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  • Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    À Marseille, enfreindre les règles d’urbanisme est un sport. À quelques dizaines de mètres du rooftop illégal d’un bar, un chantier est à l’arrêt depuis l’intervention du service de l’urbanisme de la ville de Marseille alertés par des habitants que des travaux avaient entièrement rasés l’ancien cabinet dentaire au 247, Corniche Kennedy, (8e), qui devait être conservé.

    Affiché sur la grille, le permis de construire délivré en accord tacite fin juillet 2025 et que nous avons pu consulter, ne prévoyait à l’origine aucune démolition, même partielle. L’opération était présentée sous un angle étonnement peu interventionniste. « Le projet est une demande de changement de destination pour l’aménagement d’un petit hôtel constitué de 12 chambres. Il comprend la surélévation des trois bâtis afin d’harmoniser les hauteurs et les volumétries, le tout articulé autour d’un patio » peuvent lire les passants sur le panneau d’affichage de ce projet hôtelier porté par un chef cuisinier.

    C’est en effet la société de restauration SOCOMREST de Christian Ernst, le chef cuisinier du Rowing Club de Marseille, qui se lance dans l’hôtellerie sur la célèbre corniche marseillaise. Baptisé « Le Kennedy by Mr Ernst », l’établissement « s’adresse à une clientèle simple et esthète qui souhaite découvrir la cité phocéenne, les ruelles du quartier de Malmousque et ses plages attenantes » en leur « offrant une expérience intime et confidentielle » dit la présentation annexée au permis.

    Décidément, les grandes toques sont meilleures à leurs fourneaux que devant des agglos. Son confrère étoilé Gérald Passédat a démontré récemment aussi sa difficile assimilation du code de l’urbanisme. Le tribunal correctionnel l’a reconnu coupable en novembre 2025 d’avoir édifié une villa à Endoume avec un permis périmé et en infraction au PLUi. Un permis pour régularisation lui a été délivré pour se conformer au nouveau PLUI avant le prononcé de la peine que le tribunal a fixé au 4 septembre prochain.

    « Il l’a fait à la marseillaise comme on dit, mais quand on démolit de façon aussi cavalière, on s’arrange au moins pour que ça ne fragilise pas les mitoyens » commente Alain, un riverain qui nous montre les désordres occasionnés sur le bâti voisin. Une partie d’un commerce a été endommagée du fait que les charpentes étaient solidaires du bâti rasé. Interrogée, la ville s’est bornée à nous confirmer pudiquement qu’« une procédure était en cours », sans préciser si un arrêté interruptif de travaux avait été pris, comme ce fut le cas pour le chantier en infraction de l’hôtel cinq étoiles Amédée Armand, au 11, rue Lafon. Il nous a été indiqué qu’il avait été demandé au maître d’ouvrage de mettre urgemment en sécurité l’immeuble mitoyen, ce qui a été fait : un mur a été remonté et la toiture voisine refaite. Depuis le chantier est arrêté.

    La parcelle litigieuse de 244 m2 a été acquise 650 000 euros en 2021. Elle comprenait un bâtiment principal d’un niveau et d’anciens petits bâtiments en retrait organisés en patio et un bâtiment ruiné en pierre conservé. Le dossier d’urbanisme ne comporte aucune photo du bâti démoli, ce qui est une anomalie. Le descriptif rédigé par un cabinet d’architecte présentait l’opération comme un simple « réaménagement (décoration) du bâtiment existant sans toucher aux structures et aux planchers ». Il décrivait « la création de trois ailes attenantes à R+1 d’une surface totale de 140,1 m2 (hors bâtiment existant) entourant un espace à l’air libre de 72 m2 ».

    S’agissant du traitement du bâtiment sur rue, l’Architecte des bâtiments de France avait émis un « avis favorable de principe » sous la réserve de la reprise du porche central et l’ajout d’un balcon ajouré sur le modèle des architectures des années 30. Le permis de construire accordé le 15 octobre 2025 a bénéficié d’une dérogation du préfet sur la non-accessibilité des personnes handicapées, après un refus initial. Contacté, Christian Ernst, n’a pas donné suite à notre demande.

