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  • Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Dans l’Hérault, les mesures concrètes de la liste favorite d’union de la gauche

    Renforcée par un accord historique avec le PCF et Place publique (PP), la liste d’Hussein Bourgi (PS) fera-t-elle mieux qu’en 2020 en faisant élire Julie Frêche, en seconde position ? C’est tout l’enjeu pour cette liste d’union de la gauche, qui semble favorite (en tête avec 561 voix en 2020) quand bien même cinq autres listes se revendiquent de gauche (lire ci-dessous). « C’est un accord national PS/PCF. En 2020, le PCF seul avait fait 84 voix. Ensemble, on aurait pu avoir deux élus », calcule le communiste Éric Bringuier, troisième de liste.

    Jeudi 24 septembre à Montpellier, le meeting de clôture en présence du maire Michaël Delafosse (PS), de la maire honoraire Hélène Mandroux et de l’ancien président du Département, André Vezinhet, a fait office de démonstration de force. Mais c’est surtout sur l’écoute et le travail de terrain que mise Hussein Bourgi. « On termine la campagne vendredi à Mauguio. Nous aurons visité autour de 250 communes de l’Hérault », précise le sénateur sortant.

    Avec ses colistiers Julie Frêche et Éric Bringuier qui représentent aussi bien la Métropole de Montpellier que le bassin de Thau, Hussein Bourgi s’est fixé quatre axes principaux. D’abord la défense des services publics qui désertent la ruralité à l’instar de la Poste qui vient de fermer à Aniane ou qui menace de le faire dans des villages du Biterrois. « On a besoin de remettre des emplois de postiers », insiste Éric Briguier. « L’accès à l’hôpital public devient de plus en plus compliqué quand on sort de Montpellier. On ne peut pas gérer un hôpital comme une entreprise privée. » En référence à la fermeture de la maternité de Ganges, le communiste ajoute : « Il est impensable qu’une femme enceinte fasse trois-quarts d’heure de route pour aller accoucher. » « Sans mobilisation des syndicats et de la population, il y a longtemps que l’Agence régionale de santé (ARS) aurait fermé le Service d’accueil et de permanence des soins (Caps) de Lodève », illustre à son tour Hussein Bourgi. Depuis son siège au conseil de surveillance des hôpitaux de Bédarieux, Lamalou et Lodève, l’élu PS défend « le maintien des postes et des amplitudes horaires ». Éric Brinquier conclut qu’il faut « repenser les maisons de santé et réformer l’ARS qui a une vision comptable de la santé ».

    La lutte contre le réchauffement climatique constitue la deuxième priorité de la liste. Interpellé par les agriculteurs dont les cultures souffrent de la sécheresse, Hussein Bourgi veut faciliter auprès de l’État les projets de retenues hivernales du Département de l’Hérault, même s’ils ne font pas l’unanimité. Il propose aussi de donner un statut aux eaux thermales de Balaruc, Avène et Lamalou pour leur réutilisation. « Des milliers de m3 d’eau se perdent qui pourraient servir à l’arrosage. »

    Créer des fonds étatiques

    Contre les pics de canicule, le sénateur PS propose un fonds étatique de 2 milliards d’euros pour aider les communes à réaliser des travaux dans les « écoles passoires thermiques ». Il évoque aussi le cas de la vie culturelle et associative dont les activités dans des salles inadaptées pourraient être mises en sommeil de mai à octobre avec un « risque d’isolement ».

    Avec sa casquette de cégétiste responsable des cheminots de Montpellier, Éric Bringuier, insiste sur le besoin de développer les transports ferroviaires moins polluants. « Un train c’est l’équivalent de 10 bus et c’est plus rapide. Il faut rouvrir des lignes ferroviaires », lance le candidat PCF à l’attention de l’État, unique actionnaire de la SNCF.

    Le troisième axe de campagne est consacré à l’adaptation au vieillissement. Partant d’une étude qui montre que la plupart des chutes des personnes âgées ont lieu à leur domicile, essentiellement dans la salle de bains et la cuisine, Hussein Bourgi demande à l’État la création d’un fonds d’un milliard d’euros pour adapter les logements à la perte d’autonomie (douches à l’italienne, meubles télécommandables…). « Une personne âgée coûte moins cher à la société chez elle », argumente-t-il. Enfin, pour favoriser l’implantation de médecins dans les zones en tension (y compris les quartiers populaires), l’élu sortant propose une « exonération fiscale » limitée à un ou deux professionnels par commune pour « éviter les effets d’aubaine ». Une idée rejetée par les médecins libéraux. « Certains ont bénéficié de bourses d’études, ils peuvent rendre un peu à la société pendant trois ans », estime le parlementaire.

