Tag: immeubles

  • Audrey Gatian succède à David Ytier à la présidence de la SPLA-IN

    Audrey Gatian succède à David Ytier à la présidence de la SPLA-IN

    La présidence du conseil d’administration de la SPLA-IN, acteur opérationnel de la résorption de l’habitat indigne à Marseille, a basculé, ce lundi, avec l’élection, par 16 voix favorables sur 17 et 1 abstention, d’Audrey Gatian, représentante titulaire de la Ville, qui succède à David Ytier (LR), l’un des dix représentants de la Métropole.

    C’est l’effet attendu de l’accord de gouvernance noué, en avril, entre le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), et le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence. Le capital de la société publique créée en novembre 2020 est réparti entre la Métropole (59%), l’état (35%) et la Ville de Marseille (6%).

    « J’ai, en tant que président sortant, le sentiment du devoir accompli. Je me suis régalé dans cette mission », réagit David Ytier, 11e vice-président de la Métropole délégué aux finances, interrogé par La Marseillaise.

    « Quand j’ai été élu il y a six ans, on était dans un contexte extrêmement compliqué, tendu. Quand on regarde aujourd’hui tout ce qu’on a fait collectivement, le conseil d’administration, les équipes de Franck Caro [le directeur général], on a une structure qui fonctionne, des chantiers dont déjà une quinzaine sont terminés et une centaine d’autres en cours ou sur les rails. La SPLA-IN est propriétaire de quasiment 100 immeubles. La machine est pleinement lancée et elle fonctionne bien, elle est reconnue. »

    David Ytier approuve le fait que « les outils pleinement marseillais devaient revenir en priorité aux élus de la commune ». « J’ai été très clair dès le départ en disant que j’étais très heureux d’en être le président et que dès lors que la Ville de Marseille aurait positionné un élu, je ne serais pas candidat. C’est ce qui s’est passé. On reste dans un process d’administration œcuménique et transpartisan pour s’écarter de toute polémique, de toute dispute. Je crois qu’Audrey [Gatian] se placera dans la continuité. »

  • La fuite en avant de David Bertin et son business plan frauduleux

    La fuite en avant de David Bertin et son business plan frauduleux

    Quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis probatoire ont été requis hier au procès de David Bertin, un investisseur marseillais accusé d’avoir loué des meublés touristiques au 21, rue d’Anvers (1er) en péril, et de s’être constitué un « empire immobilier » dixit l’ordonnance de renvoi, bâti sur des crédits bancaires escroqués et l’usage frauduleux de subventions de l’ANAH, tout en dissimulant l’exploitation de femmes de ménages en situation irrégulière. Le parquet a requis l’interdiction définitive d’exercer toute activité commerciale, de gérer ou de contrôler une société.

    L’affaire avait éclaté six mois après le drame de la rue d’Aubagne grâce à un copropriétaire qui pour alerter les touristes du danger avait peint en lettre rouge « en péril » sur la façade de la rue d’Anvers. Constitué partie civile, Hadj Merabet avait revêtu hier un tee-shirt sur lequel était inscrit « Marchands de sommeil » avec la photo floquée du meublé loué avec 4 étais. « Ils ne sont animés que par la cupidité, l’argent », a-t-il dit de David Bertin, de l’ex-compagne de ce dernier contre qui un an avec sursis et 5 000 euros sont requis et d’un intermédiaire qui se voit réclamer 6 mois avec sursis et 5 000 euros.

    C’est un second signalement, celui du maire de secteur, qui a déclenché les investigations de la justice et le placement en novembre 2019 du prévenu en détention provisoire durant près de 4 mois. « C’est une sacrée fuite en avant comme on joue au casino pour faire de l’argent à tout prix » a lancé le vice-procureur Jean-Yves Lourgouilloux, estimant que ce prévenu de 42 ans « a mobilisé un seul moyen, la fraude, comme business plan sur les femmes de ménage comme petites mains et la captation des fonds publics ».

