Tag: gestion de l’eau

  • [Entretien] Édouard Chaulet : « Je crois que les gens vont nous dire : “continuez !” »

    [Entretien] Édouard Chaulet : « Je crois que les gens vont nous dire : “continuez !” »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Édouard Chaulet : La campagne est l’occasion d’une réflexion globale sur la commune de Barjac qui est insérée dans un pays, dans un budget national, dans des problématiques nationales de dénatalité, de vieillissement de la population, de montée des violences, de coût de la vie… Nous voyons bien dans le local qu’il y a du global. Même si nous ne sommes pas le ministère de l’Agriculture ou de la Santé, nous essayons de répondre à ces problématiques en faisant baisser de 50% les impôts pour les agriculteurs par exemple, en achetant une production en bio dès qu’il y en a une, nous avons trouvé deux docteurs, ce qui est une chance formidable. Dans les domaines qui sont de notre compétence, nous faisons pour le mieux.

    Quels ont été les projets réalisés durant ce mandat ?

    E.C. : C’est un bilan extrêmement positif. Mes opposants disent que depuis 10 ans, nous aurions fléchi. C’est faux. Nous avons créé la Maison médicale, la salle d’évolution Anne Sylvestre avec le préau et la cour, des jeux pour les enfants, renforcé le réseau d’eau, réalisé des travaux de voirie pour 100 000 euros chaque année, créé un padel tennis et réalisé de nombreux travaux au cimetière, sur le rond-point d’entrée de la ville, sur l’assainissement… Nous avons aussi accueilli un maraîcher communal qui est à la fois fournisseur, pour notre cuisine centrale, de très bons produits et éducateur, puisque les enfants s’y rendent régulièrement avec leurs enseignants. On a d’ailleurs déjà remarqué une baisse du gaspillage.

    Quelles sont les grandes lignes de votre programme pour cette campagne ?

    E.C. : Nous avons prévu la création d’un foyer-logement d’une dizaine de logements pour les personnes âgées, où il y aurait des salles communes et un animateur, budgétisé à 1,3 million d’euros. Nous avons aussi trois équipes de foot dont une féminine, donc le terrain est surpiétiné. Nous voulons y installer une pelouse synthétique. Dans les projets incontournables, il faut aussi refaire le clocher et le toit de l’église. Nous allons essayer, avec la Fondation de France et des subventions, de bien étudier la question et de le financer. Nous avons également un projet de réhabilitation du centre ancien, ainsi qu’un projet de lotissement de six lots parce qu’on a remarqué qu’il y avait un petit phénomène de gentrification à Barjac et les prix deviennent inaccessibles pour les salariés moyens ou les ouvriers. Nous voudrions donc un lotissement municipal qui soit accessible à des jeunes ménages, ouvriers ou salariés à revenus modestes. On fait aussi attention à garder l’équilibre sur les logements sociaux. Mais aujourd’hui, les projets communaux vont lentement. Avant, en trois ans, on réglait un projet. Aujourd’hui, il faut un mandat puisqu’on attend des subventions, les aides, les études… Les normes sont plus compliquées.

    Pour la première fois depuis 20 ans, vous aurez une liste en face de vous. Comment l’appréhendez-vous ?

    E.C. : Mes opposants veulent le pouvoir à Barjac pour de la parade. Ils m’attaquent sur mon âge et disent qu’ils veulent me virer. Ce n’est pas très élégant. Je suis aussi le seul du territoire à assumer une étiquette politique et ça les dérange. Ça ne gêne pas mes amis et tous les Barjacois qui me connaissent. C’est même un label d’honnêteté d’être communiste. C’est un label d’engagement pour le bien public et de fraternité. J’ai l’impression que mes opposants font la politique du bouc émissaire. À Barjac, tout est la faute de la mairie. Mais les gens nous accordent d’avoir fait du bon travail et je crois qu’ils vont nous dire : « continuez ! ».

  • Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Dix ans après la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, la Région Occitanie célèbre un anniversaire politique fondateur. À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Nîmes, les élus régionaux gardois ont dressé le bilan de cette décennie d’actions et présenté les grandes orientations des projets à venir, dans un contexte budgétaire contraint mais assumé.

