Tag: grévistes

  • La CGT suspend le mouvement de grève à Haribo

    La CGT suspend le mouvement de grève à Haribo

    « Ce n’est que partie remise ! » Ce lundi, les salariés d’Haribo à Marseille accusent le coup.

    Et pour cause : ils ont voté la reprise du travail après un mouvement social marathon débuté le 25 juin dernier et alors qu’ils entraient dans leur huitième semaine de grève. Une reprise du travail qui n’équivaut pas à la fin définitive du mouvement. « Pour l’heure, le mouvement est stoppé, on est en stand-by. Nous avons fait un vote dont nous avons eu les résultats dimanche. Malheureusement, il n’y avait pas assez de monde pour continuer à suivre le mouvement et la majorité souhaitait arrêter la grève », expose, en toute transparence, Sofia Calabria déléguée syndicale CGT du site.

    Rappelons que FO, qui avait débuté le mouvement avec la CGT, a également suspendu son mouvement, la semaine précédente. Forcément, la syndicaliste n’a pas le sourire : « Les gens sont assez abattus et déçus… C’est compliqué de reprendre dans ces conditions, il y a un goût d’inachevé. »

    En effet, les dernières discussions entre son organisation syndicale et la direction n’ont abouti à rien de concret. La première réclamant une hausse de salaire de 2,5% quand la seconde proposait 1,8% (lire notre article du 13/08). Pour rappel, la proposition initiale dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) était de 0,9%. Le déclenchement de la grève commune avec FO avait permis de remonter la proposition à 1,5% et la promesse de discussions au 28 septembre prochain. Autant de points sur lesquels la CGT affirme n’avoir aucune assurance ni visibilité. « On espère que la réunion du 28 septembre est bien maintenue. Pour l’instant, on n’a rien de plus que 0,9% d’augmentation », explique Sofia Calabria.

    Vers un retour

    des discussions ?

    Contactée, la direction du site « ne souhaite pas commenter » les montants évoqués par les syndicats et précise qu’ils « font l’objet de discussion en cours en interne ». Elle explique surtout que sa « volonté est bien de poursuivre un dialogue social » et que « la suspension de la grève à compter de ce jour rouvre l’opportunité de re-entamer des discussions ».

    De quoi vraiment apaiser les ex-grévistes ? En tout cas, ces derniers pas défaitistes : « Il y a aussi de la fierté : plus de 7 semaines de grève, on entrait dans notre huitième semaine, ce n’est pas rien non plus. Nous avons eu un impact énorme sur la production, on reprend le travail la tête haute. » D’autant que Sofia Calabria insiste sur le fait que l’arrêt du mouvement n’est que temporaire. « Le combat n’est pas fini. Ce n’est qu’une suspension, il n’y a pas d’abandon des revendications », conclut la syndicaliste.

  • [Entretien] Sofia Calabria, CGT : « L’attitude de la direction d’Haribo est scandaleuse »

    [Entretien] Sofia Calabria, CGT : « L’attitude de la direction d’Haribo est scandaleuse »

    La Marseillaise : Où en êtes-vous dans le mouvement ?

    Sofia Calabria : FO a suspendu le mouvement. Nous, la CGT, nous continuons la grève pour l’heure et nous attaquons notre huitième semaine ce jeudi. Nous attendons la fin de semaine pour sonder les salariés et les grévistes afin de savoir si on continue le mouvement la semaine prochaine. Nous verrons la tendance, et l’on suivra l’avis de la majorité évidemment. L’objectif est de poursuivre la pression sur la direction mais de ne pas envoyer les gens dans le mur non plus. Le problème c’est que l’on ne sait même plus si la réunion de négociations, prévue le 28 septembre prochain, est maintenue.

    Pourquoi ce flou sur
    les négociations ?