  • Un nouvel hôtel 3 étoiles va ouvrir à Aubagne au début de l’été

    Un nouvel hôtel 3 étoiles va ouvrir à Aubagne au début de l’été

    « Ce sera le premier Tulip hôtels et résidences de la région », assure Vicky Carré. Déjà directrice de l’hôtel Campanile, 3 étoiles, zone Alta Rocca, elle sera la directrice, en indépendante et sous franchise, de cet hôtel en construction au 165, D8 N à Aubagne. Pour être un peu plus précis, il est en train d’être bâti « derrière le terrain du concessionnaire Renault », éclaire-t-elle, à proximité du nœud autoroutier. « Si tout se passe bien, il devrait ouvrir au début de l’été », annonce Vicky Carré. Il existe pour l’heure ce type d’hôtel à Joinville-le-Pont (île de France), « et un autre est dans les tuyaux », poursuit-elle.

    Cet hôtel 3 étoiles, qui fait partie de la marque du groupe Louvre Hôtels, le principal concurrent du groupe Accor, comprendra 48 chambres et 8 appartements. Il va s’ajouter aux 7 hôtels de même catégorie dans le Pays d’Aubagne et de l’Etoile. « Un besoin existe », affirme Vicky Carré. « La clientèle commerciale et d’affaires préfère séjourner à Aubagne qu’à Marseille, car elle va trouver ici des chambres moins chères. La nuit dans un 3 étoiles à Marseille peut aller de 200 à 300 euros, tandis qu’au Tulip hôtel, même s’il y a une grosse demande, ce sera 150 euros, et sinon 100 euros la nuitée », observe-t-elle. Et à Aubagne, le stationnement près de l’hôtel sera gratuit. La clientèle touristique adopte la même attitude, selon elle. « À Cassis par exemple, se loger coûte très cher, et les parkings sont payants. Pour les touristes, ça devient trop cher et saturé. »

  • Les personnels de l’Hôtel Première Classe de La Seyne réclament leurs salaires

    Les personnels de l’Hôtel Première Classe de La Seyne réclament leurs salaires

    Jeudi après-midi, six des neuf salariés de l’Hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer étaient réunis à la Bourse du Travail, entourés d’une douzaine de syndicalistes de l’UL CGT, pour parler de leur situation. Ceux-ci expliquent ne plus être payés depuis novembre dernier. Une situation qui interroge au vu de la situation de l’établissement, « qui a plus de 30 ans d’existence et qui a toutes les raisons de fonctionner. La question est donc : pourquoi ne tourne-t-il plus ? », interroge Marc Louis, secrétaire général de l’UL CGT la Seyne, qui rappelle que celui-ci accueille « des salariés qui travaillent dans la zone, des personnes en transit… Il y avait une vingtaine de chambres réservées pour l’accueil des réfugiés également, mais depuis que le directeur a repris l’hôtel, c’est terminé. On ne sait pas si c’est lié à lui, mais ça change au niveau de l’équilibre financier ».

    De premiers retards de paiement auraient ainsi été relevés à partir de juillet 2025, quelques semaines après la réouverture de l’établissement suite à des travaux. La situation se serait aggravée, jusqu’à l’absence totale de paiement. Face à leurs inquiétudes, le directeur de l’hôtel leur avait pourtant donné des garanties, affirment les salariés. Ceux-ci auraient même reçu des chèques, qui se sont avérés être sans provision. Sans salaire depuis plusieurs semaines, ils ont alors décidé de cesser de travailler, et se trouvent actuellement tous en arrêt maladie. « Leur objectif est de récupérer leur salaire. Certains sont obligés de se surendetter pour payer leurs loyers, et vont perdre leur logement », se désole Marie Claude Latour, secrétaire adjointe de l’UL CGT.

