Tag: Gabriel Attal

  • Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    C’est sur le court Philippe-Chatrier que les deux hommes politiques aux visions radicalement opposées échangeront. Le Medef organise lors de son université d’été, la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), un débat entre Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et le très libéral David Lisnard, président de Nouvelle Énergie, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) sur le thème « le courage de produire » de 12h05 à 12h30. Ils répondront ainsi, en quelques minutes, à cette question centrale et cruciale : « comment redonner à la France l’envie, les moyens et la capacité de produire ? »

    Cette séquence s’inscrit dans une volonté de l’organisation patronale de peser dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Dans son discours introductif, le président du Medef Patrick Martin a rappelé, comme un avertissement : « nous sommes nombreux et, dans nos entreprises et autour, on nous écoute, on nous fait confiance plus que jamais dans l’Histoire. N’oublions jamais la puissance de notre collectif avec ses 240 000 entreprises qui emploient 12 millions de salariés, partout en France ». Il insiste : « nos convictions sont libérales (…), nous voulons un programme présidentiel de libertés », a-t-il dit, rejetant « la collusion, la collision des prophètes de malheur » et enjoignant à « faire voler en éclat le carcan qui étouffe notre pays et libérer son énergie et ses ambitions ».

    Pour clôturer son événement, le Medef a invité, toujours sur le court central de Roland-Garros, sept des – très nombreux – candidats déclarés à l’élection présidentielle à répondre aux questions de cinq chefs d’entreprise à partir de 16h45. À savoir : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen. Ces derniers réagiront par ailleurs aux résultats de la consultation lancée par le Medef en association avec Opinion Way.

  • [Entretien] Laurent Guilloteau, CGT des Sdis : « La politique d’austérité du gouvernement impacte les pompiers »

    [Entretien] Laurent Guilloteau, CGT des Sdis : « La politique d’austérité du gouvernement impacte les pompiers »

    La Marseillaise : Le rassemblement prévu ce jour devant le ministère de l’Intérieur est organisé par les neuf organisations syndicales représentatives des Sdis précisez-vous dans un communiqué unitaire. C’est inédit ?

    Laurent Guilloteau : Dans ce sens, oui. Cela fait un an que les neuf organisations syndicales sont unanimes sur le constat qui a été dressé dans ce communiqué et que nous sommes entièrement d’accord sur l’ensemble des revendications. La Sécurité civile a, aujourd’hui, le pantalon sur les chevilles. La politique d’austérité du gouvernement et les coupes budgétaires qu’ont subies les conseils départementaux et les communes ont impacté les Sdis. Nos principales revendications ont toutes un lien avec le financement. L’un des principaux axes, c’est le recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels. Sur l’année 2025, on a plus de 2 200 lauréats du concours. Mais certains de l’édition précédente, donc 2023, n’ont toujours pas été recrutés, faute de budget.

    Cette politique austéritaire explique-t-elle pourquoi les sapeurs pompiers volontaires – non limités en heures – sont davantage sollicités au détriment des sapeurs pompiers professionnels ?

    L.G. : Totalement. Aujourd’hui, la faute est à un plafond horaire annuel qui est de 2 256 heures et qu’on ne peut pas dépasser. Pourtant, il y a un texte de loi de 2023 qui permet de libérer des sapeurs-pompiers professionnels sur leur temps de travail. Sauf que les directeurs sont ultra-réticents à détacher du temps de travail des sapeurs-pompiers professionnels au profit des autres départements, dont ils disent pourtant être solidaires. Ils préfèrent les envoyer sur leurs repos ou leurs congés, et sur le statut de sapeurs-pompiers volontaires, parce que du coup, ils ne perdent pas de temps de travail. Il est impensable de se dire qu’on se prive d’une ressource quantitative et qualitative sous l’effet d’un statut alors que, concrètement, on est agent de la fonction publique territoriale.

    Vous entendez peser sur le prochain Projet de loi de finances pour 2027 ?

