Tag: Ian Brossat

  • Le PCF appelle à amplifier le mouvement social sans attendre la présidentielle

    Le PCF appelle à amplifier le mouvement social sans attendre la présidentielle

    Alors que le mouvement lycéen secoue l’ensemble du pays, les membres du conseil national du PCF se sont retrouvés sous la coupole de la place du Colonel-Fabien pour examiner l’actualité et faire le point sur la campagne de Fabien Roussel.

    « Ce n’est pas rien d’avoir une campagne présidentielle qui se déroule en plein mouvement social », relève Ian Brossat, directeur de campagne et porte-parole du PCF. « C’est une bonne nouvelle qui impacte ce que disent les autres forces. Le RN a commencé par dire qu’il ne comprenait rien aux revendications des lycéens, puis qu’il fallait leur répondre, mais dans la réalité, il présente un super plan d’austérité avec 140 milliards d’économie jusqu’en 2030. C’est l’austérité XXL qu’il propose », martèle le sénateur de Paris.

    Fabien Roussel se félicite aussi du bouillonnement social en cours : « Il ne faut pas attendre la présidentielle ! Dans la rue avant les urnes, c’est l’appel que j’ai lancé à la Fête de l’Huma. » Après la mutilation de plusieurs jeunes, il dénonce vivement « la politique de maintien de l’ordre. Il faut en changer et écouter ce que dit la CGT Police sur ces questions-là ». « Quand il y a des violences, c’est quand il n’y a pas d’organisations de jeunes, pas de syndicats. Je souhaite que la JC sorte renforcée de ce mouvement. On doit aider, accompagner comme nous l’avons fait cette semaine », ajoute-t-il.

    Le secrétaire national insiste ensuite sur l’importance de conjuguer ce mouvement avec les mobilisations pour les salaires et contre la vie chère. « Il y a les sapeurs-pompiers qui sont toujours en grève, la fonction publique qui se mobilise, le 17 octobre le rendez-vous sur les ronds-points, le 5 novembre, un appel à la grève interprofessionnelle… », énumère-t-il. Pour donner des perspectives politiques à ces différentes colères, il annonce la publication prochaine d’un contre-projet de budget.

    Pour Ian Brossat, la campagne de Fabien Roussel a déjà imprimé dans le débat public l’idée de nationalisation de Total comme réponse à l’explosion du prix des carburants. « Les communistes ont massivement fait le choix d’un candidat, Fabien Roussel, nous allons mener une campagne d’idées pour faire grandir la conscience de classe, une campagne utile au mouvement social et utile à gauche, pour élargir son socle sans polémique avec les autres candidats », rappelle-t-il.

    Projet en construction

    Jérémy Bacchi, sénateur des Bouches-du-Rhône, lance quant à lui, à l’occasion de ce conseil national, l’élaboration du projet présidentiel dont il est le coordinateur. Par la suite, les dirigeants communistes ont fait le point sur les résultats des sénatoriales. Les quatre sénateurs PCF sortant ont été réélus.

    Enfin, un temps de travail sur l’organisation s’est tenu à la suite du XLe congrès. Objectif : consolider le PCF dans la proximité en développant des cellules, mais aussi améliorer le fonctionnement et la coordination de toutes les instances.

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    Face à la presse ce mardi après-midi, le ministre de l’Économie Roland Lescure s’en prend à ceux qui « soufflent sur les braises ». Et promet : « Nous entendons les inquiétudes des Français, qui parfois s’expriment sous la forme d’une colère. Nous devons y répondre, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui. » Après une double réunion lundi, le gouvernement a finalement dévoilé ses mesures pour faire face à la flambée des carburants. Sans changer nullement de cap. « Dès le début de la crise, l’État a apporté une réponse immédiate avec des mesures ciblées, adaptées et temporaires, résumait le résident de Bercy. Cette stratégie est inchangée, nous allons l’amplifier et l’élargir. »

    Ne pas taxer Total

    Le dispositif « Grands rouleurs » est ainsi renouvelé et doublé, avec un chèque de 100 euros pour les trois derniers mois de l’année. Surtout, il est étendu à 2,5 millions de personnes supplémentaires, pour viser 5,5 millions des 40% de Français les plus pauvres roulant au moins 15 kilomètres pour aller au travail, avec un versement automatique pour ceux qui en bénéficient déjà. Le plafond de défiscalisation de la prime carburant payé par les employeurs est aussi relevé à 1 000 euros, et le gouvernement promet de maintenir les chèques énergie pour 2027 en les versant au mois de janvier. Quant aux secteurs les plus exposés, les aides sont renouvelées pour les secteurs du BTP, de l’agriculture, des soignants à domicile et surtout de la pêche, pour laquelle elles atteignent le maximum de la réglementation européenne.

