Tag: grève de la faim

  • Action contre les ruptures de l’Allocation adulte handicapé

    Action contre les ruptures de l’Allocation adulte handicapé

    « Depuis la fin du mois de mars, je n’ai plus aucun revenu. » Cela fait quinze jours qu’Ayoub Obad est en grève de la faim pour dénoncer les retards dans le renouvellement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Depuis, il est tous les jours devant la Maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône, en charge de cette aide. « Je voulais montrer concrètement comment des blocages administratifs et des dysfonctionnements internes ont des répercussions sur l’accès aux droits et aux ressources pour pouvoir juste se nourrir. »

    Autiste, Ayoub Obad perçoit cette aide depuis 2018. Après avoir travaillé dans le monde culturel en tant qu’auto-entrepreneur, il fait un gros burn-out et est contraint d’arrêter. « Le souci, c’est que mon handicap est invisible et donc les gens me faisaient confiance et me déléguaient beaucoup de choses. » L’AAH devient alors son unique revenu, ne pouvant plus travailler.

    Une aide qu’il doit renouveler tous les deux ans. « J’ai déposé mon dossier de renouvellement en décembre, alors que mes droits se terminaient fin mars. C’est un peu court car le délai est de quatre mois, mais j’avais eu des problèmes de santé », explique le trentenaire. Malgré un dossier classé urgent depuis le mois d’avril et des relances répétées, les aides n’ont toujours pas été versées.

    70 euros pour le mois

    Face à cette rupture de droit, il tente de demander le RSA qui lui est refusé car calculé sur les trois derniers mois où il touchait encore l’AAH. Depuis il ne vit donc qu’avec ses aides pour le logement (APL). « Je ne peux plus payer mon loyer, car mes APL me permettent juste de couvrir mes factures mensuelles. Et une fois que cela est payé il me reste 70 euros pour le mois », se désole Ayoub Obad.

    Pour le jeune homme, cette situation relève plus de la règle que de l’exception. « Je fais cela pour rendre visibles les retards systémiques dans les demandes et renouvellements de cette aide. » En mai 2025, le collectif Les dévalideuses dénonçaient déjà des délais rallongés dans les MDPH par rapport aux 4 mois prévus dans la loi. Des retards qui entraînent la précarisation de personnes étant déjà en situation de vulnérabilité à cause d’une société qui ne s’adapte pas.

    Contactée, la MDPH 13 affirme « suivre la situation avec attention et l’avoir reçu à plusieurs reprises ». Le retard serait notamment dû à un dépôt tardif et « la réception en retard de pièces indispensables de la part de partenaires ». Le dossier à présent complet, elle affirme mettre tout en œuvre pour qu’il perçoive au plus vite ses aides.

  • [Entretien] Pat Sheehan : « Des similitudes existent entre l’Irlande et la Palestine »

    [Entretien] Pat Sheehan : « Des similitudes existent entre l’Irlande et la Palestine »

    La Marseillaise : 45 ans après la mort de Bobby Sands en détention lors des grèves de la faim de 1981, vous continuez à perpétuer sa mémoire. Pourquoi est-ce important ?

    Pat Sheehan : Les Républicains irlandais ont une longue tradition de garder vivant le souvenir des héros de cette lutte. Il n’y a pas de héros plus grands dans notre génération que les dix hommes qui sont morts durant cette grève de la faim. Le gouvernement britannique avait mis en place une stratégie de criminalisation. Ils voulaient dépeindre notre lutte ici, en Irlande, comme une espèce de conspiration criminelle et voyaient les prisonniers comme le maillon faible de notre mouvement. Avant l’élection de Bobby Sands en tant que député, la Première ministre britannique de l’époque, Margaret Thatcher, disait que les prisonniers n’avaient pas de soutien et que l’IRA non plus. Ce qu’ils n’ont pas pris en compte dans leur raisonnement c’est qu’il y a une tradition, depuis des siècles, des prisonniers irlandais qui résistent à n’importe quel effort pour les criminaliser. Avant Bobby Sands, le prisonnier politique le plus connu à être mort en détention c’est Terence MacSwiney en 1920, il était le maire de Cork. Il est décédé alors qu’il était emprisonné en Angleterre à l’issue de 74 jours en grève de la faim. En avril 1981, Bobby Sands a été élu comme membre du Parlement du Royaume-Uni et le Sinn Féin n’a fait que se renforcer. Après la mort des dix grévistes, leur sacrifice et leur courage ont inspiré des milliers de jeunes à s’impliquer dans notre lutte. Le but de la criminalisation, c’était d’isoler et de marginaliser les Républicains. L’exact opposé est arrivé. Nous sommes désormais le plus grand parti dans le Nord et la première force d’opposition dans le Sud.