    « Depuis l’âge de 19 ans, j’achète, ça me plaît », a expliqué l’énigmatique prévenu qui a acquis jusqu’à 29 appartements, 3 greniers réunis en un appart et deux locaux commerciaux, ce qui selon le fisc représente une valeur brute locative de 1,836 million d’euros. Avec son ex-compagne, ils ont trompé les banques pour obtenir 5 crédits immobiliers pour un montant total de 507 000 euros et touché 243 680 euros de l’Agence nationale de l’habitat pour rénover 9 appartements tout en violant les règles qui imposaient 9 années de mise en location classique à loyer modéré. « Au lieu de cela, il les a exploités sans autorisation en locations saisonnières dégageant 428 000 euros en 2017 puis 740 273 euros en 2019 », a fustigé l’avocat de la Ville, Me Jorge Mendes pour qui « en dix ans, il a mis en place un système pour construire une fortune immobilière dans l’illégalité ». De rappeler le contexte lourd des faits : « On est six mois après le drame de la rue d’Aubagne, 1 333 immeubles sont sous arrêté de péril, 420 immeubles sont interdits d’occupation et 3 758 personnes sont évacuées. »

    Dans une défense souvent victimaire, le prévenu considère qu’il a fait « des travaux importants qui lui ont coûté très cher au-delà des subventions ». Quant à ses arrangements avec ses 8 femmes de ménages au black en échange d’un logement, c’est complètement caritatif de sa part : « Si demain je ne leur donne pas la possibilité de louer, je ne vois pas où ils peuvent aller ces gens. C’est vraiment du social. » ou encore « Si je commence à les déclarer, ces gens perdent leurs aides sociales ». In fine, il reconnaît la mise en danger, tout en contestant le péril. « J’ai compris la leçon, j’ai évolué grâce à vous », a-t-il dit.

    « Je travaillais toute la journée, des fois je rentrais à 1h du matin », a raconté Nadia qu’il savait sans papier. Il déduisait systématiquement 650 euros du loyer du 17 rue du musée. « Fin août 2020 j’arrête de travailler pour lui et c’est un intermédiaire qui vient toucher le loyer et qui m’a poussé dans les escaliers alors que j’étais enceinte. » Une autre témoigne : « J’ai jamais été rémunérée sauf une fois 20 euros de transport. Je gérais 11 appartements, je faisais les ménages et je remettais les clés des fois jusqu’à 2h ou 3h du matin à des touristes qui venaient du monde entier » a dit Karima qui dit aussi avoir subi la menace d’une expulsion sauvage. « C’est de l’esclavagisme moderne », a dénoncé son avocate Samantha Graas qui a obtenu la reconnaissance par les prud’hommes de sa qualité de salariée. Fatima que les enquêteurs ont trouvée au 21 rue d’Anvers touchait, elle, 10 euros par meublé nettoyé. Ce qui n’a pas empêché le prévenu
    – qui jonglait avec 16 comptes bancaires courants après en avoir clôturé 49 – de lancer au tribunal : « C’est très difficile à gérer les femmes de ménage, elles font ce qu’elles veulent. »

    Le procès s’achève ce mardi par les plaidoiries de la défense.

  • Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    La Soleam, concessionnaire de la Métropole pour l’éradication de l’habitat indigne, longtemps honni des Marseillais sous Gaudin pour sa procrastination, va céder 10 immeubles du centre-ville et 2 autres à la Belle de Mai. Ces « trois fenêtres marseillais » remis debout à grands frais représentent 56 logements et 10 locaux commerciaux.

    Ils ont été acquis – il y a 12 ans pour le plus ancien – mis en sécurité, restructurés et réhabilités par la Soleam pour 13 814 777 euros HT (prix d’acquisition, honoraires techniques et travaux compris), mais au prix de vente arrêté à seulement 9.3 millions d’euros pour 2 881 m² de surface utile), soit près de 3 200 euros du mètre carré.

    Certains immeubles sont encore en travaux ; d’autres déjà occupés par des ménages éligibles au logement social. Au terme de l’AMI, ils seront attribués à un bailleur social ou à un groupement de deux bailleurs sociaux, d’où ces deux paniers de six immeubles pour équilibrer les typologies et les surfaces habitables.

    Les ménages qui y vivent ont « vocation à s’y maintenir durablement ». « Le bailleur lauréat devra assurer la pérennité de l’occupation en adaptant, si nécessaire, les situations locatives existantes, notamment par la conclusion de nouveaux baux d’habitation en cohérence avec les niveaux de ressources des ménages en place », précise l’AMI.

    3 rue Francis

    de Pressensé

    Acheté 290 000 euros (toutes les sommes indiquées sont hors taxe) en février 2018, tombé en péril et squatté, l’immeuble au cœur de Belsunce a bénéficié de 982 200 euros de travaux pour la remise à neuf de 5 logements, portant le coût total de la réhabilitation de ces 291 m² à 1 382 000 euros.

    14 rue Francis

    de Pressensé

    Acquis en juin 2020 pour 200 000 euros, il a été réhabilité à neuf pour ses 4 logements pour un montant de 1 109 500 euros pour 263 m², soit en tout 1 440 000 euros.