    S.C : En fin de semaine dernière, la direction a formulé une nouvelle proposition par mail : une augmentation de 1,8%. Communément, l’intersyndicale a formulé, ce lundi, une contre-proposition : 2,5% pour les plus bas salaires, c’est-à-dire entre 2 000 et 2 500 euros et cela correspond à la majorité des ouvriers du site, avec une dégressivité selon les tranches de salaire. Pour la tranche de salaire des ouvriers, cela correspondrait à une cinquantaine d’euros. Ce ne sont pas les 100 euros que nous souhaitions au départ mais nous nous sommes dit que nous coupions la poire en deux. Malheureusement, la direction a coupé court à toute négociation avec nous au motif que nous avions continué la grève lundi et mardi… Et ce, sans plus d’explications, ni de date ultérieure ou encore de confirmation que la date du 28 septembre était toujours d’actualité. On pensait que leur proposition était une avancée, mais c’était de la poudre de perlimpinpin.

    Quel est l’état moral des grévistes ?

    S.C : La réponse de la direction a mis un coup de massue à beaucoup de monde. Nous ne comprenons pas qu’elle soit autant fermée. Nous n’avons pas fait de grève par plaisir, nous l’avons fait car c’était légitime. Nous n’avons pas demandé des primes importantes, nous demandions le strict minimum ! Regardez : nous avons proposé la moitié de ce que nous demandions au départ, c’était une manière de prouver que nous sommes raisonnables… Malgré ça, ils restent fermés. Cette attitude est scandaleuse, il n’y a pas de dialogue social ! Quoi qu’il arrive, ce ne sont pas des semaines de grève perdues. On a lutté, on a gagné en solidarité, en honneur, on a gagné collectivement et ce, quel que soit le syndicat ou le service. Huit semaines de grève, on a la tête haute !

  • Didier, retraité et irréductible soutien des grévistes Haribo

    Didier, retraité et irréductible soutien des grévistes Haribo

    « Avec tous les ronds qu’ils prennent, ils peuvent cracher un peu de monnaie ». Jeudi dernier, sur le piquet de grève des salariés d’Haribo, Didier Michel harangue ses anciens collègues au mégaphone.

    S’il est retraité de l’usine d’Haribo à Marseille, Didier est connu comme le loup blanc par les actuels salariés et grévistes du site. Et pour cause : il est présent plus que régulièrement sur leur piquet de grève et a une histoire singulière avec l’usine marseillaise. Avec ses 42 ans d’ancienneté au compteur, Haribo est un peu sa deuxième maison. Il a d’ailleurs eu moult casquettes syndicales puisque délégué syndical de 1996 jusqu’à son départ en janvier 2024. Il a également été élu au comité d’entreprise (instance représentative du personnel devenue le comité social et économique, CSE), mais aussi au CHSCT, puis délégué du personnel ou encore représentant syndical… « J’ai occupé pas mal de postes au syndicat et les dernières années j’étais délégué syndical central pour l’ensemble d’Haribo France », relate-t-il.

    En clair, il a été à la pointe du combat pour les droits des travailleurs du bonbon pendant de nombreuses années. D’où sa présence régulière sur le piquet de grève de ceux qui ont repris le flambeau. « À mon époque, la direction faisait des propositions plus raisonnables et les gens étaient, de fait, moins enclins à partir au conflit », raconte Didier. Avant de développer l’analyse : « On sait que la société n’est pas en faillite : le chiffre d’affaires n’arrête pas de monter. J’ai connu Haribo à 100 millions de chiffre d’affaires par an. Puis c’est passé à 200, 300… Et maintenant 370 millions ! Et les bénéfices, ça monte aussi ».