    Des renforts policiers

    Dernier leitmotiv : la lutte contre l’insécurité et particulièrement le narcotrafic. Co-auteur d’un rapport qui a abouti au vote de la loi Ripost, censée apporter des réponses aux infractions du quotidien, Hussein Bourgi connaît bien le sujet. Il réclame des effectifs de police nationale supplémentaires à Montpellier, Sète et Frontignan. « Il y a besoin de restaurer la tranquillité publique dans certains quartiers, comme l’Ile de Thau à Sète. » À Montpellier, il pense aussi à la sécurisation des transports en commun dont l’utilisation est croissante depuis l’ouverture de la 5e ligne de tramway. « La brigade des transports créée par Michaël Delafosse ne saurait remplacer la police nationale. » Il ajoute qu’il faudrait accroître les capacités d’accueil de gendarmes à Villeneuve-lès-Maguelone, Valras ou Capestang.

    Enfin, Hussein Bourgi se veut actif contre les violences faites aux femmes. Dans la ruralité notamment, il dit avoir repéré des « zones blanches ». « Il manque des dispositifs de mise à l’abri, d’accueil et d’hébergement des femmes victimes de violences. » Le sénateur estime qu’il serait judicieux de « mettre en réseau » l’ensemble des acteurs : hôpitaux, bailleurs, travailleurs sociaux pour améliorer la prise en charge et le suivi des victimes.

    LES AUTRES LISTE DE GAUCHE DANS L’HÉRAULT ET LE GARD

    AURÉLIEN MANENC (DVG)

    LISTE : Territoires d’Hérault unis et solidaires

    Maire de Lunas-les-Châteaux et vice-président de Grand Orb, Aurélien Manenc con- duit une liste divers gauche sur laquelle figure notam- ment Kléber Mesquida. Elle veut porter la voix des communes rurales de l’Hérault.

    CAROLE BERGERI (DVG)

    LISTE : Du terrain au Sénat

    Conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit (Gard) et ancienne n°2 de Denis Bouad en 2020, Carole Bergeri mène cette fois sa propre liste divers gauche. Elle revendique une candidature contruite sur le terrain, au contact des maires.

    JEAN-BAPTISTE THIBAULT (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Adjoint au maire du Vigan (Gard), J.-B. Thibaud conduit la liste autonome de LFI Gard. Il met en avant les moyens des communes, les services publics, l’accès aux soins, l’eau et l’écologie, mais il manque d’ancrage local.

    FLORENCE BRUTUS (PRG)

    LISTE : Pour l’Hérault, une voix libre, utile et engagée

    Vice-présidente de la Région Occitanie et membre du PRG, F. Brutus conduit une liste classée divers gauche. Déjà candidate en 2020.

    AGNÈS GIZARD-CARLIN (Les Écologistes)

    LISTE : Les Écologistes

    Après avoir conduit une liste écologiste aux municipales de Pézenas (Hérault), Agnès Gizard-Carlin mène la liste des Écologistes aux sénatoriales. Une candidature autonome qui entend placer les enjeux environnementaux et territoriaux au cœur du scrutin.

    ALEXIA LAFORGE (LFI)

    LISTE : Faisons entrer le programme du NFP au Sénat

    Conseillère municipale à Castelnau-le-Lez, elle conduit la liste LFI de l’Hérault et défend l’autonomie financière des communes.

    AUDREY IMBERT (Divers)

    LISTE : Engagée pour l’Hérault

    Conseillère départementale du canton de Mèze, Audrey Imbert conduit une liste officiellement classée Divers, en marge des principales formations de gauche. Elle met en avant une candidature de terrain, avec des profils variés du territoire.

  • Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Réélu maire de Montpellier, Michaël Delafosse met le cap sur le service public

    Deux mille cent soixante dix-huit jours. Sitôt reconduit dans ses fonctions de maire de Montpellier par ses colistiers (53 voix sur 68), samedi 28 mars, Michaël Delafosse a immédiatement relancé le compte à rebours dans son bureau du 8e étage de l’Hôtel de Ville. 2 178 comme le nombre de jours à mettre à profit durant son second mandat à la tête de la 7e ville de France qu’il promet « plus belle, plus solidaire, plus écologiste, plus fraternelle ».

