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  • 20 ans d’un fabuleux plaidoyer pour les arts du monde arabe

    20 ans d’un fabuleux plaidoyer pour les arts du monde arabe

    Voilà 20 ans, cette année, que le festival Arabesques, porté par l’association Uni’sons, implantée au cœur du quartier populaire de la Paillade, invite à une immersion dans les arts du monde arabe, célébrés dans toute leur diversité. La musique, bien sûr, de la pure scène traditionnelle à la scène contemporaine, mais aussi le théâtre, les contes, la danse ou encore l’humour… Un véritable plaidoyer, porteur « de toutes les valeurs autour de la transmission, du rassemblement, de la coexistence pacifique. Montrer que c’est possible, que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise », résume Habib Dechraoui.

    « Quand on a créé Arabesques, le but était de travailler pour les gens qui sont le plus éloignés de la culture. Car je reste persuadé que ce sont eux qui en ont le plus besoin », confie le directeur de ce festival qui reste très peu cher comparé aux manifestations du même acabit. Tout le travail de médiation, de lien opéré par Uni’sons durant toutes ces années a porté ses fruits. « Je pense que nous sommes le festival le plus mixte en termes de public », assure Haboib Dechraoui. La médina éphémère d’Arabesques, cœur battant du festival niché sous les pins du domaine d’O, « est à l’image de la société actuelle. Un public mixte, jeune, âgé, familial… Ça, ça se travaille, ça se monte avec des convictions », insiste-t-il.

    Oum Khaltoum et Rachid Taha

    Cette 20e édition « sera marquée par la gratitude, la transmission et l’audace ». La gratitude envers ces artistes fidèles, amis du festival : Dhafer Youssef, l’Orchestre national de Barbès, Natacha Atlas, Hervé Koubi, Orange Blossom, Le Comte de Bouderbala, Jihad Darwiche, Labess…

    La transmission, elle, prendra la forme de deux hommages. Le premier sera dédié à Oum Kalthoum, « la plus grande icône de la musique arabe », dont 2025 marque les 50 ans de la disparition. Pas moins de cinq rendez-vous lui seront consacrés, notamment en ouverture du festival le 9 septembre à l’opéra Comédie, avec la chanteuse tunisienne Dorsaf Hamdani et le lendemain, 10 septembre au même endroit, à travers cette fois un spectacle dansé. À noter également, le 20 septembre au théâtre Jean-Claude Carrière, l’hommage du groupe Love and Revenge, qui présentera un projet autour de Oum Khaltoum.

    L’autre grande figure mise à l’honneur est Rachid Taha, « le défricheur, le transgressif, le rockeur made in Casbah ». Un grand concert-création lui est consacré (13 septembre, amphi d’O), qui réunira son ami rockeur Rodolphe Burger et le « Couscous clan », comme Rachid Taha aimait à appeler ses musiciens (Justin Adams, Sofiane Saidi, Yousra Mansour, Hakim Hamadouche, Franck Mantegari, Kenzi Bourras…)

    Après un focus Palestine l’an dernier, Arabesques a choisi, cette année, de mettre en lumière l’effervescence de la scène artistique marocaine, en partenariat avec la fondation Hiba. « Pas moins de 10 groupes marocains figurent dans la programmation », indique Habib Dechraoui. La nouvelle scène y est bien représentée, à découvrir notamment lors de la soirée Arabesques Sound System organisée le 11 septembre sur le toit du Corum. Najat Aâtabou, diva de la musique chaâbi marocaine, donnera un concert exceptionnel pour les 20 ans d‘Arabesques le 14 septembre à l’amphithéâtre d’O. À ne pas manquer non plus, toujours dans ce focus Maroc, le cabaret des Cheikhats (14 septembre, théâtre Jean-Claude Carrière), « des hommes en robe, maquillés comme des divas, qui revisitent le répertoire de ces femmes libres mais marginalisées, qui dénoncent les injustices et offrent l’ivresse des chants et des danses du patrimoine populaire marocain. Un hommage plein d’aplomb, qui brise des tabous toujours vivaces. »

    Cette édition anniversaire sera également l’occasion de découvrir en avant-première plusieurs nouveaux albums : celui du maître du oud, vocaliste et compositeur Dhafer Youssef (19 septembre, amphithéâtre d’O) ; celui de la chanteuse égypto-anglaise Natacha Atlas, qu’elle présentera à l’issue d’une résidence d’une semaine au domaine d‘O (12 septembre théâtre JC Carrière) ; celui du chanteur Labess, qui propose, avec son groupe aux origines multiples, une sorte de gypsy-chaâbi (21 septembre théâtre JC Carrière) ; enfin celui de l’Orchestre national de Barbès, qui fête cette année ses 30 ans et se produira en clôture du festival (21 septembre, amphi d’O). En tout, une bonne centaine d’artistes sont attendus pour célébrer, à rebours des cloisonnements, le lien, le partage, la diversité.