Tag: gouvernance

  • Geoffroy Roux de Bézieux nommé président du Comité d’organisation des JO 2030

    Geoffroy Roux de Bézieux nommé président du Comité d’organisation des JO 2030

    Geoffroy Roux de Bézieux a été nommé président du Comité d’organisation d’Alpes 2030 ce jeudi par le bureau exécutif du Cojop (constitué de la ministre des Sports Marina Ferrari, Fabrice Pannekoucke pour Auvergne-Rhône-Alpes, Renaud Muselier pour Provence-Alpes-Côte d’Azur, la présidente du comité national olympique Amélie Oudéa-Castéra, la présidente du comité paralympique Marie-Amélie Le Fur, et l’ancien Premier ministre Michel Barnier).

    Ex-patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux avait déjà un pied dans le comité d’organisation des Jeux, puisqu’il est depuis avril président du comité des rémunérations. Il prend la suite d’Edgar Grospiron, qui avait démissionné le 10 septembre suite à une grave crise de gouvernance, et de Vincent Roberti, qui avait assuré l’intérim. À un peu plus de trois ans de l’évènement sportif, le chef d’entreprise devra faire basculer les JO dans leur phase opérationnelle tout en gérant la crise interne.

  • [Passerelle Interculturelle] Préserver le multilatéralismeet accélérer l’action climatique

    [Passerelle Interculturelle] Préserver le multilatéralismeet accélérer l’action climatique

    Cette rencontre a réuni des responsables politiques, des négociateurs et des experts du climat venus de plus de vingt pays, afin de réfléchir à l’avenir de la coopération climatique internationale. Ce dialogue est coprésidé par Xie Zhenhua, ancien envoyé spécial de la Chine pour le changement climatique, et Laurence Tubiana, ancienne ambassadrice française chargée des négociations climatiques et l’une des principales architectes de l’Accord de Paris.

    Dans son discours d’ouverture, Xie Zhenhua est revenu sur les progrès significatifs réalisés en matière de gouvernance climatique mondiale et de transition verte et bas carbone depuis l’adoption de l’Accord de Paris. Il a souligné l’importance de défendre le multilatéralisme et le principe d’équité, de promouvoir une concurrence saine et une coopération pragmatique, ainsi que de concilier les impératifs du développement et les besoins des populations, tout en maintenant un dialogue franc et ouvert. Il a affirmé que, malgré les multiples défis, la Chine resterait fermement engagée dans la lutte contre le changement climatique et ne modifierait ni sa détermination stratégique ni ses objectifs de pic des émissions de carbone et de neutralité carbone.

    Dix ans après son entrée en vigueur, l’Accord de Paris reste le principal cadre international de lutte contre le changement climatique. Mais sa mise en œuvre se heurte à de nombreux obstacles : tensions géopolitiques, difficultés de financement et divergences entre pays développés et pays en développement.

    Pour les participants, la priorité est donc de préserver les acquis de cet accord historique, tout en accélérant la transformation des engagements politiques en actions concrètes.

    Échanges libres

    Les discussions ont notamment porté sur la transition énergétique, l’électrification des économies, le financement climatique et le soutien aux pays les plus vulnérables.

    Autre enjeu majeur : préparer la COP31, prévue en novembre en Turquie. Cette rencontre informelle a permis aux différents acteurs d’échanger librement sur leurs priorités, d’identifier les points de convergence et de réfléchir aux conditions nécessaires à la réussite de la prochaine conférence mondiale sur le climat.

    La coopération entre la Chine et l’Europe a également occupé une place importante dans les discussions. Face à l’ampleur des défis climatiques, le dialogue et la coopération technologique restent essentiels pour accélérer la transition écologique à l’échelle mondiale.