    Le Sinn Féin vise la tenue d’un référendum pour l’unité de l’Irlande d’ici 2030. Comment y parvenir ?

    P. S. : Nous souhaitons faire pression sur le plan politique. L’accord de paix de 1998, Accord du Vendredi saint, prévoit la possibilité d’un référendum sur notre unité. Les critères qui devaient être remplis avant que ce référendum ne soit mis en place ne sont pas clairement stipulés. C’est une des demandes que nous formulons au gouvernement britannique, même si nous pensons que Dublin doit tenir le rôle principal dans tout cela.

    Quels sont les liens entre votre lutte et celle du peuple palestinien ?

    P. S. : Notre relation avec les Palestiniens date de plusieurs décennies, depuis les années 1970, quand nous avions une relation avec l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). La solidarité existe dans la similitude des situations. Même si l’Irlande se trouve à la périphérie de l’Europe occidentale, que nous avons la peau blanche et sommes une société supposément chrétienne, c’est la première des colonies britanniques. Une partie de notre pays est toujours sous contrôle, sous occupation britannique. Nous avons connu une situation similaire avec les colons, lorsque les natifs irlandais ont été chassés de leurs terres qui ont ensuite été attribuées à des fidèles à la Couronne. Des centaines d’années plus tard, cette situation persiste. Économiquement, ceux qui sont loyaux à la Couronne ont un plus grand pouvoir économique. Nous sommes à différents stades de lutte et de colonisation mais les similitudes qui existent entre l’Irlande et la Palestine sont très claires. Si vous analysez les deux luttes à travers un prisme de colonialisme et d’impérialisme, vous les verrez clairement. C’est un partage d’expériences et de souffrance. Nous continuons de rester en contact avec tous les principaux organismes politiques palestiniens. C’est pour cela que nous participons à la campagne pour la libération de Marwan Barghouti dont le fils a pris la parole lors de notre dernier Congrès.

    *La conférence se tiendra samedi à 14h à LaboFriche (3e)

    Un conflit à la Une

    La mort du militant irlandais de l’IRA en détention eut un retentissement mondial. Le 7 mai 1981, « La Marseillaise » titrait « Ils ont assassiné Bobby Sands », dénonçant la responsabilité du gouvernement britannique alors dirigé par Margaret Thatcher. Les jours suivants, le journal rendait compte des manifestations organisées à Marseille en solidarité avec le peuple irlandais.

  • Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    « Je suis prêt à dormir là », Mohammed Benmeddour, éducateur au sein de l’association Apis, a entamé, comme annoncé, sa grève de la faim ce mercredi 21 janvier. Il campe devant la préfecture avec Kaïs, 19 ans, tout juste sorti de prison et qui n’a nulle part où aller. Mohammed l’a récupéré à proximité d’un point de deal. « Je m’étais fait mon squat dans un bâtiment abandonné, un lit avec des couvertures, mais l’eau elle sort orange des tuyaux et il n’y a pas d’électricité », raconte Kaïs. Il est allé à France Travail affirme-t-il mais on ne l’a pas rappelé.

    Après avoir interpellé Emmanuel Macron lors de sa venue à Marseille le 16 décembre puis le ministre du logement la semaine dernière sur le manque de moyens mis dans la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans le narcotrafic, sans succès, Mohammed réclame un dispositif d’urgence pour « ces jeunes qui veulent s’en sortir ».

    La préfète à l’écoute

    Interrogée, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, assure avoir fait le nécessaire. « M. Benmeddour a contacté la préfecture de police la semaine dernière, on a regardé ce que l’on pouvait faire. Ce jeune homme est suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Aucun retard n’a été pris dans la prise en charge », précise-t-elle ajoutant qu’une place a été trouvée en centre d’hébergement. Et d’ajouter que la préfecture a « fait le lien » entre France Travail et la mission locale. Mais pour Mohammed, la place trouvée ne correspond pas au profil du jeune homme…

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».