Tag: Hervé Martel

  • Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Quelque 2,6 millions de passagers et 660 escales, soit une hausse de 8% par rapport à 2024. Dans un communiqué, Marseille Provence Croisière, se félicite d’un bilan 2025 positif qui s’explique par « une augmentation du nombre d’escales, des navires très bien remplis et une activité qui s’étale sur une grande partie de l’année ». Près de 30% de ces passagers sont des « têtes de ligne », poursuit l’association, « c’est-à-dire qu’ils commencent ou terminent leur croisière à Marseille ».

    De quoi générer « des retombées différentes de celles des passagers en escale, plus tournés vers les excursions », assure-t-elle. La somme dépensée par personne et par jour dans la ville s’élève à 57 euros avance à chaque occasion Jacques Hardelay, président de l’association. Marseille restant un pôle de départ « majeur » avec 452 bateaux qui appareillent en 2025, soit +3% par rapport à 2024.

    Pour Marseille Provence Croisière, l’activité contribue également à l’ouverture internationale de la cité phocéenne, « en combinant attractivité touristique et impact économique direct ». Parmi eux les Français restent un socle avec 497 361 passagers en 2025 (+0,91%), mais les clientèles internationales « progressent nettement », avec +21% d’Américains, les plus nombreux avec 13 117 passagers, suivi des Chinois, +16% 11 724 passagers ou des Canadiens, +41% 7 620 passagers. À noter également la progression des Kazakhs, +74% avec 7 348 passagers.

    Des prévisions à la hausse

    Autant d’éléments qui permettent pour l’association de tracer une perspective de 2,8 millions et 750 escales. Des prévisions qui pourraient faire bondir les riverains de ces géants des mers qui, à quai, émettent l’équivalent d’environ 20 000 voitures en polluants atmosphériques, quand 38% de la population régionale « est aujourd’hui exposée à un dépassement des normes 2030 de la qualité de l’air, avec des pics plus importants dans les villes-ports », note l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud. Un dépassement « plus significatif sur l’aire marseillaise », ajoute-t-elle.

    Mais la donne a changé assure Marseille Provence Croisière. Jacques Hardelay l’a bien compris : « Aujourd’hui, la performance de la croisière ne peut pas être dissociée de son impact environnemental et de son acceptabilité locale. » Marseille Provence Croisière mise sur la « transition » avec « 28% des escales réalisées par des navires propulsés au GNL, une part en progression de +9% » mais aussi et surtout le branchement électrique à quai.

    Une giga prise permettant de connecter trois navires en simultané, inauguré par le ministre des Transports le 11 avril dernier, qui réduirait de 70% les émissions de d’oxyde d’azote (NOx), dont le transport maritime représente le second émetteur à Marseille (37%) derrière le transport routier (45%) toujours selon AtmoSud. Le premier pas vers une décarbonation devenue le fil conducteur d’une « dynamique industrielle qui s’opère sur la zone de Fos » estimait Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille lors de l’inauguration.

    Associations et habitants espèrent eux que le Port aille plus loin en la matière. De son côté, la Ville de Marseille a d’ores et déjà prévenu que ce développement accru ne se ferait pas sans elle. « Cette croissance ne peut se poursuivre durablement que si elle devient respectueuse du choix démocratique et souverain de la ville et de ses habitants » avait indiqué le Marseillais Laurent Lhardit (PS) député des Bouches-du-Rhône, lors de l’inauguration.

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Les élus face à la révolution industrielle

    Les élus face à la révolution industrielle

    À l’Ouest du département, le ballet des camions sur la RN568 est incessant. D’ici 2030, ces véhicules (4 600 poids lourds par jour dont 700 opérant du transport de matières dangereuses) ne passeront plus par ce qui sera, Laurent Belsola (PCF) et Gaby Charroux (PCF) l’espèrent, un boulevard urbain, mais par le contournement autoroutier qui passera au nord de leurs deux villes Martigues et Port-de-Bouc.

    Déclaré d’utilité publique en 2017 et demandé depuis plus de cinquante ans par la population et les élus du territoire, cet aménagement est enfin entré dans le concret en juillet 2025 avec la signature de son protocole de financement. Au total, 228 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics (État, Région, Département, Métropole et Grand Port maritime de Marseille-Fos – GPMM) pour construire près de 7 km de 2×2 voies, deux échangeurs et 12 ouvrages d’art.

