Tag: hébergement d’urgence

  • Refus de carence des salariés du Groupe SOS

    Refus de carence des salariés du Groupe SOS

    Ils étaient plus d’une vingtaine sur la cinquantaine de salariés du Groupe SOS affectés sur le centre d’hébergement d’urgence de la Minoterie dans le 15e et autant sur celui de Fontainieu dans le 14e, ainsi que sur le CHRS Chez Simone dans le 3e à exprimer leur colère et leurs inquiétudes. Une action soutenue par la CGT, dans le cadre d’un mouvement national. En débrayage depuis 11h avec ses collègues, accompagnant éducatif depuis dix ans au sein du Groupe SOS, Rudolph Buhlert déplore : « Nous avons fait une pétition qui a recueilli plus d’un millier de signatures, nous avons alerté via le CSE, mais la direction n’a rien voulu savoir. » Les salariés dénoncent une note reçue fin septembre, « où le groupe décide de mettre fin à l’accord qu’on avait, de ne pas subir de carence en cas d’arrêt maladie ».

    Restriction matérielle

    Pour le délégué syndical CGT, « cette dérive risque de nous mettre en situation de travailler même malade au risque de contaminer les collègues et les publics hébergés, dont la santé est souvent très fragile ». Une réunion devait se tenir au siège pour tenter de revenir sur cette mesure. Mais les salariés pointent également « des difficultés financières du Groupe, qui, malgré sa taille, subit les restrictions budgétaires de l’État et a déployé un plan de retour à l’équilibre ».

    Devant le grand bâtiment de la Minoterie d’une capacité de 200 places, ils font état d’une détérioration des conditions de travail et d’accueil : « Les morceaux de pains sont comptés, un par personne le matin avec un café, les couvertures et les draps commencent à manquer, dans la réserve le stock d’équipement s’amenuise, on tire sur le chauffage ou la clim… » De quoi s’inquiéter de l’avenir des structures gérées par le Groupe SOS. « Nous avons deux postes d’aide soignantes qui ont été gelés », regrette encore un salarié.

  • Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Alignés les uns aux autres, des lits de camp kaki recouvrent le lino du gymnase Vallier. Samedi, en fin d’après-midi, environ la moitié de la literie est déjà occupée par des hommes isolés vivant à la rue. Face à l’épisode de froid qui sévit actuellement, « la Ville de Marseille a proposé aux services de l’État d’ouvrir un équipement municipal pour les accueillir », explique Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille déléguée aux affaires sociales, à la solidarité, et à la lutte contre la pauvreté (PCF).

    « On a un accord avec la préfecture : on met à l’abri les hommes, avec des associations qui assurent la gestion du gymnase notamment le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), l’Accueil de jour et nuit (ADJ) et la Croix Rouge, et l’État ouvre des places d’hôtel pour les femmes et les familles. » Après une première nuit, du 21 au 22, quasiment complète avec 46 personnes accueillies sur les 50 places disponibles, la Ville a ajouté 40 lits pour les prochains jours, puisque le dispositif s’étendra au moins jusqu’au mardi 25 novembre.

    Pas de sortie sèche

    Pour Thiago, sans domicile depuis 15 jours, cette mesure est un soulagement. Lui a choisi de quitter son appartement par peur de s’endetter auprès de son propriétaire après avoir été arnaqué par son employeur qui lui doit deux mois de salaire. « Quand les températures ont baissé, on a essayé de s’abriter dans un parking du Vieux-Port mais il faisait tellement froid qu’on n’a pas réussi à dormir, même avec des couvertures », raconte-t-il. La faute, aussi, à une hypervigilance qu’il a développée depuis qu’on lui a volé ses papiers alors qu’il s’était assoupi.