    L.G. : Il est vrai, comme le dit Laurent Nuñez [ministre de l’Intérieur], que la Sécurité civile a vu une augmentation de son budget alloué au titre des derniers projets de loi de finances. Mais ce que le ministre oublie de dire, c’est que si on fait un ratio de ce que pèse aujourd’hui la Sécurité civile – un des derniers services publics qui arrive encore à fonctionner, malgré les difficultés et les contraintes que l’on peut rencontrer – par rapport à l’investissement qui a été mis sur les projets de loi de finances, notamment pour les JO 2024, pour les Armées et pour la Sécurité intérieure, on est très loin du compte. Alors oui, on va interagir sur le projet de loi de finances. C’est vital à l’échelle nationale. On a loupé le coche après la saison des feux de 2022 où il aurait fallu déjà revoir les budgets des services départementaux d’incendie et de secours. Cela va être difficile à rattraper aujourd’hui avec toutes les coupes budgétaires que présente M. Macron…

    Que peut-on retirer du Beauvau de la Sécurité civile ?

    L.G. : Le ministère de l’Intérieur et le gouvernement ont fait des groupes de travail pour occuper le temps et le terrain. Pendant ce temps-là, ils ont oublié d’agir et de sortir le projet de loi prévu à l’issue de ces travaux. Depuis, on a vu défiler plusieurs ministres que ce soit Gérald Darmanin, Bruno Retailleau et aujourd’hui Laurent Nuñez.

    La Sécurité civile est-elle dans les priorités du gouvernement ? C’est notre interrogation. Je vous le dis, la réponse c’est non. Si on était vraiment dans les préoccupations du gouvernement, il aurait mis en place dans les projets de loi de finances et dans le Beauvau des mesures pour faire avancer la Sécurité civile.

    Cette saison des feux est particulièrement dévastatrice. Si des investissements ne sont pas rapidement faits dans la Sécurité civile, au vu du réchauffement climatique, les prochaines seront pires ?

    L.G. : La synthèse est la bonne. Les saisons comme 2026 vont devenir la norme. Le feu de forêt devrait être enseigné dans le risque courant. Depuis combien d’années on parle du réchauffement climatique et de son impact ? Les canicules, on en a déjà eu. On se rappelle de 2003 et des premières, dévastatrices, qui ont causé énormément de morts. Le ministre de l’Éducation nationale, a dit [le 26 juin 2026 ndlr], que le gouvernement avait anticipé la canicule. Si on avait anticipé, on n’aurait pas provoqué la fermeture de classes parce qu’il y faisait 35 degrés. S’il y a une chose que le gouvernement n’a pas faite, c’est d’anticiper.

    Si on était vraiment prêts et si on avait été en capacité de répondre au moment voulu sur des feux majeurs en même temps sur l’ensemble de territoire, on n’aurait pas eu à épuiser la ressource au 31 juillet, que ce soit de sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires et de personnels administratif, technique et spécialisé. Ce sont des gens dont on parle très peu et qui font aujourd’hui fonctionner les Sdis dans la partie administrative, la réparation des véhicules et le maintien de nos unités opérationnelles. Sans tous ces gens-là qu’on a sollicités durant un mois, corvéables à merci, durant des heures, en s’asseyant sur leurs périodes de repos et aussi leur période de congé, ça n’aurait pas existé.

    La polémique autour de la commande de Canadairs est-elle justifiée ? Qu’est-ce que cela aurait pu changer sur le terrain ?

    L.G. : Les Canadairs, c’est comme un camion-citerne feux de forêts, quand il tourne toute la journée, le lendemain, il a besoin d’une maintenance. Il y a des matins où il n’y en avait que 5 disponibles. Puis, l’après-midi, il y en avait peut-être 7 ou 8. Et le lendemain matin, on redescendait à 5. On parle souvent des machines mais il faut aussi prendre en compte les horaires de vol du pilote à l’intérieur, qui doit avoir une certaine lucidité durant toutes les missions qu’on lui demande. Souvent, ça aussi, ça nous fait défaut.

    Le travail de précision des Canadairs ne pourra jamais être remplacé par les hélicos supplémentaires qui ont été loués. Les Canadairs ont une capacité et une force de frappe qui est quand même différente. Gabriel Attal, lorsqu’il était Premier ministre, a sérieusement amputé le budget de la Sécurité civile, et notamment dans l’achat de cette flotte aérienne. Si deux Canadairs de plus avaient été présents sur les chantiers de Gironde, ils auraient peut-être compensé la maintenance qui était obligatoire pour l’aspect sécuritaire du personnel en vol et au sol.