    Créé en 2019, le Dialogue de haut niveau des Amis de l’Accord de Paris est une plateforme informelle d’échanges sur la gouvernance climatique mondiale, organisée conjointement par l’Université Tsinghua et la Fondation européenne pour le climat. Il réunit chaque année des responsables politiques, des négociateurs et des experts internationaux. Contrairement aux négociations officielles, ce dialogue privilégie des échanges libres et approfondis, permettant de rapprocher les positions, de renforcer la confiance et de contribuer à la recherche de consensus sur les grands enjeux climatiques.

  • Le centre hospitalier d’Avignon retrouve finalement sa certification

    Le centre hospitalier d’Avignon retrouve finalement sa certification

    Après deux ans sans être certifié par la Haute Autorité de santé (HAS), le centre hospitalier Henri-Duffaut d’Avignon retrouve sa certification, assortie d’une mention « Haute qualité des soins », pour une durée de quatre ans.

    Pour rappel, celle-ci avait été perdue en 2024, la HAS ayant jugé à l’époque « la qualité des soins insuffisante ». Contactée par La Marseillaise, la direction de l’hôpital n’a pas donné suite. Mais sur son site internet, il est précisé que le rapport est issu de l’analyse de huit experts-visiteurs mandatés par la HAS. Ceux-ci ont conduit 76 évaluations de terrain pendant lesquelles ils ont rencontré des patients, analysé 22 prises en charge, suivi 15 parcours de soins, évalué 24 pratiques à risque et échangé avec 15 équipes de professionnels, ainsi qu’avec la gouvernance de l’établissement, l’encadrement et les représentants des usagers.

    Trois axes sont ainsi examinés par l’organisme. En premier lieu, le patient et sa prise en charge obtiennent une note de 94/100. La HAS cherchait là à voir si les « droits sont respectés, son engagement recherché, ses besoins, attentes et préférences pris en compte ». Est souligné, par exemple, que « les patients soulignent l’attention portée par les professionnels pour assurer le respect de leur intimité et dignité ». Concernant les équipes de soins, sujet épineux au vu des mobilisations du corps médical de l’établissement ces dernières années, notamment au bloc opératoire, la note obtenue est de 96/100. La HAS estimant, par exemple, que « la culture de la pertinence et de l’évaluation est diffusée au sein des équipes ». Enfin, le dernier axe évalue l’établissement lui-même et sa gouvernance, à savoir la direction et la conférence médicale d’établissement. Ce chapitre obtient également la note de 96/100.

    Reconnaissance du travail

    Sur son site, le CH d’Avignon se réjouit ainsi d’avoir « su répondre collectivement aux exigences renforcées du nouveau référentiel et obtenir le niveau “Qualité des soins confirmée“ ». Et assure que « ce résultat témoigne de l’engagement constant de l’ensemble des professionnels et de la mobilisation collective en faveur de la qualité et de la sécurité des soins. Il vient reconnaître le travail engagé au cours des dernières années et confirme la volonté de l’établissement de poursuivre durablement sa démarche d’amélioration continue, au service des patients et de la qualité des prises en charge ».

    Contactée, la CGT de l’hôpital, par le biais de son secrétaire Patrick Bourdillon, se félicite de cette certification. Mais regrette que la direction « n’ait pas tenu ses promesses de faire des efforts et de maintenir ses effectifs suite au passage de la HAS ». « Au lieu d’une prime pour récompenser les agents après des mois d’efforts, elle préfère supprimer des postes et mutualiser des brancards », poursuit le syndicat, évoquant une externalisation du nettoyage.

  • [Entretien] Rémi Nicolas : « Nous voulons ouvrir une nouvelle histoire pour l’Agglo »

    [Entretien] Rémi Nicolas : « Nous voulons ouvrir une nouvelle histoire pour l’Agglo »

    La Marseillaise : Vous avez beaucoup œuvré à la constitution de la majorité autour de Vincent Bouget. Quel est aujourd’hui votre rôle ?

