Tag: hôtels

  • L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    Des défaillances (570 côté employeurs, 90 chez les indépendants en 2025) et des taux d’impayés de cotisations nettement supérieurs (respectivement 2,37% et 11,51%) à la moyenne du secteur privé (0,85% et 5,3%). Ce n’est pas un scoop : le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) n’est pas le plus zélé qui soit en matière sociale.

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon affirme pourtant qu’elle peut être compréhensive eu égard aux difficultés récurrentes du secteur. À condition qu’il n’y ait « pas de distorsion de concurrence » et que « les parts salariales soient payées », des délais de paiement peuvent être accordés en cas de problèmes de trésorerie de 3 à 6 mois. En 2025, 3 200 délais de ce type ont été octroyés à 11,9% des entreprises du secteur HCR contre 6,5% des entreprises, tous secteurs confondus.

    En cas d’irrégularités, « le droit à l’erreur peut être demandé » par les entreprises « la première fois », assure le directeur Pierre Ramon-Baldié. Qui tempère : « Il faut être de bonne foi et fournir des éléments de preuve. » Dans ce cas, les sanctions (majorations, pénalités…) peuvent parfois être évitées. Sans quoi, les majorations s’élèvent souvent à environ 5% avec +0,2% par mois de retard.

    Turnover important

    Autre gage de bonne volonté de l’Urssaf vis-à-vis du secteur, son activité de conseil gratuit, notamment la première année de lancement d’une société. « Nous pouvons rendre visite pour conseiller et mener des actions de prévention contre les fraudes », illustre le directeur adjoint Frédéric Azemard, qui conseille aux entrepreneurs d’être plus attentifs. « Une déclaration préalable d’embauche doit être envoyée avant le début du contrat ! »

    Si, en Languedoc-Roussillon, le secteur HCR, qui emploie plus de 51 000 salariés (restauration 40 700 ; hébergement 10 700) est en « demande de sécurisation juridique », c’est qu’il croule sous les difficultés en raison notamment d’une main-d’œuvre volatile. Le turnover y est plus important qu’ailleurs avec 15 à 17% de CDD contre 10% dans le privé. Les horaires décalés et les conditions de travail souvent pénibles sont d’autres facteurs majeurs qui expliquent que les démissions (41%) et les fins de période d’essai (20% à l’initiative de l’employeur, 13% du salarié) sont des motifs de rupture de CDI surreprésentés comparés à l’ensemble du secteur privé.

    Enfin, le faible niveau de rémunération est un autre facteur majeur de la fragilité du secteur qui choisit souvent de s’adapter en recourant aux heures supplémentaires. Dans l’hébergement de la région, le salaire mensuel moyen brut plafonne à 2 220 euros dans l’hébergement et à seulement 1 874 euros dans la restauration. C’est loin du salaire moyen pratiqué dans le secteur privé (2 549 euros) et proche du salaire minimum « en raison de cotisations sociales faibles autour du Smic ».

    Si le secteur HCR de la région paye donc plutôt mal ses travailleurs, il est paradoxalement celui qui en a le plus besoin dans une région touristique. Si l’emploi salarié régresse légèrement (-0,3%) en Languedoc-Roussillon depuis un an, le secteur HCR est, lui, bien plus dynamique (+1,7%). Il n’y a qu’en Corse (9,2%) et en Sud-Paca (8,6%) que les hôtels, cafés et restaurants ont un poids supérieur dans l’emploi salarié (7,7% ici).

  • Avignon: la lutte des salariés du cloître Saint-Louis est payante

    Avignon: la lutte des salariés du cloître Saint-Louis est payante

    Un mouvement de grève dans le secteur qui va faire date. Deux semaines après l’annonce de la fin de la grève des salariés de l’hôtel de luxe avignonnais, le syndicat CGT fait le point sur ce qu’a apporté la mobilisation et la victoire des travailleurs.