    19 rue Nationale

    Avec 3 logements en R+4, cet immeuble d’angle depuis 2018, acheté en septembre 2018 par préemption pour 150 000 euros a généré des coûts importants de gestion suite à sa mise en péril vu son grand état de vétusté. Après travaux des 303 m², son coût de revient est de 1 499 000 euros.

    24 rue des Petites Maries

    Acheté en avril 2017 pour 430 000 euros, ce bel immeuble patrimonial avec 5 appartements – dont un T5 de 101 m² – a été refait pour 1 385 000 euros de travaux, soit 1 941 000 euros pour 433 m². C’est le plus cher des 12 immeubles.

    49 rue Curiol

    Cet immeuble du quartier Mazagran en R+4 comprend 7 logements. Il a été acheté 400 000 euros en novembre 2019. Sa remise en état débutée en 2023 aura atteint 1 441 000 euros.

    12 rue de l’Académie

    Acheté 300 000 euros en décembre 2016, cet immeuble en R+4 au cœur de Noailles est en cours de travaux. Avec la remise à neuf des 5 logements, il aura coûté en tout à Soleam la somme de 1 656 000 euros pour ses 397 m².

    17 rue Moustier

    Acheté 424 000 euros à Berthoz en décembre 2022, les travaux de remise à neuf de ce bel immeuble d’angle à pan coupé de 5 étages tombé en péril auront coûté 967 213 euros. Coût de revient des 206 m² : 1 469 000 euros.

    6 rue Lemaître

    Acheté 150 000 euros en mai 2019, il a subi pour 485 250 euros de travaux pour ses 5 logements en R+4 sur 124 m². Avec les honoraires techniques, l’opération revient à 704 000 euros.

    36 rue

    des Dominicaines

    C’était un ancien hôtel de 14 chambres, Le Chouia, où vivaient de pauvres Chibanis âgés de 68 ans à 83 ans. Cédé par la Ville en juillet 2014 à la Soleam pour 100 000 euros, la réhabilitation de ce R+4 de 286 m² avec 6 logements a coûté 1 593 000 euros. Il a vocation à héberger les ménages délogés de l’opération Grand centre-ville.

    39 rue

    des Dominicaines

    Acheté en juin 2018 pour 185 000 euros, ce R+4 en péril imminent a bénéficié de 1 144 500 euros de travaux pour remettre à neuf ses 5 logements, soit un coût total de 1 519 000 euros pour ses 267 m².

    9 rue Danton

    Acheté 146 000 euros en octobre 2018, ce petit immeuble en R+2 pour trois logements a été réhabilité avec 384 570 euros TTC de travaux de confortement de ses 125 m².

    9 rue Toussaint

    Les 4 logements et parties communes de cet immeuble de 2 étages dans le quartier de Saint-Mauront étaient frappés d’un arrêté d’insalubrité. La Soleam l’a acheté à une SCI un mois avant le drame de la rue d’Aubagne pour 156 000 euros et y a fait pour 183 700 euros de travaux de ses 193 m².

    Dépôt des candidatures jusqu’au 8 juin. Un jury Ville Métropole Soleam désignera les lauréats en août pour une signature des actes en septembre 2027.

  • De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    Une délégation de dix membres du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 est à Berlin depuis vendredi pour le 81e anniversaire de la libération du camp de concentration de Sachsenhausen situé à 30 km de la capitale allemande. Ces descendants des raflés et déportés y dévoileront dimanche une plaque rendant hommage aux Marseillais du quartier de Saint-Jean qui y ont été déportés et où une centaine n’est jamais revenue comme le boxeur Kid Francis.

    Alors que le fascisme veut renaître de ses cendres, la plaque grave dans le marbre « La rafle du Vieux-Port – Marseille 1943 » avec un texte en français et en allemand : « Le 24 janvier 1943 à Marseille, les 20 000 habitants du quartier Saint-Jean furent raflés. Leur quartier sera entièrement détruit par dynamitage. Plus de 250 Marseillais seront déportés à Sachsenhausen, beaucoup ne reviendront pas. Ce crime contre l’humanité fut perpétré par le nazisme avec la collaboration de l’État français. En mémoire de toutes ces victimes. Restons vigilants. Plus jamais ça ! ».