    « Ils ont du mérite »

    Son expérience lui permet de rappeler à tous, qu’à une époque, le dialogue social était un peu moins complexe. Rappelons que, pour l’heure, la direction renvoie de potentielles négociations au 28 septembre prochain. Et ce, après déjà plusieurs semaines de grève. « Que la direction propose un montant bas au début, que les syndicats demandent haut, c’est normal c’est le jeu des négociations… Mais là, avec l’inflation qu’il y a, l’essence qui flambe… Si on ne te donne que 18 euros d’augmentation, faut comprendre que les gens n’ont pas envie d’être pris pour des débiles ! », tempête-t-il avec vigueur. Il porte un regard bienveillant sur la lutte de ses anciens collègues : « Ils ont du mérite d’être aussi motivés. Durer autant de temps, ce n’est pas simple ». Celui qui travaillait « à la réglisse » avant son départ à la retraite en janvier 2024 note que le mouvement actuel est « historique ». « En 83, j’avais connu un gros mouvement de grève, de plusieurs semaines. Depuis, ils ne duraient que quelques jours », explique-t-il. La réglisse est d’ailleurs une des productions majeures du site marseillais : « J’ai passé une partie de ma carrière à la réglisse souple, avant j’étais à la réglisse fourrée. La souple, c’est les bouts de torsades et les mètres à rouler. J’étais en bout de ligne de production, j’emballais et je conditionnais la réglisse, dans les boîtes et cartons ».

    Son arrivée à Haribo raconte d’ailleurs une autre réalité du monde du travail, celle des années 80 : « Je sortais de l’école, je cherchais du boulot un peu n’importe où… La boîte d’intérim m’a envoyé ici et je ne suis jamais reparti. Je suis arrivé au mois de février et en juillet j’étais embauché ». Un temps où la politique économique était assurément moins libérale : « À l’époque, il y avait beaucoup d’intérimaires, mais c’étaient les premiers mois de Mitterrand et il y avait eu une loi pour limiter les abus du recours à l’intérim… Alors tous les intérimaires de l’atelier où je travaillais ont été embauchés, c’était 60 embauches quand même ». Avant de résumer : « J’étais au bon endroit au bon moment ! »

  • Ludovic, irréductible gréviste d’Haribo et fier de son boulot

    Ludovic, irréductible gréviste d’Haribo et fier de son boulot

    Avec 32 ans d’ancienneté au sein de l’usine d’Haribo à Marseille, Ludovic Mayer a vu des tonnes de bonbons défiler sur les lignes de productions.

    Il fait partie de ces salariés pour qui le travail au siège social français du roi de la confiserie représente sûrement plus qu’un simple job. « Je suis fier de parler d’Haribo à mon entourage, j’aime la marque, ce n’est pas pour rien que je suis là depuis 32 ans, malgré les hauts et les bas », explique-t-il, avec visiblement un certain attachement. Pourtant, depuis plus de sept semaines, ce syndiqué de Force ouvrière et élu suppléant au comité social et économique (CSE) de l’entreprise, connaît plus de bas que de hauts.

    Car il fait aussi partie des irréductibles grévistes qui réclament inlassablement une hausse de salaire. Comme d’autres, il multiplie les heures de grève face un dialogue social plus que difficile et une direction qui renvoie de potentielles négociations à l’an pèbre… « On a vraiment atteint un haut niveau d’incompréhension avec la direction sur la répartition de la valeur, notamment par rapport aux efforts faits par les salariés à la production », dénonce-t-il. Avant d’aborder le fond du conflit : « Ce qui était proposé, c’était une augmentation au niveau de l’inflation de l’année précédente, c’est-à-dire 0,9% de la masse salariale donc environ 360 000 euros au total, alors qu’on a fait une année record en 2025 où l’on approche les 35 millions d’euros de bénéfice net. » Pas besoin d’être mathématicien pour comprendre le ressentiment des travailleurs du bonbon : « On est en droit de demander mieux que ça ! »

    Un poste à la croisée

    des chemins

    Mesuré, Ludovic Mayer est tout de même lucide sur la situation : « En 32 ans, ce n’est que ma deuxième grève, je suis syndiqué depuis 14 ans et malgré le fait que je fasse grève, je tiens à l’entreprise. Mais depuis quelques années, il y a une autre façon de travailler, avec des changements brutaux. » Un constat d’autant plus éclairant qu’il a connu des périodes moins fastes au sein du confiseur. « En 2016, il y a eu un cap passé avec 110 équivalents temps plein (ETP) qui ont été enlevés avec beaucoup de départs à la retraite naturels et des conditions de départs favorables. C’est à partir de là qu’on est vraiment rentré dans une ère de semi-automatisation », raconte-t-il.