    Pour rappel, après presque un mois de grève, les salariés ont obtenu une prime de 1 100 euros pour 2026, le remboursement de 100 euros en tenue professionnelle par année et par salarié, la montée d’un échelon pour les plongeurs et commis de salle, une semaine de congés en août et l’anticipation de la hausse des salaires prévue initialement en septembre, conforme à la grille salariale du secteur. Soit une hausse globale de 5 %. Les employés se plaignaient également de conditions difficiles, notamment liées à la chaleur dans des locaux inadaptés.

    Reste la question des travaux envisagés dans les prochaines années par la direction. Ceux-ci, assez conséquents, devraient durer plus d’un an. Ils demandent à connaître la date exacte prévue pour le début du chantier et également que leur salaire soit maintenu à 100 % pendant leur durée.

    Secteur difficile

    « Ce n’est certes pas ce que l’on demandait de base, mais c’est une avancée rare dans le secteur. C’est dur de faire se lever les employés, avec beaucoup de saisonniers et de turnover », se réjouit Laurent, qui travaille dans le service du petit-déjeuner et dont le contrat à durée déterminée s’achève dans les prochains mois. C’est en effet là que se situe, pour l’union locale de la CGT, qui soutenait le mouvement, l’essentiel. L’organisation tente de transformer le collectif syndical du secteur en véritable syndicat afin de coordonner les employés de l’hôtellerie et de la restauration. « Il faut mettre en lumière les difficultés dans ce travail. S’ils ne connaissent pas leurs droits, il faut les aider afin d’arrêter d’être exploités », pointe Carlos Acha-Moreton, secrétaire général de l’union locale CGT du pays d’Avignon. Il met en avant la participation des saisonniers dans le mouvement. Ce qui implique de revoir le fonctionnement du syndicat. « On a l’habitude de militer avec des personnes installées dans les entreprises. Là, c’est différent car sans les travailleurs saisonniers, il n’y aurait pas eu de mouvement. Tout comme les hôtels qui ont besoin d’eux pour faire fonctionner les établissements. C’est eux la clé », développe le responsable syndical. « Après la Covid, beaucoup de personnes du secteur ont arrêté. Les bons patrons ont compris qu’il fallait améliorer les conditions et les salaires pour attirer. L’ancienne école n’a elle pas évolué et risque de se manger des mouvements comme celui-ci à nouveau », appuie Laurent. « On va tracter. On espère monter le syndicat pour 2027 », conclut Laetitia Pancuvilier, représentante CGT du cloître Saint-Louis, également au service petit-déjeuner.

  • À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    Un complexe hôtelier haut de gamme d’une centaine de chambres, avec résidences de tourisme dédiées au vélo et spa, la « Baie des Princes », espère voir le jour d’ici 2030, là où se trouvait l’ancienne carrière Saint-Eutrope, à Orange. Mais non sans opposition.

    Sur un emplacement de 17 hectares, en friche depuis les années 60, la société Immobilis, qui pilote l’ouvrage, avance pas à pas. Le terrain est entré dans le Plan local d’urbanisme (PLU) en 2023 après deux années de concertation. Les porteurs mettent en avant la dimension écologique avec, en parallèle, la réhabilitation de l’ancienne carrière. Et l’attrait touristique qu’il pourrait y avoir avec une vue sur le Ventoux, l’accueil de cyclotouristes ou encore les vignobles à proximité. Pour un coût total estimé entre 120 et 160 millions d’euros. Et 200 à 250 emplois créés pour le fonctionnement du site.

    Et ce jeudi 30 juillet s’est achevé l’avis de consultation du public « ayant pour objet une demande d’autorisation environnementale relative aux travaux d’aménagement urbain ». Une consultation qui portait notamment sur la loi sur l’eau et le « rejet d’eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol ». Lors de la dernière réunion publique, le jeudi 23 juillet, le commissaire rapporteur a fait état de 563 avis favorables, 532  défavorables, 68 sans avis et 71 hors sujet. Le préfet devra ensuite valider après consultation suite à une demande d’autorisation environnementale, puis au maire d’accepter le projet suite au dépôt d’une demande de permis d’aménager auprès de la commune en 2025.