    Loin d’être un hasard, cette somme a été obtenue à la faveur de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos. « On a pris en compte le fait que l’économie mondiale est là, c’est le premier investissement qui permet de dire que la ZIP va se développer et prendre une autre dimension », notait le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola lors de la signature en préfecture.

    Des décisions finales d’investissement en 2026

    De la même manière que, dans les années 1970, le développement de la sidérurgie dans les bassins Ouest du port, et notamment les implantations de Solmer et d’Ugine, ont entraîné une arrivée massive de travailleurs lorrains, l’arrivée de nouveaux acteurs économiques devrait bouleverser la physionomie du territoire dans les années à venir.

    Près de cinquante projets industriels ont été identifiés par la Commission nationale du débat public, qui a mené une concertation globale du 2 avril au 13 juillet dernier, dans les secteurs de l’hydrogène (H2V), de la sidérurgie dite « verte » (GravitHy, Marcegaglia), des carburants bas-carbone pour le maritime et l’aviation (Neocarb), la chimie, de la pétrochimie, de l’aérien (pôle Jean-Sarrail), des énergies (Carbon), ou encore de la logistique. Près de 15 milliards d’euros privés sont attendus dans la zone. Alors que le contexte national et international est pour le moins instable, lors des vœux du GPMM, le président du directoire Hervé Martel rappelait : « 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. » Les pouvoirs publics et le monde économique parlent déjà de 10 000 emplois directs créés d’ici 2030-2035. Charge aux communes alentour d’être en capacité d’accueillir ces nouveaux travailleurs et leurs familles.

    Pour le président du conseil de surveillance du GPMM, Christophe Castaner, « notre responsabilité est de rendre possible l’implantation de ces projets, en aménageur et propriétaire foncier, en accompagnant massivement les infrastructures publiques ». Le port vient d’adopter son projet stratégique 2025-2029, qui prévoit plus d’un milliard d’euros d’investissements, dont 77% seront consacrés aux bassins Ouest. En ligne de mire : l’extension du terminal avec le projet Fos 3XL à horizon 2031, la desserte du môle central et l’élaboration d’un schéma directeur ferroviaire pour anticiper les flux.

    La ligne THT divise

    Indispensable, l’alimentation électrique constitue la pierre d’achoppement de la transition industrielle de la zone. D’après le port, les besoins sont estimés à 2,4 GW supplémentaires sur le seul môle central d’ici 2029, et plus de 6 GW à l’échelle du golfe de Fos à l’horizon 2030. Pour y répondre, un projet de ligne aérienne très haute tension de 65 km et 180 pylônes avait été présenté au public, suscitant de vives oppositions des agriculteurs, des associations écologistes et des élus du pays d’Arles, amenant le collectif THT 13/30 à proposer une solution alternative d’enfouissement partiel.

    Dans leur rapport publié en décembre, les services de l’État ont acté le report de leur décision sur la réalisation de cette infrastructure électrique, exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE. Un consensus sera-t-il trouvé ?

    « Rendre possible l’implantation de ces projets »

  • Le port prévoit d’investir plus d’1 milliard d’ici 2029

    Le port prévoit d’investir plus d’1 milliard d’ici 2029

    Les résultats de l’année qui vient de s’écouler confirment que le Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) « s’appuie sur des fondements solides », comme le glisse le président de son conseil de surveillance Christophe Castaner. Alors que le « schéma de la mondialisation » devient « segmenté et instable », avec une « reconfiguration des alliances maritimes » et une « repolitisation du commerce international », les chiffres présentés lors des vœux montrent une croissance positive.

    Le trafic total atteint 74 millions de tonnes, soit une hausse de 5%, grâce à une dynamique insufflée par l’évolution des vracs solide et liquide. Le transport de passagers enregistre aussi une augmentation de 4%. Avec un chiffre d’affaires de 235,3 millions d’euros (+5%), les finances se portent bien. L’investissement a dépassé les objectifs annoncés de 10 millions d’euros, atteignant 105 millions d’euros.