    Et il en connaît un rayon sur le sujet puisqu’il est l’un des chefs de projet technique. Un poste à la croisée des chemins chez Haribo, à la fois « pluridisciplinaire » et « entre les besoins des clients et les besoins de la production ». « On met en œuvre techniquement les évolutions des besoins des consommateurs : nouvelles façons d’avaler le bonbon, nouvelles façons de les couler, nouvelles façons d’optimiser les temps d’étuvage… », développe-t-il. En clair, son service est « au contact de la production » mais aussi en lien avec d’autres services : « Gestion, recherche et développement, marketing. »

    Concrètement, il peut être en charge d’optimiser le matériel existant ou trouver de nouvelles machines plus adaptées aux évolutions des besoins. D’où le lien avec les départs de 2016 où les salariés d’Haribo ont connu « de nouvelles façons de travailler mais aussi de nouvelles contraintes ». D’où le lien avec la grève actuelle : « Je peux entendre les arguments de la direction, sur le fait que le marché de la confiserie est en baisse au niveau national, mais cela fait trop d’années que l’on entend cela. Cette grève, c’est aussi un cumul des années précédentes, il y a un problème avec la répartition qui est faite au regard de la somme des bénéfices nets dégagés par l’entreprise. » Les années précédentes justement, Haribo a réalisé 24,9 millions d’euros de résultats nets en 2023, 20,4 millions en 2022 et 21,8 millions en 2021… De quoi alimenter les raisons de la colère.

  • La grève chez Haribo prend de l’ampleur

    La grève chez Haribo prend de l’ampleur

    Devant l’usine d’Haribo à Marseille, l’odeur du barbecue du piquet de grève a remplacé les émanations sucrées qui sortent habituellement du site, ce jeudi.

    Il faut dire qu’il fallait donner de la force aux plusieurs dizaines de personnes présentes pour une mobilisation de soutien aux salariés dès 9 heures du matin et jusqu’en début d’après-midi. « Aujourd’hui, on finit la 6e semaine de grève, demain on attaque la septième. Il y a des salariés qui ont plus de 60 heures de grève ! », campe Jean-Pierre Martins, élu CGT du site. Autour de lui, on retrouve les chasubles rouges estampillées CGT du port de Marseille, de la Centrale de Gardanne, de La Poste et des militants venus d’Istres ou d’Aubagne… Et pour cause : Le dialogue social entre grévistes et direction est toujours au point mort d’où le besoin urgent de solidarité envers les grévistes qui tiennent la durée. « Rien n’a bougé. La direction renvoie toujours au 28 septembre et essaie de mettre un peu la pression dans l’usine pour qu’on arrête la grève », explique le syndicaliste. Avant de dénoncer : « Il y a un problème, cette situation est dingue : notre mouvement est historique et ce qu’on demande, ce n’est pas exubérant. Au fond, je pense qu’ils espèrent que le mouvement s’essouffle ». Une position d’autant plus dénoncée que le confiseur n’est pas vraiment en difficulté financière : « En 2020, Haribo faisait 12 millions d’euros de bénéfice net, et en 2025, c’était 32 millions… », décompte l’élu CGT. Au milieu des chapiteaux où sont installées boissons et caisse de soutien, il y a aussi moult représentants de partis politiques progressistes venus apporter leur pierre à l’édifice, tels que des militants de la France Insoumise, l’élu marseillais Hervé Street (Debout !) ou encore Charles Hoareau pour l’ANC. Preuve que la lutte des grévistes reçoit un soutien quasi unanime dans la cité phocéenne.

    Marseille-Uzès

    même combat

    « Nous sommes en soutien avec les travailleurs qui luttent. Les salariés demandent une augmentation de salaire, ils ne demandent pas la lune mais un juste retour pour leur travail. Ils ne demandent pas la charité, leurs revendications sont légitimes », développe, pour le PCF, Ibrahim Mze, le conseiller municipal à la Ville de Marseille. Il rejoint l’analyse : « Haribo engrange des bénéfices, son activité est plus que rentable, c’est normal que ses salariés demandent une augmentation… La position de la direction est indigne ! ».