    Montant total de l’enveloppe consentie : 450 millions d’euros. Mais malgré l’ampleur de la crise, le gouvernement n’a même pas à revoir ses maquettes budgétaires pour débloquer ces aides. Moins de la moitié des ménages qui pouvaient en bénéficier jusqu’à présent ne les ont pas réclamées. L’effort sur l’année reste fixé à 1,4 milliard d’euros, quand l’Espagne avait annoncé 5 milliards au mois d’avril.

    Malgré les demandes des oppositions, pas question de baisser les taxes sur les carburants. « Ceux qui annonceraient des baisses d’impôts généralisées aujourd’hui seraient ceux qui annonceraient demain des hausses des taxes généralisées », pointe le ministre des Comptes publics David Amiel. Lui refuse de faire jouer la solidarité nationale : toutes les aides sont adossées à des coupes budgétaires. Pas question non plus de souscrire à la taxation des superprofits des groupes pétroliers, réclamée fin août à la Commission européenne par six pays. « Nous ne sommes pas tout à fait égaux par rapport à cette situation, défend Roland Lescure. Nous avons une grande major intégrée, qui participe au fait que nous n’avons pas de problèmes d’approvisionnement et qui plafonne les prix de l’essence dans un certain nombre de stations. » De quoi venir à la rescousse de Total qui annonçait 10 milliards de bénéfices nets au premier semestre. Le ministre préfère une enquête européenne sur les marges des raffineurs, demande déjà refusée par la Commission européenne.

    Yves Souben

    CE QU’ILS PENSENT

    Marc Pietrosino, Secrétaire général UD CGT 13, Marseille

    « Il n’y a pas eu d’annonces sur les salaires. Quand on paie pour aller travailler, la meilleure façon de contrer cela, c’est d’augmenter les salaires. La politique des chèques ne suffit pas. Le gouvernement a aussi beaucoup parlé d’électrification… Heureusement qu’on a mené le combat pour que la centrale de Gardanne tourne ! »

    A.B.

    Hervé Gout-Vernier, Marin-pêcheur, Martigues

    « Le prêt à taux zéro est une connerie : ça ne fait que reculer l’échéance du coup de grâce si la situation ne s’arrange pas. On nous prête de l’argent pour faire tampon avec les aides promises, qui tardent à arriver et pour un gasoil qui continue à monter. Qu’on fixe les prix du gasoil pour tout le monde et ce sera plus simple. »

    An.M.

    Gaëlle Cannat, Infirmière, Éguilles

    « On est partagés. La dernière fois rien ne nous concernait. Il y a eu un élargissement, avec un bonus pour les territoires ruraux, qui concerne visiblement 25 000 infirmières. C’est toujours bien si ça aide des collègues. Mais cela reste des mesures limitées dans le temps, ça ne sécurise pas notre exercice sur le long terme. Je dirai : bien mais peut mieux faire. »

    M.M.

    Jean Pugens, CGT retraité Bouches-du-Rhône, Roquevaire

    « Les mesures concernent les actifs, mais l’aide est loin de répondre à l’ensemble des travailleurs. Par ailleurs, les retraités aussi sont concernés par la flambée des prix : certains réduisent leur déplacement. Pour répondre au problème, nous revendiquons surtout le maintien de la gratuité des transports sur la Métropole. »

    M.M. et A.B.

    Philippe Antoine, Syndiqué CGT 04, Sisteron

    « On est loin du compte. Ça ne répond pas à ce que nous, en tant que syndicalistes, nous posons comme problème. Il faut repenser les choses, que l’ensemble des entreprises payent, qu’elles prennent désormais en compte le lieu de vie de leurs salariés. Les déplacements domicile-travail doivent être couverts par les employeurs. »

    M.M.