    Des incertitudes

    Alors que le GPMM vient d’adopter son plan stratégique 2025-2029, qui prévoit d’1 à 1,3 milliard d’euros d’investissements, Christophe Castaner souligne « un effort massif particulièrement important : trois fois plus que le programme précédent 2020-2024 ». Avec deux objectifs : « Décarboner et reconstruire un avantage compétitif durable. »

    Car si le port tient le cap, il a certaines fragilités : le trafic de containers reste tout juste stable, avec 1,45 million d’équivalent vingt pieds qui y ont transité en 2025, « alors qu’on observe une croissance des volumes passés en Méditerranée », analyse le président du conseil de surveillance. En réponse, afin d’assurer une montée en capacité de ses terminaux, le GPMM déploie notamment le projet Fos 3XL.

    En 2026, certains grands projets verront le jour, à l’instar du démarrage de Phare (le projet architectural du futur siège social et la réhabilitation de la Halle J0) ou de la première connexion à quai des bateaux de croisières, le résultat de 200 millions d’euros investis dans l’électrification depuis 2017. « Marseille-Fos sera le premier port d’Europe capable de brancher simultanément trois navires », annonce fièrement Christophe Castaner. D’autres projets sont plus incertains, comme Deos, une plateforme de construction et d’assemblage d’éoliennes flottantes sur la zone industrialo-portuaire de Fos. « Le projet se heurte à deux difficultés : son financement et sa compatibilité avec les trajectoires aériennes militaires et civiles », admet Hervé Martel, président du directoire du port.

    Plus globalement, les bouleversements liés au contexte géopolitique apportent leur lot d’incertitudes quant aux 15 milliards d’euros d’investissements privés attendus à l’Ouest. Hervé Martel assure : « On travaille pour investir sur le môle central car les projets sont là, pas totalement engagés de façon ferme et définitive, mais on prend une partie de risque pour être au rendez-vous quoi qu’il arrive. 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. »

  • Des investissements sans précédent pour le port

    Des investissements sans précédent pour le port

    En amont du conseil de surveillance du Grand port maritime de Marseille (GPMM) qui s’est déroulé ce jeudi, son président, Christophe Castaner et Hervé Martel, président du directoire du GPMM, ont dévoilé à la presse le projet stratégique Marseille-Fos 2025-2029. Une feuille de route qui trace les orientations de la structure pour les prochaines années. « Notre objectif c’est faire en sorte que le port de Marseille soit un acteur incontournable du commerce méditerranéen », campe Christophe Castaner.

    Plus d’un milliard d’investissements à venir

    Et dans cette optique, les deux présidents annoncent des investissements plus que massifs. « On est sur un niveau d’investissement sans précédent qu’on situe entre 1 milliard et 1,3 milliard dans les 4-5 ans qui viennent », explique Christophe Castaner, précisant que « sur les 5 années précédentes, la réalité d’investissement était de 340 millions d’euros ». Hervé Martel abonde : « On est passé de moins de 250 millions à 340 millions puis à 1 milliard. Vous voyez la croissance exponentielle. » Des montants inédits pour le GPMM avec « des acteurs privés qui prennent part à ce projet de territoire ».

    Renforcement des trafics

    Et qui dit investissements massifs, dit projets massifs à venir. « On va étendre le terminal à conteneurs du premier armateur mondial », annonce Hervé Martel, qui évoque une « dynamique de développement commune avec MSC ». C’est le fameux projet Fos 3XL qui implique 450 mètres de quai supplémentaires, extension de terre-plein etc. Une « opération à 220 millions d’euros très structurante », insiste-t-il. « Ça permettra d’accoster deux très gros navires et d’avoir un quai public pour les barges », Le tout, « pour faire face aux besoins et ça nous donne une capacité à très long terme pour faire plus de conteneurs ». Dans cette lignée, le GPMM avance aussi sur les zones logistiques Feuillanne Nord et ZSP2 (Zone de services portuaires), à l’arrière des terminaux. On parle de plusieurs centaines d’hectares « d’entrepôts qui vont pouvoir sortir de terre dans les années qui viennent ».

