Tag: Horizons

  • La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    À gauche, il y a deux manières d’analyser les résultats des sénatoriales dont l’officialisation en préfecture de l’Hérault aura été laborieuse, dimanche 27 septembre, en raison de la mystérieuse disparition du procès-verbal du 11e bureau.

    La première lecture, c’est de se dire qu’avec la réélection d’Hussein Bourgi (PS) et l’accession de Julie Frêche (PS) au palais du Luxembourg, la liste d’union PS/PCF/Place Publique a réussi son coup. Difficile de dire autre chose au vu des 793 voix recueillies sur 2710 votants (2730 inscrits) alors que PS et PCF n’en avaient obtenu que 561 et 84 en partant séparés en 2020. Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), c’est la preuve que « la très belle dynamique de rassemblement de la gauche unie avec le PCF et Place publique » a porté ses fruits.

    De même que le travail de terrain mené depuis 2020 par H. Bourgi. Lequel a tout de suite salué Julie Frêche comme la « première femme socialiste élue au Sénat dans l’Hérault ». « Je serai la sénatrice de tous les territoires : urbains, ruraux, du littoral, de la montagne », a tenté de rassurer l’élue Montpelliéraine qui va devoir laisser son poste de vice-présidente à la Métropole.

    Revers pour K. Mesquida

    La seconde manière de lire le scrutin, c’est se souvenir que la gauche héraultaise comptait trois sénateurs (Hussein Bourgi, Christian Bilhac et Henri Cabanel) et n’en a plus que deux. La faute à la division. Car les 5 autres listes de gauche ont toutes échoué. En dépit d’un faible nombre d’élus locaux, Les Écologistes d’Agnès Gizard-Carlin (49 voix) et les Insoumis d’Alexia Laforge (119 voix) ont préféré se compter plutôt que s’entendre. Même échec au Département de l’Hérault, où la dissidence de la divers gauche (DVG) Audrey Imbert (147 voix) a empêché l’élection d’Aurélien Manenc (DVG, 275 voix), infligeant au passage un revers au président Kléber Mesquida (La Convention) présent sur sa liste. Quant à l’élue régionale Florence Brutus (PRG, 139 voix), elle n’a pas capitalisé sur l’héritage de Christian Bilhac.

    Le prix de la division est identique à droite (5 listes dont Nouvelle Énergie de Malik Hamadache, 164 voix) qui ne conserve qu’un député et tente de se réinventer. Exit le sénateur Jean-Pierre Grand (Horizons, 145 voix), victime de son départ des Républicains (en échec avec Alain Berthet, 129 suffrages) et de la perte de Castelnau-le-Lez. À bientôt 76 ans, le gaulliste a lui-même annoncé sa retraite politique à Hérault Tribune. « Je regarderai la politique depuis mon poste de télévision ». Après maintes tentatives, l’entrepreneur Joseph Francis (DVD, 427 voix) a enfin gagné un scrutin sur son nom, sans l’UDI. « Une nouvelle page de la droite et du centre est en train d’être écrite.
    Je serai le sénateur de la ruralité
      », a promis… le Montpelliérain.

    Le corollaire de ce double constat, c’est que le RN a tiré les marrons du feu. Certes, grâce à la prise d’Agde et surtout la fragilisation du plafond de verre, le RN obtient quasi trois fois plus de voix (328) qu’en 2020 (118). Mais sans la division des forces républicaines, jamais Manon Bouquin n’aurait pu se faufiler au Sénat.

  • Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Si pendant la campagne des élections municipales le Rassemblement national ne parle que de sécurité et de nouveaux moyens alloués à la police, ses premières décisions une fois élu pourraient être écrites à l’avance. Le programme est simple : annuler tous les événements culturels qui ne leur conviennent pas, couper les subventions aux associations, notamment celles à vocation sociale, puis déloger les syndicats. La troisième phase est lancée à Bagnols-sur-Cèze. Après avoir annulé une dizaine de spectacles à son arrivée puis supprimé une aide de 190 000 euros à deux centres sociaux, Pascale Bordes (RN) a donc demandé aux associations et aux syndicats de quitter leurs locaux de Mendès-France d’ici le 30 novembre.