    Rémi Nicolas : J’ai œuvré pour constituer ce que j’appelle une « majorité de territoire », autour d’un projet le plus large possible et rassemblant le plus de maires. L’objectif était d’éviter une agglomération en opposition avec sa ville-centre, qui représente plus de la moitié de la population et des richesses de Nîmes Métropole. Aujourd’hui, comme premier vice-président, je suis effectivement « au cœur du réacteur » : je suis quasiment quotidiennement en relation avec Vincent Bouget et son cabinet et je ne suis pas limité à ma délégation. Je ressens aussi chez le président une volonté de travailler de manière plus collective qu’auparavant.

    Qu’est-ce qui a changé
    dans la manière de gouverner par rapport au précédent mandat
     ?

    R.N. : On est encore au début de la mandature et Vincent Bouget est toujours dans un temps d’inventaire, nécessaire pour s’approprier tous les dossiers. Mais le ressenti que j’ai, c’est une volonté d’associer le plus grand nombre et de travailler de manière plus collective qu’on ne pouvait le faire auparavant. Il y a aussi cette volonté de construire un projet politique en concertation avec les élus, la population et nos partenaires. Le constat que l’on fait, c’est aussi que beaucoup d’habitants connaissent mal l’Agglo et ses missions. Fin 2026 ou début 2027, nous allons donc lancer un grand travail autour du projet de territoire à l’horizon 2040, avec l’objectif d’aller à la rencontre des habitants, de mieux leur faire connaître les compétences de Nîmes Métropole et de recueillir leurs attentes. Cela doit permettre de poser la question de l’évolution de nos compétences. Je pense, par exemple, à la petite enfance ou à la restauration.

    Magna Porta est l’un des grands dossiers hérités. Que voulez-vous en faire ?

    R.N. : Aujourd’hui, le projet porte sur 60 hectares. Mais pour aménager cette surface, on nous demande plus de 400 hectares de compensation : ce n’est pas possible. Notre objectif est donc de sortir environ 20 hectares à l’échelle du mandat. Il faudra probablement faire évoluer le projet. Jusqu’ici, on imaginait uniquement de l’activité économique ; pour trouver un équilibre, il faudra peut-être aller vers une zone mixte, avec du logement et de l’activité. Je suis élu communautaire depuis 2014 et depuis 2014 j’entends parler de Magna Porta. L’objectif, c’est qu’enfin une partie du projet sorte et que le serpent de mer ne serpente plus.

    L’aéroport de Nîmes-Garons est lui aussi en pleine remise à plat. Quel avenir lui voyez-vous ?

    R.N. : Les ambitions du délégataire autour de 400 000 voyageurs par an sont aujourd’hui inatteignables. Le rêve économique vendu autrefois autour de ce chiffre s’écroule. La DSP arrive à échéance en 2028 : il faudra alors regarder si, avec environ 258 000 voyageurs par an, le trafic commercial peut trouver un équilibre économique. Mais l’avenir de l’aéroport ne repose pas sur les lignes commerciales. Il peut vivre sans elles. La clé, c’est la Sécurité civile et notre ambition de faire de Nîmes-Garons la base française, voire un hub européen, autour duquel on peut développer une industrie aéronautique. Aujourd’hui, avec Ryanair comme mono-opérateur, l’Agglo n’a quasiment aucune maîtrise sur les destinations. Nîmes ne peut pas prétendre concurrencer Montpellier ou Marseille.

    Cette majorité très large peut-elle tenir lorsqu’arriveront les grands arbitrages ?

    R.N. : Je le crois, parce que la manière dont fonctionne Vincent Bouget consiste justement à éviter qu’un désaccord majeur apparaisse. Rien ne se construit contre les 39 maires, et c’est aussi ce qui fait la particularité de ce mandat. Il peut y avoir des oppositions ponctuelles, éventuellement un maire qui quitte la majorité, mais je ne crois pas à une majorité qui vacille. Nous sommes réunis autour d’une vision de territoire et d’un projet commun. Et nous avons aussi une opposition RN qui, par son attitude et ses postures au conseil communautaire, nous rassemble et nous renforce. Une Agglo, c’est une collectivité de construction à plusieurs, même quand certains essaient de court-circuiter le processus ou de faire de l’hémicycle une simple tribune politique. Et c’est bien ce que nous comptons faire, afin d’ouvrir une nouvelle histoire pour l’Agglo, qui ne soit plus uniquement construite autour de la ville de Nîmes, mais à l’échelle des 39 communes.