    Thierry Gozzerino, Agriculteur membre d’un réseau Amap, Salon-de-Provence

    « Ma comptable m’a déjà dit que j’avais dépassé mon barème en euros de gazole de l’an passé. Cette année entre camions et tracteurs, je vais faire pas loin de 10 000 euros. C’est monstrueux. 15 cts d’euros par litre ? C’est vraiment pas grand-chose. Je m’interroge sur mon orientation. »

    M.-L.T.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, candidat à la présidentielle et secrétaire national du PCF

    « Le gouvernement n’entend pas la colère qui monte face à la hausse des prix du carburant. Il choisit les petits chèques très ciblés. Alors que les gros profits de Total vont eux exploser. Nous continuerons de nous battre pour la baisse des taxes et la nationalisation de Total. (…) C’est une trahison que d’avoir de telles marges et de faire de l’argent sur le dos de nos compatriotes. »

    Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « Si on n’a pas une réaction à la hauteur de l’État, on aura une implosion sociale. À chaque fois qu’il y a une guerre qui déclenche une hausse des prix, les multinationales du pétrole et du gaz font des bénéfices records. »

    Ian Brossat, sénateur et porte-parole du PCF

    « Depuis 10 ans, Macron a condamné les travailleurs à devenir mendiants, à quémander chèques énergie, chèques carburants, prime d’activité. Stop ! La solution : baisse des taxes injustes sur les carburants, augmentation des salaires. »

    Jérôme Guedj, député PS et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « La crise des carburants n’est peut-être pas la faute directe de notre gouvernement, l’endiguer, si. Quand la guerre du Golfe éclatait, les socialistes protégeaient les Français en fixant les marges. Aujourd’hui, on surtaxe ceux qui sont les plus vulnérables sans faire contribuer les plus aisés. »

    Mathilde Panot, députée et présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

    « Il est urgent de décréter l’état d’urgence sociale. Les marges des raffineurs ont été multipliées par 7,5. Total se gave : 11,2 milliards de bénéfices en six mois sur le dos du peuple de France. Il faut bloquer les prix et les marges. »

    David Amiel, ministre des Comptes publics

    « Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura pas de cagnotte. Ceux qui aujourd’hui viennent annoncer des baisses d’impôt générales annonceront demain des hausses de taxes générales pour pouvoir les compenser. »

    Roland Lescure, ministre de l’Économie et des finances

    « C’est une situation qu’on n’a pas choisie. Il y aura très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre, mais ce qu’il n’y aura pas, c’est une baisse de taxe généralisée. »

    Éric Ciotti, maire (UDR) de Nice

    « Face à l’explosion du prix des carburants, le gouvernement fait le choix de l’usine à gaz et des chèques bureaucratiques au lieu d’avoir le courage de la clarté en baissant la TVA ! Bureaucratie et suradministration ne régleront rien pour le pouvoir d’achat, mais augmenteront la dépense publique ! »

    David Lisnard, maire (NE) de Cannes et président de l’Association des maires de France

    « Multiplier des chèques ciblés à 450 millions d’euros finance la dette par la dette. La seule mesure de bon sens immédiate est la suppression pure et simple des verrous réglementaires comme les certificats d’économie d’énergie. »

  • [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    La Marseillaise : La Fête de l’Humanité arrive ce week-end, l’occasion de lancer officiellement la campagne présidentielle de Fabien Roussel (PCF). Quels messages allez-vous porter ?

    Ian Brossat : D’abord, c’est une rentrée qui se fait dans un climat particulier avec une question du pouvoir d’achat qui revient de manière très puissante. Différents éléments y contribuent : l’explosion du prix des carburants, une inflation galopante, l’augmentation du prix de l’alimentation et des difficultés accrues pour le monde du travail. Tout ça sur fond de salaires qui stagnent et une rémunération du travail qui ne permet pas du tout de faire face à l’augmentation des prix. Ça, c’est sur le plan social. Sur le plan environnemental, nous sortons d’un été qui a été meurtrier avec des incendies monstrueux, qui ont ravagé l’équivalent de 4 fois la surface de Marseille. La canicule a fait 8 000 morts, ce qui est absolument considérable. C’est l’équivalent de ce qui s’est passé lors de la canicule de 2003. Tout ça mis bout à bout, avec une crise écologique et une crise sociale qui prennent une dimension très forte, appelle une rupture majeure en matière de politique publique. Il y a besoin de changements radicaux par rapport à ce qu’on a connu au cours des dix dernières années avec Macron. C’est ce que nous voulons porter avec la candidature de Fabien Roussel.