    Connexion ferroviaire et fluviale

    Autre sujet d’importance : « L’interface port-fleuve et port-rail sera considérablement améliorée », promet Hervé Martel. Et Christophe Castaner espère faire du GPMM « la porte d’entrée d’un hinterland élargi » ciblant notamment l’axe MeRS (Méditerranée, Rhône et Saône). En lien avec cette question de la desserte du port via le rail, Hervé Martel insiste sur « le dynamisme du trafic de remorque ». « Il y a du travail pour structurer le roro [trafic roulier, c’est-à-dire le transport de marchandises roulantes voitures, poids lourds, remorques Ndlr] ». Dans ce cadre, « on travaille à des connexions ferroviaires pour les bassins Est », poursuit Hervé Martel. Plus globalement, le GPMM table sur 25% de part modale du ferroviaire pour les conteneurs d’ici 2040, et 11% de part modale de fluvial. Côté route, le port est aussi partie prenante dans le contournement routier de Martigues-Port-de-Bouc.

    Des questions de dialogue

    Enfin, les deux présidents insistent sur « le rapport ville-port ». Un exemple de la bonne volonté affichée : « La saison prochaine, on branchera les navires de croisière. » Le GPMM entend aussi avancer sur l’interface avec « l’aboutissement d’un projet d’une nouvelle gare maritime Corse commune aux deux armateurs ». Le tout, en lien avec le projet Phare, la rénovation du siège du GPMM à la Joliette. Pour le J4, « on a décidé d’en assurer nous-mêmes la maîtrise d’ouvrage », précise Hervé Martel. Et le J1 « est sur les rails ». Castaner loue « une révolution spatiale » quand Hervé Martel souligne « une vraie rupture sur la relation de territoire à Marseille ». Autre aspect de ces questions de rapports sociaux : le dialogue social. Et notamment avec la CGT suite à la présentation de sa feuille de route, la semaine dernière. « La CGT a fait une communication sur ses attentes pour ce projet stratégique, on s’y retrouve globalement même s’il y a des critiques et remarques qu’on ne partage pas », conclut Christophe Castaner.

  • Un accord stratégique signé pour l’extension de Fos 2XL Nord

    Un accord stratégique signé pour l’extension de Fos 2XL Nord

    Une extension de 120 mètres linéaires de quai et 3,3 hectares de terre-pleins permettant l’accostage simultané de deux navires porte-conteneurs parmi les plus longs du monde, soit 400 mètres…

    Hervé Martel, président du directoire du port de Marseille Fos, et David Elbez, directeur des investissements des terminaux France et Afrique du groupe MSC/TIL, ont signé ce mardi 25 novembre, à Fos-sur-Mer, un accord sur le lancement de l’extension du terminal Fos 2XL Nord, exploité par Seayard, indique dans un communiqué le Grand port maritime de Marseille (GPMM).

    Cet aménagement fait partie du projet Fos 3XL, qui « intègre la création d’un quai public de 330 mètres et 16 hectares de terre-pleins, dédié au traitement des barges fluviales conteneurs et à l’accueil de navires car-carrier sur le même linéaire exploité par Seayard et sous convention MSC », précise le GPMM.

    À l’horizon 2031, ces aménagements permettront d’augmenter la capacité d’accueil, de réduire l’impact environnemental en favorisant le report fluvial et de soutenir la croissance des trafics de conteneurs, détaille la direction du GPMM, qui se félicite d’un « partenariat inédit » s’appuyant « sur un montage financier novateur associant fonds publics et privés ».

  • Le port prend le virage du rail et devient quadrimodal

    Le port prend le virage du rail et devient quadrimodal

    La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Pays d’Arles n’a pas traîné. Après avoir été reconduite à la tête de l’exploitation du port pour 25 ans, en décembre 2024, elle s’est immédiatement consacrée à la modernisation des infrastructures et à l’acquisition de nouveaux équipements, avec un investissement de 10 millions d’euros. Son ambition : renforcer le report modal vers le fleuve et le rail en atteignant 450 000 tonnes de marchandises transportées par voie fluviale par an d’ici 2028, soit une hausse de 25%, et 20 000 tonnes de marchandises transportées par voie ferroviaire d’ici 2032.

    « On est bien partis », affirme Stéphane Paglia, président de la CCI du Pays d’Arles. Laurence Borie-Bancel, présidente du directoire de la Compagnie nationale du Rhône (CNR), salue : « En un peu moins d’un an, quelle dynamique ! 30% de hausse des trafics sur les neuf premiers mois de l’année 2025. » Selon Stéphane Puglia, cette progression s’explique par une « prise de conscience générale sur la nécessité de décarboner et massifier le transport » et la mise en place de nouveaux outils.