    Le soutien reçu par les grévistes dépasse même le département puisqu’une délégation de leurs homologues de l’usine d’Uzès, dans le Gard, a fait le déplacement. « On a fait 12 jours de grève, en lançant le mouvement en même temps qu’à Marseille mais ça s’est essoufflé. Du coup, on fait une journée de grève chaque semaine pour venir soutenir les Marseillais », relate Guillaume Brante, délégué syndical central CGT. Ce dernier est pour le moins remonté contre sa direction : « Qu’ils ne nous parlent pas de dialogue social ! Il y en a pas. On n’a jamais vu ça chez Haribo : avant il y avait un esprit familial, maintenant ce n’est que le pognon ! ». En tout cas, pour l’heure et grâce à l’intelligence collective, les grévistes tiennent bon dans cette grève marathon.

  • Une cagnotte pour les grévistes d’Haribo

    Une cagnotte pour les grévistes d’Haribo

    Dans le combat de longue haleine des salariés d’Haribo, toujours en grève depuis plus de 6 semaines pour une revalorisation salariale, il y a des soutiens qui comptent. Et si les grévistes se réunissent ce jeudi pour une mobilisation devant le site marseillais à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO, du PCF 13 et de l’UD CGT 13, la solidarité envers leur mouvement social vient aussi d’internet et des réseaux sociaux. Car l’influente page Memes marseillais, suivie par plus de 120 000 personnes sur Instagram, et plutôt habituée à du contenu humoristique sur Marseille, a lancé, ce mardi soir, une cagnotte en ligne. Laquelle fait office de caisse de grève puisque reliée à la CGT Haribo, qui bénéficiera des fonds.

    « Même si on ne se considère pas vraiment comme des influenceurs, c’est notre rôle de nous positionner sur les sujets qui touchent notre ville. On avait déjà lancé une cagnotte pour les sinistrés de l’incendie de l’Estaque, l’année dernière », explique Noémie, alias Nono sur les réseaux sociaux, membre de la petite équipe derrière Memes marseillais.

    Une manière de participer à la lutte des salariés et de poursuivre la mise sous pression de la direction qui repousse les négociations au 28 septembre prochain (lire notre article du 5 août). « On veut faire passer le message que, tant qu’il n’y a pas de négociations, on ne parlera pas d’Haribo en bien », martèle Nono. L’initiative ne vient pas de nulle part puisqu’en lien avec le difficile dialogue social sur le site : « Le fait que la direction les laisse faire 6 semaines de grève, qu’elle soit aussi dure dans les négociations, alors qu’on parle d’une entreprise qui réalise des dizaines de millions de bénéfices, c’est scandaleux », dénonce Nono. Avant de rappeler le fond du sujet : « Ils demandent une augmentation de salaire en lien avec l’inflation ! Ils ne se mettent pas en grève pour le plaisir ! ».

    « Mettre de la visibilité sur le combat des salariés »

    Le lancement de cette cagnotte par une page de contenu humoristique peut surprendre certains mais il s’inscrit bien dans « les valeurs » défendues par cette dernière. « Haribo est une entreprise phare à Marseille, tout le monde la connaît mais elle doit avoir un devoir d’exemplarité. C’est en lien avec nos valeurs de mettre de la visibilité sur ce combat des salariés », développe Nono. Laquelle n’est d’ailleurs pas étrangère aux mouvements sociaux locaux : « Quand j’étais petite, j’avais suivi la grève de l’usine de thé à Gémenos [aujourd’hui devenue 1336 suite à reprise par les salariés en coopérative ndlr] depuis je n’achète que ce thé ». Le choix d’une cagnotte en ligne n’est pas anodin, tout comme celui de la plateforme qui l’accueille : « La cagnotte a un aspect communautaire : ça motive de voir que d’autres gens donnent, qu’il y a un objectif et Tribee est une plateforme éthique qui ne prend pas de commission ». En bref, de quoi redonner de la force aux salariés d’Haribo.