    La lutte contre l’extrême droite doit aussi être abordée ce week-end. Comment la combattre ?

    I.B. : Je dirais de deux manières. Premièrement, en dénonçant les impostures de l’extrême droite. L’extrême droite veut nous faire croire qu’elle propose des solutions à ceux qui n’arrivent pas aujourd’hui à boucler leur fin de mois. La réalité, c’est que le RN, dans les institutions où il siège, est l’ennemi des travailleurs. L’extrême droite vote main dans la main avec la macronie contre l’augmentation du SMIC, contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, contre les prélèvements sur les milliardaires. En réalité, il y a une grande duplicité de l’extrême droite qui veut nous faire croire qu’elle est l’amie des travailleurs et qui, dans les institutions, se comporte en pur valet du capital. Ça, c’est la première chose. La deuxième, c’est que pour faire reculer l’extrême droite, il faut que la gauche redonne espoir et surtout qu’elle recrée de la conscience de classe. La réalité, c’est que – et ce sera le message que Fabien Roussel portera tout au long de la campagne – pour gagner le monde du travail, la classe travailleuse doit être unie, par-delà les différences de couleur de peau ou de religion. Ce qui doit nous unir, ce sont nos intérêts communs. Et pour faire triompher nos intérêts communs, il ne faut pas laisser s’installer le venin de la division, ce que l’extrême droite fait matin, midi et soir.

    La candidature de Fabien Roussel a été pointée par certains comme pouvant entraîner une division des voix à gauche.

    Que répondez-vous ?

    I.B. : Dans la Ve République, la gauche n’a jamais gagné avec un candidat unique au premier tour. Elle a eu un candidat unique à deux reprises, en 1965 et en 1974. Dans les deux cas, cela s’est traduit par un échec. Lorsque la gauche a gagné, elle a pu s’appuyer sur des candidats divers au premier tour qui lui ont assuré la victoire au second tour grâce à un total des voix de gauche plus conséquent. Notre candidature n’est pas là pour affaiblir la gauche ou pour concurrencer d’autres candidats de gauche. Elle vise à élargir le socle de la gauche et à faire en sorte qu’on soit plus fort au second tour, pour battre la droite et l’extrême droite. Ensuite, parmi les différents candidats de gauche qui se présentent, il y a des propositions différentes qui sont faites. Ça ne serait pas honnête de les passer sous silence et de faire semblant qu’on est d’accord sur tout. Prenons l’exemple très concret du nucléaire. Si nous voulons diminuer notre empreinte carbone, ce qui est fondamental, il faut diminuer nos importations et donc réindustrialiser notre pays. Or, pour développer une industrie propre, une industrie verte, il faut qu’on puisse s’appuyer sur des énergies décarbonées. C’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à un mix énergétique nucléaire renouvelable. Nous sommes d’ailleurs le seul parti politique à gauche à défendre le nucléaire, non pas comme une obsession, mais simplement parce que c’est une condition indispensable pour réindustrialiser notre pays.

  • Dans les Alpes-Maritimes, les communistes dans la bataille des sénatoriales face à l’extrême droite

    Dans les Alpes-Maritimes, les communistes dans la bataille des sénatoriales face à l’extrême droite

    Dans un département où l’extrême droite l’a emporté à Nice, Menton ou encore Cagnes-sur-Mer, le maire communiste de Contes, Francis Tujague, conduit une liste d’union pour faire obstacle à la vague brune qui se prépare aux sénatoriales.

    En 2020, la liste de Dominique Estrosi-Sassone (LR) avait fait le grand chelem en emportant les 5 sièges à pourvoir dans les Alpes-Maritimes. Cette année le scénario promet d’être bien différent puisqu’après la défaite de Christian Estrosi à Nice, la sortante est concurrencée par son ancienne colistière et sénatrice antiboise Alexandra Borchio Fontimp mais aussi par le député européen ciottiste Laurent Castillo, élu de la majorité niçoise.

