Tag: haute tension

  • La ligne haute tension fait l’unanimité contre elle

    La ligne haute tension fait l’unanimité contre elle

    Les élus municipaux d’Arles ont à nouveau manifesté leur opposition au projet de ligne aérienne à Très haute tension (THT) de 400 000 V entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer porté par le gestionnaire du réseau électrique RTE, lors du conseil municipal de jeudi soir.

    En l’espèce, c’est un avis défavorable émis à l’unanimité par les élus contre la demande de déclaration d’utilité publique formulée par RTE et instruite par le ministère de l’Énergie le 13 mai.

    « Personne ici ne conteste les enjeux de transition énergétique, d’alimentation du territoire ou de décarbonation » affirme le maire (Hor) Patrick De Carolis, « mais de nombreuses interrogations demeurent à l’étude du dossier soumis à enquête publique et les garanties apportées sont insuffisantes face aux enjeux du territoire arlésien ».

    Une assistance juridique

    L’édile arlésien ne se résigne pas à se prononcer sur « un fuseau d’implantation de 65 km de long et 100 m de large » sans plus de précisions. En référence à l’étude d’impact du projet, « des pylônes de 60 m de haut […] traversent des secteurs aux équilibres fragiles, avec un impact significatif sur les espaces, la biodiversité et les activités économiques associées », liste le maire.

    En ce sens, la communauté d’agglomération ACCM présidée par Patrick De Carolis a aussi adopté un « recours éventuel à une assistance juridique spécialisée pour accompagner nos démarches ». L’élu demande « à l’État et RTE de compléter leur étude d’impact, d’approfondir l’analyse des conséquences sur les biens inscrits au patrimoine mondial et d’étudier sérieusement les solutions alternatives », notamment d’enfouissement, porté par les opposants.

  • La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    « On est reparti en légère hausse. » Ce jeudi, dans le siège régional de RTE (Réseau de transport d’électricité) à Marseille, Gilles Odone, délégué de RTE en Méditerranée, entend rester « factuel » lors de la présentation du bilan électrique de la région Sud pour l’année passée. « La consommation est de l’ordre de 39,3 TWh [térawattheure, Nldr.], c’est 1,4% de plus qu’en 2024 », campe-t-il. Une consommation à mettre au regard de la production régionale : 17,3 TWh. « On représente un peu moins de 10% de la consommation nationale mais on ne représente que 3,2% de la production nationale », résume Gilles Odone. Lequel rappelle les particularités locales : « La production hydraulique [via les barrages par exemple, Ndlr.] c’est le premier moyen de production de la région (…) environ 40% de l’électricité consommée vient d’en dehors de la région. »

    Un bilan qui amène l’acteur à assurer que « les conditions sont réunies pour accélérer l’électrification ». Comprenez par là, le passage au tout électrique et la décarbonation de l’industrie. Et c’est justement pour ses projections vers l’avenir que l’acteur est attendu au tournant, puisque porteur du projet de construction de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts entre Jonquières (Gard) et Fos-sur-Mer en vue de cette décarbonation. « La ligne THT est aujourd’hui en instruction », élude Gilles Odone, sans rentrer dans les détails. Concrètement, RTE avance un premier chiffre illustrant les exigences à venir : « Les besoins en électricité de l’ensemble de la région sont évalués à environ 4 000 MW [Megawatt, Nldr.] à l’horizon 2030. » Et un autre qui montre aussi l’ampleur des sollicitations : « On a reçu plus de 6 000 MW de demandes de raccordement, c’est l’équivalent de la consommation actuelle de la région. »

    « Même sans Carbon… »

    Cette demande exponentielle s’explique par deux facteurs : « Il y a des besoins diffus, liés à l’électrification du pays : raccordement de bornes électriques, des navires à quai dans les ports, installation de pompes à chaleur… Il y a aussi les industriels, par exemple sur la zone de Fos, qui vont se décarboner, car ils n’ont pas le choix. » Mais la décarbonation sur le pourtour de l’Étang de Berre reste au stade de la lettre d’intention pour l’heure. Et les projets structurants de son électrification sont en suspens, voire pire comme avec l’exemple de l’usine géante de panneaux solaires, Carbon, qui a été abandonnée. « Il n’y en a pas beaucoup qui ont des décisions d’investissements », reconnaît Gilles Odone. Mais pas d’inquiétude du gestionnaire du réseau : « Même sans Carbon, on est au-delà de 6 000 MW de demandes. Nos infrastructures doivent être robustes. » D’autant que géographiquement, c’est bien cette zone qui concentre les besoins à venir : « Sur les 6 000 MW de demandes de raccordement, les deux tiers concernent la zone de Fos-sur-Mer. » Et même dans le pire des scénarios, où l’électrification des industries se ferait a minima, RTE assure qu’un renforcement des infrastructures serait quand même nécessaire : « Il y aura des sujets à résoudre. » Il cite notamment la question de la production hydraulique au regard du changement climatique. Autre argument : Sur les 4 000 MW estimés, environ 20% vient des « besoins diffus » qui sont eux aussi grandissants. En bref : « La structure du réseau très haute tension du Sud-Est n’est plus adaptée à cette hausse des consommations. »

  • Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    La volonté de l’État de voir la ligne aérienne très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer se concrétiser n’est plus à prouver. Moins de deux semaines après l’annonce du lancement de l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) pour ce projet controversé, Emmanuel Macron a affirmé, lors de la réunion de l’équipe de France de l’électrification : « Cet axe est nécessaire. Nous devons donner un signal clair pour fournir la visibilité aux industriels qui veulent investir et tout mettre en œuvre pour que cette ligne soit en service d’ici 2029 pour faire face aux augmentations de consommation et permettre l’électrification des industries présentes et à venir. »

    Une déclaration saluée par les industriels et entreprises investis dans la démarche « Provence, Fabrique des possibles ». Stéphane Bergamini, délégué général de France Chimie Méditerranée présent lors de cette journée organisée à l’Élysée, se réjouit : « C’est un soutien politique essentiel qui apporte un horizon positif, (…) une véritable trajectoire, une vision du chef de l’État. »

    Tout en plaidant pour une accélération des délais de raccordement, le président de la République a précisé : « Ça ne se fera qu’en bonne concertation et coopération avec les territoires. » Or, du côté du Pays d’Arles, cette ligne de 400 000 volts provoque une levée de boucliers. Le collectif THT 13/30 milite pour une solution plus respectueuse des zones naturelles traversées, semi-enterrée, plus longue et plus coûteuse à mettre en œuvre que le projet porté par RTE.

    Cinquante implantations d’entreprises

    Suite à l’abandon de la giga-usine de photovoltaïque Carbon, dont les besoins étaient estimés à plus de 1,2 TWh d’électricité, l’organisation représentant 36 associations a repris à son compte « l’expression du président de la CCI du Pays d’Arles qui annonçait récemment que “si l’on continue comme cela, nous aurons les pylônes mais pas les industriels” ».

    Isabelle Campagnola-Savon, en charge de l’économie à la Région, balaie : « Carbon n’est pas l’entreprise qui avait besoin d’une capacité importante en électricité, à l’inverse de GravitHy. »

    Stéphane Bergamini abonde : « Carbon n’est pas l’arbre qui cache la forêt. Ce n’était qu’un petit projet dans une myriade de projets qui bénéficient d’un appui collectif. » La préfecture des Bouches-du-Rhône cite notamment en exemple le projet Mistral porté par Marcegaglia, visant à produire plus de 2 millions de tonnes d’acier bas carbone d’ici 2028. Le sidérurgiste a d’ores et déjà passé commande auprès du groupe Danieli pour 450 millions d’euros d’équipements.

    « Aujourd’hui, notre territoire est en train d’opérer sa mue, poursuit le délégué général de France Chimie Méditerranée. Nos besoins en électricité sont forts : on a plus de 50 projets d’implantations pour plus de 20 milliards d’investissements, avec 60 000 emplois directs et indirects à la clé à l’échelle de la région. L’industrie existante a aussi des besoins. Si je parle de la filière chimie, on est dans une trajectoire de décarbonation très forte avec des projets électro-intensifs comme Ineos à Lavéra qui va basculer vers de nouveaux procédés. »

    Les besoins de puissance électrique liés à la réindustrialisation de la zone Fos-Berre et à sa décarbonation, consolidés par RTE, s’élèvent à 5 à 6 GW de puissance complémentaire (à comparer aux pointes d’appel de puissance de l’ensemble de la Région estimées entre 5 et 8 GW).

  • Ligne THT : l’État accélère malgré les oppositions

    Ligne THT : l’État accélère malgré les oppositions

    Les opposants au projet s’indignent d’un passage en force. Le 13 mai, l’État a annoncé avoir engagé l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP), déposée par le gestionnaire du transport d’électricité RTE le 3 avril, relative au projet de ligne aérienne très haute tension de 400 000 volts entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent (Gard).

    « La situation géopolitique souligne plus que jamais la nécessité d’accélérer l’électrification de nos usages pour mettre fin, à terme, aux dépendances de notre pays aux énergies fossiles importées », justifie le ministère chargé de l’Énergie, qui appuie sur « l’importance stratégique de cette infrastructure pour l’avenir et la résilience énergétique de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos – étang de Berre ». Les pouvoirs publics et les industriels y projettent de 16,9 à 19,9 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2030. Avec, à la clé, la création potentielle de 10 000 emplois.

    « Décision descendante »

    Cette instruction marque une nouvelle étape décisive pour ce projet, pourtant largement décrié lors de la concertation publique préalable qui s’était déroulée du 12 février au 7 avril 2024. Si l’État affirme rester attentif à l’organisation du dialogue local avec la nomination de deux tiers facilitateurs d’ici fin mai, les opposants s’insurgent d’un choix politique brutal.

