Généralement, les consultations ou enquêtes publiques ne passionnent guère les foules. Le projet Orange baie des Princes en a été le parfait contre-exemple. Il faut dire que la construction d’un hôtel de luxe sur une ancienne carrière dans la colline Saint-Eutrope coche toutes les cases d’un brûlant sujet. Pour rappel (notre édition du 6 août), le promoteur Immobilis compte, sur cette friche industrielle de 15 ha, bâtir 5 îlots (1,75 ha au total sera artificialisé) et implanter un hôtel de 180 chambres, un hôtel d’entreprises, une résidence seniors et une autre dite « éco-touristique, cyclo-touristique, oeno-touristique » et enfin un spa.
Un projet dans les cartons depuis 15 ans qui vient de faire l’objet d’une vive consultation du public lors d’un trimestre, achevée le 31 juillet. Contrairement à l’enquête publique où le commissaire enquêteur doit donner un avis qui agit comme sésame à la validation d’un permis de construire, la consultation est une première étape en vue d’un permis d’aménager et d’une autorisation environnementale. Au total, 1 947 contributions ont été apportées. « Cette consultation du public s’est déroulée dans un climat très houleux et il faut bien le dire assez pénible », résume, sur la forme, le commissaire enquêteur Bruno Espieux.
Quant au fond, ses conclusions viennent plutôt approuver le dossier. « Ce projet est lourdement attaqué en ce qu’il porterait gravement atteinte à la biodiversité », relève-t-il. Or, « le dossier ne permet absolument pas de conclure que ce projet va se traduire par un saccage de la biodiversité, bien au contraire ». Le commissaire enquêteur se fonde sur une « masse documentaire très volumineuse, qui a fait l’objet d’analyse par les autorités publiques » qui n’ont émis « aucun avis négatif », abonde-t-il. Toutefois, Bruno Espieux estime que « plusieurs questions méritent d’être éclaircies ». Il formule ainsi trois sortes de réserves, pointant « le risque inondation et la question du tunnel de la Mine », le « risque éboulement » avec des études complémentaires souhaitées et, enfin, la question du parking et circulation.
« Nous retenons de ces conclusions un avis de fond très favorable », se réjouit, auprès de La Provence, Emmanuel Purpan, porteur du projet pour Immobilis, assurant que les trois points soulevés font déjà l’objet « de travaux engagés par nos équipes ». Côté opposants, comme l’Association de défense de l’environnement orangeois (Adeo), son président Thierry Jaumard n’est pas « étonné » de l’avis bien qu’il se satisfasse « de voir aborder la question du tunnel de la Mine qui n’est pas répertorié et entretenu et doit absorber toute l’eau ». Tout le monde attend désormais la position du maire Jean-Dominique Artaud (RN). Il reste toujours sur la réserve quand la précédente majorité Bompard, à laquelle il a longtemps appartenu, soutenait le promoteur.