  • Nîmes Olympique : leader sur le terrain, divisé en coulisses

    Nîmes Olympique : leader sur le terrain, divisé en coulisses

    Samedi 19 septembre au soir, à Saint-Symphorien-sur-Coise, les Crocos ont encore gagné. Un succès 3-1 chez Haut Lyonnais, le cinquième en autant de journées, et un fauteuil de leader solidement accroché. Sur le terrain, Nîmes Olympique ne pouvait rêver meilleur départ, le meilleur même depuis 1949-1950. Dans les bureaux, le décor est autrement moins réjouissant.

    Ce décalage a pris une dimension très concrète le 14 septembre. Ce jour-là, le président de l’Association Nîmes Olympique, Yannick Liron, a annoncé 630 000 euros de déficit sur l’exercice 2025-2026 : 500 000 euros pour la société Nîmes Olympique Ensemble de Thierry Cenatiempo et 130 000 euros pour l’Association. « Il faut qu’on se mette tous autour de la table et qu’on arrête ce cirque. Il faut siffler la fin de la partie », a-t-il lancé en conférence. Car derrière le trou comptable se cache surtout un profond désaccord sur la manière de solder la saison passée.

    SAS et Association se réclament mutuellement de l’argent. En cause, des refacturations de prestations, de billetterie, de mise à disposition d’infrastructures et surtout la répartition des dépenses liées aux Antonins et à la Bastide. La Ville avait versé 1,1 million d’euros à l’Association lors du sauvetage, mais près de 960 000 euros ont été absorbés par les deux équipements la saison dernière, selon Yannick Liron. En parallèle, environ 100 000 euros de recettes de mécénat et de partenariat promises n’ont jamais été concrétisées. Le montage construit dans l’urgence à l’été 2025 montre aujourd’hui ses coutures.

    « Ce sont des problèmes de personnes »

    L’été avait déjà donné le ton. Début août, Thierry Cenatiempo refusait de signer les conventions d’occupation des Antonins et de la Bastide, jugeant trop élevés les loyers proposés par la nouvelle municipalité. Le bras de fer se doublait alors d’un autre sujet sensible : la fan zone extérieure, où de la bière était vendue, avait été recalée par la préfecture, menaçant une source de recettes pour le club. Après quelques jours de négociations, un compromis était trouvé : 10 000 euros par match aux Antonins et 25 000 euros pour la Bastide, tandis que les buvettes et animations étaient réorganisées à l’intérieur du stade. Un épisode réglé, mais révélateur d’un club où chaque ligne comptable est devenue sensible.

    À l’intérieur aussi, l’équilibre se fragilise. Émiliano Marcos et Philippe Gas, deux entrepreneurs qui avaient participé au sauvetage de 2025 avant de s’éloigner de Thierry Cenatiempo, ont rejoint le conseil d’administration de l’Association. Ils assument désormais vouloir bâtir un « plan B », renforcer la formation locale et mobiliser les entreprises du territoire. Leur autre objectif est symbolique : permettre à l’Association de récupérer avant la fin de l’année la marque Nîmes Olympique, toujours détenue par Rani Assaf. De son côté, Thierry Cenatiempo affiche sa sérénité. Une ouverture de capital doit faire entrer notamment Kevin Denkey et un entrepreneur américain pour environ 700 000 euros, avec d’autres investisseurs annoncés. Le président assure que le dossier a avancé à « 80% », tout en précisant que ces nouveaux fonds n’ont pas vocation à éponger le déficit passé.

