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  • Laurent Causse : « La Marseillaise a une place à part dans le cœur des joueurs »

    Laurent Causse : « La Marseillaise a une place à part dans le cœur des joueurs »

    La Marseillaise : Vous avez été speaker sur les plus grands concours et compétitions de pétanque à travers le monde, mais jamais au Mondial La Marseillaise à pétanque. Ce sera chose faite lors de cette 65e édition, aux côtés de Vincent Baqué. Pourquoi n’aviez-vous encore jamais animé ce grand rendez-vous phocéen ?

    Laurent Causse : Je n’ai jamais animé le Mondial parce qu’il y avait déjà des personnes en place. Il y a quelques années, lorsque Michel Montana dirigeait l’épreuve, j’avais été présenté à lui par l’intermédiaire de la Fédération française de pétanque. Mais l’animation était alors assurée par un proche de l’organisation et cela n’avait pas abouti. Par la suite, Marc Alexandre a pris le relais. Comme nous nous entendons très bien, il était hors de question pour moi de démarcher une manifestation sur laquelle il officiait. Aujourd’hui, avec le changement de direction, Maryan Barthélémy m’a contacté pour animer le Mondial et j’ai accepté avec plaisir. Il y a quelques années, dans une interview, j’expliquais avoir animé la plupart des plus grandes compétitions, en France comme à l’étranger, jusqu’aux championnats du monde. La seule qui manquait à mon palmarès, c’était La Marseillaise. Aujourd’hui, la boucle est bouclée. Je n’y ai jamais travaillé, mais je connais bien l’événement. Je suis venu à plusieurs reprises comme spectateur. Je ne l’ai jamais joué, principalement pour des raisons professionnelles : il était difficile pour moi de me rendre disponible plusieurs jours de suite. En revanche, mon père disputait le Mondial chaque année et je venais régulièrement le suivre.

    Qu’est-ce qui vous impressionne le plus lorsque vous assistez à une édition de La Marseillaise ?

    L.C. : Ce qui m’a toujours marqué, c’est l’ampleur de l’organisation. Ce sera un peu moins le cas cette année, mais autrefois, le dimanche, les parties étaient réparties sur de très nombreux sites. Il fallait parfois prendre des bus pour rejoindre les terrains. C’était impressionnant. Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est l’atmosphère du premier jour au parc Borély : cette foule immense où se côtoient champions et anonymes. C’est toute l’âme populaire de l’événement. Et puis il y avait le carré d’honneur sur le Vieux-Port. C’était quelque chose d’unique. Voir une partie de pétanque disputée sur une barge au cœur de Marseille, c’était extraordinaire. Aujourd’hui, avec les contraintes de sécurité, cela paraît difficilement envisageable, mais ce cadre reste l’un de mes plus beaux souvenirs du Mondial.

    Qu’est-ce qui fait, selon vous, le charme du Mondial ?

    L.C. : D’abord, tout le monde peut s’inscrire. C’est ce qui en fait la compétition la plus populaire au monde. Aujourd’hui, beaucoup de concours sont limités à 256 ou 512 équipes. À La Marseillaise, chacun peut tenter sa chance. Ensuite, dès la première partie, un jeune joueur peut se retrouver face à un champion du monde. C’est quelque chose de rare dans le sport et particulièrement vrai à la pétanque. C’est la magie du Mondial.

    Si vous deviez choisir un joueur pour incarner le Mondial La Marseillaise à pétanque, qui serait-il ?

    L.C. : Je dirais Marco Foyot. Il a remporté six fois La Marseillaise et a également été consultant sur l’épreuve. On l’a vu sous plusieurs facettes et son nom est indissociable de celui du Mondial. Bien sûr, il y a aussi Philippe Quintais, mais Philippe représente davantage la pétanque dans son ensemble. Quand on évoque La Marseillaise, Marco Foyot vient immédiatement à l’esprit.

    Quelle est la recette pour séduire son auditoire ?

    L.C. : Ma priorité est de faire vibrer le public en lui proposant les meilleures affiches dans les meilleures conditions possibles. Lorsqu’il existe un carré d’honneur ou un terrain central, l’objectif est d’y programmer les rencontres les plus attractives afin d’attirer le public, de satisfaire les partenaires et de mettre en valeur l’événement. De belles parties, il y en a pendant toute la compétition, mais certaines ont un pouvoir d’attraction particulier. Il faut aussi valoriser les joueurs de haut niveau. Un plateau prestigieux contribue largement au succès d’une manifestation. Cela passe notamment par la présentation de leur palmarès et de leurs performances. Le défi consiste à trouver le bon équilibre entre les attentes de l’organisateur, celles du public, des partenaires et des joueurs. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est essentiel.