    Pour Fabrice Verdier, conseiller régional, l’enjeu était clair : « La Région a dix ans, il était important de faire un bilan après cette décennie. Ce choix fondateur a été réussi, nous avons fait région, nous sommes ensemble et cela apporte aux concitoyens de véritables réponses. » Malgré les débats initiaux, notamment dans le Gard, l’Occitanie s’est imposée comme un échelon incontournable de l’action publique. Avec un budget 2026 de 3,54 milliards d’euros, dont 1,15 milliard d’investissements, la Région reste la première de France en investissement par habitant. « Chaque euro dépensé est un euro utile », insiste Fabrice Verdier, rappelant la ponction de près de 500 millions d’euros opérée par l’État ces dernières années. Une contrainte forte qui n’empêche pas l’exécutif régional d’afficher ses ambitions.

    Vice-président chargé de l’économie, Jalil Benabdillah souligne une stratégie fondée sur l’anticipation : « L’environnement, la technologie et le social sont nos trois grands secteurs d’action. » Dans le Gard, 325 millions d’euros ont été mobilisés en faveur des entreprises, contribuant à l’implantation d’usines, à la création d’emplois et à l’attractivité d’un territoire qui accueille chaque année de nouveaux habitants. « Nous sommes la Région la plus innovante d’Europe », affirme-t-il.

    « Un budget d’action » face aux défis

    La transition écologique occupe une place centrale dans les politiques régionales. Aurélie Genolher, en charge de ces questions, défend « un budget d’action, de résistance et d’espoir qui place l’écologie au cœur de chacune de nos actions ». Gestion de l’eau, biodiversité, zones Natura 2000 ou énergies renouvelables : le Gard bénéficie d’investissements ciblés dans un territoire particulièrement exposé au changement climatique. « Parler de transition, c’est aussi parler de biodiversité », rappelle-t-elle.

    Autre priorité régionale : l’agriculture. Katy Guyot revendique une constance politique depuis dix ans : « Nous sommes attachés à l’agriculture occitane, nourricière. » Le budget agricole a doublé en une décennie et plus de 1 300 aides ont été attribuées dans le Gard. L’objectif est clair : relocaliser la production, garantir la souveraineté alimentaire et préserver les paysages.

    La mobilité reste le premier poste budgétaire de la Région. Jean-Luc Gibelin met en avant les résultats concrets : « Nous avons multiplié par trois la desserte de Beaucaire » et enregistré une hausse de fréquentation de 43% sur la liaison Nîmes-Alès. Réouverture de gares, plan vélo, train à 1 euro : la politique régionale se veut à la fois sociale et écologique.

    Enfin, la santé illustre la volonté régionale d’intervenir là où l’État se désengage. Julie Delalonde évoque « l’action au quotidien pour un meilleur accès aux soins », notamment à travers les centres de santé régionaux. Dans le Gard, plus de 55 000 consultations ont déjà été réalisées. « Le combat continue ! », conclut Fabrice Verdier, résumant l’état d’esprit d’une Région qui entend à la fois protéger les habitants et préparer l’avenir.

  • « Le Département du Gard, c’est 52 semaines sur le terrain »

    « Le Département du Gard, c’est 52 semaines sur le terrain »

    La Marseillaise : Avant le Salon 2026, quels messages vous remontent des agriculteurs gardois ?

    Françoise Laurent-Pérrigot : À l’approche de ce Salon 2026, le message qui nous remonte du terrain est avant tout un appel à la compréhension et au soutien. Nos agriculteurs gardois traversent une période de doutes profonds, et nous sommes à leurs côtés pour porter leur voix. Ce qu’ils nous disent, c’est que la passion de leur métier se heurte aujourd’hui à des épreuves d’une dureté inédite. En viticulture, l’inquiétude est réelle. Voir la production chuter l’an passé de 3,2 à 2,4 millions d’hectolitres en un an, a été un choc pour nos familles de vignerons qui ont fait face au gel et à la canicule. Nos éleveurs, ont été confrontés l’an passé à la progression de la fièvre catarrhale, aujourd’hui c’est la menace de la dermatose nodulaire bovine… Ils ont besoin de sentir qu’ils ne sont pas seuls face aux crises sanitaires. Quant à nos jeunes, ils nous demandent des perspectives. D’ici cinq ans, la moitié de nos viticulteurs partira à la retraite : notre rôle est de les rassurer pour que la relève soit au rendez-vous et que les transmissions se fassent dans de bonnes conditions.

    Concrètement, comment le Département du Gard sera-t-il présent cette année au Salon ?

