Marie-France Lorho nommée membre titulaire de la commission chargée de l’application de l’article 26 de la Constitution. L’information, parue au journal officiel du 10 octobre, peut sembler anodine. Elle l’est beaucoup moins au regard du profil de la députée RN d’Orange et de ladite commission.
À l’Assemblée nationale, cette instance paritaire de 15 députés est « chargée de l’examen des demandes de suspension de la détention, des mesures privatives ou restrictives de liberté ou de la poursuite d’un député ». En clair, elle statue sur l’immunité parlementaire. Y trouver Marie-France Lorho a de quoi laisser pantois : fin janvier, elle a été condamnée – en même temps que Yann Bompard alors maire (Ligue du sud) d’Orange – à 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et à 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, pour détournement de fonds publics et subornation de témoins. Même en ayant fait appel, l’exécution provisoire la rend inéligible et elle ne pourra se présenter aux prochaines législatives.
La députée condamnée et inéligible a donc autorité pour décider parmi ses collègues qui mérite ou non son immunité. Contactée, Marie-France Lorho éteint la polémique : « Cela a été une erreur, j’ai posé ma démission ce matin [lundi] à la première heure », assure-t-elle. Quant à savoir comment elle s’est retrouvée malgré tout nommée, mystère : « Je ne sais pas, ce n’est pas de mon fait, je suis droite dans mes bottes et ne risquais pas de siéger dans cette commission. » Où a aussi été nommé son voisin vauclusien, Hervé de Lépinau (RN).

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