    *Retrouvez la cagnotte sur tribee.fr

  • Un dialogue social chez Haribo toujours aux fraises

    Un dialogue social chez Haribo toujours aux fraises

    « On est dans la sixième semaine de grève, la tension monte. Il faut que la direction réagisse. » Ce mardi, devant les grilles de l’usine marseillaise d’Haribo, Thierry Cambola, délégué syndical FO du site, ne cache pas son agacement.

    Le bras de fer se poursuit avec leur direction depuis plusieurs semaines pour une revalorisation salariale, le seul horizon qu’offrent les négociations est une rencontre au 28 septembre prochain (lire notre article du 31/07). « Le 28 septembre prochain c’est trop loin, c’est inacceptable. Ces négociations auraient pu, et dû, être finies en mars ! », commente, les dents serrées, le syndicaliste. Pas de quoi entamer la détermination des petites mains du géant de la sucrerie… Ni d’obtenir une trêve des confiseurs ou une suspension du mouvement. Devant le piquet de grève, Thierry Cambola assure que la colère des salariés est toujours vive : « On est plus d’une quinzaine de grévistes, ça tourne, et avec les personnes en congé, c’est pénalisant pour la production. L’usine tourne très peu, lundi par exemple ça n’a pas tourné. »

    Une grève

    qui coûte bonbon

    Olivier, également salarié de l’usine et syndiqué FO, confirme que la volonté est bien d’attaquer l’entreprise au portefeuille pour qu’elle revienne à la table des négociations le plus rapidement possible : « C’est de la perte pour eux, il n’y a presque pas de production, les machines démarrent tard, les camions partent à moitié vides. »

    Et l’intersyndicale CGT-FO compte augmenter encore la pression avec l’appel à une mobilisation, ce jeudi, en plus du piquet de grève quotidien. Les grévistes espèrent recevoir un soutien à la hauteur de leur mouvement social. Une délégation de leurs homologues du site d’Uzès, dans le Gard, est également prévue. La CGT de l’usine gardoise appelle d’ailleurs à une grève ce jour. « Il y a une solidarité, on se bat pour Haribo France, pas que pour Marseille mais bien pour tout le monde ! », martèle Olivier. Contactée, la direction d’Haribo explique rester « pleinement engagée en faveur d’un dialogue social constructif et d’une communication directe avec nos salariés ». Mais concrètement, elle renvoie seulement vers la fameuse réunion du 28 septembre.

  • Les salariés d’Haribo décidés à ne rien lâcher

    Les salariés d’Haribo décidés à ne rien lâcher

    « On est toujours lààà ! » Vers une sixième semaine de grève pour les salariés d’Haribo, qui occupent toujours, ce jeudi 30 juillet, le parvis de l’usine marseillaise. Pour assurer leur présence, plusieurs d’entre eux viennent même pendant leurs vacances. Une détermination sans faille après une nouvelle proposition, lundi, de la direction, jugée largement insuffisante par les organisations syndicales.

    « On réclame 100 euros de plus par mois et pour le moment rien n’a bougé, explique Sofia Calabria, déléguée CGT du site. à part une pseudo-proposition de passer de 0,9% à 1,5% [d’augmentation de salaire], mais les 0,6% supplémentaires seraient conditionnés à un rattrapage de nos cinq semaines de mobilisation. Ce n’est pas acceptable ».

    Car la production de bonbons pour la période d’Halloween, une des périodes de vente cruciale pour l’année, aurait dû démarrer fin juin, la grève ayant considérablement ralenti la production, estimée à 100 tonnes par jour. « Nous, on est dans l’embarras, mais ils le sont aussi, et ça, il ne faut pas l’oublier. C’est ce qui fait qu’on tient et qu’on va tenir », prévient Thierry Cambola, délégué syndical FO. Pour lui, il est pourtant urgent de « trouver un terrain d’entente », qui satisfasse l’intersyndicale.

