Tag: Grève du 29 septembre

  • Pas de démocratie sans service public

    Pas de démocratie sans service public

    Quelque six millions de travailleurs exercent un métier dans les services publics. Le statut des fonctionnaires a été créé par une loi, datée du 19 octobre 1946, sous l’impulsion du ministre d’État communiste, Maurice Thorez. L’objectif était de refonder la fonction publique pourrie par la collaboration et de garantir l’indépendance des agents en leur assurant un statut solide, garant de l’intérêt général. Moins de 40 ans plus tard, au début des années 1980, un autre ministre communiste, Anicet le Pors, va encore creuser le sillon pour faire franchir aux travailleurs des services publics une étape historique. Les trois versants de la fonction publique vont être créés : d’État, des collectivités territoriales et de l’hôpital.

    Attaques

    Depuis, les gouvernements de droite successifs ont tenté de démolir un pilier essentiel de la démocratie Par méchanceté ? Bien sûr que non. Par idéologie. Car financer des services publics solides par l’impôt et rémunérer correctement les agents publics c’est préserver des secteurs essentiels, des droits fondamentaux comme l’éducation, la santé, la sécurité. C’est permettre à tous les citoyens, quelle que soit leur classe sociale, d’avoir accès à ces biens communs essentiels. Avec son statut, la fonction publique en France est aussi la moins corrompue de la planète. Les possédants n’ont que faire de cette visée. Les défenseurs d’un État strictement « régalien » (ordre et ordre), laissant au privé la main sur tous les aspects de la vie sociale et économique, mènent une guerre contre les fonctionnaires.

    La crise démocratique va de pair avec le délitement de nos services publics, les seuls à même de garantir l’égalité entre les citoyens et les territoires.

    En faisant grève le 29 septembre, les fonctionnaires tirent aussi cette sonnette d’alarme.

  • [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    [Prix des carburants] « Se déplacer est un droit essentiel », selon les syndicats

    « Il faut bloquer les prix des carburants tout de suite, mais aussi créer les conditions pour que ces guerres s’arrêtent, sans quoi ce sera sans fin », prévient Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’Union départementale CGT. « Augmenter les salaires n’est plus non plus une option », insiste-t-il. Et de poursuivre : « On ne peut pas continuer. Les gens n’arrivent plus à se loger, à se nourrir, à se vêtir. Et maintenant, avec le prix de l’essence, ils doivent payer pour aller travailler. »

    Même son de cloche pour Alain Tournay (FSU) qui souligne que la hausse du prix des carburants vient se lier au gel du point d’indice. « Pendant que les agents des services publics s’appauvrissent, les prix continuent de monter », dénonce-t-il, en constatant que « tout augmente, sauf nos salaires ». Et de préciser : « Nous sommes bien évidemment pour le blocage des prix des carburants, et taxer les super profits, pour pouvoir récupérer l’argent là où il est. » Mais aussi, tout aussi clairement, pour l’augmentation des salaires.

    Le responsable syndical rappelant que 860 000 agents de la fonction publique aujourd’hui sont sous le seuil de pauvreté. La communauté éducative n’étant pas épargnée par l’hécatombe, en particulier, insiste-t-il, « les AESH qui démarre à 900 euros et qui terminent, au bout de 30 ans de carrière, à 1 100 euros ». Des personnels amenés à accompagner des élèves dans plusieurs établissements étant plus que concernées par l’explosion des prix. « Se déplacer est un besoin essentiel, comme se nourrir et se loger », conclut-il.

    Blocage des prix

    « Ce que l’on demande, renchérit Zoé Desmoulins (Solidaires), c’est une augmentation des salaires avec une indexation de ces salaires sur l’inflation, et un blocage des prix du carburant. » La militante insistant sur l’urgence qu’il y a à sortir les prix de l’énergie du marché spéculatif.

    Sur les moyens dont dispose le gouvernement, la syndicaliste rappelle entre autres que Total, sur le premier trimestre 2026 a réalisé 5 milliards de bénéfices. Pas question donc de laisser les actionnaires s’enrichir sur le dos de la population.

    « Depuis 25 ans, les fonctionnaires ont perdu 30% de pouvoir d’achat », insiste Marc Dalmasso, le secrétaire départemental de la CFDT. « Donc, au-delà des conditions de travail, du sous-effectif chronique, et des politiques publiques hostiles aux fonctions publiques qui les stigmatisent, on a un véritable problème de pouvoir d’achat », tempête-t-il.

    Pas question pour autant de nier les contraintes budgétaires, assure le syndicaliste. Et d’ajouter : « On ne peut pas se satisfaire d’une dette publique à 120% du PIB, qui va monter à 122% en 2027. Par contre, de l’argent, il y en a, alors il faut arrêter de taper toujours sur les mêmes. »

    L’occasion aussi de mettre en avant l’obligation parfois pour se loger décemment, pénurie oblige, de s’éloigner de 20, 30, voire 50 km de son lieu de travail. Une double peine depuis l’explosion des prix à la pompe.

    « Les fonctionnaires ne doivent pas travailler pour survivre. Ils doivent travailler pour vivre », dénonce Sophie Dégeilh, secrétaire générale adjointe de l’UD FO du Var. « À présent ça suffit de taper toujours sur les fonctionnaires, sur les salariés, les retraités, les jeunes et les chômeurs », conclut-elle en appelant à une mobilisation massive le 29 septembre.

    Un refus qui va s’exprimer mardi prochain dans l’unité.