    Le Collectif THT 13/30, qui rassemble 36 associations, dénonce une décision « unilatérale » qui « confirme une orientation politique déjà arrêtée depuis plusieurs mois, au détriment d’un examen réellement objectif solutions alternatives ». Pour rappel, il avait présenté une option enterrée de 2GW continu passant sur les bords du Rhône puis sur les digues, sur des terrains exclusivement publics. Cette possibilité, plus coûteuse et moins rapide à mettre en œuvre que le projet porté par RTE (estimé à 300 millions d’euros lors de la concertation préalable), n’a « jamais été sérieusement écartée par des arguments techniques probants ». Pour le porte-parole du collectif Jean-Laurent Lucchesi, le délai est « un faux argument. Les délais industriels passent, les seuls qui sont prêts c’est Marcegaglia. Ce sont les échéances politiques qui dictent le calendrier. »

    La maire (SE) de Saint-Martin-de-Crau Séverine Dellanegra plaide également pour des « solutions alternatives », et déplore que des « espaces reconnus, protégés au niveau national et international » tels que le Parc naturel régional de Camargue et la Réserve naturelle des Coussouls de Crau soient « menacés par une décision descendante, technocratique et hors-sol ».

    Le Collectif THT 13/30 affirme qu’il ne « renoncera pas » et qu’il renforcera « les actions militantes ». Il assure disposer de moyens financiers suffisamment conséquents pour « poursuivre et engager les actions juridiques nécessaires ». La majorité de Saint-Martin-de-Crau va, lors du prochain conseil municipal, mettre au vote une délibération pour lui accorder une « enveloppe » en ce sens.

    « Le président de notre communauté d’agglomérations envisage de faire appel à un conseil juridique pour défendre notre territoire », précise Séverine Dellanegra. Une réunion avec l’ensemble des acteurs concernés devrait avoir lieu la semaine prochaine pour envisager la mobilisation à venir. Les élus du territoire finalisent également un courrier à l’adresse de la ministre Maud Bregeon. « On appelle tous de nos vœux la sécurisation électrique de la zone, mais pas en sacrifiant notre territoire », résume la maire de Saint-Martin-de-Crau.

  • Gaby Charroux face à la presse

    Gaby Charroux face à la presse

    La candidaturE

    Norhène Ouerfelli : C’est une liste citoyenne, avec 50% de renouvellement, que vous proposez ?

    Gaby Charroux : La liste est diverse, citoyenne, comme elle l’a toujours été. C’est drôle d’entendre le contraire, alors Paul Lombard avait décidé, en 1989, que la majorité communiste et socialiste allait s’ouvrir aux citoyens, dont je faisais partie par mes engagements professionnels et associatifs sportifs. C’est une liste citoyenne avec des gens du PCF, du PS, de Génération écologie et de Place publique, et des gens sans engagement politique. Ils sont à mon image : ils n’ont pas de dogme et prennent des décisions dans l’intérêt des Martégaux. Par exemple, je défends dans le même temps la clinique privée et l’hôpital, car on a besoin de ces médecins et chirurgiens dans ces deux pôles, avec les deux maisons de santé.

    Norhène Ouerfelli : Vous parlez souvent du bouclier martégal. De quoi s’agit-il concrètement ?

    G.C. : Ce sont toutes les actions sociales portées par la municipalité, comme le maintien à domicile avec portage de repas, ou le développement des foyers avec un cinquième ouvert au début du mandat, par exemple. Ce sont toutes les crèches municipales. C’est les gratuités, le prix du repas à la cantine de 2,30 euros, les colonies de vacances… Nous avons calculé une moyenne 400 euros de dépenses en moins par mois et par famille. Les centres d’initiation sportive, gratuits, permettent aux plus jeunes de découvrir le sport, dès 2 ans avec des activités adaptées, sans oublier l’inclusion des enfants handicapés. L’accès à la culture aussi, au conservatoire Picasso, où l’on peut apprendre un instrument jusqu’à 12 ans gratuitement.

    Philippe Boccara : Quelle est votre stratégie de succession ?

    G.C. : Ma seule stratégie est d’être au service de l’intérêt général des habitants de ma ville. Vous me voyez me présenter aux électeurs pour passer la main dans six mois, un an ? Les accidents de la vie, Il y en a pour tout le monde, tout peut arriver. Moi, j’ai la forme et la santé. On verra la suite en avançant. Ça fait 10 ans que je regarde autour de moi pour savoir qui pourra être là 24h sur 24, comme moi, et j’ai des idées. Des échéances électorales vont venir, comme les législatives au moins dans 2 ans, Pierre [Dharréville] sera notre candidat sans aucun doute et j’espère qu’on regagnera cette circonscription.

    La Sémivim

    Philippe Boccara : L’affaire de la Sémivim (Société d’économie mixte immobilière de la Ville de Martigues) a empoisonné votre mandat. Aujourd’hui, vous êtes encore mis en examen ?

