Tag: Gipreb

  • Manger le crabe bleu pour réguler cette espèce invasive

    Manger le crabe bleu pour réguler cette espèce invasive

    Une des pires espèces invasives, animal à l’allure préhistorique, délicieux crustacé bleu éclatant. » Les qualificatifs ne manquent pas pour parler du crabe bleu. Après l’Amérique du Nord, la Tunisie, l’Italie et l’Espagne, il s’est installé progressivement en Méditerranée et dans notre région. Pas vraiment de prédateur si ce n’est le poulpe qui ne vit pas en eau douce et… l’homme.

    Pas de panique ! L’Observatoire des sciences de l’Univers institut pythéas (OSU Pythéas), l’ONG Surfrider Foundation Méditerranée, la Ville de Marseille et la Région Sud s’associent et proposent d’en parler tous ensemble à la brasserie Zoumaï (6e arr). Mercredi, c’est la reprise des soirées Pression Hyperbar, afterworks mensuels animés par Bleu tomate.

    Guillaume Marchessaux, chargé de recherche IRD au MIO, Marina Chiappi, doctorante au CNR d’Ancona, Julie Duley, chargée d’étude crabe bleu et herbiers pour le Gipreb et Matteo Penza, artiste designer sont les intervenants de la soirée.

    Où le trouver dans notre région ?

    Ce crustacé, Guillaume Marchessaux le connaît bien, ce spécialiste du crabe bleu a même écrit un livre intitulé De l’invasion à l’assiette : les recettes à base de crabes bleus, téléchargeable gratuitement. En juin dernier sur Marseille, un premier dîner a été organisé avec la complicité du Cloître ( 13e arr), de Noémie Lebocey la chef des Eaux de Mars (1er arr) et de l’artiste Matteo Penza. « Il est délicieux, sa chair est très délicate et son goût se rapproche de celui du tourteau », assure le spécialiste.

    Le crabe bleu est présent dans l’étang de Berre, où le Gibrep, syndicat mixte ouvert dont les objectifs sont l’amélioration de la qualité écologique des milieux aquatiques de l’étang l’étudie de près. « Mais pas seulement, on le retrouve en Camargue à Beauduc, dans le Var, au salin d’Hyères et vers Fréjus » détaille Guillaume. Et poursuit
    «
     Marina, en se promenant un dimanche au Parc Borely, en a vu un dans l’Huveaune. En septembre, on compte aller poser des nasses, pour en capturer, plus qu’un. » Dans l’année 2026 les recherches devraient s’étendre sur tous les fleuves côtiers de la région.

    Du côté de la commercialisation, on commence aussi à s’organiser. « On peut en acheter sur l’étang de Berre à 10 euros le kilo. À Fréjus, il se vend à 8 euros directement à une conserverie qui le transforme en soupe » détaille le scientifique.

  • L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    En observant les flamants roses patauger dans les salins, les installations du géant de la pétrochimie LyondellBasell se font presque oublier. La pointe de Berre est un lieu de contraste. « Il y a de l’industrie, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut laisser tomber ce beau littoral », lance le maire de la commune Mario Martinet (DVG). C’est tout l’objectif de l’État, qui, par le biais de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM 13), vient de lancer un chantier de renaturation de cet espace, dont il est propriétaire, pour un montant de 70 000 euros.

    Depuis la semaine dernière, deux engins se relaient pour évacuer 700m3 de gravats et de blocs de béton armé. « Ces déchets du bâtiment sont déposés depuis plusieurs décennies, explique Mathieu Eyrard, directeur adjoint de la DDTM 13. On n’en connaît pas vraiment l’origine. » Le sous-préfet de l’arrondissement d’Istres, Christophe Borgus, élude : « On voit les traces du passé, maintenant on se tourne vers l’avenir. À un moment, on prend nos responsabilités et on enlève ce qui doit être enlevé. »

    Aux manettes, l’entreprise berroise de travaux publics Calvin Frères, sélectionnée pour des critères environnementaux. Sa présidente expose : « Ce marché nous permet de participer à l’amélioration du littoral berrois et de valoriser dans un circuit court ces déblais rocheux, puisqu’ils seront concassés à 9km d’ici pour être réemployés. »