    REPÈRES

    258 641

    sapeurs-pompiers sont recensés en France dont 200 961 volontaires. 13 377 sont militaires comme le bataillon des marins pompiers de Marseille. Les pompiers du 13 comptent 7 500 agents.

    80 %

    des interventions des SDIS sont consacrées au secours à la personne contre seulement 6% pour les incendies. Sur tout le territoire, 13 000 interventions par jour sont réalisées.

    Attaque massive

    La doctrine définie nationalement prévoit l’attaque massive des feux naissants.

    En clair maîtriser les incendies avant qu’ils n’atteignent 5 hectares.

    Feux d’hiver

    En 2019, sur les 43 000 hectares qui brûlent en France, 36 000 partent en fumée en janvier et février, note dans son rapport Effis, système européen d’information sur les feux de forêt.

  • La France brûle et l’État regarde ailleurs

    La France brûle et l’État regarde ailleurs

    Au moins 120 000 hectares partis en fumée et la France brûle toujours. Une douzaine d’incendies est encore en cours, entre ceux qui n’ont pas été éteints et ceux qui ont démarré, au cœur d’un été bouillant où se succèdent les vagues de canicule à un rythme effréné. Alors que les pompiers s’épuisent à venir à bout de « feux extrêmes », ils dénoncent en bloc le manque de moyens, d’organisation et d’anticipation d’une situation pourtant prévisible. Au point de se demander si des leçons pourront enfin véritablement en être tirées.

    D’abord parce que de rapports en rapports, depuis le début des années 2000, les scientifiques, comme le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), n’ont cessé d’alerter sur la montée des températures fort probable. Les données de l’observatoire européen Copernicus publiées ce lundi 10 août attestent encore, si besoin était, que les choses ne vont pas s’arranger, la sécheresse alimentant la sécheresse, la chaleur affectant aussi la surface de la mer avec « le développement rapide de conditions de type El Niño dans le Pacifique équatorial » note l’observatoire. Les sommets pour le climat se sont enchaînés mais les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent de progresser, faute d’ambition commune des États.

    Au niveau national et local, plusieurs questions fondamentales émergent. Après le feu dévastateur en Gironde, Didier Chautard (SE), le maire de Saumos, commune largement impactée par le méga feu girondin, a adressé une lettre ouverte aux dirigeants régionaux et nationaux, dont Emmanuel Macron, les appelant à s’attaquer aux « causes profondes » des feux. « La Nature nous rappelle à l’ordre » écrit-il. « À nous de l’entendre, estime-t-il, avec une véritable stratégie, construite avec celles et ceux qui vivent, travaillent et administrent ces territoires au quotidien. » Il appelle à un « point de départ d’une réflexion collective » et non à « un laboratoire de décisions prises dans l’urgence ».

    Les Départements financeurs essentiels

    « Le soutien de la nation » et « l’unité », prônés par le président de la République lors de sa visite à Bordeaux le 27 juillet, ont fait… long feu. Emmanuel Macron a beau arguer que le budget de la sécurité civile est passé de 450 millions d’euros en 2017 à plus 800 millions d’euros aujourd’hui, l’opposition notamment de gauche (PCF, LFI, PS, EELV) lui a vertement rappelé, que la loi promise à l’issue du Beauvau de la sécurité civile, engagé entre 2024 et 2025, n’était toujours pas à l’ordre du jour. Factuellement, à la relecture des votes au sein de l’hémicycle du Palais Bourbon, sur les textes concernant la lutte contre les incendies, droite, macronistes et RN s’illustrent particulièrement par leur refus du recrutement de pompiers professionnels, de la hausse et l’attribution d’une partie de la taxe de séjour aux Sdis ou de la création de pare-feux de feuillus.

    Pire, en février 2024, le gouvernement de Gabriel Attal avait acté par décret une coupe budgétaire de 52,8 millions d’euros dans les crédits de cette dernière. De quoi remettre en cause la commande de deux Canadairs supplémentaires. Des avions souvent cloués au sol pour maintenance, qui auront mis par exemple plus de quatre heures à survoler le feu de Gironde rappellent nos confrères de Sud Ouest.