    Avant de s’attaquer à convaincre les 30 maires de la Métropole qui devront élire leur président jeudi 9 avril, l’étape municipale n’était pour Michaël Delafosse qu’une formalité depuis sa nette victoire (50,13%), le 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%). Mais le premier maire de Montpellier à se faire réélire depuis Georges Frêche en 2001 n’a pas bâclé l’exercice, bien au contraire.

    Au cours d’un discours fleuve, empli de gravité, d’espoirs et d’émotion, le maire socialiste à qui deux enfants du conseil municipal des jeunes ont remis son écharpe tricolore, a pris son temps à la tribune. Dans une ville qui s’est abstenue à 54,16%, dans un monde qui va mal entre intolérances, climatoscepticisme et guerres, M. Delafosse refuse la résignation et joue la carte du vivre ensemble. « Mon engagement est viscéralement républicain ». Qu’il s’agisse de lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie, les violences faites aux femmes, le narcotrafic ou les marchands de sommeil, « il n’y a pas de République à géométrie variable, il y a une République pour tous les habitants ».

    En présence de la maire honoraire Hélène Mandroux, il a d’abord remercié les Montpelliérains. « Votre confiance m’honore, m’engage et m’oblige ». Dans un salut républicain, il a d’abord dit au revoir à ceux qui ne siégeront plus dont Jacques Domergue (LR) ou l’ancien maire, Philippe Saurel, battu. « Nous nous sommes affrontés vivement mais le respect doit l’emporter, la République l’exige ». Il a ensuite eu des remerciements poignants pour les siens : son épouse Anne-Lise, ses enfants Hugo, Adrien et son père, disparu il y a 2 ans sans qui le professeur d’histoire géographie ne serait pas où il est. Le gorge nouée, saluant la mémoire de récents disparus (Gasset, Serrou, Montanari…), M. Delafosse a aussi décrit le « compagnonnage douloureux avec la mort » qui entoure la difficile fonction de maire.

    La liste des 26 adjoints

    L’édile a ensuite esquissé le « cap » de son second mandat. A l’instar du premier, il promet de tenir ses engagements de campagne. Après « la question écologique et sociale » grâce à la gratuité des transports, la 5e ligne ou la mutuelle communale, il vise « les services publics les plus performants de France ». Et se veut rassurant : « Chaque euro dépensé sera un euro utile ». Pêle-mêle, il liste la création d’une maison des syndicats, d’une agence municipale du logement et d’un millier de logements étudiants avec le Crous, la rénovation de quartiers populaires comme la Mosson, les Cévennes ou la cité Saint-Martin. Mais aussi la naissance de 10 nouveaux parcs, un millier de jardins partagés, des places réaménagées avec leur mobilier urbain (bancs…) qui favorisent les rencontres. Ou encore une aide à la rénovation des façades pour les enseignes commerciales, les « circuits courts » plutôt que le « Mercosur » ou le soutien aux entreprises de l’économie sociale et solidaire.

    Pour mener à bien sa mission, M. Delafosse a désigné 26 adjoints. Certains l’étaient déjà (Sébastien Cote, Marie Massart, Tasmine Akbaraly, Laurent Nison, Agnès Saurat, Manu Reynaud, Radia Tikouk, Stéphane Jouault, Agnès Robin, Eddine Ariztegui, Michel Aslanian, Boris Bellanger, Emilie Cabello, Alban Zanchiello, Mustapha Laoukiri, Elodie Brun-Mandon). D’autres le deviennent (Christophe Bourdin, Serge Guiseppin, Muriel Ressiguier, Inbal Benayon, Nelly Lacince, Delphine Esselin, Annie Benezech, Yvan Nosbé, Sophiane Mansouria, Adama Kanté). Leurs délégations seront dévoilées lors du prochain conseil municipal du 8 avril.

    D’ici là, les deux oppositions ont fait savoir qu‘elles veilleraient au grain, chacune à leur manière. Orphelin de son leader Mohed Altrad, absent alors qu’il aurait présidé la séance en tant que doyen à la place de Michel Calvo, Salim Jawhari a promis une « opposition constructive ». « On continuera à défendre nos idées en espérant mixer nos valeurs et projets ». Tonalité différente chez les Insoumis où Nathalie Oziol déplore ne pas avoir pu s’exprimer avant l’élection du maire à laquelle elle candidatait (8 voix). « Cela aurait pu être un moment de changement de pratiques démocratiques. Ce n’est pas en nous coupant le micro qu’on nous fera taire », prévient la députée LFI dont le groupe revendique la présidence de la commission des finances. Vu leur entrée en matière musclée, pas sûr que les Insoumis aient gain de cause.