    Si cette décision pouvait logiquement être attendue, la demi-douzaine d’associations sur place qui partagent ces locaux avec la CGT, la CFDT, FO et la CFTC a été surprise par cette décision. Pour l’heure, associations et syndicats ont décidé d’écrire à la municipalité pour lui demander des précisions, notamment concernant l’avenir du bâtiment. Ils n’ont reçu aucune réponse. Si la CGT a déjà annoncé qu’elle ne quitterait pas les locaux dans ces conditions et qu’elle était prête à se battre, les autres syndicats et les associations disent encore attendre quinze jours avant de communiquer et d’agir. « Nous n’avons reçu aucune réponse à nos différents courriers, ni aucun retour sur l’engagement de la municipalité à revenir vers les syndicats et les associations pour donner la position de sa majorité sur le décalage de la date d’expulsion », précise Pascal Le Boulch, secrétaire de l’UL CGT de Bagnols, qui souhaite désormais interpeller la communauté d’agglomération et la préfecture.

    Les Bourses du travail transformées en ZAD

    Les syndicats bagnolais s’apprêtent donc à rentrer en résistance, comme le font leurs collègues à Arles et Carcassonne. Dans la préfecture de l’Aude, le nouveau maire Christophe Barthès (RN) a décidé dès le 30 avril, pour son deuxième conseil municipal, de mettre fin à la mise à disposition des locaux municipaux occupés par la CGT, la CFDT, Solidaires et la FSU. Rapidement les quatre syndicats se sont mis d’accord pour s’opposer à cette expulsion. Début juin, un commissaire de justice est venu constater que les syndicats occupaient toujours les locaux et la CGT a alors indiqué vouloir engager une procédure judiciaire. Lors d’une manifestation devant la mairie pour s’opposer à cette décision le 26 juin, le maire n’a pas hésité à sortir un tuyau d’arrosage et à asperger les manifestants depuis sa fenêtre. En attendant une éventuelle décision du tribunal, les syndicats continuent d’occuper leurs locaux.

    Une situation similaire se déroule à Arles. Il y a trois ans, le maire Patrick de Carolis (Horizons) a lui aussi refusé de renouveler la convention permettant à l’UL CGT d’occuper la Bourse du travail, comme c’est le cas depuis 120 ans. Le 9 juillet, le tribunal administratif de Marseille a finalement donné raison au maire et a demandé à la CGT de libérer les locaux occupés. Il prévoit une astreinte de 50 euros par jour si les mesures d’exécution ne sont pas justifiées dans les deux mois suivant la notification du jugement.

    Mais malgré cette décision, la CGT résiste et demande un moratoire sur les expulsions des syndicats de leurs locaux. Le 17 septembre, Sophie Binet, la secrétaire nationale de la CGT, s’est déplacée à Arles pour affirmer que la Bourse du travail était désormais une « zone à défendre » (ZAD).

    Non loin de là, la Maison des syndicats de Tarascon pourrait aussi se transformer en ZAD. Là aussi, le maire RN nouvellement élu, Alexandre Ducouret, a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment. Et là aussi, les syndicats ont refusé de partir. Le bras de fer entre les nouveaux maires d’extrême droite et les syndicats est lancé.

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • Olivier Galzi ouvre au compte-goutte la régie publique de l’eau

    Olivier Galzi ouvre au compte-goutte la régie publique de l’eau

    Conseil communautaire du Grand Avignon de rentrée ce lundi soir, pas forcément fleuve mais avec quelques remous sur la question de l’eau. Pas directement cette fois sur la hausse du tarif de 20% actée en juin dernier, mais sur le futur mode de gestion. Dans un peu plus de deux ans s’achève le contrat de délégation de service public confié pendant dix ans à Suez pour l’eau dans 8 des 16 communes de l’agglo, dont Avignon. La question a rejailli à l’occasion du bilan annuel du délégataire, qui a toujours autant de mal à colmater les fuites (notre édition de lundi).