    Pour Julien Picot, secrétaire départemental du PCF qui faisait sa rentrée politique samedi soir, place Saint-Roch, impossible pour la gauche de rester spectatrice de cet affrontement. « Notre candidat Francis Tujague est maire depuis 30 ans, sa gestion est exemplaire, il connaît tous les maires ruraux du département », argumente-t-il en présence du sénateur de Paris, Ian Brossat, venu pour l’occasion. Le porte-parole du PCF appelle à faire entendre une autre voix au Sénat. « Après l’été que nous avons passé, nous avons révélé que les crédits de l’État pour la rénovation des logements sociaux s’élèvent à… Zéro ! Zéro ! », dénonce-t-il.

    Francis Tujague, réélu au premier tour à 74% dans sa commune, entend créer la surprise dans ce scrutin à la tête d’une liste d’union, soutenue par le PS et les écologistes. Jean-Christophe Picard dissident écologiste empêchera-t-il l’union de la gauche d’emporter un siège ? Juliette Chesnel-Le Roux et Laurent Lanquar-Castiel sont venus rappeler le soutien départemental et national des écologistes à Francis Tujague.

    Verdict le 27 septembre.

  • Le nouvel exécutif national du PCF

    Le nouvel exécutif national du PCF

    Suite logique du 40e congrès qui s’est tenu début juillet à Lille, la direction communiste nouvellement élue s’est doté, lors de sa première réunion en marge de l’université d’été du PCF, d’un exécutif remanié. La liste proposée a été élue avec 108 voix pour (89%), 13 contre et 10 abstentions.
    Composé à parité, il compte 36 membres. Sa moyenne d’âge se situe à 48 ans. 16 membres sortants n’ont pas été reconduits et 16 autres changent de responsabilité.

    Fabien Roussel (59) Secrétaire national Reconduit au CEN

    Jérémy Bacchi (13) Projet communiste ; suivi Provence-Alpes-Côte d’Azur Reconduit au CEN

    Charlotte Balavoine (93) International, déploiement des campagnes auprès des fédérations Entrée au CEN

    Amar Bellal (35) Écologie Reconduite au CEN

    Hélène Bidard (75) Relations avec le Parti de la gauche européenne (PGE) Reconduite au CEN

    Stéphane Bonnéry (94) Coordination du CEN, lien au CN, suivi des commissions nationales et coordination des revues Reconduit au CEN

    Vincent Boulet (75) Politique de paix, de défense et relations avec les partenaires internationaux Reconduit au CEN

    Ian Brossat (75) Porte-parolat, suivi Île-de-France Reconduit au CEN

    Fanny Chartier (75) Développement des pratiques militantes Entrée au CEN

    Taylan Coskun (93) Coordinateur des moyens institutionnels et juridiques Reconduit au CEN

    Cécile Cukierman (42) Élections, institutions et collectivités Reconduite au CEN

    Léon Deffontaines (80) Communication et suivi des Hauts-de-France Reconduit au CEN

    Sophie Delfino (05) Suivi des nouvelles adhésions Entrée au CEN

    Bénédicte Dupont (59) Discussion à finaliser Entrée au CEN

    Fabien Gay (93) Directeur de L’Humanité Reconduit au CEN

    Clara Gimenez (34) Développement des cellules Reconduite au CEN

    Marie-Jeanne Gobert (14) Médiation et règlement des conflits Reconduite au CEN

    Christophe Grassullo (94) Trésorier national Reconduit au CEN

    Gladys Grelaud (29) Ruralités et suivi Bretagne Reconduite au CEN

    Fatima Khallouk (94) Handicap Entrée au CEN

    Pierre Lacaze (31) Relations extérieures ; relations avec les groupes parlementaires et les partis ; suivi Occitanie et relations avec l’Outre-mer Reconduit au CEN

    Céline Lecat (62) Campagnes de solidarité concrète Entrée au CEN

    Véronique Mahé (44) Lien avec les fédérations Reconduite au CEN

    Frédéric Mellier (33) Entreprises et lieux de travail Entrée au CEN

    Yannick Monnet (03) Affaires sociales Reconduit au CEN

    Özer Öztorun (94) Politique des cadres et quartiers populaires Entrée au CEN

    Nadège Plaineau (50) Discussion à finaliser Entrée au CEN

    Léna Raud (93) Jeunesse Entrée au CEN

    Guillaume Roubaud-Quashie (92) Mouvement des idées ; Président de la Fondation Gabriel Péri Reconduit au CEN

