Tag: ID Logistics

  • À Marseille, premiers pas des salariés d’ID Logistics aux prud’hommes

    À Marseille, premiers pas des salariés d’ID Logistics aux prud’hommes

    Le 15 octobre 2025, maître Mathilde Lanté versait 20 litiges aux affaires du Conseil de prud’hommes. C’est avec cette séance de conciliation que la bataille démarre pour ces vingt salariés, qui refusent de faire les frais à si bon compte de la mesure de licenciement peu cavalière de leur employeur. ID Logistics sélective 3 a usé d’une clause de mobilité lui permettant de proposer un poste à plus de 100 km de leur domicile aux 47 préparateurs de colis employés sur le hangar ouvert à Saint-Antoine (15e), deux ans plus tôt.

    « On veut retrouver nos droits, notre dignité. Et, au-delà, on souhaite que ce procès serve à d’autres. Il faut mettre un terme à cette pratique de licenciements déguisés », explique Alex Regnault, porte-parole des ex-salariés. Pour ces contractuels précaires du géant de la logistique, qui ont travaillé sans relâche dans des locaux délabrés et mal équipés, cette clause qui excluait tout dédommagement de transport, était « innacceptable. Et elle a été le prétexte à des licenciements pour faute grave. Ce qui a permis à la direction de masquer un motif économique, d’éviter un plan de sauvegarde de l’emploi », estime-t-il. Un terme brutal est mis à leur contrat la veille des fêtes de Noël, après une lutte de plus d’un mois, avec une grève et des d.ébrayages pour conserver leur travail.

    Travail qui consistait en grande partie à décharger des camions, étiquetter des centaines de paquets par jour. « On manipulait des colis, certains pesaient plus de 55 kg », témoignent les salariés. Un travail difficile dans des conditions souvant extrêmement éprouvantes. « Il pleuvait à l’intérieur de l’entrepôt. En hiver, on avait les mains gelées, un été, on étouffait ». Exploités, ils ont tenu jusqu’au bout : « Parce qu’on a besoin d’un travail, pour vivre, se loger, élever nos enfants ».

    6 000 de plus en 2026

    La méthode de l’employeur, leader international de la logistique contractuelle, blesse d’autant plus profondément ces licenciés qu’ils n’ont pas ménagé leurs efforts. « On s’est senti trahi. Et une faute grave, ça vous poursuit sur un CV », lâche Alex. Ce mardi matin, c’est la tête haute et sur le terrain judiciaire qu’ils passent à l’offensive, espérant faire jurisprudence. En menant la lutte à Marseille, Zaïr, Leila, Abdul, Robert, Mohammed ou Alex ont réalisé « que d’autres salariés subissaient le même sort sur d’autres sites et qu’il y avait une bataille collective à mener ».

    Les audiences s’ouvrent à Marseille alors que le groupe, qui a généré un chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros en 2024, annonce sur son site vouloir pour 2026 « recruter environ 6 000 collaborateurs pour soutenir sa dynamique internationale », dont « 2 000 aux états Unis et 1 500 en France ». Cette augmentation des effectifs répond « au lancement de nouvelles plateformes et à l’intensification des flux ». Gare aux clauses scélérates !

  • Virés par ID Logistics, ils ont le cran de David contre Goliath

    L’aventure d’ID Logistics dans le 15e arrondissement n’aura duré que trois ans. Préparée depuis un an, la bataille juridique qu’entament les ex-salariés contre la plateforme sera probablement « un combat de longue haleine », a prévenu maître Mathilde Lanté qui a pris leur dossier en main et annonce une « séance de conciliation le 20 janvier ». Mais l’enjeu est d’importance, « il s’agit pour eux de relever la tête, voire de redonner l’espoir aux salariés, le droit du travail doit être respecté ».

    En mettant la clé sous la porte à Saint-Antoine suite à une rupture de contrat avec son client Amazon, ID Logistics donnait un mois à ses 47 salariés pour accepter une mutation à 140 km. Une clause de mobilité prévue dans leur contrat qui permettait de les licencier pour faute grave en cas de refus. ID Logistics économisait ainsi la mise en place d’un plan sauvegarde de l’emploi (PSE) dans les règles et des indemnisations. Mais la pastille ne passe pas et depuis un an vingt salariés font preuve d’une grande détermination « pour démontrer qu’il y a eu licenciement économique, pour dénoncer les conditions insalubres dans lesquelles on a travaillé sans rechigner, pour non-respect du droit syndical…et parce que se faire jeter comme des kleenex nous a laminés », résume Alex Regnault, qui n’a pas retrouvé de travail depuis et a dû quitter son logement.