    Rémy Blanc, élu PCF d’Avignon, tire trois enseignements de cette délégation de service public, comme autant d’éléments qui devraient amener à privilégier le retour en régie publique. « Le contrat a été mal ficelé, entraînant une hausse des tarifs façon coup de boutoir, avec un système de pénalités important qui permet au délégataire de récupérer sur 10 ans entre 2,5 et 3 millions d’euros, il est plus rentable pour lui de distribuer des pénalités que de l’eau », fulmine-t-il. Rémy Blanc rappelle aussi les années successives de rendement défaillant mais aussi le fait « que les changements de délégataires sont difficiles avec une perte de connaissance du réseau et du patrimoine global ». Dans la même veine, David Fournier (PS) a appelé au retour en régie publique, se remémorant qu’avant le passage au privé, « les bénéfices conséquents étaient réinvestis permettant de construire la station d’épuration ». L’ex-tête de liste aux municipales d’Avignon n’en fait pas un débat idéologique. « Quelles que soient nos orientations politiques, vous seriez surpris de voir quelles personnalités ont voté le retour d’une régie publique de l’eau », glisse-t-il, mentionnant à l’adresse d’Olivier Galzi « votre mentor Édouard Philippe (Horizons) au Havre ». Plus proche de nous, en 2015, Nice, sous Christian Estrosi alors LR, avait aussi délaissé le privé pour le public.

    Des échanges avec les villes en gestion publique

    En réponse, le président (DVD) du Grand Avignon trouve un point d’accord avec David Fournier. « Le passage en régie n’est pas une question de couleur politique mais d’état du réseau », pose Olivier Galzi. Sans préjuger de l’issue du choix de l’exécutif, le maire d’Avignon laisse transparaître un penchant pour le maintien d’une DSP. « Quand vous avez des millions à investir dans la rénovation du réseau [ce qui est le cas au Grand Avignon], vous avez plutôt tendance à confier la gestion à un opérateur privé qui va porter pour vous sur le long terme cet investissement surtout quand vous n’avez pas les finances », estime Olivier Galzi.

    Toutefois, il ne ferme pas complètement les vannes. « On est en train d’aller voir comment cela s’est déroulé avec les villes qui sont passées en régie », indique le président du Grand Avignon. Une mission confiée à Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) en charge de l’eau et assainissement. « Dès cette semaine, nous allons rencontrer plusieurs services de grandes communes à 200 ou 300 km de là [Nice, Montpellier] passées d’une DSP à une régie, savoir comment ils se sont organisés, les premiers résultats… », expose-t-il, assurant ne « pas avoir de religion ». Si l’actuelle DSP s’achève à fin décembre 2028, les élus doivent se décider d’ici à un an vers quel modèle opter. Questionné par nos soins à l’issue de la séance, Patrick Sandevoir laisse transparaître quelques écueils sur « la gestion patrimoniale et le système de facturation » induits par un retour en régie. « On serait incapable de gérer la facturation, Nice n’a pas su le faire pendant deux ans, s’alerte-t-il. Il faut y aller par étapes et pas tout d’un coup », projette-t-il. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives, tant réclamées par le Collectif de l’eau, présent lundi soir dans l’assistance ?

  • Édouard Philippe en campagne à Alès

    Édouard Philippe en campagne à Alès

    Après Gérald Darmanin et Gérard Larcher (LR), c’est donc Édouard Philippe (Hor.) qui s’est rendu à Alès pour soutenir son maire Christophe Rivenq (LR) après les menaces reçues cet été signées DZ Mafia. Alors que la campagne présidentielle s’accélère en cette rentrée, Alès est devenue le symbole de ces villes moyennes gangrenées par le trafic de drogue et donc le lieu idéal pour les responsables politiques pour affirmer leur combat contre le narcotrafic à peu de frais.

    L’ancien Premier ministre a donc rencontré le maire d’Alès lundi 7 septembre. Après avoir rencontré les membres de la majorité municipale, déjeuné avec des chefs d’entreprise et échangé sur les enjeux de sécurité, de justice, et la lutte contre le narcotrafic à l’hôtel municipal d’Alès, il a détaillé plusieurs mesures face à la presse.

    Édouard Philippe a par exemple proposé la mise en place d’un « état d’urgence » sur le narcotrafic qui permettrait, selon lui, de « prendre des mesures administratives, de réaliser des perquisitions, d’utiliser des moyens technologiques comme la reconnaissance faciale, d’interdire l’accès d’une zone à des trafiquants ». Le maire du Havre souhaite aussi « taper les narcotrafiquants au portefeuille » et être « beaucoup plus ferme avec les consommateurs ».