    Avec 60% de grévistes, la dynamique reste forte, même au cœur de l’été. La veille, les salariés du site d’Uzès sont venus pour un barbecue de soutien, ainsi que l’Union départementale FO et des délégations interprofessionnelles de la CGT. Comme tous les jours, Fabien Trujillo, animateur régional pour la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, est là. « Ce n’est pas avec quelques miettes, et encore sous conditions, qu’on va régler les problèmes, analyse-t-il. On ne fait pas plus de cinq semaines de grève par hasard. C’est le paiement de la force de travail qui pose souci chez Haribo. » Il insiste : « Des salaires à 2 100 euros [bruts], ce n’est pas non plus la panacée, quand on voit ne serait-ce que le coût du logement à Marseille ».

    Un marché en croissance

    Surtout, la croissance du marché français de la friandise profite au groupe allemand, avec une marge nette de 8,2% en 2024 contre 6,7% l’année précédente, pour un résultat net de 32 millions d’euros. Le montant distribué à la famille Riegel, actionnaire exclusif, reste confidentiel. « Aujourd’hui, qui permet à ces actionnaires de s’engraisser ?, interroge Fabien Trujillo. C’est quand même les salariés et leur savoir-faire. »

    Les soutiens sont aussi politiques. Les élus marseillais du PCF, présents sur le site dès le 8 juillet, ont pris la plume pour réclamer la reprise des négociations. Le sénateur Jérémy Bacchi a également interpellé le préfet par courrier. On retrouve aussi Hervé Street, coordinateur régional de Debout ! Paca. « Haribo, c’est finalement pour les grands et pas les petits », ironise-t-il, prônant une obligation, « de par la loi, de redistribution des richesses des entreprises ».

    Dans un long communiqué, la direction estime pour sa part que les revendications syndicales et ses propositions « étaient trop éloignées pour permettre la conclusion d’un accord. » Pour elle, « il est important de prendre en compte l’ensemble du dispositif de rémunération ». Et de sortir la calculette : des augmentations qui, en 4 ans, « ont dépassé l’inflation cumulée de 1,3 point », une « rémunération annuelle moyenne d’un ouvrier de production supérieure de 24% à la moyenne nationale », « une progression automatique de 30% du salaire au cours des trente premières années d’ancienneté ». La direction l’assure, elle reste « pleinement [engagée] en faveur d’un dialogue social constructif (…) avec [ses] salariés », mais les renvoie à une réunion prévue le 28 septembre.

  • Avignon : la grève se poursuit au cloître Saint-Louis

    Avignon : la grève se poursuit au cloître Saint-Louis

    Les murs du cloître Saint-Louis, siège du In à Avignon, ont tremblé, ce mercredi 22 juillet, en plein Festival. Les grévistes de l’établissement hôtelier ont en effet donné de la voix pour rappeler la grève lancée le 3 juillet dernier.

    Une dizaine de salariés ont initié ce mouvement afin d’obtenir une amélioration de leurs conditions de travail. « En été, à la réception, il fait plus de 40 degrés. Et en hiver, il fait parfois 8 degrés. Ce n’est pas tenable », confie l’un d’entre eux. « Ce n’est que le début. On ne va rien lâcher », s’égosille, micro en main, Laetitia Pancuvilier, déléguée CGT.

    Les salariés réclament également une augmentation salariale de 5%. « Ils sont quasiment tous tout en bas de la grille salariale. Il faut qu’ils soient augmentés à la hauteur de leurs efforts », demande Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT Avignon. Une dizaine de personnes, soit près de la moitié des employés d’après le syndicat, débrayent plusieurs jours par semaine « car cela nous coûte cher », rappellent-ils. Sans oublier la fermeture annoncée d’un ou deux sites pour des travaux. Période durant laquelle une perte de rémunération de 28% est prévue.