    F.L.-P. : Vous savez, dans le monde dans lequel nous vivons, la visibilité est une nécessité vitale pour nos filières. Nous le savons, et c’est pour cela que nous tenons à être présents. Le Conseil Départemental du Gard finance un stand à ne pas manquer, animé intégralement par l’association bienvenue à la ferme et son président Patrick Viala, et 10 agriculteurs et agricultrices invités à représenter leurs productions. Nous avons voulu cette année encore une équipe représentative des filières et des territoires qui composent notre Département.

    Le Salon est aussi un moment de confrontation avec l’État…

    F.L.-P. : Le message que nous portons à Paris est un message de vérité : on ne peut pas applaudir l’excellence de nos produits un jour et laisser les producteurs s’épuiser sous le poids des injonctions le reste de l’année. Le monde agricole gardois fait face à une accumulation de crises : le choc climatique, les crises sanitaires à répétition et une explosion des coûts de l’énergie et des matières premières qui lamine les revenus. Face à cela, le Département joue son rôle de bouclier. Mais nous ne pouvons pas être les seuls. Le message au Gouvernement est simple : la reconnaissance doit devenir une rémunération. Derrière la vitrine du Salon, il y a des nuits courtes, une charge mentale étouffante et, trop souvent, des drames humains. On ne répond pas à une détresse structurelle par des mesures de circonstance ou des normes qui s’empilent. L’agriculture gardoise est une solution pour notre souveraineté, pas un problème à gérer. Il est temps que l’État passe des discours aux actes de protection.

    Une fois les projecteurs du Salon éteints, comment traduire concrètement les objectifs affichés à Paris ?

    F.L.-P. : Le Salon de l’Agriculture, c’est une semaine de mise en lumière, mais le Département du Gard, c’est 52 semaines de présence sur le terrain. Pour nous, le concret se mesure à travers trois leviers qui ne s’éteignent jamais : le budget, les outils techniques et les débouchés locaux. D’abord, par le soutien direct à l’investissement. Quand nous débloquons 82 000 euros pour la filière élevage, comme nous venons de le faire le 20 février dernier, ce n’est pas du symbole : c’est du matériel neuf pour l’abattoir du Vigan et une étude de viabilité pour tous nos outils d’abattage. Ce sont des actes qui garantissent aux éleveurs qu’ils pourront continuer à travailler chez eux, dans nos zones rurales. Ensuite, par des outils de proximité uniques. Le Laboratoire Départemental d’Analyse, par exemple, offre la gratuité des analyses obligatoires pour les éleveurs. C’est un effort de 75 000 euros par an qui soulage directement la trésorerie des exploitations. Enfin, le plus important, c’est la pérennité des débouchés. Notre politique alimentaire ne s’arrête pas aux discours. Quand nous investissons 554 200 euros pour faciliter l’accès à l’offre alimentaire territoriale, nous assurons des revenus aux agriculteurs gardois bien après leur retour de Paris. Le Salon sert à créer le contact, mais c’est notre budget de 670 000 euros pour l’agriculture durable qui prend le relais dès le lendemain pour transformer l’essai dans chaque exploitation. La responsabilité politique consiste à être un partenaire fiable et présent dans la durée.

  • La Camargue au cœur des zones humides

    La Camargue au cœur des zones humides

    Vauvert, Scamandre. C’est au cœur de la Petite Camargue que s’est ouvert, vendredi 30 janvier, le mois des zones humides. Un lancement national hautement symbolique pour la Journée mondiale des zones humides (JMZH), célébrée chaque 2 février, qui rappelle l’importance cruciale de ces écosystèmes longtemps considérés comme des contraintes, mais désormais reconnus comme des alliés indispensables face au dérèglement climatique. Pendant plus d’un mois, jusqu’au 1er mars, des centaines d’animations sont proposées partout en France pour (re)découvrir ces milieux naturels essentiels.

    Marais, lagunes, étangs, roselières ou prairies humides jouent un rôle clé : régulation des crues, filtration naturelle de l’eau, stockage du carbone, refuge pour la biodiversité. Pourtant, ces espaces figurent parmi les écosystèmes les plus menacés, avec une disparition estimée à plus de 35 % à l’échelle mondiale en cinquante ans. En France, l’enjeu est d’autant plus fort que 2026 marque les 40 ans de la ratification de la Convention de Ramsar, premier traité international dédié aux zones humides, dont la Camargue fut le premier site classé.