    Celui qui a reçu le soutien de Gérald Darmanin cet été, ministre de la Justice depuis 2024 et ancien ministre de l’Intérieur entre 2020 et 2024, s’inscrit donc dans la lignée du tout répressif de son allié alors que les résultats en la matière sont plus que contestables. La consommation de cocaïne a par exemple triplé en cinq ans, celle d’ecstasy/MDMA a doublé entre 2019 et 2023, les violences pour le contrôle des points de deal ont explosé et le trafic n’a cessé de s’étendre ces dernières années, touchant désormais une majorité de communes rurales. L’actuelle situation à Alès, comparable à celle également très inquiétante de Bagnols-sur-Cèze, n’en est qu’un nouvel exemple. Dans ce contexte, les remèdes du candidat Édouard Philippe semblent loin de pouvoir régler le problème.

  • [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    Le retrait des sortants aiguise les appétits individuels mais accentue le risque des désillusions collectives. Pour la gauche, le scrutin sénatorial du dimanche 27 septembre a tout l’air du piège.

    Tout d’abord, elle est sortie plutôt affaiblie des Municipales dans l’Hérault. Or, le corps électoral des 2 729 grands électeurs est largement constitué de délégués des conseils municipaux. Ajoutez à cela un mode de scrutin singulier (la proportionnelle de liste à un tour) et l’affaire se corse un peu plus.

    Au vu de son actuelle situation confortable (3 sièges sur 4), la gauche héraultaise semble avoir plus à perdre qu’à gagner face à une droite certes elle aussi divisée mais solide et une extrême droite qui ne cesse de progresser.

    Le fait que deux sortants (Christian Bilhac, PRG/RDSE et Henri Cabanel, DVG/RDSE) ne se représentent pas génère de l’incertitude. Une brèche vers le palais du Luxembourg dans laquelle de nombreux impétrants souhaitent s’infiltrer à gauche. Sans même compter les listes surprises qui pourraient être déposées en préfecture du 7 au 11 septembre, pas moins de 6 listes de gauche sont déjà annoncées dans l’Hérault.

    Embouteillage à gauche

    La liste qui semble favorite semble être celle menée par Hussein Bourgi. Allié à la vice-présidente de Métropole Julie Frêche (numéro 2) et soutenu par le PCF, le sénateur sortant peut compter sur un solide réseau d’élus notamment à Montpellier. Probablement suffisant pour conserver son siège. Pour en obtenir un second en revanche…

    Il faudra batailler avec les concurrents. À commencer par Florence Brutus (PRG). La vice-présidente de Région auprès de Carole Delga est soutenue par le sortant Christian Bilhac. L’ancien maire de Péret peut compter sur ses réseaux du monde rural.

    En probable 5e position (non éligible), le président du Département, Kléber Mesquida (DVG), en rupture avec la ligne du PS depuis son départ du parti à la rose, poussera la liste de l’élu héraultais, Aurélien Manenc. Lequel mise lui aussi sur la ruralité. Problème : la liste DVG dissidente d’Audrey Imbert, élue du canton de Mèze, vient compliquer la tâche.

    Enfin, les Écologistes et les Insoumis devraient partir séparés. Durant l’été, les premiers n’ont eu de cesse de faire les yeux doux aux seconds. En vain. La faute à la stratégie nationale autonome dictée par Jean-Luc Mélenchon. Massivement présente à ce scrutin, LFI n’a que peu de chance de succès. Dans l’Hérault, la mission s’annonce ardue pour l’élue municipale d’opposition à Castelnau-le-Lez, Alexia Laforge. Avec en tête de liste Agnès Gizard-Carlin (élue à Pezenas), les Verts chercheront eux aussi avant tout à tisser leurs réseaux et gagner en notoriété.

    Le RN tapi dans l’ombre

    Et la droite dans tout cela ? Au moins quatre listes devraient être en lice. Pourtant des ambitions ont pu être freinées. Un temps sur le coup contre le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons), le délégué héraultais du parti d’Edouard Philippe, Jean-François Audrin, a renoncé. L’ex-UMP sera toutefois concurrencé à droite par Les Républicains. Leur liste sera menée par l’avocat et ex-porte-parole de l’association Non au béton, Alain Berthet. L’entrepreneur Joseph Francis devrait lui aussi mener une liste sans le logo UDI. Enfin, Malik Hamadache, adjoint au maire de Villeneuve-lès-Maguelone, devrait candidater pour Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard.