    Ce licenciement pèse encore sur leur vie. « C’était impossible de faire déménager toute ma famille à Bollène. Un vrai sale coup, ça m’a coupé les jambes », regrette Zaïr, 62 ans, qui n’est plus en activité et a vu ses ressources tomber de 1 600 euros à 970. « J’ai été cariste, maçon, j’ai travaillé dans la marine, l’aéronautique, mais à mon âge… » Dans la lutte syndicale avec la CGT, « en collectif », il trouve de quoi surmonter les « gros moments de déprime ».

    Viser la jurisprudence

    Leila, 35 ans, qui avait travaillé 6 ans chez Amazon s’est sentie « trahie par ce lâchage d’ID Logistics, qui a joué sur notre conscience professionnelle pour accepter de travailler dans un hangar qui prenait l’eau ». L’ex-chef de service n’a décroché qu’un CDD à temps partiel chez un fabricant de desserts, « en attendant un poste en lien avec mes compétences » et est hébergée chez une amie.

    Robert, 33 ans, père de deux enfants, a repris le volant comme VTC. « Mais ma carte avait expiré. J’ai dû me payer une formation car France Travail ne prend pas en charge l’auto-entrepreneur. » Abdul, 48 ans, qui a obtenu en mai dernier un contrat en Intérim dans le nettoyage, souligne : « J’ai un meilleur salaire et des tickets restos mais je me suis battu pour ça et ça ne change rien au fait qu’ID Logistics nous doit quelque chose. À commencer par le respect. » Mohamed, ex-chef d’équipe, devra accepter d’être déclassé pour trouver un emploi. « On nous a jetés et plombé avec la faute grave », dénonce-t-il en espérant que l’affaire fera jurisprudence.

  • Virés par ID Logistics, ils ont le cran de David contre Goliath

    Virés par ID Logistics, ils ont le cran de David contre Goliath

    L’aventure d’ID Logistics dans le 15e arrondissement n’aura duré que trois ans. Préparée depuis un an, la bataille juridique qu’entament les ex-salariés contre la plateforme sera probablement « un combat de longue haleine », a prévenu maître Mathilde Lanté qui a pris leur dossier en main et annonce une « séance de conciliation le 20 janvier ». Mais l’enjeu est d’importance, « il s’agit pour eux de relever la tête, voire de redonner l’espoir aux salariés, le droit du travail doit être respecté ».

    En mettant la clé sous la porte à Saint-Antoine suite à une rupture de contrat avec son client Amazon, ID Logistics donnait un mois à ses 47 salariés pour accepter une mutation à 140 km. Une clause de mobilité prévue dans leur contrat qui permettait de les licencier pour faute grave en cas de refus. ID Logistics économisait ainsi la mise en place d’un plan sauvegarde de l’emploi (PSE) dans les règles et des indemnisations. Mais la pastille ne passe pas et depuis un an vingt salariés font preuve d’une grande détermination « pour démontrer qu’il y a eu licenciement économique, pour dénoncer les conditions insalubres dans lesquelles on a travaillé sans rechigner, pour non-respect du droit syndical…et parce que se faire jeter comme des kleenex nous a laminés », résume Alex Regnault, qui n’a pas retrouvé de travail depuis et a dû quitter son logement.

    Ce licenciement pèse encore sur leur vie. « C’était impossible de faire déménager toute ma famille à Bollène. Un vrai sale coup, ça m’a coupé les jambes », regrette Zaïr, 62 ans, qui n’est plus en activité et a vu ses ressources tomber de 1 600 euros à 970. « J’ai été cariste, maçon, j’ai travaillé dans la marine, l’aéronautique, mais à mon âge… » Dans la lutte syndicale avec la CGT, « en collectif », il trouve de quoi surmonter les « gros moments de déprime ».

    Viser la jurisprudence

    Leila, 35 ans, qui avait travaillé 6 ans chez Amazon s’est sentie « trahie par ce lâchage d’ID Logistics, qui a joué sur notre conscience professionnelle pour accepter de travailler dans un hangar qui prenait l’eau ». L’ex-chef de service n’a décroché qu’un CDD à temps partiel chez un fabricant de desserts, « en attendant un poste en lien avec mes compétences » et est hébergée chez une amie.