    G.C. : Je rappelle qu’il s’agit d’une mise en examen seulement au motif de favoritisme. La corruption, l’enrichissement ou tout autre sujet ont été éliminés. Je remarque aussi qu’on parle de l’affaire Sémivim, alors que la victime, c’est la Sémivim ! Car des personnes ont considéré qu’elles pouvaient détourner de l’argent par le lien établi entre des agents et des entreprises, auxquelles elles ont fait croire que, pour bénéficier de marchés, il fallait les intéresser. La mise en examen repose essentiellement sur les fonctions occupées alors par quelques élus, membres de la CAO [commission d’appel d’offres], et moi en tant que président directeur général, à ce moment-là. Et aucun élu, ni moi, sommes concernés par la corruption ou la prise illégale d’intérêts. Nous sommes aujourd’hui partie civile. Nous avons été reconnus comme victime, également la Ville et la Sémivim.

    Léo Purguette : Est-ce que cela a abîmé le lien de confiance avec la population ?

    G.C. : J’ai chaque jour des preuves de la confiance que m’accorde la population. Elle a compris la réalité de cette affaire. Les entreprises ont reconnu leurs fautes et ont versé des indemnités à la Sémivim et la Ville. Le procès traitera de la corruption et je n’ai aucun lien avec ça. Sur la question qui me concerne, oui, j’étais PDG de la société, mais complètement étranger à ces agissements et je n’ai rien à me reprocher.

    La Santé

    Norhène Ouerfelli : Il est parfois difficile de trouver un médecin spécialiste aujourd’hui. Quelles mesures pour y arriver ?

    G.C. : L’accès à la santé n’est pas égalitaire pour tous aujourd’hui. J’ai l’exemple de quelqu’un qui s’est fait opérer de la cataracte par un ophtalmo à Châteauneuf, il a payé 400 euros de dépassement d’honoraires. Il peut payer, il le fait. Mais combien d’autres renoncent aux soins ? Mon obsession, c’est l’accès au droit à la santé égal pour tous.

    Thierry Bezer : Martigues est parfois vue comme un désert médical…

    G.C. : Au contraire ! Quand je vois des villes comme la nôtre et non loin sans les mêmes moyens… On a une perspective, pour l’hôpital, de mettre à disposition le foyer de l’Adret. La Chrysalide va déménager et les internes seront à 100 mètres de l’hôpital. Nous avons une politique d’acquisition de locaux commerçants pour les mettre à disposition des cabinets à loyer très bas, pas comme le privé. Il y a deux cas : un en centre-ville avec des médecins généralistes, l’autre à Croix-Sainte avec le cabinet dentaire.

    La sécurité

    Philippe Boccara : Vous proposez une brigade de police de centre-ville dans votre programme. Dans quel but ?

    G.C. : La brigade de centre-ville a pour but de remplacer la police de proximité. Les gens sont contents, même dans les quartiers, car ça vient contrecarrer les dealers. On a perdu 50 policiers nationaux depuis 15 ans. Je l’ai dit au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez : je veux plus de police. L’Assemblée nationale travaille un projet de loi qui donnera plus de compétences à la police municipale. Ça veut dire plus de moyens humains à la charge des communes et moins pour la police nationale ? Ça donne une sécurité à deux vitesses : les villes qui peuvent donner des moyens et celles qui ne peuvent pas.

    Philippe Boccara : Et les caméras, elles fonctionnent toutes ?

    G.C. : On a 180 caméras de surveillance et 18 lectures automatiques de plaques d’immatriculation, qui ont permis de résoudre beaucoup d’affaires, et elles marchent toutes. On a des agents au central devant les caméras de 6h à 1h du matin. On est aussi exemplaires sur la prévention que sur la répression.

    Le Logement

    Norhène Ouerfelli : Martigues est au-delà du seuil légal de logements sociaux. Est-ce qu’il faut arrêter d’en construire ?

    G.C. : Nous avons 28% de logements sociaux, soit 6 000 sur les 25 000 de Martigues. Il y a 12 000 demandes, car 72% des Français sont éligibles au logement social. Sur les 12 000 demandes, 5 000 concernent des Martégaux. Faut-il arrêter de construire ? Au domaine de Manon, il y 250 logements sociaux, mélangés avec de l’accession à la propriété, du locatif à coût maîtrisé, et vous ne faites pas la différence quand vous passez devant. C’est fini les cités de 745 logements comme avant.

    Philippe Boccara : Est-ce que ça marche, les contrôles sur les ventes pour garantir que ce sont des martégaux qui achètent ?

    G.C. : Oui ça marche, on contrôle, les promoteurs doivent nous dire à qui ils vont vendre et on vérifie que ce soient des Martégaux. C’est un accord avec le promoteur. Cette préférence n’est pas contre ceux qui viennent d’ailleurs, mais contre les autres maires qui ne construisent pas les logements ! Ça explique aussi les 12 000 demandes, car les gens savent où chercher. Pas comme sur le reste la Côte bleue…

    L’industrie

    Léo Purguette : Martigues est un territoire industriel historique concerné par les projets de décarbonation. Comment faire pour accueillir les 10 000 nouveaux travailleurs qu’on nous promet ?