    Pour cette édition 2026, placée sous le thème « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel », les acteurs institutionnels, scientifiques et associatifs se sont réunis au Scamandre. Une reconnaissance pour ce site Ramsar de 42 000 hectares, véritable mosaïque de milieux façonnés par le Rhône et la mer, où cohabitent faune, flore et activités humaines. Élevage extensif, pêche, récolte de roseaux, tourisme naturaliste : ici, l’eau structure les paysages autant que les modes de vie.

    Un équilibre fragile

    Si la Camargue est un symbole, elle est aussi un territoire sous tension. Inondations, sécheresses, submersions marines : le delta vit avec le risque. Le réchauffement climatique fragilise l’équilibre subtil entre eau douce, saumâtre et salée, accentuant la salinisation des sols. Vignes, roselières, habitats d’oiseaux comme les hérons ou les flamants roses en subissent déjà les conséquences. « Ce territoire vit avec les risques, et l’Homme y intervient depuis toujours pour pouvoir y vivre », souligne Robert Crauste, le maire du Grau-du-Roi.

    Cette coopération dépasse les frontières administratives. Gardois, Héraultais et acteurs des Bouches-du-Rhône travaillent de concert, accompagnés par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Objectif : restaurer les zones humides, lutter contre la salinisation et sécuriser la ressource en eau potable, tout en maintenant les activités humaines. Un plan de lutte contre la salinisation a ainsi été engagé, avec des mesures à moyen et long terme.

    Au-delà des chiffres et des politiques publiques, le mois des zones humides veut aussi retisser un lien entre habitants et territoires. Sorties nature, conférences, projections, chantiers de restauration : plus de 700 animations invitent le public à comprendre que ces espaces ne sont pas figés, mais vivants, habités, et porteurs de savoirs anciens.

    * Pour trouver les animations autour de vous : https://bit.ly/Animations-JMZH-2026.

    « Les zones humides sont essentielles à
    la biodiversité »

  • Le collectif de l’eau met le sujet dans le tuyau des municipales à Avignon

    Le collectif de l’eau met le sujet dans le tuyau des municipales à Avignon

    Ce mercredi en fin de journée, le Collectif de l’eau vivra un fort moment d’émotion avec l’inauguration de la Maison pour tous Marcelle-Landau à Monclar, rebaptisée ainsi du nom de sa fondatrice, décédée il y a un an et demi. Mais lundi et mardi, le temps n’était pas encore à l’hommage pour l’association de défense des usagers.

    Sans surprise, le Collectif de l’eau s’est réuni en amont du conseil communautaire de lundi soir, où devait initialement être votée une hausse de la part du Grand Avignon sur la facture de l’eau (notre édition de lundi). Une douloureuse de 15%, soit 56 euros par an pour 120 m3, consommation référente d’un foyer de quatre personnes.

    « On n’est pas contre une augmentation, car il faut investir sur les réseaux, mais il y a eu un manque d’anticipation, il aurait fallu lisser, car le taux n’a pas bougé depuis 2018 et d’un coup, ils se rendent compte qu’ils ont besoin de sous », déplore Mireille Dapon, présidente du Collectif de l’eau. Preuve que l’association n’est pas là pour s’opposer à tout, « on aurait essayé de rendre socialement acceptable l’augmentation en exigeant la suspension des pénalités de retard ou l’assouplissement de l’attribution des chèques eau ».

    « On a une expertise indiscutable »

    La question devrait tout de même se reposer rapidement à l’entame de la nouvelle mandature, issue des urnes en mars prochain. L’occasion rêvée pour le Collectif de l’eau d’interpeller les candidats sur cette thématique absente des débats. « On sent un petit mieux d’écoute, même si on n’est pas dupes du contexte électoral, note Mireille Dapon, assurant que Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, leur a promis de les rencontrer « pour débattre de tout ça ». « On souhaiterait une commission consultative des services publics locaux exclusivement dédiée à l’eau, réclame la présidente. On est incontournable avec une expertise indiscutable et, pourtant, beaucoup d’élus s’obstinent à ne pas tenir compte de nos réflexions. » Joël Raffy, membre du collectif, rappelle : « On a fait économiser 9 millions d’euros en 15 ans à la collectivité. » Allusion notamment aux compteurs d’eau que l’ex-délégataire Veolia voulait faire payer à la collectivité alors qu’il n’en était pas propriétaire.