    Vive opposition

    Après la publication du compte rendu de cette consultation, la suite est dans les mains du préfet de Vaucluse, puis du maire d’Orange pour valider le lancement de potentiels travaux. Alors que la mairie de Jean-Dominique Artaud (RN) affirme qu’elle « se doit de respecter une position de neutralité concernant le projet immobilier de la Baie des Princes », associations et groupes d’opposition clament leur désaccord depuis plusieurs années. Christian Gastou, élu d’opposition (DVC) du Printemps pour Orange, pointe que ce projet « met en danger la biodiversité du site ». L’Association de défense de l’environnement orangeois (Adeo) abonde dans ce sens, en s’appuyant notamment sur l’avis laissé par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN). « C’est un environnement sableux très particulier, très rare en Vaucluse et encore plus dans la région. Avec des espèces particulières, protégées. Et donc, au moindre dérangement, même minime, cela met en danger leur survie. Même si le projet prévoit d’en tenir compte, je ne vois pas comment il est possible d’éviter d’abîmer le milieu définitivement », explique Thierry Joumard, président de l’Adeo. Avec des espèces telles que le criquet des dunes, « le seul endroit où il a été observé en dehors du littoral », explique le responsable associatif, ou encore le scorpion languedocien.

    Une pétition contre le projet a également récolté plus de 2 000 signatures. Le risque d’inondation, d’incendie et d’effondrement est également pointé. « Il y a eu un feu sur la colline la semaine dernière. Mais le site se trouve aussi à flanc de falaise et le seul conduit qui doit évacuer l’eau, car c’est un bassin fermé, est en mauvais état », résume Christian Gastou.

  • Un hôtel d’entreprises modernisé à Barcelonnette

    Un hôtel d’entreprises modernisé à Barcelonnette

    «Une étape importante dans la vie économique de notre territoire » : Elisabeth Jacques, présidente de la communauté de communes Vallée de l’Ubaye Serre-Ponçon, était ravie de présenter, jeudi, la réorganisation et la modernisation entamée en 2022 de l’hôtel d’entreprises de la vallée, situé à Barcelonnette. « Cet équipement occupe une place particulière dans l’histoire de notre vallée. Il est né à la suite du départ de l’armée, dans le cadre de la redynamisation du site de défense », a rappelé la maire de La Condamine-Châtelard.

    Depuis sa création, la gestion de l’hôtel d’entreprises est assurée par la communauté de communes, grâce à un bail emphytéotique, un contrat de très longue durée qui donne l’obligation d’améliorer les lieux, conclu avec la mairie de Barcelonnette. Son objectif est de « soutenir la création et le développement d’activités économiques dans la vallée, permettre à de jeunes entreprises et à des professionnels récemment installés de bénéficier de locaux adaptés à des loyers modérés, aujourd’hui fixés à 4 euros HT par mètre carré, et leur offrir la possibilité de tester leur activité avant une implantation pérenne sur notre territoire », a expliqué jeudi Elisabeth Jacques.

    Un accompagnement

    vers l’autonomisation

    Or, cet hôtel d’entreprises avait besoin d’être modernisé, repensé et réorganisé « pour répondre aux nouveaux besoins des entreprises et garantir une gestion plus lisible, plus sécurisée et plus efficace », selon la présidente de l’intercommunalité. Depuis 2022, une « remise à plat complète des conventions et des baux » a été opérée « afin de sécuriser juridiquement l’occupation des locaux ». Des baux de six ans sont désormais proposés pour les occupants historiques, et des conventions d’un an renouvelables, dans la limite de trois ans, pour les nouvelles entreprises accueillies.