    Les premiers financeurs des services d’incendie et de secours restent donc les Départements, ces collectivités assurant 60% des 5,6 milliards de budget des Sdis. Une contribution qui a doublé en 20 ans, dans un contexte d’austérité budgétaire accrue.

    Attendu le 17 août en Gironde, le Premier ministre, Sébastien Lecornu s’est, pour le moment, contenté de créer une (énième) mission, sur la « reconstruction et adaptation des territoires », dédiée aux zones touchées par les feux cet été. Composée de « cinq personnalités qualifiées, expertes des sujets d’aménagement du territoire, d’Économie, de finances publiques, de développement durable, de forêt et de logement », elle entend sans surprise « accélérer et faciliter la reconstruction, le soutien économique et l’appui à la population » touchée par les incendies.

    Pendant ce temps, au niveau européen, on cause stratégie. La Commission a présenté en mars son plan, axé sur quatre piliers : prévention, préparation, réponse et réhabilitation. On promet aussi du matériel, hélicoptères et Canadairs d’ici 2030.

    L’exemple australien

    Et puis il y a l’exemple australien où on a pris le taureau par les cornes. Sur l’île continent, on a mis en place un suivi de la prévention bien avant la saison des feux et remis au goût du jour le brûlage maîtrisé par les Aborigènes pour éliminer les feuilles mortes et herbes sèches, du combustible pour les flammes. Des plans de survie précis ont été élaborés pour les habitants et trois niveaux d’alerte décrétés.

    Où les feux extrêmes peuvent finalement être un déclic pour, enfin, passer à l’action.

  • À Châteaurenard, Attal pointe « la démence normative » française

    À Châteaurenard, Attal pointe « la démence normative » française

    Après la Vendée, les Yvelines, la Savoie, le Morbihan où le Finistère, avec cette douteuse sortie médiatique sur les aires d’accueil des gens du voyage, la tournée estivale de campagne de Gabriel Attal, passait jeudi par les Bouches-du-Rhône et le Marché d’intérêt national (MIN) de Chateaurenard.

    à l’aube, entre deux cagettes de fruits et légumes, face aux agriculteurs, grossistes et acheteurs, le macroniste à la chemise blanche, aurait pu parler de la baisse annoncée de la production sous l’effet du dérèglement climatique. Il a choisi cette fois encore de gratter à sa droite en rappelant sa volonté de mettre fin à la « démence normative française », donnant l’exemple d’un agriculteur verbalisé car un salarié ne portait pas de chaussures de sécurité « en plein été ».

    « Ne pas avoir réussi à libérer toutes les énergies, tous ceux qui ont envie de faire et de travailler, c’est peut-être l’un des échecs de ces dernières années », note celui qui entend aller plus loin dans la destruction du modèle social français en promettant de « rapprocher le salaire net du salaire brut ». Caressant les agriculteurs en leur promettant de lutter contre la concurrence déloyale, il assure que leur revenu, et plus largement les salaires et les rémunérations français, sont une des quatre grandes priorités de son projet.

  • [Entretien] Valérie Boyer : « Je prends la place de la droite républicaine »

    [Entretien] Valérie Boyer : « Je prends la place de la droite républicaine »

    La Marseillaise : En 2020 vous êtes élue sur une liste de la droite rassemblée. Quel est le sens de votre candidature solitaire ?

    Valérie Boyer : En 2020, j’étais n°2 d’une liste où les trois premiers étaient Les Républicains avec ensuite une représentation centriste pour Aix. Aujourd’hui, ma candidature a tout son sens : je suis sortante, de droite, Les Républicains, et j’ai toujours été fidèle et loyale à ma famille politique. C’est une question de clarté. Je pense qu’il y a une alternative entre le macronisme incarné par la liste de Devésa – Muselier et les autres listes extrêmes. C’est la place que je prends, celle de la droite républicaine. Je suis très heureuse du soutien de David Lisnard, le président des maires de France. Je ne suis ni dissidente, ni solitaire dans cette démarche, et il y a sur ma liste des maires qui ont une carrière : Jean Mangion n’est pas n’importe qui pour Les Républicains du 13. Ce n’est pas un LR de cinq minutes.