    G.C. : Depuis 100 ans, Martigues a une zone industrielle pétrochimique à Lavéra. Nous en sommes fiers et nous voulons préserver ce qui existe. Soit des milliers d’emplois, avec de bons salaires car les syndicats luttent. On y est attaché. La décarbonation pourra peut-être enfin réconcilier l’industrie et l’environnement. J’ai proposé une organisation de la gouvernance au Président de la République, à territoire d’exception, loi d’exception. Il l’avait acté. Même si la gouvernance n’est pas encore mise en place.

    Léo Purguette : Pour décarboner, il faut de l’électricité. Pour ou contre la ligne à très haute tension ?

    G.C. : Je suis pour, y compris pour préserver l’environnement. On peut enterrer tout ou partie, c’est toujours une question d’argent. Il faut préserver la Camargue, mais aussi la richesse du territoire.

    Léo Purguette : Martigues est aussi une terre de cinéma…

    G.C. : Le cinéma offre une opportunité extraordinaire, avec les studios d’Olivier Marchetti. Il y a un projet d’hôtel 4 étoiles de 80 chambres en cours, sur le boulevard maritime, au bord du canal, c’est acté. Accor est dessus, mais je voudrais mieux, on discute pour augmenter d’un cran.

    La Métropole

    Norhène Ouerfelli : Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans le bras de fer que vous avez engagé avec la Métropole ?

    G.C. : Le sujet qui fâche, c’est les ordures ménagères : c’est catastrophique. Quand on était en responsabilité, on gérait Port-de-Bouc, Saint-Mitre et Martigues, ça marchait parfaitement. Avec la Métropole, on éloigne les décideurs de la population et ça produit le résultat qu’on avait prédit. À l’automne, sur 24 bennes dédiées aux trois communes, 20 avaient besoin de réparations et ne sont pas envoyées au garage. J’en veux aux services de Martine Vassal qui ne nous entendent pas quand ça va mal. On a dû suppléer et engager de nouvelles équipes à la propreté urbaine de Martigues. C’est la multi-peine ! J’ai demandé qu’on nous rende la compétence, les trois communes sont d’accord. La réponse, c’est « on peut pas c’est la loi ». Il y a une autre solution, nous rendre seulement l’organisation locale. Peut-être peut-on arriver à faire changer la loi avec la grande ville centrale, Marseille.

    Léo Purguette : Vous avez été candidat à la présidence de la Métropole. Le serez-vous encore ?

    G.C. : Je ne crois pas que je serai candidat. On n’en est pas là, on prépare des municipales, on verra ce qui en ressort, car la seule Ville de Marseille n’a pas la majorité à la Métropole. C’est un enjeu très important sur l’eau et l’assainissement, aujourd’hui, on voit l’alignement du prix alors qu’on avait les plus bas du département et tout le bénéfice était réinvesti. Les partages de subventions devraient être équitables pour tous. Ça n’est pas le cas.

    L’étang de Berre

    Antonin Maja : Vous avez soutenu le classement de l’étang de Berre à l’Unesco. Quelle est la suite ?

    Gaby Charroux : L’étang de Berre est le cœur de notre métropole et de notre département. La candidature à l’Unesco a réveillé tout le monde. On n’a pas réussi, mais l’essentiel est de sauver l’étang et poursuivre sa réhabilitation, pour la pêche ou le tourisme. On a besoin de rouvrir le tunnel du Rove, mais surtout de la dérivation de l’eau de la Durance, qui ne va pas coûter 16 millions, mais 2 milliards d’euros. Il faut que la Région aide quand elle aura fini de financer les JO. Je suis pour, en tant que passionné de sport.

    La presse

    Léo Purguette, président et directeur éditorial – La Marseillaise

    Norhène Ouerfelli, journaliste – Maritima

    Philippe Boccara, grand reporter – Ici Provence

    Thierry Bezer, journaliste – France 3

    Antonin Maja, journaliste – La Marseillaise

  • Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Lors de ses vœux, ce jeudi 22 janvier, Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille, a tenu à rappeler que son activité relevait avant tout du « fruit du travail des travailleuses et travailleurs du port ».

    S’il convient que « le port dispose d’un modèle économique robuste », il s’interroge sur l’avenir de cet outil de développement crucial du territoire, notamment « sur la finalité de certains projets sur les segments à la fois liés à la décarbonation et soumis à une concurrence exacerbée ». Pour le responsable syndical, « les prochaines élections municipales sont un laboratoire politique ». Et de souligner que « depuis plusieurs semaines, nous voyons fleurir des discours d’équilibrisme électoral, le fameux “en même temps” ». 

    Décarbonation sans ligne THT ?

    À savoir : « Un emploi industriel mais en même temps sans industrie, pour la souveraineté énergétique mais avec une baisse de la production, pour la décarbonation mais contre la ligne à très haute tension, pour la transition écologique mais contre le transport ferroviaire, pour la qualité de l’air mais contre le branchement des navires à quai. » Et au final, des positionnements « toujours contre les industries des activités portuaires, qu’il s’agisse des passagers, de la réparation navale ou du transport des marchandises », résume-t-il. Autant d’éléments qui poussent le syndicat à la plus grande prudence.