    Mais l’échéance est proche. Les comptes doivent être arrêtés avant le passage devant la DNCG fin octobre. L’Association, elle, ne peut pas présenter un exercice déficitaire. « Ce sont des problèmes de personnes. Les personnes, il faut qu’elles se rencontrent et qu’elles parlent », résume l’adjoint aux Sports Bruno Ferrier, alors que la Ville se dit prête à jouer les médiateurs. Le NO gagne de nouveau le samedi. Reste à savoir s’il saura aussi faire équipe le reste de la semaine.

  • [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    La Marseillaise : De nombreux Marseillais et militants associatifs sont choqués par la destruction par les services de la Ville d’une quarantaine d’arbres de haute tige dans la pinède du parc Bonneveine. Comment est-ce possible dans un projet qui vise à renaturer un parc public ?

    Hervé Menchon : Je suis triste et très en colère et je comprends et je ressens l’émotion des gens et des associations. C’est très dur aujourd’hui, en période de canicule, avec ce que l’on sait du dérèglement climatique et de ce qui nous attend. Après, je n’ai pas été impliqué dans ce dossier que je n’ai pas piloté. C’est un parc qui est labellisé EcoJardin et qui impliqué dans le programme « Territoires Engagés pour la Nature » et sur lequel j’attendais justement des réponses de mes services. Aujourd’hui, demain, rien ne sera équivalent à la protection et au maintien des arbres matures qui existent. Ce qui s’est passé, ce n’est juste pas possible ! 2050, c’est dans 24 ans. Les arbres qu’on plantera aujourd’hui n’apporteront jamais la même ombre, la même fraîcheur et ne seront jamais le même habitat que ceux qu’on a abattus. On mettra des décennies à récupérer la continuité écologique qu’apportaient ces arbres. On a détruit une canopée et au-delà un stockage carbone qui freine le dérèglement climatique.

    Au-delà du décompte des arbres abattus, c’est aussi la méthodologie de travail au sein d’une mairie à composante écologique qui est questionnée selon vous ?

    H. M. : Un arbre, c’est un monde. Il n’y a pas une espèce protégée et d’autres espèces qu’on pourrait détruire. Pas aujourd’hui, pas au XXIe siècle. On ne peut pas réfléchir comme ça alors qu’on est en train d’essayer de construire une planète vivable en 2050 et que se pose la question de l’habitabilité de la ville de Marseille en 2050. Ce qui s’est passé est digne de la politique agricole du XIXe siècle ou du productivisme du XXe siècle. On est ailleurs là, on est dans l’espace. On ne peut faire du génie contre la nature. Ça n’existe pas ! On doit faire alliance avec la nature, dès aujourd’hui, partout à Marseille, sur terre, en mer, en ville et pas seulement dans les parcs et jardins. La biodiversité, c’est ça. J’ai une «division» biodiversité, mais qui n’est même pas une direction biodiversité, et qui ne s’occupe pas des parcs et jardins. Je ne peux pas travailler avec ces outils-là aujourd’hui.

    En tant qu’écologiste engagé, je me suis battu pour sauver les 16 arbres du square Lévy, pour sauver la pinède du Roy d’Espagne, les jardins Joseph-Aiguier, le parc de la Mathilde. Je viens de là, moi et je ne cautionnerai jamais l’abattage de 30 à 40 arbres ! Il existe d’autres solutions que l’abattage. Même si on a des rapports d’experts, on peut avoir des contre-expertises. Il y a sûrement un génie humain qui est capable de maintenir les arbres. Alors peut-être qu’il était trop tard, qu’il y a la réalité et le temps administratifs. Il y a eu aussi les élections au milieu qui ont fait que chacun prend ses marques.

    Les associations dont FNE13 ont le sentiment qu’on leur a joué un mauvais tour, d’avoir été pris pour des idiots, en abattant précipitamment en pleine discussion. Vous comprenez ?

