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  • Un congrès de mobilisation pour la CGT de RTE Sud-Est

    Un congrès de mobilisation pour la CGT de RTE Sud-Est

    « Une chose est certaine, nous ne lâcherons rien sur notre statut, nos droits et nos conquis sociaux », affirme Guillaume Dobbels en conclusion du congrès de la CGT RTE Sud-Est, syndicat régional du gestionnaire public du réseau électrique haute tension. Ce dernier a été élu co-secrétaire général aux côtés d’Éric Prunieres lors du congrès tenu à Martigues jeudi.

    Un congrès tenu en pleine mobilisation des agents pour la préservation de leur statut particulier des Industries électriques et gazières (IEG). Après la mobilisation historique du 15 septembre dans la filière, Guillaume Dobbels assure que « ce n’est pas la fin de l’histoire, le 29 septembre sera une nouvelle journée de lutte pour nos salaires et pour la défense de nos services publics ». Et indique que la CGT est « toujours sans réponse à l’ultimatum lancé au premier ministre pour nous recevoir d’ici au 2 octobre ». La mobilisation est dans toutes les têtes et Éric Prunieres la justifie : « Derrière la question du tarif agent, c’est notre statut, notre contrat social et nos conquis collectifs qui sont au cœur de nos préoccupations. Ces droits ne sont pas des privilèges, ils sont le résultat de décennies de luttes et font partie de l’histoire des électriciens et des gaziers », affirme-t-il.

    Un pôle public de l’énergie

    Outre les conquis sociaux, le congrès du syndicat est l’occasion de débattre de l’avenir du métier à l’occasion d’une table ronde thématique. « Le projet actuel de l’entreprise est de réduire les équipes grâce à de nouveaux outils en développement. Notre statut protège et si le réseau fonctionne c’est grâce aux agents à statut, car le privé lui habilite à la volée », introduisait Éric Prunieres. Jérémie Balas, à la maintenance, rebondit : « Quand on voit la qualité de maintenance et les bons chiffres d’accident du travail, il faut le marquer qu’on veut continuer, au moins, voire aller plus loin. » « C’est aussi une question de sauvegarde des métiers et des compétences », selon Fabien Liénard, à la planification.

    « Certains producteurs ont le statut IEG, d’autres non, c’est une concurrence déloyale », pointe Henri Collomb, technicien retraité de RTE. « L’Europe a créé des fournisseurs bidon pour baisser le prix, mais l’inverse s’est produit. C’est une politique de copinage », complète-t-il. « Le gouvernement actuel est très proche des décideurs européens », relève Eric Prunieres, « certains producteurs organisent la pénurie pour vendre l’électricité plus cher ».

    « C’est pour ça qu’on revendique un pôle public de l’énergie, qui est un bien commun, et qu’on dénonce la TVA à 20% alors que l’énergie est un bien vital », renchérit Elsa Chaillan, technicienne de maintenance. « On doit expliquer aux gens que si la facture augmente, c’est pas notre faute car le prix de revient est toujours le même, mais de celle des marchands extérieurs qu’on nous a imposée pour la compétitivité », conclut Éric Prunieres. « Peut-être que la population voudra un jour reprendre la main, comme avec le prix de l’essence », rebondit Fabien Liénard. Un débat tout actuel.

  • À Marseille, les agents de l’énergie contre la « foutaise disciplinaire »

    À Marseille, les agents de l’énergie contre la « foutaise disciplinaire »

    « Pendant deux jours les agents ont déposé les sacoches et ont arrêté le travail car ils étaient choqués de la situation. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, résume l’état d’esprit des agents gaziers du site de Cantini à Marseille alors qu’un de leur collègue, et camarade, est visé par une procédure disciplinaire loin d’être anodine. « Mardi, la direction a remis à un agent un courrier en main propre dans lequel il est écrit noir sur blanc “J’envisage de vous infliger la mise en retraite d’office” », relate le syndicaliste.

    Un courrier dans le cadre d’un deuxième entretien préalable à sanction, mais la CGT dénonce « une foutaise disciplinaire » dans un tract bien senti. « On juge que c’est de la discrimination syndicale. La direction lui reproche des “irritants“, un terme du jargon GRDF, c’est-à-dire toutes les problématiques bénignes de l’agence, des choses que tous les agents font », précise Renaud Henry, sans rentrer dans les détails. En clair « des prétextes fallacieux et des raisons complètement infondées » qui visent un militant CGT.

    C’est surtout la potentielle « mise en retraite d’office », équivalent d’un licenciement pour les travailleurs au statut des Industries électriques et gazières (IEG) qui ne passe pas pour l’organisation syndicale. « On ne pensait pas que ça prendrait ces proportions. La mise en retraite d’office pour des faits aussi mineurs, ce n’est pas normal », tempête le secrétaire général. En tout cas, son syndicat en fait une affaire prioritaire et une question de principe. Il a réalisé une déclaration de danger grave et imminent (DGI) « pour risques psycho-sociaux » dans la foulée. Laquelle a été au menu d’un Comité social et économique extraordinaire, ce vendredi.

    « Un enjeu collectif »

    « Les agents du site sont tous anxieux. Ils craignent d’aller en conseil de discipline pour un oui ou pour un non. Dans le dossier disciplinaire du camarade ils ont tout et rien mis », poursuit Renaud Henry. Avant de marteler : « C’est un enjeu collectif qui va au-delà du cas du collègue : dans quelles conditions va-t-on travailler si l’on laisse passer une injustice pareille ? »

    Et la CGT compte passer à l’action rapidement, avec mobilisation et appel à la grève dans le viseur : « Ce mardi, on établit en assemblée générale un plan d’action et de lutte contre cette situation injuste. » Et ce, jusqu’à la convocation dudit agent, le 26 janvier prochain à Lyon…