    Faut-il privilégier l’aspect informatif ou le côté divertissant pour que le public passe un bon moment ?

    L.C. : Sur ce type d’événement, nous sommes avant tout des animateurs sportifs. Notre rôle est de transmettre des informations liées à la pétanque tout en restant accessibles à tous. Dans les tribunes, il y a des passionnés, mais aussi des novices. Il est donc important de présenter les joueurs et leur palmarès. Beaucoup de spectateurs connaissent les noms de Marco Foyot, Philippe Quintais, Dylan Rocher ou Henri Lacroix sans forcément mesurer l’ampleur de leurs performances. Pendant les parties, il faut également expliquer certaines situations de jeu et certains points du règlement. Pourquoi un joueur reçoit-il un carton jaune ? Pourquoi telle décision est-elle prise ? Ce sont des éléments qui intéressent le public. Au final, il faut trouver le juste équilibre entre information et animation. S’adresser à la fois aux initiés et aux non-initiés n’est pas évident, mais c’est, selon moi, la meilleure recette.

    Est-ce que le Mondial La Marseillaise à pétanque est, selon vous, la compétition la plus prestigieuse à remporter ?

    L.C. : On me pose souvent la question : quel est le plus grand ou le plus beau concours de pétanque en France ? Ma réponse a toujours été la même et elle n’a pas changé. Pour moi, trois compétitions se détachent clairement : le Mondial La Marseillaise à pétanque, le Mondial de Millau et l’Europétanque des Alpes-Maritimes. Mais chacune possède sa propre identité et ses spécificités. C’est pour cette raison qu’il m’est impossible de les comparer ou d’affirmer que l’une est supérieure aux autres. Ces trois événements attirent les meilleurs joueurs de la planète, mais leurs formats sont totalement différents. Si l’on parle de popularité, alors oui, La Marseillaise est sans doute la référence. Avec plusieurs milliers d’équipes engagées et des participants venus de nombreux pays, c’est un événement hors-norme. C’est certainement la compétition la plus populaire du monde de la pétanque. Le Mondial de Millau était souvent considéré comme la « Mecque de la pétanque ». Il attirait moins d’équipes que La Marseillaise, mais proposait une multitude de compétitions : tête-à-tête, doublettes, triplettes, épreuves féminines… À Millau, même après une élimination précoce, les joueurs pouvaient continuer à participer à d’autres concours pendant plusieurs jours. L’expérience était totalement différente. En revanche, il est certain que La Marseillaise occupe une place à part dans le cœur des joueurs.

  • Fabienne Berdoyes : « L’épreuve incontournable de l’été »

    Fabienne Berdoyes : « L’épreuve incontournable de l’été »

    La Marseillaise : Vous allez faire votre retour à La Marseillaise après trois ans d’absence. Comment abordez-vous
    cette saison ?

    Fabienne Berdoyes : J’ai repris la compétition il y a un peu moins de deux ans. Pendant un temps, j’avais mis la pétanque entre parenthèses : j’ai 56 ans et une fille de 13 ans, à laquelle j’ai consacré beaucoup de temps. Elle pratique elle aussi beaucoup de sport, ce qui a naturellement occupé une grande partie de mon quotidien. Ce retour à la compétition m’amène aussi à retrouver La Marseillaise, que je n’avais plus disputée depuis deux ou trois ans. Cette saison, nous avons été championnes de Vendée et j’ai participé au Championnat de France la semaine dernière. J’essaie donc de retrouver mon meilleur niveau. La Marseillaise reste pour moi l’épreuve incontournable de l’été. Quand on la remporte, tout le monde le sait. Sur le plan médiatique, c’est l’un des plus beaux tournois qui existent.

    À quel point est-il difficile
    de reprendre après une pause ?