    Questionner les candidats est aussi une manière de remettre sur le métier la mise en place d’une régie publique de l’eau, une des raisons d’être du Collectif. Le contrat actuel s’achevant en 2028, les conseillers communautaires vont devoir s’y pencher très vite. En séance lundi, Joël Peyre, candidat (PRG) aux municipales à Avignon, et Jean-Pierre Cervantès (Les Écologistes) se sont prononcés pour une gestion publique.

  • Revirement au Grand Avignon : pas de hausse du prix de l’eau

    Revirement au Grand Avignon : pas de hausse du prix de l’eau

    « Ne m’attends pas pour dîner ». Le message a du passer, ce lundi matin, dans les chaumières des conseillers communautaires du Grand Avignon. On se croirait presque à Noël, à la lecture d’un ordre du jour copieux, les cadeaux certainement en moins. À commencer par le dossier Tecelys, dont l’audit sur la gestion de cette SPL sera débattu (lire notre édition de vendredi). Le document n’est pas à proprement parlé dans une délibération mais, lors de la précédente séance, le président (SE) Joël Guin, avait promis un débat dessus ce lundi. Notons que le compte rendu annuel de Tecelys à la collectivité figure à l’ordre du jour, mais sans mention de l’audit. Une étude « partielle et partiale », continue d’ailleurs de pourfendre l’ex-directeur général des services, qui a lancé l’affaire.

    Au-delà de Tecelys, il sera aussi et surtout question de finances avec l’adoption du budget 2026, le dernier de la mandature. L’heure du bilan, avec un revirement de dernière minute : le Grand Avignon renonce finalement à augmenter sa fiscalité sur la facture de l’eau. La mesure figurait pourtant bien à l’ordre du jour, dans une version encore envoyée à la presse ce vendredi. Mais, selon nos informations, mercredi, une nouvelle mouture a été remodelée où ne figure plus cette hausse. Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) du Grand Avignon délégué à l’eau et à l’assainissement, nous a confirmé le retrait de la délibération. « Ils ont du faire leur compte et s’apercevoir que ça ne passerait pas », commente un conseiller communautaire.

    Une hausse initiale

    de 56 euros par an

    Cette hausse suscitait une vive opposition des élus avignonnais de la majorité de gauche de Cécile Helle. Elle était en effet loin d’être marginale, à plus 15%. « La facture type annuelle de 120 m3 passerait de 386,45 euros à 442,51 euros, soit une augmentation de 56,06 euros par an », était-il noté dans la délibération initiale. Si la part sur l’eau passait de 0,40 à 0,53 euros, celle sur l’assainissement était doublée. « C’est une excellente nouvelle », réagit Mireille Dapon, présidente du Collectif de l’eau, qui avait prévu d’assister au conseil communautaire et de manifester son opposition à cette hausse. « Nous ne sommes pas contre une augmentation, mais de manière concertée, avec des échanges en commission des services publics locaux ce qui n’a jamais été le cas », déplore Mireille Dapon pour qui les élus « ont manqué d’anticipation car il faudra augmenter vu l’état des réseaux ».

    Un vif point d’alerte évoqué il y a deux mois lors du rapport d’orientations budgétaires. Figée depuis 2018, la part fiscale du Grand Avignon sur le prix de l’eau ne suffit plus pour mener à bien les travaux, s’inquiétait en substance Xavier Belleville, vice-président LR aux finances. Sans hausse, il était prévu d’investir 1,9 millions d’euros en 2026 alors que les besoins sont estimés à 3,1 millions. « Si cette augmentation n’était pas mise aux voix ou pas votée, de toute façon, les prochains qui seront élus dans 6 mois seront bien obligés de le faire », prévenait il y a un mois Patrick Sandevoir. On s’y dirige tout droit.

  • La « tech israélienne » de l’eau n’est pas la bienvenue

    La « tech israélienne » de l’eau n’est pas la bienvenue

    Le rendez-vous ne passe pas. Dans une lettre ouverte au président (Ren.) de la Région, Renaud Muselier, une quinzaine de collectifs et associations engagés sur la question de l’accès à l’eau et du soutien à la Palestine, la CGT du conseil régional, la France insoumise et le collectif Vaï demandent l’annulation d’une rencontre organisée, ce mercredi, avec des entreprises israéliennes de l’eau.

