuls l’École à bout de bras, comme des conditions de scolarisation de tous les élèves, notamment ceux et celles porteurs et porteuses d’un handicap », estiment les syndicats mobilisés. Au lendemain de cette alerte sociale, ils « attendent des retours concrets, tant au niveau national qu’au niveau départemental ». « À l’aune des réponses reçues », ils « prendront leurs responsabilités quant aux suites à donner à cette alerte.  » Une rencontre était prévue jeudi 9 octobre avec la Dasen de l’Hérault.

  • « Le handicap, une question politique au sens premier »

    « Le handicap, une question politique au sens premier »

    « L’autodétermination c’est prendre en compte la personne dans ce qu’elle est capable de faire. C’est un accompagnement adapté. »

    La Marseillaise, en partenariat avec radio Divergence (DAB+ et Divergence-fm.org) participe à l’émission « Quoi de neuf ? » . Cette semaine, notre invité est Jacques Mallet, président adjoint de l’Unapei 34, engagée auprès des enfants et personnes en situation de handicap mental.

    L’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés (Unapei) est implantée dans toute la France et de nombreuses associations y sont affiliées. Dans l’Hérault, l’association Unapei 34 s’occupe de 1 300 personnes en situation de handicap mental, gère 33 établissements et services médico-sociaux et emploie 860 équivalents temps plein. Lors de la rentrée scolaire, elle a dénoncé l’absence de scolarisation pour plus de 700 enfants dans l’Hérault et révèle que près de 300 enfants sont sur liste d’attente pour une place en établissements médico-éducatifs (IME). Rencontre avec son président adjoint, Jacques Mallet, pour ce premier numéro de la nouvelle saison de Quoi de Neuf.

    Françoise Verna : Comment expliquez-vous les grandes difficultés de scolarisation en milieu ordinaire des enfants en situation de handicap ?

    Jacques Mallet : La grande difficulté de la scolarisation des enfants c’est déjà, tout simplement, la prise en compte du handicap, la prise en charge de l’enfant en difficulté. Qu’il ait simplement un trouble Dys : dysorthographie, dyscalculie, etc, ou autre. Nous travaillons en ce sens actuellement. Nous relançons madame la rectrice de Montpellier pour pouvoir mettre en place des passerelles, des liens et arriver à mutualiser nos efforts, à la fois l’éducation nationale et à la fois notre association, qui n’est pas la seule dans le département de l’Hérault à prendre en charge des enfants en situation de handicap mental ou de déficience intellectuelle, mais qui représente sur l’arrondissement de Montpellier, l’une des plus importante.

    Olivier Nottale : Il y a les accompagnants d’enfants en situation de handicap, les AESH. Est-ce que la difficulté vient du manque de ces accompagnants ? d’une mauvaise gestion ?

    Jacques Mallet : On pourrait dire d’emblée que c’est une question de moyens qui manquent. Je ne suis pas persuadé que c’est cela qu’il convient de mettre en avant, tout de suite. Je pense que la première des choses c’est la volonté politique, au sens premier du terme. Au sens de la vie dans la cité. Quelle place veut-on donner aux personnes en situation de handicap ? Quand on parle de handicap mental ou de déficience intellectuelle, c’est souvent un handicap invisible. je prends l’exemple de ma fille qui est atteinte d’un trouble autistique, et bien vous allez la voir très sociable, capable de communiquer sans problème, mais elle vous cachera toutes les périodes d’angoisse et de grandes difficultés. La question est avant tout politique : qu’est-ce qu’on veut faire dans notre société pour les personnes en situation de handicap ? Près de 65%d’enfants suivis par l’Unapei n’ont pas de numéro INE, c’est-à-dire d’identification de l’élève. Pour schématiser, ils n’existent pas pour l’éducation nationale.

    Françoise Verna : La loi de 2005 dit pourtant que la scolarisation est un droit. Nous pourrions revenir sur l’Histoire, Marc ?

    Marc Ossorguine [administrateur de Radio Divergence, ancien formateur et éducateur spécialisé ] : La loi de 2005 suit celle de 1975, dîte « loi d’orientation en faveur des personnes handicapées ». Elle a mis en place beaucoup de choses mais n’a pas atteint ses objectifs, loin s’en faut. La loi de 2005 était là pour la toiletter avec un slogan clé, « l’enfant au cœur du dispositif ». C’est là que l’on a commencé à parler de « personnes en situation de handicap » et non plus « d’élèves ou de personnes handicapé(e)s ». Je me suis toujours dit deux choses : la première c’est que beaucoup de gens ont pris cette formulation comme du politiquement correct sans mesurer toutes les conséquences que cela disait. Et puis, je me suis dit que cela n’allait pas assez loin et qu’il faudrait parler de « situation de handicap » tout court. Cela veut dire qu’il n’y a pas un enfant qui est « responsable » de son handicap mais qu’il y a une situation qui fait qu’une personne se retrouve handicapée. Cela tient aux déficiences et aux capacités qu’elle peut avoir mais pas seulement. Cela tient aussi à l’environnement, à l’organisation matérielle d’un espace, au suivi, etc. qui disent que l’on parle bien d’« une situation de handicap ». C’est une question collective, pas individuelle.

    Jacques Mallet : Il y a un mot très important dans la loi de 2005 : c’est une loi pour « l’égalité des chances ». Quand je vous parlais d’inclusion, ce n’est pas un mouvement qui va de la personne handicapée vers la société. C’est à la société d’aller vers l’enfant en situation de handicap. Ce n’est pas rien. Aujourd’hui, on avance un autre mot : l’autodétermination. Nous avons mis ce terme dans nos objectifs stratégiques et dans nos statuts de l’association Unapei 34.

    Olivier Nottale : Qu’est-ce que cela veut dire précisément « l’autodétermination » ?

    Jacques Mallet : C’est prendre en compte la personne dans ce qu’elle est capable de faire. Ce n’est pas laisser faire l’enfant tout seul ! L’autodétermination, ce n’est pas l’absence d’accompagnement. C’est un accompagnement adapté, mesuré, qui prend en compte les difficultés mais aussi le potentiel et les capacités d’un enfant.

    Site internet : Unapei34.org