    F.B. : Les gestes sont plus compliqués aujourd’hui, car j’ai subi entre-temps des opérations du poignet. Cela m’a forcément un peu handicapée. Je retrouve mon geste progressivement, petit à petit, même si cela reste difficile. Mais cela ne m’empêche pas de jouer correctement. Je dois simplement faire preuve de davantage de concentration dans ma manière de lancer les boules. J’y prête plus d’attention qu’auparavant. L’envie est toujours là : je suis compétitive et déterminée à gagner.

    Vous êtes la recordwoman
    du Grand Prix féminin avec
    six victoires. Laquelle a le plus compté pour vous ?

    F.B. : Elles se valent presque toutes, car elles ont été remportées sur une période de trois ans avec les mêmes partenaires. Nous avons enchaîné trois victoires consécutives, parfois à un an ou deux d’intervalle, mais toujours avec les mêmes joueuses. C’était quelque chose de fabuleux. Il y en a toutefois une qui me tient particulièrement à cœur : celle de 2012 avec Sylvette Innocenti. C’était notre première association et cette victoire avait une saveur particulière, car elle n’avait plus gagné La Marseillaise depuis dix ans. Rejouer ensemble et remporter le titre après une si longue attente a rendu ce moment très fort émotionnellement. C’était vraiment magique. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire cela.

    Quelle est, selon vous, la recette pour performer au Mondial ?

    F.B. : Je ne sais pas s’il existe une recette particulière. Je pense surtout que Marseille me réussit bien. L’envie joue beaucoup, avant tout. J’ai remporté ces titres dans mes meilleures années, lorsque j’étais en pleine forme et bien entourée, ce qui aide forcément. Mais La Marseillaise reste une épreuve extrêmement difficile. Les conditions de jeu sont particulières, entre les allées, les passages de mobylettes ou de vélos, et la nécessité de rester concentré en permanence. Le mental y est essentiel. Sur beaucoup de parties, c’est lui qui nous a permis de nous en sortir.

    Vous êtes-vous toujours sentie
    à l’aise dans cette compétition ?

    F.B. : Moi, j’adore. J’aime beaucoup cette compétition féminine. Je ne maîtrise pas toujours tout ce qui se passe dans le circuit masculin, qui me paraît d’ailleurs assez complexe. À Marseille, il y a parfois des parties tendues, tout le monde le sait. Mais chez les féminines, j’apprécie particulièrement l’ambiance, plus conviviale, presque folklorique, qui rappelle la pétanque d’origine, plus libre. On retrouve un esprit de jeu comme à ses débuts, lorsque l’on jouait sans terrains délimités, avec simplement trois boules, dans une forme plus spontanée. Et c’est surtout à Marseille que l’on retrouve cette atmosphère, nulle part ailleurs. C’est aussi pour cela que j’aime autant cette compétition.

    Comment analysez-vous l’évolution de la pétanque féminine depuis votre première victoire en 2003 ?

    F.B. : La discipline a énormément évolué. Aujourd’hui, le niveau est beaucoup plus élevé. Au départ, la pétanque féminine était parfois moins considérée que celle des hommes, avec encore certains clichés. Mais les choses ont changé. Il y a eu un vrai travail d’accompagnement, avec des sélections et l’organisation de nombreuses compétitions importantes. La médiatisation a également joué un rôle essentiel. Des joueuses de très haut niveau ont émergé et se sont maintenues au sommet, comme Cindy Peyrot ou Angélique Colombet, qui ont toujours été au plus haut niveau. Elles ont bénéficié d’un encadrement solide et d’un suivi de qualité. Le niveau est donc clairement plus élevé aujourd’hui qu’à mes débuts.

    Mais ce constat s’applique notamment à la France et moins aux autres pays…

    F.B. : Avec Nancy Barzin, nous nous sommes fait connaître en participant à de nombreux nationaux en France, en nous déplaçant par nos propres moyens. Nous allions chercher les compétitions et c’est ainsi que nous nous sommes fait un nom. Par la suite, nous sommes devenues championnes du monde, ce qui a renforcé notre visibilité. Mais la Belgique ne nous a pas particulièrement accompagnées ni mises en avant à ce moment-là. Aujourd’hui encore, je pense que ce qui manque en Belgique, ce sont des moyens et une véritable structuration pour accompagner les talents. En France, les joueuses sont regroupées, encadrées, suivies dans des collectifs. En Belgique, cela reste plus dispersé. C’est, selon moi, ce qui freine encore leur progression.

    À quel point les mentalités ont évolué concernant les femmes dans la pétanque ?