    Un hotspot pour l’avifaune

    À l’avenir, les accès aux véhicules seront régulés « pour éviter les roulages intempestifs et avoir une renaturation naturelle », souligne Ludovic Roulet, chef du pôle domaine public maritime de la DDTM 13. « On travaille avec l’association de chasse maritime locale pour mettre en place une gestion des espaces qui permette d’avoir une continuité de circulation entre les eaux salées de l’étang en démolissant d’anciens petits ouvrages. »

    Un suivi de l’évolution de la végétation sera réalisé en partenariat avec l’Office français de la biodiversité, ainsi que des observations des espèces présentes avec le Conservatoire du littoral et le Gipreb, le syndicat mixte en charge restauration écologique de l’étang de Berre, « afin de voir comment les populations avifaunes se comportent sur le site pour identifier d’éventuelles opérations complémentaires de renaturation plus techniques », précise-t-il.

    Car le site présente des enjeux environnementaux majeurs avec des zones humides, des marais salants, des habitats naturels, et la proximité de deux sites Natura 2000, essentiels pour la biodiversité locale. Ludovic Roulet développe : « L’idée, c’est de favoriser la présence de lieux de nidification et de nourrissage pour les oiseaux, mais aussi d’améliorer la vision qu’ont les habitants de l’étang de Berre, ce qui les engagera à mieux l’aimer et le respecter. »

    Mario Martinet se réjouit de ce « retour aux origines » qui s’inscrit dans la droite ligne de son engagement, qui s’est déjà traduit par la renaissance de la plage de Berre, disparue dans les années 1970, en juin dernier.

  • L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    Le protocole signé avec EDF porte ses fruits. En septembre 2024, le Gipreb, syndicat mixte chargé de la surveillance de l’état écologique de l’étang de Berre, et l’électricien passaient un accord visant à restreindre les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas durant l’été. Après une première saison, le directeur de l’instance scientifique Raphaël Grisel l’affirme : « Ce protocole donne raison à l’ensemble des parties : on a une centrale qui produit, essentiellement en hiver, et un étang qui profite de ces nouvelles conditions et semble moins fragile sur la période estivale. »

    « Actuellement, la salinité est la même de la surface au fond, dans les zones profondes, poursuit-il. On n’a plus de stratification depuis le mois de juin grâce à la limitation des rejets d’eau douce. » En 2018, l’eutrophisation et la stratification des eaux avaient mené à une crise d’anoxie, c’est-à-dire une pénurie d’oxygène dans l’eau conduisant à une mortalité massive des organismes vivants de l’étang.

    La recolonisation des zostères

    Même les deux périodes de canicule, en juin et en août, n’ont pas eu raison de l’équilibre de l’écosystème. « Les chaleurs n’ont pas eu d’incidence trop négative », assure Raphaël Grisel, qui pointe « de toutes petites situations dans des zones très confinées comme des ports », mais aucun épisode de malaïgue grâce au vent qui a fait baisser les températures. Pour garder une eau claire et équilibrer l’écosystème lagunaire, le Gipreb mène des campagnes de plantation d’herbiers de zostères qui limitent la remise en suspension des sédiments grâce à leurs racines, stockent la matière organique et permettent la production d’oxygène dans l’eau avec leur photosynthèse.

    « L’intérêt c’est d’accélérer leur recolonisation dans les zones où il devrait y en avoir, détaille Raphaël Grisel. Ces sites ont été ciblés en fonction de leur capacité à essaimer vers d’autres sites grâce à la circulation de l’eau. L’année dernière on en a planté 8m2, ce qui est très peu mais c’était un test opérationnel. Au bout de trois mois, ces 8m2 étaient devenus 400m2, donc on a une multiplication par cinquante des surfaces. Cette année, on a planté 30m2. »

    Autre avancée notable : cet automne, la réouverture des communications hydrauliques entre l’étang de Bolmont et l’étang de Berre permettra à la lagune située entre les communes de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues de sortir d’une « situation de confinement qui ne lui est pas favorable ».