    Les associations m’ont sollicité. Je n’ai pas répondu parce que ce n’était pas mon dossier. On m’a mis adjoint à la biodiversité mais je ne suis pas la caution des massacres de la biodiversité. Je veux être adjoint à la biodiversité sinon ça ne sert à rien et je vais à nouveau grimper aux arbres. Même sur le tramway des Catalans, je ne suis pas chaud parce qu’il faut couper des arbres. Aujourd’hui, on aura du mal à avoir des arbres. On ne sait pas si les arbres qu’on plante aujourd’hui vont survivre. On n’aura peut-être pas l’eau pour les arroser avec une température de 50 degrés. Un arbre, c’est du vivant, ce n’est pas un meuble ! Ce n’est pas du mobilier urbain. Avec un arbre, il y a des champignons, des insectes utiles à la vie qui nourrissent des espèces protégées justement. Là, franchement, on est à rebours de mes ambitions, à rebours des enjeux du siècle. Je suis horrifié.

    Est-que cela suscite des discussions au sein de la gouvernance municipale ?

    J’aurai bientôt une réunion avec Perrine Prigent [ndr : adjointe DVG déléguée aux espaces verts qui pilote le dossier]. Je pense que là, une réunion avec le maire de Marseille s’impose. C’est tout le sens de mon engagement politique qui est remis en question aujourd’hui.

    Recueillis par David Coquille

  • Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Plusieurs dizaines de riverains, de membres d’associations dont Extinction Rebellion et des militants LFI, dont Victoire Diethelm et Imran Trocmé, conseiller d’arrondissement dans le 4/5, se sont opposés, lundi matin, à l’abattage de 37 nouveaux arbres du parc public de Bonneveine. La coalition citoyenne Comm’un Possible Marseille s’interroge sur ce marché public de réhabilitation à 2,5 millions d’euros, sans attributaire connu.

    La Ville avait annoncé vendredi l’opération en brandissant une expertise de mars dernier d’ONF Vegetis. « Au total, 37 arbres présentent un niveau de risque élevé de chute, susceptible de porter atteinte à la sécurité des usagers et des riverains », écrit la Ville qui s’engage à planter « 210 nouveaux arbres tiges, d’une hauteur de 3 à 4 mètres ».

    L’annonce a été vécue comme une trahison par le collectif de riverains après déjà 14 arbres abattus. « Lors de la réunion du 10 août en mairie centrale, le directeur général adjoint et l’adjointe en charge des espaces verts, Mme Prigent, s’étaient engagés à nous transmettre la totalité des tests de l’ONF, la liste et l’emplacement des arbres à abattre et de nous laisser 15 jours avant de faire un point avec eux et de prendre la décision finale », dénonce Alain Sennetz, président du collectif.

    « On a attendu

    la fin de la nidification »

    Soutien de leur lutte, Richard Hardouin, le président de la FNE 13, dénonce « incompétence, défaut de transparence et parjure » de la ville. Lundi, face à la mobilisation citoyenne, c’est une policière municipale puis un haut fonctionnaire de la ville qui se sont collés à la tâche, aucun élu de la municipalité n’étant venu défendre la décision. « Il n’y a pas d’arrêté municipal pour l’abattage, tout simplement parce qu’il y a danger imminent », relaye la policière. « On a des expertises qui démontrent la dangerosité de ces arbres. On a attendu la fin de la nidification pour ne pas porter atteinte à des espèces protégées », complète Marc Foveau, patron de la Direction de la Ville du Quotidien.

    « On ne peut pas admettre d’être pris pour des idiots parce qu’ils cherchent à s’en tirer en disant que la fragilité structurelle vient des conditions de plantation initiales du parc en 1976 ! C’est une manœuvre », proteste Jérôme Nardi du collectif. Le rapport de l’ONF consulté par La Marseillaise énonce dit que le retrait d’enrobé et de pavage en septembre 2025 « a induit une désolidarisation du sol, aggravant une structure déjà peu cohésive. Impact immédiat : modification brutale des conditions racinaires entraînant une instabilité mécanique ». À 17h15, le prestataire lançait ses tronçonneuses. Tout a été décapité malgré des heurts entre des opposants et la police venue en nombre.