    F.B. : À une époque, perdre contre une joueuse pouvait être mal vécu par certains hommes, car cela heurtait encore certaines représentations et stéréotypes. Aujourd’hui, cette perception a totalement évolué. Une bonne joueuse est considérée au même titre qu’un joueur, car elle est capable d’obtenir les mêmes résultats et de réaliser les mêmes gestes techniques. Cette évolution des mentalités a fait tomber beaucoup de barrières et a permis aux joueuses de progresser et de s’imposer plus facilement.

    Comment parvient-on à s’habituer aux terrains variés
    et compliqués du Mondial
     ?

    F.B. : C’est très difficile, mais aussi très intéressant. Lorsqu’on atteint un certain niveau, on s’adapte plus facilement à différents types de jeu. Je trouve que les terrains dans les carrés d’honneur, notamment ceux utilisés pour la télévision, sont plus cadrés et parfois aménagés pour le spectacle. Mais, à mes yeux, la pétanque est encore plus belle dans les allées, où le jeu devient réellement complexe. Dans les allées, il faut composer avec les irrégularités et les bordures, ce qui n’existe pas dans les carrés d’honneur. C’est ce qui rend l’adaptation difficile, mais aussi ce qui fait toute la richesse de la discipline. Au final, ces conditions peuvent totalement redistribuer les cartes. Les grandes équipes ne font pas toujours la différence, car les parties restent ouvertes. À l’inverse, des équipes moins expérimentées mais régulières peuvent poser énormément de problèmes. C’est ce qui rend ces parties particulièrement indécises et exigeantes. Et ça fait tout le charme de La Marseillaise.

  • La Boule Fleurie Crauroise obtient le label « club Mondial »

    La Boule Fleurie Crauroise obtient le label « club Mondial »

    Après les Boulomanes du Carénage en mai, et la Boule Phocéenne ce lundi 15 juin, c’est au tour de la Boule Fleurie Crauroise de recevoir le prestigieux label « club mondial ». Imaginé par le Mondial La Marseillaise, celui-ci a vocation à faire vivre, à travers un réseau de clubs et autour d’une charte commune, les valeurs et l’esprit de la plus grande des compétitions de pétanque au monde.

    « C’est très important pour nous d’être dans un club tel que la Boule Fleurie Crauroise, car il fait certainement partie des dix plus grands en France », se réjouit Maryan Barthélémy, directeur des événements du groupe La Marseillaise.

    Des éloges qui ne sont pas galvaudés. Créée en 1911 et fort de 115 ans d’expérience, la Boule Fleurie Crauroise compte parmi ses plus de 200 licenciés quelques grands noms de la pétanque, tels que Laurent Matraglia, Ligan Doerr, et surtout Henri Lacroix, multiple champion du monde et l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de ce sport. Tous trois ont remporté les championnats de France de triplette en 2025.

    « Continuer à faire briller nos couleurs »

    « Ce club, c’est notre petit patrimoine local », sourit Anthony Coronado, son président depuis cinq ans, fier du chemin parcouru ces dernières années. « C’était un club des plus classiques au départ. On a voulu développer son image et le structurer. Ce label concrétise cinq ans de travail, c’est une grande surprise et une grande fierté. On s’y est mis à plusieurs, et on va essayer de continuer à faire briller nos couleurs. » Et cela, dans le milieu du sport-boule au sens large : « Même si on aime beaucoup la pétanque, ici, c’est surtout une terre de Provençale. On a mis en place il y a presque dix ans le National de la Crau, qui est devenu une référence, et organisé de nombreux championnats du Var. »

    Lui aussi grand amateur de boules, Christian Simon, maire de la Crau depuis 2008, laisse parler son chauvinisme : « C’est la reconnaissance d’un club varois, même si le Mondial se passe dans les Bouches-du-Rhône (sourire). » Une distinction finalement logique dans une commune où la pétanque « représente beaucoup. On a des places pour jouer dans le centre-ville, où on a organisé le championnat du Var tête-à-tête 2026, avec près de 600 joueurs. Cela nécessite 300 à 350 jeux, et la municipalité fait en sorte de pouvoir les mettre en œuvre. » Avec l’espoir que le Var brille du 5 au 8 juillet prochains, au Parc Borély.