    Ce devoir de mémoire et de transmission veut remettre en lumière « l’opération Sultan » coproduite par l’occupant nazi et Vichy, suivie du dynamitage de près de 1 500 immeubles, 80 rues et places. Ce 24 janvier, 20 000 habitants sont chassés de cette « Petite Naples ». Un transfert forcé de population civile s’organise avec René Bousquet à la manœuvre. 12 000 hommes, femmes et enfants sont conduits par wagons à Fréjus pour être trié. Ce jour-là, un premier convoi de 1 600 Marseillais dont moitié sont juifs raflés les jours précédents part pour Compiègne. En tout 600 habitants de Saint-Jean seront déportés sur différents sites. C’est en avril 1943 qu’un convoi de 250 Marseillais arrive à Sachsenhausen.

    « Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que des Marseillais ont été victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy » résume l’avocat Pascal Luongo qui en janvier 2019 a déposé plainte pour quatre survivants et quatre descendants des rafles pour crime contre l’humanité. « Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain côté français et d’Hitler côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Cette rafle doit être enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt par les mêmes acteurs », insiste Me Luongo.

    « C’est très émouvant car papa était dans le convoi du 28 avril. Il avait 21 ans », confie Gérard Agresti. « Il est revenu du camp mais en parlait peu car les choses atroces ne sont pas à entendre pour les petits. » Roger Agresti a été ensuite de longues années typographe à La Marseillaise. « Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si cet humaniste et militant de gauche voyait qu’autant de peuples se font massacrer en Europe et au Moyen-Orient. Cette plaque prend absolument tout son sens. Ce n’est pas un témoignage ancré dans le passé. Il doit éveiller les consciences. »

    Vendredi, la délégation a été reçue au lycée John-Lennon de Berlin. Ils ont raconté à ces jeunes Allemands cette mémoire qui relie Marseille et Berlin. « C’est notre devoir de transmettre la mémoire de cette opération concertée entre la collaboration et le nazisme mais aussi de délivrer un message de paix », confie Antoine Migneni. Il avait 5 ans le jour de la rafle. Retenu à Marseille, il a fait lire son texte aux jeunes Berlinois : « Le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Les guerres ne sont pas une fatalité. Les hommes et les femmes ont droit au bonheur et à la paix. Soyez vigilants ! S’il ne faut pas vivre dans le passé, il ne faut pas l’effacer non plus. Un peuple qui l’oublie est condamné à le revivre. »

    Cette plaque est pour Fernand Riberi, un aboutissement. « Ce sera mon lieu de recueillement pour mon grand-père, Francesco Commentale, déporté politique, matricule 65028, mort à Sachsenhausen le 30 juin 1944. Il avait 59 ans. Il habitait rue de la Reynarde avec ma grand-mère et leurs six enfants. C’était un modeste piqueur de sel de la communauté napolitaine. Dimanche, ce sera une émotion intense quand je découvrirai le block 24 où a été enfermé ce grand-père que je n’ai pas connu. »

  • Effondrement d’une voûte de cave à Aix : les travaux de consolidation lancés

    Effondrement d’une voûte de cave à Aix : les travaux de consolidation lancés

    Le numéro 3 de la rue des Cordeliers, à Aix, est toujours vidé de ses habitants ce jeudi matin. Mardi, en fin d’après‑midi, la voûte de la cave de cet immeuble s’est effondrée, « en raison d’une fuite de canalisation », selon la Ville, contraignant les occupants à être évacués par les sapeurs‑pompiers par mesure de sécurité. L’immeuble est composé de trois étages et de deux commerces en rez‑de‑chaussée.

    Par principe de précaution, l’immeuble mitoyen, situé au numéro 11 de la rue de la Verrerie, a lui aussi été évacué, tout comme les numéros 16 et 18 de cette même rue. Dans le même temps, la maire Sophie Joissains s’est rendue sur place et a signé dans la foulée des arrêtés de mise en sécurité concernant les quatre immeubles.

    Selon les pompiers du SDIS 13, une vingtaine de soldats du feu sont intervenus pour les évacuations et la sécurisation des bâtiments, et 18 appartements étaient concernés par un éventuel relogement. L’Unité de sauvetage, d’appui et de recherche (USAR) était également mobilisée. Dans la soirée, et « à la suite des investigations », indique la municipalité, les habitants des numéros 16 et 18 ont pu regagner leur logement. En revanche, ce jeudi matin, ceux du 3, rue des Cordeliers, et du 11, rue de la Verrerie, n’avaient toujours pas pu revenir chez eux.