  • Réorganisation à Tecelys et au Grand Avignon

    Réorganisation à Tecelys et au Grand Avignon

    Le Grand Avignon a lancé un marché public pour restructurer ses sociétés d’aménagement. Et envisager une fusion entre la SPL Tecelys et la SPL Grand Avignon Aménagement.

    Est concernée la partie aménagement urbain de la SPL Tecelys, qui concerne 10 emplois à temps plein. Et donc non pas Orizo, l’exploitant du réseau de transport en commun du Grand Avignon. Dans le cahier des clauses techniques particulières dont l’objet est « une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage accompagnement pour la restructuration des SPL Tecelys et Grand Avignon Aménagement », que La Marseillaise a pu consulter, la communauté de communes souhaite « renforcer le contrôle analogue, la gouvernance et la performance des outils publics locaux, de la recherche d’une meilleure cohérence entre les politiques publiques de mobilité, d’aménagement, de gestion de l’espace public et de transition énergétique, ainsi que de la rationalisation des moyens humains, financiers et organisationnels ». Soit de mieux piloter les projets, plus directement, avec plus d’efficacité, notamment avec diverses missions qui se « chevauchent ». Une mission qui fait notamment suite à des observations de la Chambre régionale des comptes.

    Fusion ou non

    Plusieurs scénarios sont envisagés. La fusion-absorption de l’une des SPL par l’autre donc. Mais aussi le maintien des deux structures « avec renforcement de la gouvernance, du contrôle analogue et du reporting ». Ou encore des variantes, qui peuvent inclure un « rapprochement fonctionnel », un « groupement de moyens », ou encore une « mutualisation progressive ou spécialisation des périmètres ».

    Le titulaire de la mission aura entre 9 et 11 mois pour rendre son rapport qui aidera donc les élus à prendre une décision sur le futur de ces structures.

  • Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    S’appuyant sur son Atlas de la biodiversité lancé en 2022, Aix-Marseille Provence veut créer une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban. Elle va lancer des études de faisabilité en vue d’un classement en zone de protection forte.

    S’inscrivant dans la dynamique de la convention de Rio de 1992 et de la stratégie nationale biodiversité 2030 qui en découle, la Métropole veut doubler la part de ses espaces naturels remarquables protégés d’ici 2035. Aujourd’hui 54% des 314 900 hectares de son territoire ont un statut de protection mais seulement 5% en protection forte.

    Ce ne serait pas pour la collectivité, sa première aire naturelle protégée. Trois sites démonstrateurs ont déjà été inaugurés qui attendent leur classement par arrêté préfectoral de protection de la biodiversité : la Crau du Piboulon entre Alleins et Mallemort porté par une forte mobilisation citoyenne et associative, le Puits de Madame à La Barben et les Versants Nord du Massif de l’Étoile. La création d’une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban se veut le 4e projet structurant.

    Au cœur d’un espace urbain de plus d’1,8 million d’habitants qui comprend 13 communes, la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban, ce sont 12 254 hectares de territoires naturels à haute valeur écologique, paysagère et patrimoniale. Ils jouissent déjà de deux protections nationales : 10 044 hectares sont inscrits depuis 2007 en zone spéciale de conservation Natura 2000 et depuis 1982 en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF type I et I).

    Mais ces protections ne suffisent plus face à la pression d’urbanisation, la fréquentation excessive, les feux de forêt, les pollutions diverses, mais aussi le changement climatique et ses conséquences qui accroissent les menaces qui pèsent sur la conservation des habitats naturels. Preuve de cette richesse souvent insoupçonnée, l’Atlas métropolitain de la Biodiversité qui révèle que sur les 6 000 espèces animales et végétales connues, 509 espèces présentent un enjeu de conservation maximal.

    Quid du « Grand parc municipal » ?