    La droite pourra compter sur les nombreux élus divers droite. Reste à savoir combien seront tentés par la liste RN de la députée Manon Bouquin appelée à dépanner suite au retrait (pour raisons médicales) du Sétois Sébastien Pacull qui avait été investi. Avec la prise d’Agde qui s’ajoute à l’emprise ménardienne dans le biterrois, le scénario d’un sénateur RN dans l’Hérault n’apparaît plus totalement farfelu.

  • L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    « Je suis convaincu que la France a besoin d’un leader d’expérience et d’une majorité de gouvernement capable de guider notre pays sur le chemin d’une France forte, souveraine, protectrice et confiante en son avenir », justifie celui qui affirme se reconnaître dans « une ligne de droite républicaine, sociale, exigeante et profondément attachée à l’autorité de l’État » et qui avait rejoint en 2025 le mouvement Populaires fondé par Gérald Darmanin, lequel s’est rallié le 17 août au maire du Havre. Et de former le vœu que ses idées « soient présentes au second tour de l’élection présidentielle et qu’elles puissent l’emporter ».

  • La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    Vu le nombre d’élus municipaux qu’elle compte, la droite héraultaise est en droit d’espérer obtenir un second siège de sénateur. Et pourtant, la mission ne s’annonce pas simple.

    À l’instar de la gauche, la droite pourrait partir divisée dans l’Hérault. Le sénateur sortant Jean-Pierre Grand n’a jamais caché son souhait de continuer à siéger au Palais du Luxembourg qui compte, paraît-il, le meilleur restaurant de Paris. L’ancien maire de Castelnau-le-Lez a même déjà l’investiture du parti d’Édouard Philippe, Horizons.

    Affaire réglée ? Pas du tout. Puisque contre toute attente, un autre élu Horizons revendique lui aussi l’étiquette. Il s’agit du maire de Saint-Georges d’Orques, Jean-François Audrin, qui n’est autre que… le délégué départemental d’Horizons dans l’Hérault ! Chez les troupes du maire du Havre aspirant à l’Élysée, on marche donc sur des œufs. J.-F. Audrin finira-t-il par rentrer dans le rang d’une manière ou d’une autre sachant que la 3e place qui pourrait lui être attribuée derrière J.-P. Grand ne sera pas éligible ? Ou bien J.-F. Audrin montera-t-il sa propre liste sous peine d’être exclu ? Suspense.

    LR et RN en réflexion

    Pendant ce temps, Joseph Francis avance. Après avoir échoué de peu en 2020 (5e avec 9,45%, 234 voix), l’entrepreneur montpelliérain s’est déclaré… cette fois sans le soutien de l’UDI. « Je dévoilerai ma liste fin juin. J’aurai des maires avec moi. Je m’occupe d’eux, pas des candidats ni des partis politiques », précise Joseph Francis qui a l’air vacciné des étiquettes. « Ils font de la tambouille. Il y en a marre de la politique d’hier, des calculs. Les maires sont dans une détresse totale, ils ont besoin qu’on s’occupe d’eux », charme le chef d’entreprise qui dit rencontrer entre deux et douze maires par jour.

    Du côté des Républicains, on est encore au stade de la réflexion et des discussions en coulisses. « Pour l’instant, il n’y a pas de liste LR, on va voir », glisse le secrétaire héraultais Arnaud Julien, dans l’expectative. En charge des sénatoriales, le maire de la Grande-Motte, Stéphan Rossignol, n’a pu être joint pour nous en dire davantage.

    Quant à l’extrême droite, elle n’a pas davantage communiqué. Si à Béziers Robert Ménard ne semble pas intéressé pour peser dans ce scrutin, nul doute que, comme en 2020 (8e avec 4,76% soit 118 voix), le RN présentera une liste dans l’Hérault. Selon les premiers bruits, elle pourrait être menée par l’ancien candidat RN aux régionales 2021, Jean-Paul Garraud. Étonnant puisqu’il est déjà député européen. Ou bien par Sébastien Pacull, qui a pourtant raté son pari aux Municipales à Sète. À ce stade, rien n’est donc acté.