  • Rémi Esnault en droite ligne de l’action de René Raimondi à Fos-sur-Mer

    Rémi Esnault en droite ligne de l’action de René Raimondi à Fos-sur-Mer

    Il se pose en héritier de René Raimondi (ex-PS). Rémi Esnault, désigné par le maire sortant pour prendre la suite de l’action municipale menée depuis 2004, a présenté ce samedi le bilan du mandat qui s’achève, dont il espère prendre la relève en mars 2026. « C’est cet ADN fosséen d’ambition, de service public qui a été plébiscité par la population, et à juste titre, affirme-t-il. On gardera toujours cette ligne de protection. »

    Pas de rupture brutale, donc, et des dossiers bien connus du directeur de cabinet, qui compte s’appuyer sur son expérience acquise dans les coulisses de la mairie pour poursuivre certains projets, tels que la construction de la cuisine centrale dédiée aux seniors ou de la nouvelle piscine métropolitaine, l’enfouissement des lignes à très haute tension dans le secteur des carabins et le sud de la commune ou encore la création d’un réseau de chaleur à destination des équipements publics à partir des pipes de l’ancienne raffinerie Esso.

    Dans son programme, Rémi Esnault souhaite apporter une attention toute particulière au dynamisme du centre-ville. « Il faut préempter et acheter un maximum de bâtiments, les rénover, faire en sorte de choisir nos locataires, ce qui nous permettra d’avoir une vraie stratégie de déploiement commercial et d’habitat social », présente-t-il, en prenant pour exemple la Poste du centre ancien, où une esthéticienne est désormais installée.

    Une liste à moitié renouvelée

    « N’oublions pas que nous sommes une ville de gauche avec des valeurs de solidarité et de proximité et que tout ce qui se présente en face de nous ne va pas dans le même sens, on a des gens qui veulent casser le service public, qui veulent virer les employés communaux, qui veulent moins dépenser et ça, ça se ressentirait au quotidien », pose-t-il, dans une attaque à peine voilée à l’encontre de Philippe Maurizot, conseiller municipal d’opposition adoubé par l’extrême droite via le label « La Provence qu’on aime ».

    Si Rémi Esnault ne prend pas la menace RN à la légère, il assure néanmoins : « La personne qui s’est affublée de l’étiquette a perdu X et X élections. Si elle avait une quelconque crédibilité auprès des Fosséennes et des Fosséens on s’en serait aperçus depuis le temps. »

    Quant à la candidature dissidente de Jean-Michel Leroy (PS), le dauphin de René Raimondi prévient : « C’est un épiphénomène très regrettable puisque ces gens vont devoir assumer la responsabilité de leur déloyauté dans un contexte ou le RN a des appétits sur de nombreux territoires, dont le nôtre. Leur geste de rupture est encore plus grave qu’il ne l’aurait été sans la menace de l’extrême droite. »

    Rémi Esnault présentera sa liste, dont la moitié sera composée de personnes issues de la majorité actuelle, ainsi que son programme lors d’une réunion publique dont la date sera prochainement annoncée.

  • [Entretien] Nicolas Koukas (PCF) : « Je porte le projet de l’Appel d’Arles pour réparer la ville »

    [Entretien] Nicolas Koukas (PCF) : « Je porte le projet de l’Appel d’Arles pour réparer la ville »

    L’Union pour Arles, issue de l’Appel du même nom lancé par la société civile pour une majorité de gauche, écologiste et citoyenne aux municipales de 2026, a officialisé l’investiture de Nicolas Koukas comme tête de liste du rassemblement, à l’occasion d’une conférence de presse tenue au restaurant le France, jeudi matin.

    La Marseillaise : Que signifie votre désignation comme tête
    de liste pour les élections municipales de 2026 ?

    Nicolas Koukas : C’est l’aboutissement du processus initié par le collectif issu de l’Appel d’Arles, né des citoyens et auquel les partis se sont agrégés. Le déclic a eu lieu lors des élections législatives. Le rassemblement que j’ai mené dans le cadre du Nouveau Front populaire nous a permis de réaliser un gros score face au RN et d’être devant lui au second tour, sur Arles, alors qu’on pensait être battus au premier tour. Il fallait alors aller plus loin. L’union est un combat qui prend du temps, chacun doit faire des concessions avec les autres tout en faisant le lien avec le collectif de la société civile. Notre rassemblement est marqué à gauche, mais pas fermé. C’est pour cela que j’ai accepté de me mettre à disposition pour porter ce projet.

    Qu’est-ce qui vous caractérise ?

    N.K. : Je suis un amoureux d’Arles. Je suis né pas loin, rue de Stalingrad, dans une famille immigrée grecque du côté de mon papa, et d’une famille arlésienne du côté de ma maman, qui s’appelle Mistral. J’aime ce territoire, car j’y suis né, j’y ai tout construit et ma famille est ici. Je dis souvent qu’une ville finit par devenir une personne pour soi et, en ce moment, je vois qu’elle ne va pas bien.

    Quel est votre diagnostic ?

