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  • À Montpellier, une pride « de résistance et de solidarité »

    À Montpellier, une pride « de résistance et de solidarité »

    Une haine de plus en plus banalisée. C’est ce que met en lumière le rapport annuel de SOS homophobie publié en mai. Il recense 1 771 cas de LGBTphobies en 2025, marqués par une forte progression de la haine en ligne, des agressions physiques dans l’espace public – dernière en date : Noahm, 19 ans, est mort sous les coups le 2 juin à Metz, des témoignages mettant en évidence les motivations homophobes – et un harcèlement persistant en milieu scolaire. Une violence nourrie par un climat politique national jugé de plus en plus hostile. À l’international aussi, les droits des personnes LGBTQIA+ connaissent d’importants reculs, « avec les attaques de Trump ou les lois LGBTQIA+phobes en Afrique », souligne Olivier Vaillé, président de l’association Fierté Montpellier Pride, organisatrice de la marche des fiertés dans la capitale héraultaise.

    Aussi, l’affiche, cette année, brandit un slogan de barrage : « Touche pas à ma pride », dans une main aux couleurs arc-en-ciel tendue comme un bouclier, inspirée de celle bien connue de SOS Racisme estampillée « Touche pas à mon pote ». « Une main pour dire attention, pour dire stop. Pour prévenir, pour se protéger, pour poser la limite », explique l’association organisatrice. « La Pride est bien plus qu’une fête. C’est une manifestation de visibilité, de résistance et de solidarité. »

    Un message combatif et politique au lendemain d’élections « qui ont vu de nouvelles villes tomber dans l’escarcelle de l’extrême droite », souligne Olivier Vaillé. « Et on voit ce qu’il se passe quand ils sont au pouvoir. » « À Elne par exemple », à peine élu, le nouveau maire RN de cette commune des Pyrénées-Orientales « a fait repeindre en blanc le passage piéton aux couleurs LGBT devant la mairie et a retiré le drapeau arc-en-ciel du fronton de l’hôtel de ville ». Ailleurs, « des associations qui luttent contre les discriminations se voient retirer leurs subventions, comme ce fut le cas pour la LDH à Carcassonne », cite encore Olivier Vaillé.

    Un nouveau local inauguré

    Face à ces attaques et à la menace d’une accession du RN au pouvoir en 2027, « on a besoin d’une solidarité entre les différentes structures et d’une intersectionnalité des luttes pour préparer l’avenir. C’est pour ces raisons que les associations marraines de la Pride cette année sont SOS Racisme et la LDH ». Comme son homologue de SOS Racisme Dominique Soto, la présidente nationale de la LDH, Nathalie Tehio, marchera en tête de cortège à Montpellier le 20 juin. « On observe une recrudescence d’actes LGBTQIphobes graves, mais aussi d’actes rcistes et antisémites, en lien avec la montée de l’extrême droite qui est contre l’égalité de toutes et tous devant la loi. Et même si Montpellier résiste, il y a une forte poussée de l’extrême droite alentour », relève la présidente de la LDH. « Nous sommes certes en résistance, mais aussi en affirmation de la société que nous voulons, qui est une société inclusive », insiste-t-elle.

    À la veille de la marche des fiertés, le 17 juin, l’association Fierté Montpellier Pride, jusque-là située boulevard Pasteur, a inauguré son nouveau local, trois fois plus grand (d’environ 60 à 180 m2) au 3 avenue Clemenceau. « Ce gain de surface permettra notamment d’accueillir des associations qui n’ont pas de local et qui pourraient en avoir besoin », souligne Olivier Vaillé. Vendredi 19 juin à 16h, Jean-Marc Berthon, ambassadeur pour les droits des personnes LGBT+, Dominique Soto, président de SOS Racisme, Nathalie Tehio, présidente de la LDH et Alice Nkom, avocate spécialisée dans la défense des droits des LGBTQIA+ au Cameroun animeront une conférence à la fac de droit. Puis de 19h à minuit, la Queer night battra son plein aux jardins du Peyrou. Enfin le samedi 20 à 16h, la marche des fiertés partira des jardins du Peyrou pour une grande boucle arc-en-ciel, festive et militante dans le cœur de ville.

  • [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    Patrice Loubon n’a pas oublié cette journée du 27 avril 2025 où il a découvert sa galerie vandalisée. Mais le président et fondateur de l’association NegPos, qui a toujours associé son travail culturel à la politique, loin d’être impressionné, a récidivé. D’abord en accueillant à nouveau l’exposition féministe de Kamille Lévêque, puis en proposant à partir du 8 mai, une exposition autour du genre, du sexe et de la transgression.

    « C’est une exposition que l’on a déjà montrée en Espagne mais je me suis dit qu’elle était une bonne réponse au saccage de l’année dernière. Ça permet d’en remettre une couche et de parler de questions qui nous préoccupent tous, à savoir le genre, la liberté sexuelle, la liberté d’expression et de création. Cette exposition concentre tout cela à travers une grande diversité d’expressions », précise Patrice Loubon.

    Six photographes

    La galerie a en effet rassemblé le travail de six photographes dont quatre internationaux. Parmi eux, le Cubain Yomer Montejo Harrys (Cuba), radiographe, propose une série de radios pour illustrer la violence sexuelle engendrée par le tourisme sur son île. « C’est un travail original qui évoque la soumission chimique, la prostitution et la prostitution des mineurs. C’est un travail très fin parce que la radiographie permet de mettre à distance ces questions. Avec la radiographie, on touche vraiment au corps parce qu’on est dans le squelette même », explique Patrice Loubon. Alejandro Perez Alvarez, également cubain, présente lui son reportage réalisé durant trois ans au sein d’un cabaret transformiste de La Havane.

    Carla Yovane propose de son côté un travail rare, réalisé avec les hommes prostitués de Santiago au Chili après qu’ils ont eu des relations sexuelles avec leurs clients dans des chambres d’hôtel. La sud-africaine Noncedo Gxekwa, elle, multiplie les clichés de femmes puissantes à la force physique déroutante, presque menaçante. Un travail qui évoque fortement l’exposition de Kamille Lévêque « Benzine cyprine ». Côté français, Pauline Sauveur suit une personne en transition de genre, entre traitements hormonaux et démarches administratives, alors que Fabien Dupoux propose un reportage en noir et blanc sur des hommes déguisés en femmes.