    Aymeric Seassau (44) Relations avec les syndicats Reconduit au CEN

    Patricia Tejas (84) Économie, Finances publiques Reconduite au CEN

    Muriel Ternant (90) Éducation et suivi Bourgogne-Franche-Comté Reconduite au CEN

    Sylvie Vinceneux (83) Logement Entrée au CEN

    Shirley Wirden (75) Droits des femmes et féminisme Reconduite au CEN

    Bora Yilmaz (54) Lutte contre le racisme et l’antisémitisme et suivi Grand-Est Entrée au CEN

    Igor Zamichiei (75) Vie du Parti Reconduit au CEN

    Membres invités

    Bastien Bonnargent (75) Secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF)

    Stéphane Peu (93) Président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale

    Philippe Rio (91) Président de la Coopérative des élu·es communistes, républicain·es et citoyen·nes

    Camille Mongin (29) Secrétaire nationale de l’Union des étudiants communistes (UEC)

  • Visite amicale de Ian Brossat à la soirée de la section PCF du Rove

    Visite amicale de Ian Brossat à la soirée de la section PCF du Rove

    Élus, militants et sympathisants
    ont rempli la salle des fêtes municipale et ont été chaleureusement accueillis par le maire, Paul Sabatino.

  • Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes ont rendez-vous avec les urnes dans chacune de leur section jusqu’à ce dimanche.

    Objectif choisir le texte qui deviendra la base commune de discussion de l’ensemble des adhérents durant les congrès de section les 13 et 14 juin, puis départementaux les 19, 20 et 21 juin et enfin le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet.

    Quatre textes sont soumis au choix des communistes. Il y a d’abord le projet de base commune adopté à 77% par le conseil national, intitulé « Un communisme de conquêtes » que le secrétaire national Fabien Roussel soutient de même que les porte-parole Léon Deffontaines ou Ian Brossat.

    Les statuts du PCF prévoient que si ce projet ne convient pas à au moins 300 adhérents répartis dans plusieurs fédérations, il est possible de présenter des textes alternatifs.

    C’est le cas de « communistes à l’offensive », un texte soutenu notamment par la députée Elsa Faucillon ou dans notre région les élus Pierre Dharréville, Jean-Marc Coppola ou Audrey Garino.

    Débat pluraliste mais pas de tendances

    Mais aussi du texte « Stratégie communiste » signé par plusieurs jeunes responsables départementaux dont Fanny Chartier, secrétaire à l’organisation de la fédération de Paris.

    Et enfin le texte « Résister et construire, une nouvelle page du communisme », signé notamment par plusieurs membres de la commission économique du PCF dont Frédéric Boccara.

    En débat entre les différentes orientations proposées : la question de la présidentielle et des législatives à venir mais aussi la notion de socialisme.

    Les textes sont disponibles en totalité et en résumé sur le site congres2026.pcf.fr

    Selon les règles de fonctionnement du PCF qui prévoient un débat pluraliste mais rejette le fonctionnement en tendances propre aux organisations social-démocrates, c’est le texte qui recueillera le plus de voix qui deviendra ensuite celui de l’ensemble des communistes.

    Seuls les adhérents à jour de leurs cotisations sont susceptibles de prendre part au vote.

    Les communistes auront ensuite la charge de l’amender pour l’améliorer et en faire un texte qui les rassemble le plus possible.

  • Pour la libération d’une victime de la rue d’Aubagne

    Pour la libération d’une victime de la rue d’Aubagne

    Reda Manaa, ressortissant tunisien, est menacé d’expulsion. Détenu au centre de rétention administrative du Canet (14e), il est l’une des victimes directes des effondrements des 63 et 65 de la rue d’Aubagne, desquels il a miraculeusement survécu, mais où huit personnes ont perdu la vie en cette matinée tragique du 5 novembre 2018.

    Voilà des jours que le collectif du 5-Novembre, pour ne citer que lui, alerte sur cette détention où « la justice n’a même pas tenu compte de son statut de victime reconnue – une décision inacceptable et illégale », écrit-il. Et pour cause, Reda Manaa a été reconnu partie civile au procès hors-norme qui s’est tenu du 7 novembre au 18 décembre 2024, résultant de six relaxes et dix condamnations, en première instance.