    Robert, 33 ans, père de deux enfants, a repris le volant comme VTC. « Mais ma carte avait expiré. J’ai dû me payer une formation car France Travail ne prend pas en charge l’auto-entrepreneur. » Abdul, 48 ans, qui a obtenu en mai dernier un contrat en Intérim dans le nettoyage, souligne : « J’ai un meilleur salaire et des tickets restos mais je me suis battu pour ça et ça ne change rien au fait qu’ID Logistics nous doit quelque chose. À commencer par le respect. » Mohamed, ex-chef d’équipe, devra accepter d’être déclassé pour trouver un emploi. « On nous a jetés et plombé avec la faute grave », dénonce-t-il en espérant que l’affaire fera jurisprudence.

  • Licenciés d’ID Logistics, ils contre-attaquent au tribunal

    Licenciés d’ID Logistics, ils contre-attaquent au tribunal

    « On n’a pas lâché la lutte. On était dans la défense, on passe à l’attaque, ce mercredi 15 octobre », explique Alex Regnault, porte-parole des ex-salariés de l’entrepôt marseillais. « Tout ce temps a été mis à profit avec notre avocate, Mathilde Lanté, pour consolider les dossiers que nous irons déposer devant le conseil des prud’hommes. »

    En octobre 2024, ID Logistics, lâché par son quasi unique client Amazon, fermait les portes du hangar investi deux ans plus tôt à Saint-Antoine, dans le 15e arrondissement. Usant d’une clause de mobilité scélérate, l’employeur mettait brutalement un terme aux contrats précaires de ses salariés. En dépit d’une grève de plus d’un mois pour défendre leurs emplois, tous ceux qui ont refusé la mutation sur le site de Bollène, dans le Vaucluse, à plus de 130 km, ont été licenciés pour « faute grave ».

    Durant deux années, les salariés se sont succédé sur le site des quartiers nord pour décharger des camions, à bout de bras ou au transpalette, scanner des colis qui pouvaient dépasser les 55 kg, les trier ou les étiqueter. Le tout en étant chronométrés et dans un entrepôt au toit fuyant, sans chauffage ni climatisation, sans toilettes ni accès à l’eau. « Les plannings étaient communiqués à la dernière minute, des collègues se faisaient appeler en pleine nuit pour aller travailler, de 3h à 11h. En hiver, on avait tous les mains gelées, on crachait noir tellement c’était poussiéreux et pas ventilé. lors d’une coupure d’électricité, une équipe a travaillé à la lueur des phares des camions », témoigne Alex. Des conditions de travail indécentes qui amenaient à un turn-over et au recours à des contrats intérimaires très importants. « Sur 80 employés, on pouvait avoir 50 intérimaires. »

    Les maillons de la chaîne logistique se fendent

    « Mais on avait besoin d’un travail », justifie l’ancien salarié, pour ceux qui, comme lui, ont tenu le coup pendant deux ans. « Nous sommes majoritairement des mères et pères de familles nombreuses, certains avec des maladies chroniques, d’autres qui habitaient loin de l’entrepôt ont même déménagé pour s’en rapprocher et fait changer d’école leurs enfants en cours d’année », précise le jeune homme, devenu porte-parole du collectif contre ID Logistics et Amazon.

    Quand la direction leur impose le choix entre accepter une mutation à Bollène ou démissionner, c’est le coup de massue. « Il faut compter plus de 270 km aller-retour quotidiennement, le tout payé au Smic, alors que le coût du déplacement, pour nous, aurait été de plus de 900 euros par mois ! », précise Alex. Les salariés entament une grève pour négocier. Tentative vaine en dépit des actions et conférences menées et des nombreux soutiens qu’ils trouvent avec l’UD CGT, comme auprès du syndicat créé par Hervé Street, ancien patron marseillais d’une société de transports, devenu un symbole de la lutte contre la précarisation dans la sous-traitance en s’attaquant à FedEx, et de parlementaires de gauche.

    Mais ils ont appris à se battre et « même si on a été virés, on ne lâche pas sur la dignité. On n’acceptera jamais la faute grave, c’est un truc qui vous colle à la peau toute une carrière et c’était totalement déloyal », explique le collectif, qui a décidé de saisir la justice. Aujourd’hui, « pratiquement tous au chômage et dans des situations très précaires, on cherche une sorte de justice qui reconnaisse le traitement abusif de ce système déjà bien rodé des plateformes de logistique, qui broie les salariés et use d’aides d’état », indiquent les ex-salariés d’ID Logistics. « Et qui pourrait faire jurisprudence pour tous les autres dans notre cas. »

    Car, « quand on a commencé la grève, on s’est rendu compte que ces problématiques étaient très répandues dans la majorité des entrepôts ». Leur pétition lancée sur change.org intitulée « Non aux licenciements déguisés ! Solidarité avec les ID Logistics Amazon Marseille ! » pourrait faire boule de neige. Rendez-vous est donné à 13h30 le mercredi 15 octobre devant le tribunal de la rue Rigord, une tribune à signer à l’appui.