    « Christian Estrosi, Renaud Muselier ou Éric Ciotti sont assujettis au traité sur la prévention du génocide », que la France a signé en janvier 2024, insiste Régine Fiorani du collectif Marseille Gaza. « Nous nous opposons fermement à cette collaboration avec des entreprises qui, de près ou de loin, contribuent au crime de guerre et crime contre l’humanité perpétrés par l’État israélien et l’armée israélienne. »

    La délégation de dix sociétés israéliennes spécialisées dans les technologies de pointe de l’eau doit être reçue au Tholonet, dans le cadre d’un événement organisé par Rising Sud, l’agence d’attractivité et de développement économique de la Région, avec la Société du canal de Provence (SCP) et le ministère israélien de l’Économie. Au menu : présentations de projets, rendez-vous pros, et visite d’infrastructures hydrauliques…

    La démarche s’inscrit dans une convention de partenariat entre la SCP dont est actionnaire la Région, et Mekorot, la compagnie des eaux israélienne. Elle a été signée en mai 2023, lors d’un voyage organisé en Israël, et s’inscrit dans le plan Or bleu : 620 millions d’euros fléchés d’ici 2028, s’inspirant de ce qui a pu être mis en place en Espagne ou en Israël.

    « Quel est le statut de ce type de rendez-vous du point de vue du droit international ? », interroge Benard Mounier (Eau Bien commun Paca), rappelant que « la privation d’eau est utilisée comme arme de guerre » à Gaza, en violation de l’ordonnance de la Cour pénale internationale de mars 2024 : bombardement des infrastructures d’assainissement et des réseaux hydriques, pollution des nappes phréatiques… La gestion de l’eau est « un outil de domestication des populations » et « le cheval de Troie de l’installation des colons », poursuit Anti du collectif Hydre. « Cette association est condamnable du point de vue de l’action génocidaire qu’il y a derrière, mais aussi du point de vue de l’imaginaire socio-technique qui va contre l’idée même de l’eau bien commun. »

  • La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau est l’un des angles morts des COP car elle n’est que très peu abordée au sein des COP climat ou des COP biodiversité alors que c’est probablement l’un des tous premiers marqueurs du changement climatique », regrette Eric Servat. Depuis 2021, le chercheur et hydrologue dirige le Centre international français Unesco sur l’eau (Icireward) basé à Montpellier qui multiplie les partenariats de recherche avec les laboratoires africains.

    « Quasiment tous les projets que nous finançons sont des programmes qui se déroulent avec des partenariats du Maroc, de Tunisie, du Sénégal, de Côte d’Ivoire etc. Nous tentons d’avoir une réflexion partagée sur les questions liées à l’eau parce qu’on voit par exemple que dans certaines parties du Maroc, les précipitations sont extrêmement faibles et nous avons, nous aussi en France, un cycle de l’eau perturbé », précise l’auteur du « Grand défi de l’eau » sorti début septembre.

    Aujourd’hui, la plupart des projets sont menés en Afrique permettant ainsi d’acquérir un grand nombre de données qui permettent aux pays du nord de la Méditerranée de s’adapter plus rapidement au dérèglement climatique. « Nous cofinançons par exemple un projet au Maroc sur les mécanismes de recharge des aquifères qui nous permet d’étudier la vulnérabilité et le renouvellement des eaux souterraines dans les milieux karstiques. Or ces milieux, ce sont ceux que nous connaissons dans l’Hérault », détaille Eric Servat.

    Le centre, qui finance aussi des projets sur le bassin de Thau et plus largement sur le Languedoc, participe aussi au programme « Défi water Occitanie » financé par la Région dont l’ambition est de travailler sur la réutilisation de l’eau. « Plusieurs laboratoires travaillent sur ce projet avec des « living labs » qui sont des expérimentations à grande échelle sur un temps long », explique Eric Servat.

  • À Roquemaure, deux nouveaux forages pour les villes voisines

    À Roquemaure, deux nouveaux forages pour les villes voisines

    C’est l’aboutissement d’un long chantier engagé il y a 10 ans et achevé cet automne : 3,8 millions d’euros investis par le Grand Avignon pour moderniser et sécuriser l’approvisionnement en eau potable de trois de ses communes gardoises (Roquemaure, Pujaut et Sauveterre). Une grande partie de cette somme (2 millions d’euros) a servi à renouveler la canalisation principale depuis le champ captant de l’Hers sur la commune de Roquemaure, qui dessert ensuite les réseaux secondaires des communes.