  • Le Dantec, nouvelle voix du Mondial La Marseillaise

    Le Dantec, nouvelle voix du Mondial La Marseillaise

    Il fallait un CV solide pour occuper le siège vacant de consultant du Mondial La Marseillaise à pétanque.

    Double champion du monde avec l’équipe de France (1995 et 1996), David Le Dantec a été choisi pour commenter les parties télévisées de la 65e édition pour France Télévisions. « Il était essentiel que ce poste soit occupé par quelqu’un qui connaisse parfaitement la pétanque et qui apporte une réelle plus-value aux journalistes », souligne Maryan Barthélémy, récemment nommé directeur des événements et des partenariats du quotidien La Marseillaise.

    Lui-même consultant durant neuf éditions, ce dernier a chaudement recommandé l’international tricolore à la direction du diffuseur. « Il saura transmettre ses émotions à l’antenne, j’en suis convaincu. Il fait partie des quatre plus grands stratèges que la pétanque ait connus, avec Henri Lacroix, Philippe Quintais et le “roi” Christian Fazzino », estime l’ancien organisateur des Masters de Pétanque. « J’ai été surpris qu’il pense à moi, je vais me régaler », confie David Le Dantec.

    Champion incontesté, le Breton de naissance n’a pourtant jamais participé au Mondial La Marseillaise à pétanque. « Mais je la suis tous les ans », insiste celui qui a récemment coaché l’équipe de France masculine lors des championnats du monde disputés à domicile (2024). « La qualité du plateau n’a cessé de progresser. Autrefois, certains pouvaient considérer qu’il s’agissait surtout d’un concours régional. Aujourd’hui, c’est devenu un rendez-vous international incontournable. Toutes les meilleures équipes de la planète font désormais le déplacement. »

    Entre vulgarisation

    et analyse pointue

    Pour sa première à la table des commentateurs, David Le Dantec sera associé à l’indéboulonnable Guillaume Claret. « Ça va me faire bizarre de ne plus commenter aux côtés de Maryan (Barthélémy), car c’était notre rendez-vous annuel, mais j’ai hâte d’apprendre à mieux connaître David (Le Dantec) », glisse le journaliste, habitué à commenter aux côtés de grands champions comme Jean-Luc Robert, Damien Hureau ou Ludovic Montoro.

    « Mon rôle est davantage tourné vers la présentation et l’accueil du public. Le consultant, lui, entre dans les détails, dans l’analyse plus pointue. Il apporte cette expertise tout en permettant au grand public de comprendre ce qu’il voit. Avec David, on pouvait difficilement trouver mieux sur la place de la pétanque », poursuit-il.

    Souvent sollicité par les médias, David Le Dantec s’apprête cette fois à découvrir un exercice inédit pour lui. Il entend s’inspirer de ses pairs tout en y apportant sa touche personnelle. « Il faut savoir parler à tout le monde. Je vais devoir trouver le juste équilibre entre la vulgarisation, pour les spectateurs les moins initiés, et une analyse plus pointue – sur la lecture du jeu et le décryptage des mènes – destinée aux connaisseurs », explique la nouvelle voix du Mondial La Marseillaise à pétanque.

    Plus de 4 000 joueurs déjà inscrits pour la 65e édition

    Avec 1 407 triplettes inscrites à ce jour, à l’occasion de la 65e édition du Mondial La Marseillaise à pétanque, la barre symbolique des 4 000 joueurs a été dépassée. Parmi les équipes récemment engagées, on retrouve le célèbre pointeur marseillais Aimé Courtois, aux côtés des Lyonnais Alexandre Mallet et Titouan Olivier. Déjà triple finaliste de la compétition (2016, 2018 et 2022), il rêve d’un premier sacre sur ses terres. Le récent champion du triplette mixte dans le Vaucluse, Gilles Gayraud, sera également de la partie avec les jeunes Gino Dubois et Brandon Cano. Sans oublier le Salonais Marc Tierno, qui sera associé, comme l’année passée, aux bombardiers Antoine « Piré » Navarro et Frédéric Bauer.

  • [Entretien] Claudy Weibel : « Je ferai La Marseillaise avec un esprit plus compétiteur qu’avant »

    [Entretien] Claudy Weibel : « Je ferai La Marseillaise avec un esprit plus compétiteur qu’avant »

    La Marseillaise : Vous étiez présent vendredi au Cercle de Saint-Barnabé pour présenter les événements que vous organisez en Corse et en Espagne. Êtes-vous toujours aussi compétiteur malgré tout ?