    Vous ne craignez pas la dilution des voix de droite avec quatre listes ?

    V.B. : Quelle dilution ? C’est une affirmation. Si je n’avais pas été candidate, mon courant de pensée ne serait pas représenté. Ma liste est la seule liste de droite. Brigitte Devésa explique que la liste d’Hervé Granier est pilotée par Mme Roubache. Donc, il y a deux listes macronistes que je ne place pas à droite. Moi, je suis d’une droite libre et républicaine.

    ll se dit que vous avez quitté la liste Muselier par rapport à votre place ?

    V.B. : Je l’assume. Il y avait des négociations, sans moi, on voulait me mettre 4e puis 3e mais ça ne fonctionnait pas. J’ai de l’amitié et de bonnes relations avec Renaud Muselier mais à un moment, il soutient Gabriel Attal et moi tout m’y oppose, c’est un vrai différend politique. Je ne suis pas du tout alignée sur le plan des idées. Moi je suis restée fidèle au chemin tracé par le parti où je milite, je ne suis pas allée ailleurs contrairement à ce qu’on m’a prêté, et je ne suis pas méprisante en le disant. Donc ce n’était pas possible parce que la tête de liste colore la liste. Or je ne suis ni Modem-UDI, ni Renaissance. Et puis ça ne correspond pas à la sociologie du vote dans les Bouches-du-Rhône, ni aux maires. À part Jean-Pierre Serrus, il n’y a pas de maire Renaissance. Il n’y a d’ailleurs pas de maire en position éligible sur leur liste. Donc j’ai dit non, en cohérence avec les convictions que je défends depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir. J’ai toujours été dans son opposition. Même quand il était en majesté à Marseille, je ne l’ai pas soutenu. Ni lui, ni ses candidats. Qui est plus LR que moi dans les Bouches-du-Rhône ? Personne.

    Vous et cette droite assumée avez quand même voté au Sénat, ces budgets qui font mal aux maires dont vous dites porter la voix.

    V.B. : Oui et grâce au Sénat, beaucoup moins que ce que le gouvernement proposait. C’est la Macronie qui a lancé « Balance ton maire », et la baisse de la dotation aux communes a été féroce, sous Macron. On a fait en sorte de la compenser.

    Pourquoi ne pas s’opposer ?
    La gauche a voté contre.

    V.B. : On va jusqu’au bout de ce qu’on peut. Sur certains sujets, comme l’euthanasie, on s’est opposés mais sur le budget, à un moment il faut un compromis. Donc on a fait des propositions pour que la casse soit moins importante. Je suis intervenue sur le ZAN ou la loi SRU pour que les maires retrouvent de la disponibilité. Je plaide pour changer totalement le système et redonner de la liberté aux maires et aux communes.

    Où siégerez-vous si vous êtes réélue, sachant que Gérard Larcher, le président (LR) de la majorité sénatoriale soutient la liste Devésa ?

    V.B. : Brigitte Devésa siège chez les centristes et la majorité sénatoriale a différentes composantes. Les Républicains sont très largement majoritaires et je siège dans ce groupe. Vous voulez que j’aille où ? Et je peux vous dire que mes collègues me soutiennent énormément.

  • La solidarité, mais pas que

    La solidarité, mais pas que

    Une nouvelle canicule est annoncée pour ce mardi par Météo-France avec un pic d’intensité le mercredi 29 juillet. Encore une. Avec des pointes à 40 °C sur le Sud-Ouest. Bref, des températures qui ne vont pas aider à la lutte contre les incendies. Face à la tourmente, des actes de solidarité émergent. Ainsi la cagnotte lancée dans tout le pays par le Secours populaire qui, fidèle à ses valeurs, appelle aux dons financiers pour répondre aux besoins immédiats et accompagner les familles sinistrées dans la durée. Ou encore les agriculteurs qui dans le Var comme en Gironde, avec leurs tracteurs ou de simples utilitaires, prêtent main-forte aux pompiers, remplissant cuves et autres citernes ou piscines qui fournissent de précieuses réserves aux soldats du feu.