    Le reste a été consacré à la création de deux forages supplémentaires, toujours au champ captant de l’Hers, inaugurés ce mercredi en présence de Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon et des maires de Roquemaure, Pujaut et Sauveterre. « Un bel exemple de solidarité intercommunale », s’est réjoui le président. Car ce champ captant, situé à Roquemaure, alimente actuellement Pujaut puis Sauveterre à compter de l’an prochain et servira de secours à Roquemaure, qui elle, dispose de son propre point captant un peu plus au nord toujours le long du Rhône.

    La raison principale de ces deux nouveaux forages, qui vont permettre de capter jusqu’à 5 800 m3 par jour contre 2 600 m3 actuellement [la moyenne des prélèvements journaliers est de 1 300 m3], réside à Sauveterre. « La commune est alimentée historiquement par un puits, qui se trouve à côté de la mairie, en centre-ville. Si l’eau est bonne, d’un point de vue réglementaire il est inéluctable de l’abandonner car il est en zone trop vulnérable avec un risque éventuel de pollution », expose Cyril Bahegne, ingénieur aux services techniques du Grand Avignon. Si l’eau se trouve à 3-4 m de profondeur, les nouveaux forages plongent respectivement à 12 et 18 mètres.

  • Le prix de l’eau devrait bien augmenter au Grand Avignon

    Le prix de l’eau devrait bien augmenter au Grand Avignon

    Il sait que le « sujet est électrisant ». Même si l’eau et l’électricité font rarement bon ménage, Patrick Sandevoir, vice-président DVD du Grand Avignon délégué à l’eau potable et à l’assainissement s’attend à un vif débat, le 8 décembre lors du vote du budget. Ce jour-là, pour la première fois depuis 2018 et la mise en place du contrat actuel de délégation de service public, la collectivité prévoit une hausse de sa redevance.

    « On va proposer un certain nombre d’options qui permettent de récupérer des recettes, c’est un impératif », nous indique Patrick Sandevoir, mercredi dernier à l’occasion de la livraison de deux nouveaux forages à Roquemaure (lire ci-dessous). Pour l’heure, impossible à quantifier sur la facture des habitants du Grand Avignon, le pourcentage de hausse étant encore en discussion. Dans le détail, la facture se compose d’une part fixe (abonnement) et d’une part variable (consommation) qui revient au délégataire [Suez pour l’eau dans 8 des 16 communes et Veolia pour l’assainissement dans l’ensemble de l’agglo], au Grand Avignon et à l’agence de l’eau. « Notre part, c’est un tiers de la facture », précise le vice-président.

    Un risque d’aggravation des impayés ?

    Cette hausse n’est qu’une demi-surprise. Il y a un mois lors du dernier conseil communautaire consacré notamment aux orientations budgétaires (notre édition du 8/10), le vice-président aux finances avait préparé les esprits. « Il n’est plus possible de poursuivre la même cadence d’investissements en gardant l’équilibre des budgets », alertait Xavier Belleville, posant « un choix à faire : modérer nos investissements ou augmenter notre taxe en suivant l’inflation ». Si rien n’est donc encore voté, la seconde option a donc été choisie.

    Il faut dire que les besoins sont criants, avec des fuites sur les réseaux et un quart de l’eau produite qui n’arrive pas jusque dans les robinets. « Aujourd’hui, notre capacité de travaux est de 1,4 million d’euros pour l’eau et 1,9 million pour l’assainissement, constate Patrick Sandevoir. Il faut impérativement que l’on remonte à 5 millions pour l’eau et 7 millions pour l’assainissement. » Car le Grand Avignon, qui sur ce budget annexe – contrairement à celui des transports – ne peut venir abonder par une subvention d’équilibre, fait face à une baisse de la consommation d’eau entraînant une « diminution de 10% des recettes ».

    Alors que le taux d’impayés (6%) de factures est déjà l’un des plus importants de la région, cette hausse fiscale ne risque-t-elle pas encore de pénaliser les ménages les plus fragiles ? « Pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer, il y a les chèques eau », répond Patrick Sandevoir. Un dispositif d’aide financière largement sous-utilisé, malgré « énormément de communication », assure-t-il. « Si cette augmentation n’était pas mise aux voix ou pas votée, de toute façon, les prochains qui seront élus dans 6 mois seront bien obligés de le faire », prévient le vice-président.