  • Licenciés d’ID Logistics, ils contre-attaquent au tribunal

    « On n’a pas lâché la lutte. On était dans la défense, on passe à l’attaque, ce mercredi 15 octobre », explique Alex Regnault, porte-parole des ex-salariés de l’entrepôt marseillais. « Tout ce temps a été mis à profit avec notre avocate, Mathilde Lanté, pour consolider les dossiers que nous irons déposer devant le conseil des prud’hommes. »

    En octobre 2024, ID Logistics, lâché par son quasi unique client Amazon, fermait les portes du hangar investi deux ans plus tôt à Saint-Antoine, dans le 15e arrondissement. Usant d’une clause de mobilité scélérate, l’employeur mettait brutalement un terme aux contrats précaires de ses salariés. En dépit d’une grève de plus d’un mois pour défendre leurs emplois, tous ceux qui ont refusé la mutation sur le site de Bollène, dans le Vaucluse, à plus de 130 km, ont été licenciés pour « faute grave ».

    Durant deux années, les salariés se sont succédé sur le site des quartiers nord pour décharger des camions, à bout de bras ou au transpalette, scanner des colis qui pouvaient dépasser les 55 kg, les trier ou les étiqueter. Le tout en étant chronométrés et dans un entrepôt au toit fuyant, sans chauffage ni climatisation, sans toilettes ni accès à l’eau. « Les plannings étaient communiqués à la dernière minute, des collègues se faisaient appeler en pleine nuit pour aller travailler, de 3h à 11h. En hiver, on avait tous les mains gelées, on crachait noir tellement c’était poussiéreux et pas ventilé. lors d’une coupure d’électricité, une équipe a travaillé à la lueur des phares des camions », témoigne Alex. Des conditions de travail indécentes qui amenaient à un turn-over et au recours à des contrats intérimaires très importants. « Sur 80 employés, on pouvait avoir 50 intérimaires. »

    Les maillons de la chaîne logistique se fendent

    « Mais on avait besoin d’un travail », justifie l’ancien salarié, pour ceux qui, comme lui, ont tenu le coup pendant deux ans. « Nous sommes majoritairement des mères et pères de familles nombreuses, certains avec des maladies chroniques, d’autres qui habitaient loin de l’entrepôt ont même déménagé pour s’en rapprocher et fait changer d’école leurs enfants en cours d’année », précise le jeune homme, devenu porte-parole du collectif contre ID Logistics et Amazon.

    Quand la direction leur impose le choix entre accepter une mutation à Bollène ou démissionner, c’est le coup de massue. « Il faut compter plus de 270 km aller-retour quotidiennement, le tout payé au Smic, alors que le coût du déplacement, pour nous, aurait été de plus de 900 euros par mois ! », précise Alex. Les salariés entament une grève pour négocier. Tentative vaine en dépit des actions et conférences menées et des nombreux soutiens qu’ils trouvent avec l’UD CGT, comme auprès du syndicat créé par Hervé Street, ancien patron marseillais d’une société de transports, devenu un symbole de la lutte contre la précarisation dans la sous-traitance en s’attaquant à FedEx, et de parlementaires de gauche.

    Mais ils ont appris à se battre et « même si on a été virés, on ne lâche pas sur la dignité. On n’acceptera jamais la faute grave, c’est un truc qui vous colle à la peau toute une carrière et c’était totalement déloyal », explique le collectif, qui a décidé de saisir la justice. Aujourd’hui, « pratiquement tous au chômage et dans des situations très précaires, on cherche une sorte de justice qui reconnaisse le traitement abusif de ce système déjà bien rodé des plateformes de logistique, qui broie les salariés et use d’aides d’état », indiquent les ex-salariés d’ID Logistics. « Et qui pourrait faire jurisprudence pour tous les autres dans notre cas. »

    Car, « quand on a commencé la grève, on s’est rendu compte que ces problématiques étaient très répandues dans la majorité des entrepôts ». Leur pétition lancée sur change.org intitulée « Non aux licenciements déguisés ! Solidarité avec les ID Logistics Amazon Marseille ! » pourrait faire boule de neige. Rendez-vous est donné à 13h30 le mercredi 15 octobre devant le tribunal de la rue Rigord, une tribune à signer à l’appui.