    Claudy Weibel : Je suis un peu en transition, j’avoue que j’ai décidé cette année de me retirer de l’équipe nationale belge. Bizarrement et psychologiquement, j’ai l’impression que tout s’arrête. Je ne pensais pas que ça allait faire un effet comme ça, mais j’étais décidé et je ne reviendrai pas sur ma décision. Du coup, ça me vieillit un peu, je deviens nostalgique des super moments que j’ai vécus, notamment ceux en Moselle à Metz Ronde Pétanque avec Serge Sala. Mais aujourd’hui, je porte une autre casquette, celle d’organisateur, parce que j’ai une société événementielle qui s’appelle Pétanque Events depuis dix ans maintenant. Personne ne le sait spécialement, parce qu’on me voyait encore comme un joueur. Ce nouveau rôle ne m’a pas effacé du milieu de la pétanque, mais tout doucement, je me suis retiré des grosses compétitions, et comme je ne suis pas trop demandeur, on me voit de moins en moins.

    Vous avez récemment annoncé votre retraite internationale. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

    C.W. : C’est un peu de ne plus être avec les anciens, les potes, les amis avec qui on a tout gagné (« Dédé » Lozano, Jean-François Hemon, dit « Tichon » et Michel Van Campenhout). Progressivement, on a arrêté de jouer ensemble et il y a des nouveaux qui sont arrivés. C’est difficile à recréer une très belle entente. Je pense que le niveau a vraiment monté dans les autres nations, et puis j’ai perdu un peu de motivation. En plus, on a fait un fiasco cette année au championnat d’Europe et ça a vraiment agi comme un déclic en moi. Je me suis dit que c’était le moment. En plus, Gustave Muntz, qui a toujours été mon coach, mon sélectionneur, et qui est devenu un ami, a lui aussi cédé sa place. J’arrête en même temps que mon coach avec qui j’ai tout vécu.

    On fête cette année les dix ans de votre titre de champion du monde tête-à-tête, où vous êtes comme on dit à Marseille « à jamais le premier ». Est-ce le plus beau titre à vos yeux ?

    C.W. : J’ai été au Luxembourg, j’ai été champion de Luxembourg. J’étais en Belgique, j’étais champion de Belgique. J’étais en France, j’étais champion de France. Je pense que chaque étape a été importante. Mais le Graal, c’est quand on a été pour la première fois champion du monde, parce qu’on tournait autour depuis plusieurs éditions. Par contre, quand j’ai été champion du monde en 2015, il faut savoir que ma sélection a vraiment été remise en question, que ce soit par la fédération, par mon entourage et par mes sponsors de l’époque. Et quand je réussis à gagner ce titre en ayant battu en 8e de finale le joueur qui avait fini premier des groupes, puis enchaîner avec Dylan Rocher, Diego Rizzi, puis une finale mémorable et phénoménale face à Sami Atallah, c’était incroyable. J’ai souvent dit que je suis né sous une bonne étoile. Ce titre a été émotionnellement pour moi, le plus beau, parce qu’il était improbable.

    Parmi les grandes compétitions, on ne vous associe plus aux Masters qu’au Mondial La Marseillaise à pétanque…

    C.W. : Je n’ai strictement rien contre La Marseillaise, au contraire, j’aime y participer, mais ce n’est pas mon but premier. Mais quand j’y vais, j’y vais vraiment avec le plaisir. J’y suis toujours allé avec des amis, je n’ai pas vraiment fait des grosses séries. J’ai souvent joué avec des amis ou des sponsors, mais j’y suis allé dans un esprit ultra-convivial, c’est-à-dire que je prends mon apéro, je bois mon petit pastis, avec cet état d’esprit marseillais. Il va peut-être y avoir du changement maintenant, avec le changement de direction, peut-être avec des autres idées, peut-être avec du renouvellement. Peut-être que ça va monter en gamme, peut-être que ça va faire plus une grosse compétition pour les gros joueurs, plutôt que la masse. Mais, là, comme je ne vais plus faire les championnats du monde, comme je ne fais pas trop de nationaux, il est clair que l’année prochaine je ferai La Marseillaise avec un esprit plus compétiteur qu’avant, et surtout avec une très bonne équipe.