    Une navette entre Fos

    et Arles

    À commencer par le terminal multimodal Mistral, porté par le groupe Combronde et la CCI. Lauréat de l’appel à projets logistiques de la CNR, cet outil de report rail-combiné a été inauguré ce mardi 21 octobre, après le passage du premier train début septembre. À terme, l’objectif est d’atteindre sept allers-retours hebdomadaires d’ici à la fin 2025.

    « Les premiers échanges sur ce projet ont eu lieu en juillet 2024, et ce mois-ci, on compte déjà deux liaisons ferroviaires vers Lille et vers Bordeaux, souligne Laurence Borie-Bancel. C’est un projet qui a été mené en un temps record, avec, à la clé, une alternative concrète permettant d’éviter chaque année 32 000 camions sur les routes. »

    La présidente du directoire de la CNR souhaiterait aller plus loin pour « être le catalyseur de la dynamique de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône en partenariat avec le Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) et les accords de territoires sous l’égide de l’État ». « Le projet de navette fluviale entre Fos et Arles permettrait de connecter directement le GPMM à Bordeaux, Lille et au nord de l’Europe », glisse-t-elle. Réponse du concerné, Hervé Martel : « Évidemment, on est très motivés avec les acteurs économiques pour que ça puisse fonctionner. » À suivre !

  • Le Grand Port maritime dévoile son futur siège social

    Le Grand Port maritime dévoile son futur siège social

    Les visuels léchés projetés sur écran géant tranchent avec les ferronneries usées des halles Eiffel du J0, qui fait face à la place de la Joliette. Ce jeudi matin, le groupe Eiffage et l’architecte arlésienne Corinne Vezzoni sont venus présenter au public le projet retenu par le Grand Port maritime de Marseille – Fos pour reconstruire son siège social et restaurer ses hangars de la fin du XIXe. « Plus qu’une réalisation architecturale, c’est une promesse rendue d’un port qui veut s’ouvrir sur la ville et ses habitants », insiste le président du conseil de surveillance, Christophe Castaner. Tout en rappelant « le cœur battant » que sont les bassins Est pour Marseille, avec leurs 14 500 emplois.

    Sur scène, son directeur général Hervé Martel énumère les ambitions de ce projet : reconstruire un siège social « digne d’un grand port international », concilier ouverture sur la ville et continuité de l’activité portuaire, valoriser ce patrimoine maritime. Un chantier complexe, en site occupé, qui doit ainsi démarrer en 2026 : il faut faire avec Les terrasses du port voisines, avec cette voie royale qui sera déplacée, et surtout avec les quarante escales annuelles des postes à quai attenants. La livraison du nouveau siège est prévue pour 2028, celle de la halle rénovée, ouverte au public, pour 2030.

    Maintenir l’activité

    Et puis les visuels défilent, présentés par l’architecte Corinne Vezzoni. Le siège actuel, qui date des années 1950, rasé, ce sont de nouveau les trois pignons des halles qui font face à la place de la Joliette, bordés par un jardin. À l’extérieur, des soubassements de béton fait à partir de pierre concassée, et surtout contre le soleil, des claustras inspirés des anciennes tuileries, « comme une grande dentelle de terre cuite » posée en travers des fenêtres. Côté sud, une passerelle permet d’installer des restaurants au-dessus des quais rendus accessibles. À l’intérieur, la structure restaurée couvrira un espace muséal géré par Kleber Roussillon en lien avec la grotte Cosquer, un amphithéâtre. Finies les barrières du port : de grands battants en façade interdiront l’accès aux quais lors des escales. 16 000m² de bureaux doivent encore être commercialisés.

    Cela a un prix. Un partenariat public-privé de 120 millions d’euros, le Port louant son siège pendant vingt ans avant d’en être propriétaire. « C’était le seul cadre permettant de mobiliser un financement privé et de garantir un accompagnement sur le long terme », justifie Hervé Martel. « Nous avons rendu un avis défavorable », pointe le secrétaire général de la CGT du Port, Pascal Galéoté. Mais de rappeler surtout : « C’est un nouvel outil pour les travailleurs du port, mais nous avons veillé à maintenir les fonctionnalités maritimes. Au-delà du J1, il y a une nécessité de garder des espaces pour continuer à travailler. Il faut maintenir les espaces portuaires. »