Intitulée « Paradis perdu », l’exposition « est une suite de celle de 2025, toujours dans notre envie de faire réfléchir, de sensibiliser le public en lui montrant des travaux photographiques de longue haleine et engagés », avance Valérie Laquittant, directrice d’ImageSingulières. Après le génocide des Amérindiens (Curtis), la crise de 1929 (Lange), l’internement d’Américains d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale (Adams), ce sont l’écologie et le social qui sont mis en lumière à la Cure d’Aumessas. Une exposition cette fois-ci plus contemporaine puisque les travaux réalisés par les deux artistes datent du début du XXIe siècle.
Deux regards
La première série, No agua, No vida, réalisée par John Trotter, s’intéresse aux dommages causés par l’Homme sur l’environnement. « Entre 2001 et 2017, John Trotter a travaillé sur le fleuve Colorado, il documente comment – depuis les montagnes rocheuses – ce fleuve a fini par s’assécher et n’arrive quasiment plus au delta du golfe de Californie. C’est notre petit coup de gueule écologique sur la crise terrible qui est en train de toucher le monde entier, sur la problématique de l’accès à l’eau », détaille Valérie Laquittant. Une problématique d’autant plus actuelle à l’heure où les fortes températures et la canicule font partie intégrante de la saison estivale. « On touche ici à la surexploitation des industries et à la non-préservation des zones humides, des fleuves. L’expansionnisme des villes tue petit à petit ce fleuve », poursuit Valérie Laquittant.
ImageSigulières emmène ensuite les visiteurs à New-York, plus précisément dans le Queens, pour prendre une claque devant la série de Juliana Beasley, Last stop Rockaway Park. « L’artiste était en immersion à Rockaway Park, un coin perdu du Queens. Entre 2002 et 2010, les habitants ont été abandonnés à leur sort et la plupart avaient des problématiques sociales, psychologiques. C’est un travail magnifique de portraits avec un style flashy, un peu trash », détaille la directrice d’ImageSingulières. Ce n’est d’ailleurs pas la première collaboration entre Beasley et l’équipe d’ImageSingulières. L’Américaine était déjà venue à Sète en résidence en 2010 pour sa deuxième monographie, Sète#2010. « Avec cette série, Juliana s’intéresse aux marges de la société, s’est attachée à des personnes que l’on cherche à cacher. On est face à des personnes que notre société nous pousse à ne plus regarder car il faut être instagrammable ou je ne sais quoi. » Deux regards pour montrer une Amérique très différente de l’imaginaire collectif. « Ces photos nous parlent de ce rêve américain qui est en train de s’écrouler. Les États-Unis, ce ne sont pas seulement les posts de Donald Trump mais c’est aussi ça. »
Louis Dupin