    Selon nos informations, ils ont toutefois été relogés chez des proches, sans que le CCAS n’ait, pour l’instant, eu à intervenir. « Pour les logements dont les occupants sont actuellement absents ou non identifiés, le numéro du CCAS a été affiché sur les portes afin qu’ils puissent, à leur retour, contacter les services compétents pour être accompagnés et orientés dans leurs démarches », précisait la Ville. Tôt ce mercredi matin, les pompiers indiquaient que « suite à l’évaluation, l’eau présente en sous‑sol n’a pas d’impact sur la façade des bâtiments » et que « des travaux doivent être réalisés avant que les occupants puissent regagner leur logement », soit dans une dizaine de jours environ.

    Des travaux en cours

    Si la rue des Cordeliers était fermée à la circulation automobile mercredi soir, celle‑ci est de nouveau ouverte ce jeudi matin, aussi bien aux piétons qu’aux voitures. Seul « le tronçon de la rue de la Verrerie, entre la rue des Marseillais et la rue des Cordeliers, soit environ cent mètres, reste accessible aux piétons mais pas aux véhicules », indique la Ville, qui rappelle que l’incident « n’est pas structurel à l’échelle du quartier, mais lié à une inondation dans une cave. Cela relève du domaine privé ».

    Au moment où nous écrivons ces lignes, le syndic de copropriété, l’Agence de l’Étoile, n’avait pas répondu à nos sollicitations. Des travaux de consolidation ont néanmoins débuté dès ce jeudi matin dans la cave du numéro 3, désormais barricadée. « Nous allons remettre une poutre de fondation et reconstruire un mur porteur, explique Emmanuel Alongi, de LA Constructions. Avec la fuite d’eau, le mur s’est entièrement effondré : l’immeuble est aujourd’hui sans mur porteur côté façade. Nous allons le reconstruire au maximum. Il faudra une bonne semaine de travail. »

  • La chapelle Buffon, vingt ans de gâchis alors qu’elle allait enfin être confortée

    La chapelle Buffon, vingt ans de gâchis alors qu’elle allait enfin être confortée

    Au lendemain de l’incendie qui a ravagé la chapelle des Carmélites (4e) classée monument historique avec l’ensemble des bâtiments du parc Longchamp, le constat d’un gâchis s’impose. Victime collatérale de l’effondrement de la toiture : un os de baleine que le Musée d’Histoire Naturelle stockait, enseveli sous les gravats des voûtes. En 2003, un marché mal évalué qui prévoyait sa reconversion en salle de conférences ou de concerts, avait capoté. Puis la municipalité Gaudin avait sorti la chapelle de la grande opération de restauration du palais Longchamp. En mars 2022, l’édifice « en état de dégradation très avancé » est déclaré en péril imminent.

    Le confortement de la chapelle par la pose de quatre tirants forés était prévu pour octobre 2025. Le marché public tardivement lancé en juillet 2025 pour un montant global de 235 000 euros venait seulement d’être notifié le 10 mars 2026 aux entreprises Mariani et Vivian. Les subventions de la DRAC avaient été maintenues. Désormais, c’est le sauvetage de la chapelle qui doit être programmé. Les marins-pompiers ont envoyé hier un robot inspecter le site avant la venue des experts demain.

    D’où l’émoi du Collectif des écoles de Marseille et la « vive indignation » exprimée par l’association nationale Sites & Monuments : « Malgré une situation parfaitement identifiée, aucune mesure effective de sécurisation, de conservation ou de mise hors de danger n’a été mise en œuvre durant près de quatre années. Une telle inertie constitue une carence fautive manifeste. »

    Les agents du parc signalaient souvent au cours de leur tournée les intrusions de jeunes galopant sur les toits. La chapelle et ses abords sont tagués depuis des mois, y compris ses murs intérieurs. Pourquoi l’édifice de 1837 n’était-il pas équipé d’un détecteur de présence comme l’EPF le fait sur ses friches et immeubles vacants exposés au squat et aux dégradations ? Le marché de gros œuvre prévoyait justement la pose de protections anti-intrusion « afin d’éviter l’accès sur les toitures depuis l’appentis nord ».

    Pour ne prendre aucun risque, l’école maternelle Longchamp restera fermée. Depuis 4 ans toutes ses fenêtres en façade nord sont occultées pour parer à un risque d’effondrement de la chapelle.

  • Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    L’universitaire émérite Élisabeth Dorier, géographe au laboratoire Population Environnement Développement (LPED) d’Aix-Marseille Université, investigue depuis le drame de la rue d’Aubagne l’ingénierie complexe de la mise en sécurité des immeubles marseillais qui, depuis 2020, s’est considérablement renforcée et structurée.