  • À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    « Ici c’est Fournier ! » clame Nicolas Koukas à l’ouverture de son meeting de second tour des élections municipales, jeudi soir, pour la liste de l’Union pour Arles. Le gymnase a vibré au son d’Eminem et d’AC/DC à l’énumération des noms des colistiers, avant de laisser place à la voix légèrement enrouée du candidat communiste, qui ne laisse aucune suspension à sa confiance : « ce second tour va nous mener à la victoire dimanche » affirme-t-il devant ses soutiens gonflés à bloc.

    Arrivé en deuxième position du scrutin avec 25,38 % des voix, derrière le maire Horizons Patrick De Carolis à 34%, Nicolas Koukas estime être « en ballotage favorable » au milieu du maire sortant et des autres adversaires que sont Rémy Benson (RN) à l’extrême droite avec 16,37% des voix et Jean-Michel Jalabert (DVC) à 13,69%. Le chef de file de l’Union pour Arles analyse le 1er tour en pointant que « deux tiers des Arlésiens qui se sont exprimés ont dit non au maire […] qui, ne vous y trompez pas, a subi un sérieux revers », mais ne s’en satisfait pas pour autant. « L’abstention est trop forte quand un Arlésien sur deux ne ssest pas déplacé pour voter. Ce n’est pas une fatalité, c’est le symptôme d’une crise démocratique » relève le candidat qui veut la « combattre de manière unie ».

    La force de l’union

    Car « La force de l’union » n’est pas qu’un slogan écrit sur les affiches et tracts du candidat, mais une somme de réalités. Outre les neuf partis politiques mobilisés au sein de cette union, ainsi que les « 600 Arlésiens qui ont construit le projet » porté par sa liste, dont ceux de l’Appel d’Arles, Nicolas Koukas emporte avec lui de nouveaux alliés dans ce deuxième round.

    À commencer par des anciens membres de l’équipe De Carolis comme le Dr Serge Meyssonnier de Mas Thibert, ancien adjoint et Sophie Aspord, ex-3e adjointe à l’urbanisme, tous deux présents dans la salle, le candidat est fort du « consensus de tous bords sur l’incapacité à rassembler et diriger » du maire sortant, « y compris dans son ancienne équipe ». Mais aussi du soutien des Écologistes qui étaient sur la liste de Jecilla Regad (LFI) au 1er tour, dont Nicolas Koukas (PCF) a salué la « belle campagne de gauche ».

    De gauche, comme Fernand Fournier, dont Nicolas Koukas a souhaité « rappeler qui il était : un résistant, cheminot, mort en déportation ». Une précision utile face au discours du maire sortant, qui fait feu de tout bois sur le communiste et son équipe. « Des dangereux bolcheviques avec un couteau entre les dents ! » caricature Nicolas Koukas, qui se dit « fier de nos parents et grands-parents qui ont chassé les nazis eux-mêmes en 1944 et ont mené tant de combats depuis ».

    Plus que l’anticommunisme primaire, le candidat pointe « les intimidations » sur des agents communaux de la part du maire sortant, les « divisions systématiques » au sein de « l’ancien monde en déroute » du « candidat macroniste » qui a été jusqu’à « faire pression sur Jean-Michel Jalabert pour qu’il se retire, en appelant jusqu’à Jean-Pierre Camoin, ancien maire de droite (RPR) dans les années 1980 pour ce faire ». « Quel spectacle, quel cirque nous offre-t-il après nous avoir tant critiqué tout le mandat ? Comment avoir confiance en un homme pareil ? Notre ville mérite mieux » tranche Nicolas Koukas.

    « Notre devoir est de mettre fin au système De Carolis » lance-t-il, y opposant « l’urgence de la démocratie participative pour rendre Arles aux Arlésiens » et « refuser les décisions prises entre amis ou dans un bureau fermé ». Mais aussi « Les 12 millions d’euros que nous allons dédier à l’éducation et aux écoles, la lutte contre l’habitat indigne » entre autres mesures que Nicolas Koukas espère faire gagner par le « réveil de la flamme populaire pour une ville plus humaine, chaleureuse et prospère ».

