À Montpellier, l’histoire gitane est ancienne. « On fait partie du patrimoine de la ville », rappelle Stéphane Hernandez, représentant de l’association Cap Gély Figuerolles, co-organisatrice, avec la Halle Tropisme, du festival international Mosaïque Gipsy Bohême. Une histoire portée par des artistes comme Manitas de Plata, les Gipsy Kings ou la famille Baliardo.
Basée dans le quartier historique gitan Cap Gély-Figuerolles, l’association du même nom mène des actions socioculturelles et travaille à faire connaître l’histoire et le patrimoine gitans. Depuis l’obtention de l’agrément de l’Éducation nationale l’année dernière, elle intervient notamment dans les écoles et collèges.
La musique constitue naturellement un fil rouge de cette transmission. L’association est d’ailleurs chargée, par le ministère de la Culture, de porter la reconnaissance de la rumba catalane au patrimoine culturel immatériel de la France. « Une première étape vers une reconnaissance au patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’Unesco », espère Stéphane Hernandez. Née dans les quartiers gitans de Barcelone à la fin des années 1950, la rumba catalane mêle notamment flamenco, rythmes afro-cubains, rock et musique populaire catalane. Elle sera au cœur du festival international Mosaïque Gipsy Bohème, qui propose notamment, samedi 26 septembre à 17h, un atelier découverte suivi, à 20h30, d’un concert des Barcelonais Sabor de Gracia, véritables ambassadeurs de cette musique. Le vendredi 25 (20h30), c‘est à travers la danse que le festival célébrera la rumba catalane.
« Un festival du partage »
La programmation fera également entendre d’autres expressions musicales. Jeudi 24, pour l’ouverture, dès 19h, Paul Guta Band, formation portée par un violoniste virtuose, fera voyager le public vers les musiques tziganes des Balkans et le jazz manouche. À 20h30, Los Reyes Héritage, venus d’Arles et issus de la famille des Gipsy Kings, prendront le relais pour un hommage musical au célèbre groupe. Vendredi 25 à 19h, Adelante duo Mixte explorera les sonorités gipsy à travers un duo porté par les guitares, les rythmes flamenco et les influences méditerranéennes. Enfin, dimanche 27, les Montpelliérains de Los Kemados assureront la clôture du festival.
Cette édition introduit par ailleurs le théâtre dans la manifestation, avec « L’Itinéraire nomade », proposé samedi 26 à 18h30. En cinq tableaux mêlant récit, musique, chant et danse, ce spectacle suivra la vie d’une famille gitane, de la naissance à la mort.
Trois expositions permettront de découvrir cette culture sous un autre angle. La première, réalisée en partenariat avec la Cimade, sera consacrée à l’antitsiganisme et donnera lieu à une table ronde vendredi 25 à 18h. Une autre présentera des maquettes de campements tsiganes réalisées à partir de photographies par France Warangot, aujourd’hui disparu. Enfin, « Mondes tsiganes », exposition itinérante du Musée national de l’histoire de l’immigration, retracera l’histoire, les modes de vie et les cultures tsiganes, mais aussi les persécutions et le génocide.
Fête foraine, jeux gonflables, atelier de rumba et paella géante (tous les soirs) compléteront le programme. Pour Stéphane Hernandez, l’essentiel est dans la rencontre.
« C’est un festival qui fait du bien, un festival du partage, de la convivialité et du vivre ensemble, pour lutter contre les préjugés et les a priori sur la population gitane et tsigane. »