    Rendez-vous au tribunal de commerce le 19 février

    Pour ce faire, des procédures juridiques ont été lancées, et l’inspection du travail alertée. Mais livrés à eux-mêmes et sans représentants du personnel (il faudrait, pour en nommer un, avoir onze salariés), les employés peinent à faire valoir leurs droits : « En maladie, ils perçoivent la moitié du salaire qui n’est déjà pas élevé. Où en est la prévoyance ? Ce patron agit dans son intérêt particulier. Il n’informe ses salariés sur rien : sur quand ils vont être payés, sur la question de la prévoyance… », déplore Marc Louis, qui se demande comment un hôtel de 70 chambres « peut continuer de fonctionner sans personnel », celui-ci étant encore ouvert à l’heure actuelle.

    De son côté, le directeur de la franchise annonce une imminente cessation de paiement. Un rendez-vous est prévu au Tribunal de Commerce le 19 février. Les salariés seront pris en charge par le régime de garantie des entreprises (AGS). « Si je fais ça, c’est pour qu’eux soient payés. C’est moi qui vais les payer sur mon redressement judiciaire », justifie-t-il, affirmant avoir payé les salaires « jusqu’au 31 décembre ». Il accuse également son personnel de « fraude » concernant les arrêts maladie. « Comme des dizaines de milliers d’entreprises, la mienne est en difficulté. Depuis qu’on est dans la m…., tout le monde se barre, nous sabote. Ma femme a la tête dans la machine à laver car on n’a plus de personnel », explose-t-il.

  • Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Le bruit des casseroles du piquet de grève du personnel de l’hôtel Marseille Centre Gare Saint Charles (ex-Holiday Inn) s’entend depuis l’entrée de la gare de la ville, ce mardi.

    Après plus d’une semaine de mouvement avec la CNT-SO, la détermination des grévistes est intacte et n’est pas érodée par le froid glacial du jour. « On est toujours là malgré la météo. On ne baisse pas les bras », lance Karima Malagouen, responsable des petits-déjeuners de l’établissement, entre deux coups de casseroles. En lutte contre plusieurs menaces de licenciements pour de supposés motifs économiques, et malgré des débuts de discussions avec la direction du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel, il n’y a malheureusement rien de nouveau sous le soleil dans le conflit. « Ces tentatives de licenciements sont injustes et injustifiables donc on ne lâchera pas. On est ici depuis longtemps, on sait que l’hôtel va bien. De l’argent, il y en a. On a d’ailleurs eu deux fois de suite une prime de qualité, preuve de notre bon travail », tempête la salariée.

    Seul bougé notable : le début d’une série d’entretiens préalables à licenciement, comme annoncé dans notre édition du 06/01, avec une première salve ce mardi, et une autre mercredi. « On n’a pas eu de retours sur nos propositions dans le cadre des négociations. La direction ne revient pas sur sa volonté de licenciement. Les entretiens ne vont pas être faciles », précise Gaëlle Barbero, défenseure syndicale de la CNT-SO 13. D’où « une mobilisation spéciale », avec la remise de chèques de solidarité avec les grévistes, ce mercredi à 12 heures.

  • La mobilisation se poursuit à l’ex-Holiday Inn

    La mobilisation se poursuit à l’ex-Holiday Inn

    Les salariés de l’hôtel restent mobilisés après l’annonce de licenciements pour motif économique au lendemain de Noël (notre édition du 29/12). Sur les sept personnes concernées par ce plan, seules deux ont été officiellement informées par la direction, tandis que les cinq autres, des femmes de chambre, craignent encore pour leur avenir. L’inquiétude est forte mais la détermination demeure. « On ne baisse pas les bras. S’il faut venir tous les jours, on viendra tous les jours », assure Karima, qui a été informée de son licenciement.

    Des conditions de travail dégradées

    Les femmes de chambre dénoncent des conditions de travail assez difficiles. « Aujourd’hui, il n’y a plus que deux femmes de chambre pour s’occuper de tout l’hôtel » qui compte 120 chambres, rappelle l’une d’entre elles. Originaires du Cap-Vert pour la plupart, elles évoquent leur situation familiale : « Nous voulons travailler, c’est notre droit. On a des enfants à nourrir. » Maria Luiza, 56 ans, confie : « Je n’ai jamais voulu partir d’ici. J’attendais la retraite. »

    Les salariés se disent d’autant plus surpris que, peu de temps avant l’annonce, des formations étaient prévues et certains plannings s’étendaient jusqu’au mois de mars. « Une semaine avant, on recevait des diplômes. Deux jours après, on nous convoque au bureau pour nous annoncer notre licenciement », résume Karima.