    N.K. : Le principal sujet est celui de la déconnexion de la municipalité actuelle avec les Arlésiens, il manque la participation et la concertation à tous les niveaux. Ils décident, mais il n’y a aucun moment d’échanges. C’est une réalité criante sur tous les sujets. Il faut aussi regarder les villages et les hameaux qui ont été choyés ou délaissés suivant les affinités politiques du maire. Il y a aussi une déconnexion à ce niveau-là. Je pense, aussi, aux personnels et agents de la Ville. Les services techniques ont été tant critiqués, montrés du doigt, alors qu’ils sont là à 5h du matin sur le territoire. On nous accusait de clientélisme auparavant, mais aujourd’hui, je crois qu’on doit dire qu’on est fiers du service public qu’ils rendent aux habitants. Il est important de rétablir une autre façon de faire de la politique, plus proche des habitants. Les promesses de 2020 n’ont d’ailleurs pas abouti.

    À quelles promesses faites-vous référence ?

    N.K. : Par exemple, celle sur la propreté. On nous avait promis un plan de propreté mirobolant, mais la ville n’a jamais été aussi sale. Je rappelle que le maire d’Arles est aussi président de la communauté d’agglomération et que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères a explosé, le prix des transports aussi, sans oublier l’eau. Visiblement, le maire ne doit pas connaître le président de la communauté d’Agglo, il faudrait leur organiser un rendez-vous ! Sur le plan économique, je mets au défi quiconque de citer une entreprise qui s’est installée depuis 2020. Je me rappelle, aussi, la promesse d’une ville plus sûre, qui a donné lieu à l’augmentation des effectifs de la police municipale de 18 à 60, mais pour quel résultat ? Quel est le projet de la police ?

    Quel est le vôtre, sur ce sujet est sur les autres ?

    N.K. : Notre projet est de créer des hôtels des polices municipale et nationale dans les quartiers. On a besoin de services publics avec tous les outils de prévention, qui ont été sacrifiés, de même que nous devons redonner des moyens aux centres sociaux avec des animateurs et des agents de prévention. Nous aurons plusieurs annonces économiques prochainement, car plusieurs gros acteurs n’ont jamais pu travailler avec Arles, faute d’échanges.

    Quid du développement industriel ?

    N.K. : Nous sommes favorables à la décarbonation et au développement de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Je rappelle que 16% des habitants du Pays d’Arles y travaillent. Mais nous devons faire un enfouissement total de la ligne à très haute tension, on ne peut pas défigurer la Camargue. Il ne faudrait pas, non plus, que les acteurs économiques quittent le golfe. Pour ce qui est du contournement autoroutier, mettre un péage aux Arlésiens qui vont travailler à Saint-Martin ou à Fos est impensable et c’est Vinci qui décide, pas le maire ! J’ai donc proposé aux acteurs économiques et associatifs de mener une véritable consultation citoyenne.

    L’Union locale CGT peut-elle rester domiciliée à la Bourse du travail ?

    N.K. : L’expulsion de la CGT de la Bourse du travail est un coup politique pour faire du buzz en pleine droitisation du pays. Le maire ne connaît pas l’histoire d’Arles, de la CGT et des combats durs qu’ils ont menés. Cela fait partie de notre ADN local. Pourquoi cliver la population ? Le site est inscrit aux monuments historiques et n’est pas accessible, donc l’office du tourisme ne peut pas s’y installer.

    Comment s’annonce la campagne ?

    N.K. : Nous sommes prêts, je suis prêt. Arles mérite mieux. Un vrai élan est né de l’Appel d’Arles. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais le plus important est le projet que nous avons pour réparer et recoudre la ville.

  • La Bonne Mère équipée d’un paratonnerre de dieu !

    La Bonne Mère équipée d’un paratonnerre de dieu !

    La restauration de la statue de la Bonne Mère mobilise de nombreux corps de métiers. Il en est un méconnu et de première importance : l’installateur des paratonnerres. Olivier Heintz, 42 ans, dirigeant de la société Protibat Sud basée à Aubagne, a renouvelé le dispositif de paratonnerres qui équipe la couronne de la statue de la Vierge. Il a également équipé l’église des Réformés, la cathédrale de la Major et celle de Saint-Sauveur à Aix-en-Provence, mais aussi des usines, des administrations.

    L’homme connaît parfaitement la cinétique des orages, les variables de polarité, d’intensité et surtout le monument à protéger. « Depuis tout petit, je viens ici. J’ai eu la chance de pouvoir monter avec mon père dans la structure et de l’accompagner pour l’entretien régulier des paratonnerres. » L’entreprise familiale a installé, il y a 35 ans, le précédent modèle qui était doté d’antennes radioactives et de panneaux photovoltaïques. Les nouvelles normes interdisent cette présence de radium 226, qui était censée augmenter la conductivité électrique autour des pointes. La Bonne Mère est désormais dotée d’un Pulsar à dispositif d’amorçage de la société française AAB-Helita.