    « Cette évolution s’accompagne d’un accompagnement renforcé des occupants, avance Elisabeth Jacques. Dès la deuxième année, nous travaillons avec les entreprises sur leur sortie progressive vers une implantation autonome dans la vallée. La troisième année reste ainsi réservée aux situations particulières. »

    Avec cette réorganisation, trois pôles ont été constitués : le Carré Pro, dédié aux activités industrielles et techniques ; le Carré Soin et Bien-être, regroupant les activités paramédicales ; et le pôle territorial de l’Ubaye, consacré aux activités administratives, tertiaires et de services.

    Le secteur de la santé occupe une place importante avec dix structures représentant 16 emplois sur près de 295 m². On y retrouve notamment le cabinet vétérinaire, des infirmiers, kinésithérapeutes ou encore ostéopathes. « Ce pôle répond à des besoins essentiels de la population tout en renforçant l’offre de services disponible dans la vallée », a estimé Elisabeth Jacques.

  • Avignon : à l’hôtel du cloître Saint-Louis, une grève qui sort des murs

    Avignon : à l’hôtel du cloître Saint-Louis, une grève qui sort des murs

    La touffeur du Festival d’Avignon, les salariés de l’hôtel du Cloître Saint-Louis la vivent au sens propre. Pas de mise en scène alors que les fenêtres de leur établissement quatre étoiles donnent dans la cour où le festival In a son siège. Ce mardi matin, une dizaine d’entre eux a entamé une grève. « Ce n’est qu’un début, on attend une réaction de la direction* qui est absente », prévient Laetitia Pancuvilier, déléguée CGT. Si les problèmes sont latents, le démarrage du Festival, « où l’hôtel affiche complet », ainsi que la canicule n’ont fait qu’accroître le malaise. « Évidemment que le festival permet d’attirer l’attention et faire pression », admet Laetitia Pancuvilier. L’union locale CGT est présente, tout comme Philippe Martinez, ex-secrétaire général de la CGT. « Le festival est une belle vitrine qui n’empêche pas de s’intéresser à tous ceux qui contribuent dans l’ombre à sa réussite, confie-t-il. Là, on voit le décalage entre le prestige d’hôtel et les conditions de travail des salariés. »

    « Il manque des machines à café »

    Au cœur des revendications, l’impact de la canicule. « Les chambres sont climatisées, il fait 26, mais dans les couloirs on peut avoir jusqu’à 46 degrés en ressenti, expose Laetitia Pancuvilier. On souhaite que le bâtiment soit entièrement climatisé. » Plus globalement, les salariés réclament plus de moyens humains et matériels. « Il faudrait que l’on soit une dizaine de plus [sur environ 25 salariés actuellement] pour répondre aux standings d’un 4 étoiles », détaille la représentante syndicale.

    « On sert 170 petits-déjeuners [facturé 18 euros l’unité] en ce moment, il manque des machines à café, des tasses… les conditions d’accueil ont vraiment diminué », constatent sous anonymat, d’autres salariés. « On est à flux tendu, les touristes viennent profiter d’un lieu où on lutte face à des conditions de travail intolérables, on se mouille pour qu’il y ait du chiffre d’affaires, la direction devrait y penser », résume l’un d’eux. Autre revendication, le maintien de salaire à 100% alors que l’hôtel devrait fermer entre 1 à 2 ans pour une lourde réhabilitation et qu’une perte de rémunération de 28% est pour l’heure prévue. Ce conflit, « illustre les conditions de travail pénibles de l’hôtellerie-restauration en général, où les salariés subissent l’éclatement des collectifs de travail et l’isolement d’un établissement à l’autre », expose Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT Avignon. Depuis plusieurs mois (notre édition du 9 février), le syndicat a entamé un travail de terrain « afin d’unir au-delà des différents établissements et constituer sur le terrain un corps syndical militant ».