    L’heure des comptes viendra

    Si la solidarité est fondamentale, tout ne peut pas reposer sur ses épaules et la lutte terminée viendra l’heure des comptes. Déjà la colère gronde face au manque d’équipement. Nul ne se satisfait des cris d’orfraie des proches de Gabriel Attal accusé d’avoir empêché l’achat de deux canadairs. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a beau crier à la manipulation politique, les faits sont là. En 21 février 2024, un décret signé par celui qui a alors la casquette de ministre des Comptes publics a annulé « près de 53 millions d’euros du programme 161 » destinés à l’acquisition d’appareils supplémentaires. Résultat : si en 2024 l’achat de 4 canadairs avait été annoncé, seulement deux ont été contractualisés.

    La colère est telle qu’Emmanuel Macron est monté au front hier, se rendant en Gironde pour appeler à « rester unis » pour « gagner » cette longue bataille. mais l’heure des comptes viendra.

  • Des rencontres économiques très politiques

    Des rencontres économiques très politiques

    « Naviguer dans un monde sans repères. » C’est le thème de l’édition 2026 des rencontres économiques d’Aix-en-Provence qui se tient du 2 au 4 juillet. Avec le conflit au Moyen-Orient « qui sera très présent » et au sortir d’un épisode caniculaire historique en France, « la multiplication des tensions, des complexités du monde rend ces Rencontres d’Aix assez exceptionnelles », a estimé Jean-Hervé Lorenzi, président de ce forum organisé par le Cercle des économistes.

    Pourtant la boussole de la plupart des 400 intervenants et 8 000 participants attendus, du patron de Total Énergie, Carrefour, Veolia à celui de Suez, la boussole est claire : celle du profit. Au fil des débats, ce rendez-vous sera l’occasion notamment pour Patrick Martin, président du Medef, de reposer les bases : remettre la pression sur la réforme des retraites en remettant les 60-65 ans au boulot et démonter notre système de protection sociale en allégeant les cotisations patronales, explique-t-il à nos confrères de la Provence ce mardi 30 juin.

    Le monde de la finance ne manquerait évidemment cette sauterie pour rien au monde avec la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, une fidèle, le nouveau gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin ou le président de l’Eurogroupe et ministre des Finances grec Kyriakos Pierrakakis. Le secteur bancaire et financier sera aussi très présent représenté notamment par Daniel Baal (Crédit Mutuel/CIC), Slawomir Krupa (Société Générale), Thomas Buberl (AXA) ou Nicolas Namias (BPCE).

    En face, les représentants de trois centrales syndicales, Sophie Binet pour la CGT, Caroline Chevé pour la FSU et Frédéric Souillot pour Force ouvrière, tenteront de remettre le concept du droit au travail et de dialogue social au cœur des débats. La première participera à une plénière sur le thème « produire français, gage de souveraineté » face à Patrick Martin, la deuxième interviendra sur « formation et révolution des métiers » et le dernier défendra le rôle des corps intermédiaires… savamment sapé par les quinquennats d’Emmanuel Macron. À moins d’un an de la présidentielle, justement, nombre de personnalités politiques et candidats, déclarés ou non, seront présentes dans ce temple du libéralisme.

    Hollande, Philippe

    et Tondelier de la partie

    On retrouve là le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, et son concurrent Édouard Philippe (Horizons), ou Marine Tondelier (Les Écologistes) et Dominique de Villepin, qui ne s’est pas encore déclaré mais regorge néanmoins d’idées sur un potentiel programme économique pour le pays. L’ex-président socialiste François Hollande, l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, ou encore la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, seront également de la partie.

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est lui attendu jeudi, quelques jours avant une réunion ou plutôt « un comité d’alerte » qu’il présidera le 7 juillet, pour faire un point d’étape, avec l’annonce attendue de nouvelles économies, avant la présentation à la mi-juillet des grandes lignes du budget 2027.