    « Tout se joue

    en 30 millisecondes »

    « La couronne est équipée de quatre pointes captrices de 30 cm, détaille Olivier Heintz. Quand le dispositif électronique interne détecte une montée du champ électrique ambiant, des générateurs s’activent et génèrent l’amorçage d’un arc ascendant, une impulsion électrique haute tension pour éviter le risque d’impact direct de la foudre sur la structure protégée. » Le paratonnerre central de 2 mètres, qui surmonte la couronne, anticipe la foudre et déclenche un rayon ionisant ascendant de protection qui va attirer le traceur descendant du nuage et canaliser la foudre à son point de rencontre. « Tout se joue en 30 millisecondes. La foudre, c’est une décharge de 100 000 à 200 000 ampères qui disparaît aussi vite. »

    Et la Bonne Mère prend régulièrement la foudre. En 30 ans, le compteur de l’ancien paratonnerre a dénombré 980 impacts sur la Vierge, soit 30 par an. La foudre, c’est une énergie soudaine et colossale. Des études ont montré qu’au point d‘impact, la température atteint 30 000 degrés, cinq fois la surface du soleil. « Il n’y a eu aucun dommage sur la statue, qui est entièrement en cuivre galvanisé et sert de conducteur. En retirant l’ancien paratonnerre, on a vu que les pointes étaient noircies avec des coulures de métal par endroits », explique Olivier Heintz.

    Toutes les pointes et masses métalliques en toiture sont interconnectées et raccordées entre elles avec des conducteurs de descente sur les façades et toute la croix du dôme pour écouler les courants dans le sol. « Mon père avait fait des maillages conducteurs périphériques en cuivre qui sont enterrés sur des centaines de mètres sous les parkings de la basilique car sur un sol rocailleux la conductivité est mauvaise. »

    Le réseau européen de détection de la foudre (ELDN) a décompté 46 131 éclairs, l’an dernier, en région Paca. La commune d’Arles a même été la plus foudroyée de France avec 489 impacts au sol (nombre d’éclairs nuage-sol par km² et par an) et un point d’orgue atteint le 21 juillet 2024 qui a concentré 165 éclairs en 24 heures. « Depuis une dizaine d’années, on voit des coups de foudre qui dépassent largement les 200 000 ampères », observe M. Heintz. « En juillet dernier, on a eu des coups de foudre sur le plateau de Signes de 320 000 et 450 000 ampères. C’est d’une intensité incontrôlable. Le moindre impact occasionne de très gros dégâts. »

  • Le débat global sur l’industrie a ouvert le champ des possibles

    Le débat global sur l’industrie a ouvert le champ des possibles

    Pour la Commission nationale du débat public (CNDP), l’heure est au bilan. Deux mois après la fin de la concertation sur l’avenir industriel de la zone de Fos-sur-Mer et du pourtour de l’étang de Berre, qui s’est tenue du 2 avril au 13 juillet, l’instance publie son compte rendu. Près de 200 pages passant en revue les enseignements de cette démarche inédite.

    Ce débat global coordonné par l’État était une première « par les objets qu’il devait traiter, c’est-à-dire à la fois une vocation proposée pour des territoires et les effets cumulés des nombreux projets », explique Audrey Richard-Ferroudji, présidente de la concertation. Si, au départ, le dossier présentait des fiches sur 35 projets, la carte interactive du site en comprenait 51 à la fin du débat, suite aux demandes du public.

    L’instance n’a pas seulement concentré les informations disponibles, elle en a aussi produit, à l’instar de la tierce expertise sur le projet de ligne très haute tension de 400 000 volts devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos, ou de l’analyse des effets cumulés sur l’environnement.

    Des recommandations

    La CNDP note néanmoins certaines limites, comme le regret d’un manque de dialogue et d’une co-construction des décisions au-delà de l’expression et de l’écoute remontées par de nombreux participants. « C’est vrai que le format de réunion publique, de manière générale, est peu propice au dialogue puisqu’il y a beaucoup de personnes qui veulent s’exprimer, concède Audrey Richard-Ferroudji. Mais il y a eu des échanges et des choses qui ont bougé. »

    Étienne Ballan, animateur de la concertation, illustre : « On est entrés dans ce débat avec un projet spécifique de ligne THT, un calendrier précis et beaucoup de défiance de la part du public. Incontestablement on sort du débat avec, plutôt qu’une solution technique, un besoin d’un programme de raccordement électrique pour mettre à niveau un réseau assez défaillant. La focale a changé. Sur la question du délai, l’analyse des besoins a permis de caractériser l’empilement des demandes de raccordement pour l’arrivée des projets. Le débat a aussi ouvert des possibilités avec une proposition faite par un expert d’envisager l’alimentation électrique de manière plus progressive. »

    Le débat global n’a donc pas apporté de solution miracle, mais il a permis de mettre en avant les inquiétudes des habitants du territoire et leurs solutions alternatives. Des dizaines de demandes de précisions ont été formulées par les participants à l’égard de l’État, ainsi que dix recommandations générales de la CNDP aux premiers rangs desquelles la constitution d’un programme d’ensemble de décarbonation et de réindustrialisation, doté d’une vision stratégique unifiée et d’un schéma directeur, qui serait soumis à une évaluation environnementale d’ensemble, et une concertation continue.