    1 638 adresses en péril

    Selon les bilans de la Ville dont « plus de transparence est souhaitée » selon la géographe, 2 343 arrêtés de péril ont été pris entre novembre 2018 et septembre 2025. Le rythme annuel reste soutenu avec 250 nouvelles adresses depuis 2021 et 287 sur l’année 2025. La cartographie des 1 638 adresses en péril retenues (hors explosion de Tivoli, incendies, murs de soutènement, etc.) met en exergue les zones avoisinant le drame de la rue d’Aubagne, mais aussi l’héritage de périls anciens depuis 2014, traités alors par le mépris. Mais aussi ceux issus du regain d’attention et de l’action volontariste portés sur les 4 îlots prioritaires de la SPLA-IN (Société publique locale d’aménagement d’intérêt national) et les opérations en Orcod-IN (Opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national) sur déjà 4 des 17 copropriétés privées dégradées qui vont d’ailleurs générer de « nouveaux chassé-croisé de délogés ».

    « La municipalité n’a pas toutes les clés en main, analyse Élisabeth Dorier. Benoît Payan reste tributaire de politiques partenariales largement pilotées et financées par l’État et la Métropole. On l’a mesuré avec l’hostilité de Martine Vassal à l’encadrement des loyers, les freins mis à l’extension du permis de louer qui se réduit, sur la carte, à de petites tâches à la Belle de Mai et Hoche-Versailles. » La cartographie des arrêtés de mise en sécurité en procédure urgente correspond aussi « aux périmètres d’actions planifiés et notamment d’Euromed et à ses marges », observe la chercheuse, critique pour affirmer que « l’urgence est souvent mise au service de grands projets et là, je considère qu’il y a un dévoiement de l’urgence car beaucoup de ces immeubles dégradés étaient identifiés de longue date ».

    Évacuations en baisse

    Globalement, le nombre d’arrêtés de mise en sécurité pris en procédure urgente baisse et parmi eux, seuls les cas graves (70%) entraînent des évacuations. « D’un côté, il y a la volonté d’éviter la violence sociale d’évacuations traumatisantes en un quart d’heure en oubliant les lunettes et le chat. De l’autre, il y a l’argument du coût des évacuations car 80% des ménages sont relogés par la Ville. Les propriétaires privés collaborent peu au relogement de leurs locataires », observe-t-elle. Ce qui oblige ensuite la Ville à se lancer dans le recouvrement des frais d’hébergement avancés.

    Les mainlevées

    Les arrêtés de mainlevée progressent, ce qui est la traduction d’un traitement pérenne des situations. Les sorties de péril ont concerné 251 immeubles en 2025 et 220 en 2024, contre seulement 79 en 2021. Mais le stock d’adresses à suivre a augmenté avec plus de nouvelles procédures lancées que de procédures clôturées. La purge de l’immobilier indigne se poursuit.

    Relogements définitifs

    C’est un point de tension certain. Entre 2018 et 2025, 3 498 ménages, soit 7 776 personnes, ont été évacués. On estime à 25% le nombre de personnes ayant échappé à ce décompte officiel lors de la période folle 2018-2019. En tout, 454 ménages ont bénéficié d’un relogement définitif ailleurs qu’à l’adresse évacuée, à 92% en logement social, soit environ 12% des évacués. Dans cette part déjà congrue de relogés définitifs sont intégrés les 75 ménages du périmètre du haut de la rue d’Aubagne, relogés sous l’ancienne municipalité dans du social diffus et ceux dès 2019 des immeubles neutralisés par déclarations d’utilité publique.

    « Ce faible taux interroge la production de logements sociaux et exige un changement de braquet de la Métropole », alerte Élisabeth Dorier, qui est aussi membre du Comité de suivi de la Charte du Relogement. « Les relogements définitifs concernent surtout des évacués d’immeubles tellement délabrés ou de propriétaires tellement peu coopérants (travaux pas démarrés ou qui s’éternisent) qu’ils ont été placés sous maîtrise publique pour être rénovés », observe l’universitaire.

    « Les relogements définitifs butent sur les carences en logements sociaux dans les arrondissements centraux – où il y a pourtant de nombreux logements vacants ou utilisés en location saisonnière – et sur le fait que la quasi-totalité des logements sociaux marseillais sont concentrés dans les mêmes quartiers. » Autre frein, « le manque de solidarité métropolitaine et interarrondissements. Les pires carences en logements sociaux ne concernent pas la Ville de Marseille qui n’a pas la main. La Ville s’est engagée à fond dans le suivi des signalements, les missions de diagnostic et de placement sous arrêté de péril et elle se retrouve à devoir gérer l’hébergement provisoire de ménages que les propriétaires n’assurent pas, alors qu’ils ont été à la hauteur pour percevoir les loyers. La marge de manœuvre de la Ville en relogement est très faible car la Métropole n’est pas à la hauteur de ses prétentions. L’insuffisance de la production métropolitaine en logement social et les très forts déséquilibres sur son territoire sont criants », démontre Élisabeth Dorier.