    La Métropole a donc lancé, en juin, un appel d’offres afin de désigner une société de conseil et d’ingénierie écologique pour mener des études préalables et des expertises robustes destinées à constituer un dossier de classement de cette future « réserve de biodiversité ». « Le marché sera soutenu financièrement par le Fonds Vert, jusqu’en septembre 2027 », note l’appel d’offres ouvert jusqu’au 31 juillet. Une mission d’animation foncière est également attendue pour approcher les propriétaires dans les zones identifiées à enjeux. Il s’agit de recueillir leur avis, les sensibiliser, les associer à la démarche pour in fine recueillir leur accord de principe.

    Parmi les 1 400 propriétaires fonciers à courtiser, la Ville de Marseille, dont le maire, Benoît Payan (DVG), a fait de la création d’un « Grand parc municipal du pic de l’Étoile » une de ses promesses de campagne. Son projet en lisière ambitionne de renforcer la desserte en bus et le stationnement aux entrées du parc, d’aménager des bancs, des tables, des aires de jeu, des cafés, installer des poubelles, des caméras ou encore de recruter des gardes. Sa compatibilité avec cette future réserve pourrait mettre à l’épreuve son accord de gouvernance passé avec Nicolas Isnard (LR), le président de la Métropole.

  • 80 ans après les nationalisations, l’avenir de l’énergie en débat au Mondial

    80 ans après les nationalisations, l’avenir de l’énergie en débat au Mondial

    Quatre-vingts ans après la nationalisation du secteur de l’énergie, portée par le résistant et ancien ministre Marcel Paul (PCF), La Marseillaise a invité, vendredi, en marge du rendez-vous populaire du Mondial La Marseillaise à Pétanque, son président directeur général, Bernard Fontana, à débattre des défis qui s’imposent aujourd’hui au secteur français de l’énergie. Pour échanger avec lui : Fabrice Coudour, secrétaire général de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME) CGT et Anthony Juan, président de la Caisse centrale d’activités sociales, organisme dédié aux œuvres sociales pour les salariés des industries électriques et gazières en France, elle aussi fondée par Marcel Paul.

    Au cœur des préoccupations : l’influence du marché sur la gestion et l’efficacité d’EDF. « Si les 55 premières années d’EDF permettent de dresser un bilan de service public, un tournant a été pris au début des années 2000, avec une libéralisation du secteur, le choix d’une logique de marché qui a fait exploser les prix, a souligné Fabrice Coudour. On se retrouve avec un système qui sert davantage la rentabilité économique que l’intérêt général. » Une analyse partagée, au moins en partie, par le PDG d’EDF. « On ne peut pas juste appliquer la loi du marché comme ça, il faut une dynamique de pilotage », admet-il. Et d’ajouter : « Je me dis qu’une infrastructure où celui qui fait le boulot paye, et celui qui spécule s’enrichit, c’est quand même un dysfonctionnement. Peut-être faut-il moins subventionner ceux qui déstabilisent le système et reconnaître la valeur de ceux qui assurent sa continuité ».

    Pour changer la dynamique, le secrétaire général de la FNME a listé quelques-unes des solutions envisagées par la CGT : faire des nationalisations nouvelles, sortir de la logique de marché mais aussi imaginer une démocratisation de la gouvernance qui impliquerait l’État, les travailleurs et les usagers, mais aussi baisser la TVA, car « le gaz et l’électricité sont des biens de première nécessité ».

    En finir avec les attaques budgétaires

    Anthony Juan, lui aussi très critique vis-à-vis de la libéralisation de l’entreprise, qu’il impute notamment au changement de statut d’EDF, passée d’un Établissement public industriel et commercial à une société anonyme de production, n’a pas manqué d’aborder les attaques budgétaires subies par le secteur des activités sociales, qu’il dirige. « On peut se regarder tous et dire que les activités sociales sont chouettes, mais il faudrait aussi peut-être commencer par arrêter de nous taper dessus assez régulièrement », s’est-il agacé tout en invitant le PDG d’EDF à venir découvrir un village vacances de la CCAS.

    Et Bernard Fontana de lui répondre : « Effectivement, je pense notre responsabilité à tous est de préserver ce qui fait la singularité, la force de notre modèle social ».