    * Contactée, la direction n’a pas donné suite.

  • À Nîmes, les hôteliers veulent réguler Airbnb

    À Nîmes, les hôteliers veulent réguler Airbnb

    À Nîmes, les locations de courte durée pourraient bientôt faire l’objet d’un encadrement plus strict. Pour l’heure, la Ville observe. « On est vigilant sur la question des locations Airbnb en ville, on n’est pas dans un seuil d’alerte maximum mais on voit que ça prend de l’ampleur », explique Vincent Bouget (PCF), maire de Nîmes. L’édile pointe déjà plusieurs effets concrets dans certains quartiers : nuisances, gestion des déchets ou tensions d’usage entre habitants et visiteurs. « La vie des gens qui sont en vacances n’est pas tout à fait la même que celle des gens qui vivent et qui travaillent », résume-t-il.

    Dans le viseur, il ne s’agit pas seulement des locations Airbnb, mais plus largement des meublés de tourisme, ces logements loués pour quelques nuits sur les plateformes. Du côté des professionnels, l’inquiétude est vive. Frédéric Sanchez, secrétaire général de l’Umih 30 et gérant du restaurant La Table du 2, défend une ligne claire : « Le problème n’est pas qu’il y ait des Airbnb, le problème c’est qu’ils n’aient pas les mêmes règles que nous. » Selon lui, l’activité est devenue, pour une partie des propriétaires, « un placement immobilier spéculatif » qui concurrence directement l’hôtellerie, sans en supporter les mêmes obligations.

    Demande d’un encadrement plus strict

    Frédéric Sanchez distingue les particuliers qui louent ponctuellement leur logement et les multipropriétaires. « Le particulier qui loue ponctuellement sa maison, son appartement quand il est en vacances, c’est complètement entendable », précise-t-il. Mais pour l’Umih, le cœur du problème se trouve ailleurs : dans les studios et petits logements loués toute l’année, parfois avec boîtes à clés, et directement comparables à une chambre d’hôtel.

    Les chiffres avancés par le représentant patronal dessinent une forte progression. À Nîmes, les meublés de tourisme seraient passés d’environ 900 en 2019 à près de 3 400 aujourd’hui. Dans le même temps, la capacité hôtelière serait passée d’environ 2 100 à 2 400 chambres. « En moyenne, un logement de type Airbnb est l’équivalent de deux chambres d’hôtel en termes de nombre de couchages », estime Frédéric Sanchez, qui voit là une concurrence directe pour les établissements soumis aux normes de sécurité, à la fiscalité professionnelle et à l’emploi de personnel.

    La demande des hôteliers porte donc d’abord sur la multipropriété. « Notre demande à l’ancienne municipalité, c’était : interdisez la multipropriété Airbnb », rappelle Frédéric Sanchez. Selon lui, environ 1 300 meublés touristiques nîmois appartiendraient à 200 propriétaires, le plus important en possédant 19. « Il a l’équivalent d’un hôtel de 40 chambres, sans en avoir aucunement les règles », dénonce-t-il.

    Pour le représentant syndical, l’enjeu dépasse la seule hôtellerie. Il touche aussi au logement des étudiants, apprentis et jeunes actifs, qui peinent à trouver de petites surfaces abordables. « On veut des Airbnb complémentaires à notre offre, qui apportent un nouvel atout à la destination. » S’il estime que l’année 2026 est déjà compromise pour les professionnels, Frédéric Sanchez observe toutefois un changement de climat avec la nouvelle municipalité. « On retravaille depuis un mois et demi – deux mois avec la nouvelle municipalité, qui a pris conscience du problème et est très à l’écoute là-dessus », relève-t-il. Un dialogue plus propice, selon lui, à la recherche de mesures capables de mieux encadrer les meublés touristiques à Nîmes.

  • Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    À Marseille, enfreindre les règles d’urbanisme est un sport. À quelques dizaines de mètres du rooftop illégal d’un bar, un chantier est à l’arrêt depuis l’intervention du service de l’urbanisme de la ville de Marseille alertés par des habitants que des travaux avaient entièrement rasés l’ancien cabinet dentaire au 247, Corniche Kennedy, (8e), qui devait être conservé.

    Affiché sur la grille, le permis de construire délivré en accord tacite fin juillet 2025 et que nous avons pu consulter, ne prévoyait à l’origine aucune démolition, même partielle. L’opération était présentée sous un angle étonnement peu interventionniste. « Le projet est une demande de changement de destination pour l’aménagement d’un petit hôtel constitué de 12 chambres. Il comprend la surélévation des trois bâtis afin d’harmoniser les hauteurs et les volumétries, le tout articulé autour d’un patio » peuvent lire les passants sur le panneau d’affichage de ce projet hôtelier porté par un chef cuisinier.

    C’est en effet la société de restauration SOCOMREST de Christian Ernst, le chef cuisinier du Rowing Club de Marseille, qui se lance dans l’hôtellerie sur la célèbre corniche marseillaise. Baptisé « Le Kennedy by Mr Ernst », l’établissement « s’adresse à une clientèle simple et esthète qui souhaite découvrir la cité phocéenne, les ruelles du quartier de Malmousque et ses plages attenantes » en leur « offrant une expérience intime et confidentielle » dit la présentation annexée au permis.

    Décidément, les grandes toques sont meilleures à leurs fourneaux que devant des agglos. Son confrère étoilé Gérald Passédat a démontré récemment aussi sa difficile assimilation du code de l’urbanisme. Le tribunal correctionnel l’a reconnu coupable en novembre 2025 d’avoir édifié une villa à Endoume avec un permis périmé et en infraction au PLUi. Un permis pour régularisation lui a été délivré pour se conformer au nouveau PLUI avant le prononcé de la peine que le tribunal a fixé au 4 septembre prochain.

    « Il l’a fait à la marseillaise comme on dit, mais quand on démolit de façon aussi cavalière, on s’arrange au moins pour que ça ne fragilise pas les mitoyens » commente Alain, un riverain qui nous montre les désordres occasionnés sur le bâti voisin. Une partie d’un commerce a été endommagée du fait que les charpentes étaient solidaires du bâti rasé. Interrogée, la ville s’est bornée à nous confirmer pudiquement qu’« une procédure était en cours », sans préciser si un arrêté interruptif de travaux avait été pris, comme ce fut le cas pour le chantier en infraction de l’hôtel cinq étoiles Amédée Armand, au 11, rue Lafon. Il nous a été indiqué qu’il avait été demandé au maître d’ouvrage de mettre urgemment en sécurité l’immeuble mitoyen, ce qui a été fait : un mur a été remonté et la toiture voisine refaite. Depuis le chantier est arrêté.

    La parcelle litigieuse de 244 m2 a été acquise 650 000 euros en 2021. Elle comprenait un bâtiment principal d’un niveau et d’anciens petits bâtiments en retrait organisés en patio et un bâtiment ruiné en pierre conservé. Le dossier d’urbanisme ne comporte aucune photo du bâti démoli, ce qui est une anomalie. Le descriptif rédigé par un cabinet d’architecte présentait l’opération comme un simple « réaménagement (décoration) du bâtiment existant sans toucher aux structures et aux planchers ». Il décrivait « la création de trois ailes attenantes à R+1 d’une surface totale de 140,1 m2 (hors bâtiment existant) entourant un espace à l’air libre de 72 m2 ».

    S’agissant du traitement du bâtiment sur rue, l’Architecte des bâtiments de France avait émis un « avis favorable de principe » sous la réserve de la reprise du porche central et l’ajout d’un balcon ajouré sur le modèle des architectures des années 30. Le permis de construire accordé le 15 octobre 2025 a bénéficié d’une dérogation du préfet sur la non-accessibilité des personnes handicapées, après un refus initial. Contacté, Christian Ernst, n’a pas donné suite à notre demande.