    De guerre lasse, des évacués sortent d’eux-mêmes du dispositif pour se reloger par leurs propres moyens. En 2025, on compte une vingtaine de départs volontaires, mais aussi, selon la Ville, 61 ménages qui refuse de réintégrer le logement d’origine après mainlevée du péril. « Ce qu’on voit aussi tendanciellement, c’est l’éloignement au fil du temps du lieu de relogement. »

    Travaux d’office

    La municipalité a ouvert une autorisation de programme de 48 millions d’euros de travaux d’office, en novembre 2020. Sous Gaudin, le budget s’était perdu en études et conseils avec seulement 168 000 euros consacrés en 2018… En 2024, 40 chantiers ont été achevés, qui avaient mobilisé 3,9 millions d’euros aux frais avancés des propriétaires défaillants, contre 4,2 millions en 2023. Huit chantiers ont été achevés en 2025, cinq nouveaux ouverts au dernier trimestre dernier. 23 immeubles sont encore pris en charge.

  • Une barre d’immeuble évacuée après un incendie à Embrun

    Une barre d’immeuble évacuée après un incendie à Embrun

    En cause : un départ de feu dans une cave et des fumées qui se sont rapidement répandues dans le bâtiment.

    Environ soixante sapeurs-pompiers sont intervenus pour évacuer les habitants, ensuite hébergés pour la nuit dans des locaux mis à disposition par la municipalité. Deux personnes ayant inhalé des fumées, dont l’une au profil de santé fragile, ont été transportées en direction de l’hôpital le plus proche, mais aucun blessé grave n’est à déplorer.

    Les flammes sont restées circonscrites à la cave où le feu a pris. Une enquête est en cours afin de déterminer l’origine de l’incendie.

  • L’Union pour Arles aux bons soins des quartiers populaires

    L’Union pour Arles aux bons soins des quartiers populaires

    Les enfants de l’école Georges-Brassens, guidés par leur professeur de sport, ne sont pas découragés à la vue de leurs équipements en ce vendredi début d’après-midi. La cage de but de leur terrain synthétique est attachée à un filet troué, les grillages tiennent au fil de fer, tandis que le terrain de football à proximité, qui n’a plus de filets aux buts, laisse s’épanouir herbes et moustiques, en nombre.

    Ce n’est pas un hasard si Nicolas Koukas (PCF) et ses colistiers de l’Union pour Arles ont investi les abords du gymnase Angelin, dans le quartier du Trébon, pour leur conférence de presse dédiée aux quartiers. « On va réinvestir ces quartiers délaissés depuis 6 ans » prévoit le candidat, parlant d’un « plan d’investissement massif ». « Ça ne demande pas des millions de refaire la cage des buts et de grillager l’entrée pour éviter des feux », souligne-t-il en désignant l’arrière noirci du gymnase.

    Leur idée pour Arles est d’installer « des mairies annexes avec les drapeaux tricolores et de la Ville pour montrer que la puissance publique est là », d’après Nicolas Koukas, des lieux dans lesquels pourraient se côtoyer espaces culturels, antenne de la médiathèque, ou encore acteurs de l’accompagnement à l’emploi. « On pense aussi à France services pour faire ses démarches », complète Sylvette Carlevent.

    Démocratie participative

    Outre les services, Nicolas Koukas insiste sur le fait de « mettre les bailleurs face à leurs responsabilités », en rencontrant leurs dirigeants pour « leur mettre une pression constante sur l’entretien intérieur et extérieur des immeubles ». Le candidat propose le cadre d’un « contrat mixte entre la Ville et les bailleurs » sur la répartition des compétences : « Déchets, propreté, qui fait quoi ? Il n’y a pas de suivi, ça prendra du temps mais on n’abandonnera pas les quartiers. »

    Bruno Leclerc (NPA) souligne l’importance de « mettre en place la démocratie participative, engagement fort de l’Union pour Arles pour que les jeunes et les habitants des quartiers reprennent leur vie quotidienne en main » au travers des conseils de quartier. « Nous leur donnerons des moyens et nous lançons un large appel aux habitants pour en faire une structure de décision », insiste Nicolas Koukas. Fatima Benamar complète : « Un habitant est seul face à un gros groupe. Au conseil de quartier c’est différent. On est plus proche et moins isolé. »

    « Nous recruterons aussi un médecin au sein du service hygiène de la Ville » pour lutter contre les logements insalubres et « traiter rapidement les signalements », conclut Nicolas Koukas.