    La chaleur, elle, était déjà là.

  • A Nîmes, Proust, Plantier et Rouverand forcent l’union de la droite

    A Nîmes, Proust, Plantier et Rouverand forcent l’union de la droite

    Au lendemain du premier tour des élections municipales, la droite nîmoise a choisi de mettre ses rancœurs de côté et de serrer les rangs. Franck Proust et Julien Plantier ont officialisé ce lundi 16 mars la fusion de leurs listes, désormais réunies sous une même bannière pour le second tour du dimanche 22 mars. Baptisée « Nîmes par-dessus tout », la nouvelle liste rassemble les équipes de « Tout Nîmes », conduite par Franck Proust (LR, soutenu par Horizons), et celle de « L’Avenir nîmois », menée par Julien Plantier et Valérie Rouverand (Renaissance). L’accord prévoit que Franck Proust reste tête de liste et devienne maire en cas de victoire, tandis que Julien Plantier serait candidat à la présidence de Nîmes Métropole.

    Cette alliance intervient après un premier tour qui a profondément rebattu les cartes. Julien Sanchez, candidat du Rassemblement national et de l’UDR, est arrivé en tête avec 30,39 % des voix, suivi de Vincent Bouget, chef de file de l’union de la gauche, avec 30,05 %. Derrière, Franck Proust a recueilli 19,55 %, tandis que Julien Plantier a obtenu 15,55 %. Dans ces conditions, la division de la droite apparaissait comme un risque majeur pour la majorité municipale sortante, qui dirige la ville depuis un quart de siècle autour de Jean-Paul Fournier. Dès le soir du scrutin, ce dernier avait d’ailleurs appelé publiquement au rassemblement dans un communiqué, appelant ses héritiers proclamés à « la raison » afin de bâtir une liste d’union.

    « Notre famille était divisée. Nous avons cru, peut-être à tort, que nous pouvions porter nos programmes séparément », a reconnu Franck Proust lors de la conférence de presse organisée à la Grande Bourse. Une manière d’admettre que la stratégie du premier tour s’est retournée contre la droite nîmoise. Julien Plantier, lui, a justifié ce rapprochement par la nécessité de « mettre de côté les intérêts personnels » afin de créer une dynamique capable de peser au second tour. Dans le détail, la liste commune comptera 59 colistiers, avec une répartition annoncée de 60 % issus de la liste de Franck Proust et 40 % de celle de Julien Plantier. Valérie Rouverand occupera la deuxième position, devant Julien Plantier, puis Valentine Wolber et Thierry Procida.

    Des reports de voix loin d’être acquis

    Mais au-delà de la mécanique des places, l’enjeu est d’abord électoral. En additionnant leurs scores du premier tour, Proust et Plantier totalisent un peu plus de 35 % des suffrages, un niveau théoriquement supérieur à celui du RN ou de la gauche. Reste à savoir si les électeurs suivront cette recomposition politique de l’entre-deux-tours. Car les reports de voix sont loin d’être automatiques, notamment après des mois de rivalités entre les deux camps. Plusieurs observateurs soulignent aussi qu’une partie de l’électorat pourrait choisir l’abstention ou se tourner vers d’autres listes. En politique 1+1 ne fait jamais 2.

    Les sondages publiés avant le premier tour suggéraient d’ailleurs une autre dynamique. Une étude publiée le 13 mars et réalisée par l’Ifop-Fiducial pour La Gazette de Nîmes et Sud Radio, auprès de 503 électeurs nîmois, donnait Vincent Bouget en tête au second tour, avec 41 % des intentions de vote dans l’hypothèse d’une triangulaire, contre 31 % pour Franck Proust et 28 % pour Julien Sanchez. Autant dire que l’issue du scrutin reste incertaine.

    La campagne du second tour s’annonce donc intense. Face à une droite désormais réunie, la gauche espère transformer l’essai après son score élevé du premier tour, tandis que le Rassemblement national, arrivé en tête dimanche soir et qui constitue une grande menace, entend capitaliser sur sa maigre avance. À moins d’une semaine du vote, une chose est certaine : la fusion Proust-Plantier ouvre une nouvelle phase de la bataille municipale nîmoise, où chaque voix comptera.