    Nuñez interpellé

    Dans un courrier daté du 21 octobre adressé au ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, les sénateurs communistes Ian Brossat (Paris) et Jérémy Bacchi (Bouches-du-Rhône), réclament la levée de la mesure de rétention. Ils invoquent la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration et améliorer l’intégration, dont un amendement porté par l’élu parisien consacre « le droit à la régularisation des victimes de marchands de sommeil dès lors qu’elles engagent une démarche judiciaire ». Dès lors, ils demandent au locataire de la place Beauvau, son intervention « dans les plus brefs délais » : « sa présence libre au procès nous semble indispensable à la justice et au respect de la dignité due à toute victime », assurent-ils. Le procès en appel se déroulera du 2 novembre au 19 décembre 2026.

  • La gauche cherche la voie en ordre dispersé

    La gauche cherche la voie en ordre dispersé

    Tout ça est un peu triste. C’est vraiment les derniers messages d’un monde politique qui est en train de s’effondrer et qui s’accroche comme une moule à son rocher », a commenté en fin de journée Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, lorsque Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire est revenu par la fenêtre.

    Un peu plus tôt, c’est elle qui avait mis fin au suspense en annonçant que la réunion proposée par la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon aux autres partis de gauche n’aurait pas lieu. « Ça paraît assez évident que le Parti socialiste (…) ne va pas accourir chez la France insoumise comme si de rien n’était. Ce qui a été dit et fait ces derniers temps laisse des traces », justifiait cette dernière en référence aux relations tendues entre insoumis et socialistes.

    LFI pousse pour sa motion de destitution de Macron

    Dans l’esprit des dirigeants insoumis, cette réunion proposée aux autres partis de gauche pour répondre à « une situation politique sans précédent », devait permettre « d’envisager toutes les hypothèses ouvertes par cette situation », précisait Jean-Luc Mélenchon.

    L’occasion surtout de remettre sur la table une motion de destitution du président de la République « déposée par 104 parlementaires » qui doit être examinée par le bureau de l’Assemblée nationale mercredi. « Chaque formation politique sera mise au pied du mur de ses responsabilités », glisse le député de Marseille, Manuel Bompard, sans préciser le peu d’espoir de voir cette démarche aboutir.

    Tout au long de la journée, le Parti socialiste est resté mutique face à l’invitation. « Ce n’est pas à Jean-Luc Mélenchon de nous convoquer, ça c’est certain », a commenté sur BFMTV Arthur Delaporte, porte-parole du PS, ajoutant : « Aujourd’hui s’il s’agit de constituer un gouvernement de gauche, la présence de LFI fera qu’il sera censuré immédiatement. »

    Si le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est contenté de saluer la décision de Sébastien Lecornu sur X, un « gaulliste » qui vient de « démissionner avec dignité et honneur », le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, un de ses proches, est allé plus loin : « Nous rencontrerons dans les prochaines heures nos partenaires politiques de gauche et des Écologistes, de Place Publique au Parti communiste, qui partagent avec nous la même volonté de gouverner et agir, pour trouver l’issue à cette crise politique. »

    à l’exception de la France insoumise, l’ensemble des forces politiques de gauche ont plaidé toute la journée pour l’instauration d’une cohabitation avec la nomination d’un Premier ministre de gauche, autour d’un mot d’ordre et trois scénarios : dissolution, démission ou cohabitation.

    Matignon ou les urnes

    « La crise démocratique est inédite face à l’incompétence de ceux qui dirigent le pays depuis 8 ans : Emmanuel Macron mène le pays dans l’impasse ! Pour en sortir, qu’il nomme enfin la gauche. Sinon, retournons aux urnes », a ainsi lancé sur X, le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel. « Nous discuterons avec l’ensemble des forces de gauche pour que la gauche, le moment venu, soit prête à gouverner ou en cas de dissolution à se présenter », abonde Ian Brossat. « La solution c’est qu’on ait un président de la république qui arrête de faire n’importe quoi et consente à entendre ce que demandent les Français et leur volonté de changement ».

    La députée Clémentine Autain (L’Après) appelait de son côté à « un sursaut » : « Il nous faut un accord politique durable entre toutes les forces de gauche et écologistes ». EELV a justement convié les chefs des différents partis à une nouvelle réunion ce mardi matin.