  • L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    C’est un sempiternel sujet, qui refait forcément surface à quelques jours des élections municipales : celui du stade Mayol, « très important pour la ville, au-delà du cadre du sport », affirme Bernard Lemaître, le président du RC Toulon. Une enceinte dont l’impact économique demeure majeur (243 emplois, 21,5 millions de chiffre d’affaires annuel), mais qui semble avoir atteint ses limites : classé 14e et dernier stade de l’élite du rugby français selon une étude du Midi Olympique, Mayol parvient « péniblement à 5 millions (8e total du Top 14) de CA annuel sur les hospitalités, quand nos concurrents font jusqu’à 13 millions », déplore Bernard Lemaître.

    Pas assez pour un club qui ambitionne de redevenir une place forte du rugby français, élément phare de l’identité toulonnaise, et qui se doit donc de jouir d’un stade d’une autre envergure, « pour le rayonnement et l’attractivité économique d’une ville moyenne comme Toulon. Il faut qu’on prenne des décisions rapidement », presse le président du RCT.

    L’objectif premier était de rénover le stade : « On a fait un travail avec des experts pendant plus de 6 mois. On a été rattrapé par l’actualité », explique Martin d’Argenlieu, directeur général adjoint du club. Au cours des 18 derniers mois, Mayol a connu des alertes de sécurité importantes : la pluie, tout d’abord, a conduit au report de deux rencontres et montré les limites de l’infrastructure, totalement inondée en septembre face à La Rochelle. Si bien que la Ligue nationale de rugby a menacé de délocaliser de futurs matches en cas d’alerte orange météo.

    Rénovation plus chère qu’un nouveau stade

    Autre problème majeur : en marge de travaux sur l’éclairage l’an dernier, des fragilités ont été repérées dans la structure de la tribune Lafontan, ensuite fermée en partie pendant plusieurs mois. « Il faut un diagnostic de solidité, on aurait pu avoir un morceau de béton dans la tribune », alerte Martin d’Argenlieu. « S’il faut remettre des étais, on en mettra. On n’a aucune autre alternative que de jouer à Mayol. Il faut tenir le temps d’un nouveau projet. »

    Car l’étroitesse et l’impossibilité de s’étendre sans toucher aux infrastructures à proximité (routes, immeubles, parking, palais Neptune, centre commercial…) complique l’idée d’une rénovation. La norme GEEM (Grands Équipements à Exploitation Multiple), référentiel national de sécurité des stades de plus de 15 000 places, impose des obligations impossibles à tenir (12 m d’espace libre autour du stade, 4 cages d’escalier pour les secours contre zéro aujourd’hui ; infirmerie et PC sécurité de 100 m², aire de stationnement pour les secours impossibles à créer…). Sans parler de l’impossibilité de couvrir les tribunes à cause de la structure existante, car le stade est bâti sur une zone marécageuse, rendant périlleux l’ajout de poids supplémentaire.

    Une rénovation coûterait 400 millions d’euros. Un nouveau stade 200 millions. Un argument dont la direction veut se servir pour convaincre les candidats à la mairie « d’abord méfiants, puis, je pense, progressivement séduits », avance Bernard Lemaître. « Les obstacles du Mayol actuel font réfléchir, tout comme la création d’un outil phare qui n’existe pas » (lire par ailleurs). Pour l’instant, la maire sortante Josée Massi a affirmé son opposition, arguant avoir « investi 8 millions en deux ans pour le stade » et « discuté d’un plan sur 6 ans avec le président. Où trouver le foncier et les 200 millions ? », demande-t-elle. Un avis partagé par Michel Bonnus, pour qui « il n’y a pas débat : on ne déplace pas Mayol ». Même son de cloche pour Isaline Cornil (LFI) : « Un enfant sur deux en 6e ne peut courir plus de 5 minutes. De nombreux équipements sont à rénover ou à créer. 200 millions, c’est trois fois le total annuel des investissements de la ville ! » La candidate RN Laure Lavalette, elle, se montre ouverte à l’idée si nécessaire. À gauche, Magali Brunel veut agir « en concertation et en responsabilité » et « par étapes. D’abord mettre le stade en sécurité, construire un bâtiment hospitalité devant, puis évaluer le modèle économique et les véritables besoins des acteurs ».