    Appel à la direction

    Des « Direction démission ! » ont fusé pendant plus d’une heure dans l’enceinte de l’établissement, où se promènent quelques festivaliers curieux. Car le dialogue entre les représentants syndicaux et la direction est quasiment au point mort. « On est là et on restera jusqu’au bout ! Sortez pour venir nous parler », lance Laetitia Pancuvilier. Peine perdue. La direction n’a également pas répondu aux sollicitations de La Marseillaise. « Bientôt trois semaines de conflit, mais il n’est pas trop tard pour arrêter l’hémorragie. Nous ne lâcherons pas. Vous serez tenus responsables de toutes les conséquences que le mouvement aura sur vos équipes », insiste l’Union locale du syndicat. Un autre employé évoque un « pseudo-dialogue » qui n’en est pas un. « Il y a même une forme de discrimination mise en place. Comme des pauses où on nous laisse seuls ou des moments sans nous », glisse-t-il.

    Les soutiens se multiplient et les modalités de poursuite de la mobilisation sont actuellement en discussion. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, s’était rendue sur place il y a une semaine.

  • La direction de Haribo reste intraitable, la grève reconduite

    La direction de Haribo reste intraitable, la grève reconduite

    « On lâche rien, on monte dans les bureaux ! » De bon matin devant l’usine Haribo, boulevard Capitaine-Gèze (14e), les salariés sont de nouveau mobilisés, ce lundi 20 juillet. Au cœur de leurs revendications depuis près d’un mois, des augmentations de salaire de 100 euros brut mensuels pour suivre l’inflation dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires) et être raccord avec les résultats de l’entreprise. À savoir un chiffre d’affaires établi à 388 millions d’euros, pour un résultat net de 32 millions en 2024.

    Une rencontre prévue ce jour-là avec la direction a motivé les troupes. Le délégué syndical central CGT chez Haribo, Guillaume Brante, a fait le déplacement depuis Uzès dans le Gard, le deuxième site du fabricant de bonbons en France. À l’appel de l’Union départementale CGT 13, des employés CGT de la boulangerie, des retraités de La Poste ou encore des membres de l’Union locale CGT de la Joliette ont fait le déplacement en soutien. « C’est inacceptable ! », s’indignent Martine, Danielle et Corinne, retraitées des services postaux, « les bonbons ça marche à fond, il n’y a pas de raison de ne pas prendre sur les bénéfices pour payer les salaires, d’autant que Haribo a besoin des travailleurs ».

    Encore une réunion

    qui achoppe

    Juliette, vendeuse à Decathlon Bouc-Bel-Air, syndiquée CGT, n’a pas hésité non plus à faire le déplacement avant d’aller travailler. « La question du pouvoir d’achat et des salaires qui ne suivent pas, on sait bien ce que c’est », explique-t-elle. La jeune femme s’était mobilisée, début juin, pour dénoncer une situation identique, avec un employeur qui engrange les bénéfices, reversant près d’un milliard d’euros de dividendes, fin 2024, aux 1 000 membres de la famille Mulliez, propriétaire du groupe. Sa présence ici, c’est aussi « prendre la mesure de notre force collective » dont elle rendra compte à ses collègues dans la foulée.

    Mais après une heure et demie de réunion, c’est la douche froide. « On nous a dit que les NAO étaient terminées, ils sont arrivés sans proposition et nous ont donné rendez-vous le 28 septembre », racontent Marc Mansano, délégué syndical CGT sur le site de Marseille, et Guillaume Brante. « On passe à la phase 3, qu’ils s’expliquent devant les salariés maintenant », exhorte Thierry Cambola, délégué syndical FO. Concrètement, les grévistes ont investi l’administration. La direction organisera finalement une réunion convoquant tous les salariés présents dans l’usine, à la cantine, sans convaincre. « On va adapter notre stratégie », promet le délégué central CGT. La reconduite de la grève sera votée à l’unanimité dans l’après-midi. Il faut dire que le moment est crucial : c’est en juillet et août qu’est lancée la production des bonbons pour Halloween.

    Contactée, la direction d’Haribo n’a pu donner suite à nos sollicitations.