  • La fréquentation touristique en augmentation à Martigues

    La fréquentation touristique en augmentation à Martigues

    « Martigues est une destination touristique », affirme le maire (PCF), Gaby Charroux, en marge du conseil d’administration de l’Office du tourisme, lundi matin, à l’occasion d’un point presse de clôture de la saison touristique.

    L’année 2025 fait figure de cru particulier, avec la retombée de l’« engouement des Martégaux », selon l’édile, pour le nouvel Office du tourisme qui a pris place dans l’hôtel Colla de Pradines, rénové en 2024. Mais aussi par l’arrivée en poste de direction de l’Office de Jean-Jacques Micoud, au mois d’avril dernier.

    En substance, ce dernier note « une progression de 7% de la fréquentation en nuitées » dans le secteur marchand, soit les hôtels, campings et autres locations touristiques, passant de 392 620 nuitées à plus de 420 000 pour l’année 2025. Des chiffres « basés sur la taxe de séjour ». Cette dynamique est double pour les seuls campings, avec une progression de 14%.

    « Le budget des ménages est contraint »

    Mais cette « belle dynamique » que qualifie Jean-Jacques Micoud a un revers. « Les chiffres confirment une augmentation de la fréquentation, mais les restaurateurs ont l’impression d’une baisse », remarque le directeur de l’Office, qu’il explique par « le budget contraint des ménages qui les conduit à arbitrer leurs dépenses sur les restaurants et les souvenirs ». « Beaucoup ne prennent plus qu’un seul dessert pour deux et certains restaurants ne proposent même plus les deux cuillères mais les amènent directement », observe-t-il.

    Du reste, l’objectif de la Ville est d’« accroître sa notoriété, d’étaler les flux touristiques dans le temps et d’améliorer les retombées économiques et d’image », comme l’indique Gaby Charroux. Notamment avec l’étang de Berre. « Ce joyau dont la situation s’améliore », juge l’édile, « un espace très apprécié des navigateurs et d’ailleurs, un championnat de France y est organisé l’été prochain ce qui promet une concentration très importante », annonce le maire.

  • Une saison en dents de scie pour les hôteliers

    Une saison en dents de scie pour les hôteliers

    « On a eu très peur », ressasse Jean-Pierre Ghiribelli, président de l’Union des métiers des industries de l’Hôtellerie du Var (UMIH). Après un début d’année positif, l’hôtellerie-restauration « traditionnelle » a connu des difficultés d’avril à juillet, entre remous politiques, inondations et canicule. Qui plus est, la clientèle française, en crise de pouvoir d’achat, « un facteur à prendre en compte à l’avenir » tout comme « les séjours courts », a chuté de 20%, rattrapée par la fréquentation étrangère, et un mois d’août plus dynamique.

    Début de saison compliqué également dans les apparts hôtels et villages vacances. La suite a été meilleure, malgré un creux fin juillet, avec, là encore, un mois d’août salvateur. Les changements d’habitudes de consommation sont un facteur d’explication : « On arrive à faire de la dernière minute sur juillet-août, il a fallu s’adapter, tout en continuant à travailler sur le confort client », analyse Isabelle Lyobard, déléguée régionale à la fédération nationale des résidences de tourisme.

    Enfin, dans les hébergements extérieurs, qui représentent 55% de l’offre hôtelière, on note une progression de 4%, avec un excellent mois d’avril, de bons ponts de mai, et un bon mois de juin (+5%). Juillet fut plus compliqué, avec des séjours plus courts, mais rattrapé là aussi par août. « Les taxes de séjour à 34% et la lenteur des permis de construire vont finir par coûter cher », prévient cependant Michel Nore, président du syndicat d’hôtellerie plein air.