    Au gymnase, il est « rassuré » et se sent entouré de « personnes accueillantes et bienveillantes ». « Venir ici m’a aussi permis d’avoir accès au SIAO, qui va essayer de me trouver un logement, poursuit Thiago. Ils doivent me donner la réponse lundi ! »

    Sabine Fabiani, directrice adjointe en charge du pôle « aller vers » de l’ADJ, explique : « Le but, c’est qu’à la sortie, on leur propose quelque chose. En janvier dernier, sur 90 personnes, au moins 70 ont été orientées vers des foyers d’urgence, des Maisons relais, des pensions de famille ou des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale. »

    Environ 7 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes à Marseille, dont 500 créées par la Ville depuis le début du mandat de Benoît Payan. « On a capté 13 bâtiments municipaux pour le faire et on a un objectif de 500 places supplémentaires », précise Audrey Garino, qui détaille : « Une halte de nuit devrait sortir dans les premières semaines en prévision de l’hiver pour les personnes les plus exclues. »

  • Dix nuits de répit pour les familles expulsées à Montpellier

    Dix nuits de répit pour les familles expulsées à Montpellier

    La lutte a commencé à payer. Après une semaine à braver le froid, la trentaine de personnes (dont 15 enfants) expulsées d’un squat le 27 octobre et qui depuis dormaient dehors, ont enfin été mises à l’abri. Depuis mardi 4 novembre et jusqu’au jeudi 13, ces familles françaises, ukrainiennes, arméniennes, albanaises, angolaises, libériennes ou algériennes à la rue sont relogées dans un hôtel d’Euromédecine. « Un hôtel où vous n’iriez pas passer vos vacances », tempère Samuel Forest, de l’association Solidarité partagée. Mais qu’importe, il s’agit d’une première victoire collective arrachée de haute lutte. « On est très contents pour toutes ces personnes. Ce n’est pas possible qu’en France on laisse des enfants dormir à la rue ».

    Comme cela a été rappelé par le travailleur social Antoine Feletti (Sud santé sociaux) lors du rassemblement de soutien du lundi 3 novembre devant la préfecture de l’Hérault, il incombe à l’État de s’assurer que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence » (article L345-2 du code de l’Action sociale et des familles).

    Or, c’est grâce à l’intervention de la Ville de Montpellier que cette solution provisoire a pu être trouvée. Reprochant à l’État ses carences, le maire M. Delafosse (PS) va lancer une procédure de remboursement auprès de ses services. « Nous saluons la proposition de la Mairie de Montpellier, qui a finalement pris ses responsabilités », se réjouit Un toit, un avenir.

    Soutien de députés

    Depuis le 27 octobre, l’ensemble des soutiens (citoyens, assos, syndicats, partis) dénoncent l’inertie des services déconcentrés de l’État. « Il y a une réelle volonté de ne pas prendre en charge. Tout le monde est choqué par cette situation », déclarait au micro Samuel Forest le 3 novembre devant les grilles de la préfecture. Un « choix politique » que Nathalie Oziol, députée LFI en campagne, attribue au gouvernement macroniste « qui avait promis qu’il n’y aurait plus un seul SDF ! ». Reproches semblables du côté de l’autre candidat aux Municipales, Jean-Louis Roumégas, qui pointe le manque d’un millier de places d’hébergement d’urgence. Le député écologiste s’inscrit en faux contre l’argument de la préfecture qui invoque le statut de personnes qui seraient sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF). « Ce n’est pas la majorité des cas. Et quand des enfants dorment à la rue, on ne leur demande pas leurs papiers ».

    L’affaire qui fait grand bruit n’est pas close. « L’hébergement provisoire ne saurait remplacer un véritable relogement pérenne et digne », insiste Un toit, un avenir. « On espère un accompagnement de la part de la mairie avec des structures adaptées », confie Samuel Forest. Inquiet pour l’avenir de Solidarité partagée, il n’espère plus rien de la préfecture. Laquelle « défie quiconque de donner les leçons à l’État en la matière », dénonce une « instrumentalisation politique » et semble avoir l’association dans le viseur (saisine du procureur contre l’organisateur). Ce à quoi Samuel Forest rétorque : « Je leur demande juste de faire leur travail, si c’était le cas, nous n’aurions pas à nous occuper de ces familles ».