Tag: gaypride

  • Pour une Pride festive et revendicative à Aix

    Pour une Pride festive et revendicative à Aix

    En toile de fond de la pride aixoise, Laura résume : « Queers, antifascistes, et fiers, ça résume plutôt bien le message de la marche ! » Samedi, dans les rues d’Aix, près d’un millier de personnes sont attendues pour participer à la Marche des Fiertés, organisée par l’association Aix Vandargue, association pour l’égalité LGBT+. Le cortège se rassemblera place de l’Hôtel de Ville, dès 14h30, avant de s’élancer vers la Rotonde, le palais de justice, puis de revenir vers son point de départ. En marge de cette mobilisation « à la fois festive et revendicative », rappelle Dominique Fortunato, coprésident de l’association, deux autres événements sont organisés.

    Réinvestir la ville

    À commencer par le vendredi soir. Au cinéma Mazarin sera projeté à 21h le long-métrage Jim Queen en présence d’un des réalisateurs. Après la Marche, un « after-pride » prolongera la manifestation, dès 20h à l’Aqua Maltae. « Ce sera la première édition d’une série de drag show exclusivement aixois : l’Aixtravagantza », précise Carla, en charge d’organiser les « Drag Shows » de l’association. Relancée fin 2024, l’association est historiquement fondée en 2014 pour faire front au Mouvement du Mariage pour Tous. À cette époque, selon l’association, deux candidats des élections municipales de cette même année sont signataires de la charte « Manif pour Tous ». La première pride, depuis sa renaissance, est lancée fin 2025. En amont, nombreuses manifestations sont proposées par Aix Vandargue. « L’année dernière on avait entre 800 et 1 000 personnes, estime Laura. L’association venait de se relancer, on n’avait pas nécessairement assez de monde qui nous suivait, notamment sur les réseaux sociaux. On va faire beaucoup mieux cette année. » Derrière l’instauration d’une nouvelle programmation « Pride », plus longue, plus variée, l’association entend répondre à un besoin urgent sur Aix : celui de lieux et de moments organisés par, et pour les personnes queers. « Le problème est qu’à Aix, il n’y a aucun endroit de convivialité, ils ont tous disparu, déroule Dominique Fortunato. Pour se rendre compte, la communauté queer est évaluée entre 8 et 10% de la population en général. On peut estimer cela a 15 000 personnes à Aix. Il n’y a absolument rien… Ce qui est paradoxal dans une ville où l’on compte 40 000 étudiants.» Pour Dominique Fortunato, cette carence est liée à un manque de volonté politique, un manque de ressources et de financements des collectifs… « Les étudiants queers descendent à Marseille et délaissent la ville, on trouve que c’est dommage. La population est pourtant là, les gens en expriment le besoin parce qu’on fait d’autres événements », appuie Laura. La Pride, sera aussi un moment de lutte contre les agressions homophobes, transphobes, d’alerter sur le taux de suicide élevé dans la communauté queer… « Il est temps de réagir, alerte Dominique Fortunato. Il n’y a pas que les mots qui blessent. »

  • [Marche des fiertés] « Montrer qu’on peut se réapproprier la rue »

    [Marche des fiertés] « Montrer qu’on peut se réapproprier la rue »

    D’abord créée par le collectif d’association Freedom 05, il y a dix ans, la Pride de Gap est depuis trois ans mise en place par le Planning familial 05, agréé centre LGBTQIA+ par le gouvernement en avril dernier. Il est la seule structure de ce type dans toutes les Alpes du Sud. « Dans les Hautes-Alpes, il y a une difficulté, en particulier chez les moins de 18 ans, à pouvoir dire qu’ils sont LGBT. Récemment, une lycéenne qui vit dans une vallée, nous disait “moi, là où j’habite, il ne vaut mieux pas en parler”, explique Camille Theureau, du Planning Familial de Gap. Au lycée ou au collège, c’est compliqué de trouver des pairs, surtout quand on peut pas se déplacer. Les réseaux sociaux permettent de créer des liens mais ont leurs limites. »

    Un discours de haine en hausse

    L’association agit d’abord comme porte-voix pour permettre aux personnes concernées de parler mais aussi d’être aidées et conseillées, notamment en milieu scolaire dans le cadre de l’éducation à la vie affective et sexuelle. « On s’efforce aussi d’avoir un discours auprès des personnes qui tiennent des propos homophobes ou transphobes, détaille Camille Theureau. Dans ce contexte, la Pride permet de faire nombre, de faire se rencontrer celles et ceux qui vivent les mêmes choses, de montrer qu’on peut se réapproprier la rue, un endroit excessivement dangereux pour une personne LGBT, et de ne plus avoir peur. »

    Dans son action, elle explique être confrontée à la montée de discours de haine. « On a déjà été attaqués. Il y a eu des crachats et un bris de glace sur notre vitrine qui affiche un drapeau LGBTQIA+, raconte Camille Theureau. Lors des interventions auprès du public, je constate aussi un clivage plus fort avec une parole d’extrême droite plus dure, des paroles de haine, et beaucoup de transphobie. » Dans le même temps, elle dit observer aussi beaucoup de réflexion et de bienveillance sur le sujet, chez les plus jeunes. « C’est assez genré, c’est plus du côté des filles que des garçons, rapporte-t-elle. Mais la vérité sur notre territoire, c’est que ces jeunes-là, s’ils ont l’opportunité de partir, ils vont le faire. Alors que ceux qui ont des discours de haine restent bien ancrés. »