Tag: Gémenos

  • Pour la CGT, en congrès, l’alimentation est « un bien public »

    Pour la CGT, en congrès, l’alimentation est « un bien public »

    Depuis ce lundi, environ 400 cégétistes de l’agroalimentaire de toute la France se réunissent dans les Bouches-du-Rhône pour participer au 13e congrès de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (Fnaf) de la CGT. Après s’être rassemblés ce mardi dans une salle de Roquevaire, c’est dans l’usine de thé Scop-TI, symbole d’une victoire des mobilisations syndicales et ouvrières, qu’ils se retrouvent, ce mercredi. à l’ordre du jour pour cette 3e journée : « défense de notre potentiel national, luttes et perceptives ».

    Ce congrès se tient alors que le Salon international de l’agriculture (SIA) vient tout juste d’ouvrir ses portes à Paris et que les négociations entre la grande distribution et les entreprises de l’agroalimentaire se poursuivent. Des discussions plus tendues que jamais, chacun accusant l’autre de défendre ses intérêts.

    Nationaliser les groupes alimentaires

    Encadrées par la loi Galland de 1996, ces négociations ont lieu tous les ans à partir du 1er décembre, et jusqu’au 1er mars. Alors que la grande distribution réclame une baisse des prix, pour s’aligner avec l’inflation plus basse, de l’autre, le secteur de l’agroalimentaire dénonce une baisse qui menacerait les emplois.

    Ces négociations patronales seront bien évidemment évoquées lors de cette semaine de congrès pour définir les directions du syndicat, mais pour Julien Huck, secrétaire général de la Fnaf CGT, l’enjeu principal sera plutôt de « réfléchir quelle société nous voulons défendre ».

    Dans un communiqué, daté du 31 décembre 2025, la Fnaf CGT dénonce ainsi la recherche de rentabilité financière à court terme de ces entreprises qui entraîne licenciements, restructurations et fermetures. Le syndicat exige donc, dans son communiqué : « L’alimentation, élément vital, doit être déclarée bien public et, à ce titre, les groupes alimentaires doivent être nationalisés démocratiquement et les revendications des salariés satisfaites. »

  • La fraternité fertilise la réussite économique

    La fraternité fertilise la réussite économique

    Les travailleurs de Duralex, de Scop-Ti ont refusé la mort annoncée de leur outil de travail. Ces femmes et ces hommes ont relevé la tête, ensemble, pour bâtir un projet commun où chacune et chacun prend sa place pour développer, dans le respect mutuel, ces métiers exigeants, aux savoir-faire inestimables. Les citoyens ne s’y trompent pas. S’ils soutiennent ces coopératives pour la qualité de leurs produits, ils sont aussi conscients d’accomplir un acte de solidarité et de participer à une économie à visage humain.

    Des boîtes où le travail fait sens

    Pour tout cela nous pouvons nourrir l’espoir d’un nouveau système économique et travailler à une société plus désirable. Vivable, égalitaire et fraternelle. Une société où le capitalisme serait mis en échec par l’intelligence collective. Où l’individualisme mortifère, les ressentiments qui macèrent dans des esprits de plus en plus étriqués faute de visée émancipatrice et abrutis par un environnement ubérisé, deviendraient de vieux cauchemars.

    Les coopératives tracent des perspectives car dans sont ces boîtes le travail fait sens. Elles portent des histoires de luttes. Pendant des années, les travailleurs de Scop-Ti se sont battus contre une multinationale, Unilever. Ils ont gagné car la fraternité fertilise la réussite économique. C’est aussi le cas de la coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne sans qui le droit à l’information dans le sud-est, serait encore plus affaibli. Les combats des coopératives continuent et leur réussite éclatante est un formidable message d’espoir pour le monde du travail.

  • Scop-Ti. Les Français attachés à « une épargne vertueuse »

    Scop-Ti. Les Français attachés à « une épargne vertueuse »

    Depuis la reprise de Duralex par ses salariés en juillet 2024, Olivier Lerberquier est en contact régulier avec le directeur général de la verrerie, François Marciano, et Alexia Avril, l’ancienne déléguée CGT, désormais présidente du conseil d’administration. « Ils m’avaient sollicité à l’époque pour partager notre expérience et depuis, au fil de nos rencontres, on a aussi évoqué l’idée de faire des choses ensemble », raconte le président de Société française coopérative ouvrière provençale de Thés et Infusions (Scop-ti).

    Basée à Gémenos, Scop-ti a fêté ses dix ans et fait référence en matière de coopérative ouvrière avec sa marque 1336, symbolisant le nombre de jours de lutte des ex-salariés Fralib dont l’outil de production était menacé de délocalisation par la multinationale américaine Unilever.

    Ces « relations régulières » entre les responsables des deux coopératives devraient d’ailleurs très bientôt aboutir sur diverses collaborations. La boutique de l’emblématique verrerie installée à Orléans devrait prochainement proposer des produits 1336 dans ses rayons. Les boutiques en ligne de Duralex et Scop-ti, devraient de leur côté mettre en vente un pack de produits dans lequel la couleur du verre serait en adéquation avec l’infusion vendue. Enfin un verre collector dont « le chiffre que tout le monde regarde au fond » serait 13 336, est en réflexion.

    Sociofinancement

    Inutile de préciser que le succès du financement participatif de Duralex est forcément vu d’un bon œil par Olivier Leberquier, même si son souci du détail l’amène à la nuance. « Ils en avaient besoin et c’est une très bonne chose, mais on parle ici de titres participatifs, défiscalisés, avec une rémunération à hauteur de 8% », souligne-t-il rappelant que les choses sont différentes par exemple de la campagne de sociofinancement, une levée « don pour don », initiée par Scop-ti dont le montant cumulé s’élève à 452 000 euros.

    « Ce qui est intéressant au-delà de la somme globale, c’est ce que cela traduit dans l’attachement des Français à une utilisation vertueuse de leur épargne. Or ils ne le savent pas parce qu’on ne le leur dit pas mais cet argent sert souvent à financer des fonds de pension américains ou des projets de recherche qui épuisent les ressources naturelles à l’autre bout de la planète. Des choses auxquelles ils pourraient être totalement opposés », observe Olivier Leberquier rappelant que plus de 2 000 milliards sont placés en assurance vie en France. « Alors on ne va pas compter sur la BNP ou la Société Générale mais il y a des banques de l’économie sociale et solidaire comme le Crédit Mutuel, le Crédit coopératif, la Caisse d’épargne, le Crédit Agricole qui pourraient être des leaders dans ce domaine, et dire : l’épargne des Français on s’en sert pour l’économie, principalement en France, et surtout pour les entreprises vertueuses comme les coopératives. L’engouement pour Duralex montre bien que les citoyens y sont attachés. Dès l’instant qu’ils peuvent intervenir directement, ils le font. »