    Délégué syndical CNT-SO, Toufik Ghodbane fait partie des deux salariés officiellement informés du licenciement. Malgré l’incertitude, la mobilisation continue et il se dit « confiant car il n’y a pas de raison valable pour qu’il ne nous réintègre pas ». Il conteste le motif économique avancé par la direction de l’établissement.

    Cette dernière n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • A La Ciotat, l’hôtel 3 étoiles Moxy en plein marasme

    A La Ciotat, l’hôtel 3 étoiles Moxy en plein marasme

    On va laisser les procédures aller à leur terme », lâche, dans le hall de l’hôtel Moxy, Nicolas Gay, le directeur général. Motus et bouche cousue, telle est la consigne qu’il a reçue de la SAS Walk La Ciotat, qui gère cet établissement, sous franchise du groupe Marriott, depuis son ouverture le 29 juin 2022. L’hôtel, situé au 756 avenue Emile-Bodin, à proximité immédiate du rond-point de la Locomotive, fait partie du complexe de loisirs Le Spot. Sur son site, le Moxy vante ses « 101 chambres dont 62 avec balcon, six salles de réunion, un bar animé, une offre restauration, une piscine avec terrasse en rooftop et de nombreux événements tout au long de l’année ».

    Doutes sur la rentabilité

    Après que, le 31 juillet dernier, la société Walk La Ciotat a déclaré auprès du tribunal de commerce de Marseille la cessation de paiement, ce dernier a ouvert, le 11 septembre, une procédure de redressement judiciaire, avec période d’observation jusqu’au 11 mars 2026.

    Interrogée lors des audiences au tribunal sur les causes qui ont conduit à ces difficultés, la représentante de Walk La Ciotat a répondu « qu’à sa création, son dirigeant avait tout misé sur Le Spot, un projet urbain entièrement piéton, ambitieux, prévoyant plusieurs espaces dont des salles de cinéma, de sport, mais à ce jour, le succès n’est pas au rendez-vous ». Elle a fait valoir auprès du tribunal qu’elle travaillait « avec une équipe très soudée ». « L’établissement a de belles perspectives mais le problème est le montant du loyer », a-t-elle déclaré. Walk La Ciotat loue en effet les murs de l’hôtel Moxy au gérant du Spot. Walk La Ciotat a voulu négocier le loyer, « mais le bailleur s’est rétracté ». Ce bailleur est d’ailleurs « son seul créancier », a-t-elle souligné. Le passif de la société s’élève à un peu plus de 2,26 millions d’euros, et le chiffre d’affaires pour 2024 à 2,60 millions d’euros. Le salaire des 20 salariés est payé. Le taux d’occupation des chambres est de 55%. La société avait jusqu’au 28 novembre pour trouver un repreneur. Mais pour l’heure rien ne filtre. Le 12 novembre dernier, la porte-parole de Walk La Ciotat a indiqué « qu’aujourd’hui, son combat est de sauvegarder l’hôtel et les emplois ». Son bailleur, a-t-elle dit, « ne s’oppose pas à la vente des murs pour 13 millions d’euros ».

    Contacté, l’adjoint au maire délégué à l’économie et au commerce, Eric Belrivo, a sobrement réagi : « On est attentif. On aimerait bien que ça continue. » Conseillère municipale dans l’opposition, la centriste Mireille Benedetti se souvient « avoir alerté la municipalité de l’époque et le maire (LR) Patrick Boré » de ses doutes quant à « la rentabilité d’un hôtel à cet endroit, en sortie d’autoroute et près d’une zone commerciale ». En plus d’être « un grand catafalque qui bouche la vue sur le magnifique paysage maritime ciotaden », enrage-t-elle. Le Moxy « fait partie d’un complexe de loisirs promis par le maire Patrick Boré et annoncé à l’époque comme “un pôle dynamique et innovant”. Or à ce jour les restos qui avaient ouvert ont petit à petit fermé leurs portes et l’hôtel est en difficulté. On a été trompés sur la marchandise ».