    « On a mis un énorme effort sur deux sujets, l’international, puisque nous avons 55 think tanks qui viennent du monde entier, et sur la jeunesse », avec plusieurs sessions qui lui seront consacrées, précise Jean-Hervé Lorenzi. Une jeunesse dont ce forum économique entend « mettre en lumière les attentes, les fragilités et aspirations », bien conscient qu’il va falloir « intégrer ceux qui seront les acteurs de demain » pour faire perdurer le système… Quelque 250 jeunes lanceront aussi une initiative, « Jeunesse 2027 », avec l’université d’Aix-Marseille, pour élaborer des propositions qu’ils souhaiteraient voir émerger dans le débat de la présidentielle (lire également ci-contre).

    En parallèle, dans la ville, se tiendront plus de 45 événements et ateliers couvrant toute une programmation pédagogique et culturelle (ciné-débats, expositions, représentations théâtrales) dans divers lieux d’Aix. L’objectif affiché : « faire descendre l’économie dans la rue ». En 2025, l’événement avait attiré près de 8 700 participants.

  • 1er-Mai : RN et droites s’unissent contre les salariés

    1er-Mai : RN et droites s’unissent contre les salariés

    C’est un déni de démocratie qui s’est déroulé vendredi à l’Assemblée nationale. Pour éviter le débat parlementaire sur le texte déposé par le macroniste Gabriel Attal, visant à faire travailler certains salariés le 1er-Mai, les députés favorables à ce texte ont pourtant voté une motion de rejet de ce même texte. La manœuvre est grossière mais elle permet d’empêcher le débat et de renvoyer la discussion au sein d’une commission mixte paritaire. Le but est de passer en force dès la semaine prochaine et d’imposer cette régression sociale dès le 1er-Mai 2026. Avec le soutien du gouvernement.

    Amendements à la trappe

    Déposée par le groupe présidé par Gabriel Attal (Ensemble pour la République), la motion de rejet tactique a été adoptée par 120 voix contre 105. Les quatre groupes de gauche s’y opposant tout comme le MoDem, hostile à la manœuvre plus qu’au fond du texte. Insuffisant toutefois contre le reste de l’hémicycle, des macronistes jusqu’au Rassemblement national, dans une alliance de la honte. Exit donc les quelque 140 amendements à discuter avant la fin des débats qui était prévu à 17h30, vendredi, le camp gouvernemental s’attendant ce que la gauche enlise à dessein les débats. Les quatre groupes de gauche se sont en effet insurgés, tentant de retarder le vote de la motion pour rameuter les troupes, demandant des interruptions de séance. Des députés allant de LFI jusqu’au PS ont même entonné debout La Marseillaise, puis L’Internationale. Le monde syndical est aussi vent debout. Devant l’Assemblée nationale, plusieurs dizaines de manifestants s’étaient rassemblées dans la matinée. Le 1er-Mai n’est pas un jour férié « comme les autres », c’est « historiquement le jour où on célèbre les travailleurs et les travailleuses », a rappelé vendredi sur TF1 Marylise Léon (CFDT). Si le Code du travail établit que « le 1er-Mai est jour férié et chômé », il admet qu’un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là… mais seul ou presque. Il peut en effet compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés. La proposition de loi doit clarifier les règles et « permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler », en l’espèce « des commerces de bouche de proximité » comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes et établissements culturels (cinémas, théâtres)… Mais exclut la grande distribution ou les magasins d’outillage et travaux, par exemple. « Le volontariat ça n’existe pas », a critiqué près de l’Assemblée Natalie Huyghe, employée en jardinerie de 57 ans, et syndiquée CGT. « Si ça marche, ça va s’étendre à tous les corps de métier », s’est aussi alarmée Hadjia Djebbar, militante de 62 ans. « Nous assistons ici à (…) une négation du Parlement, parce que déposer des amendements, (…) se donner les moyens d’avoir un temps de débat approfondi sur une proposition de loi aussi inique que celle qui vise à supprimer le 1er-Mai, ce sont les droits du Parlement », a dénoncé le président du groupe GDR, le communiste Stéphane Peu. Son groupe propose de déposer une motion de censure, lundi.

  • La macronie au bord de l’implosion

    La macronie au bord de l’implosion

    Dissolution, démission et présidentielle anticipée… De tout bord, les mots d’ordre ont fusé alors que Sébastien Lecornu tentait mardi de « définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Sans surprise, le premier ministre démissionnaire s’est tourné vers la droite et son socle commun. Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, présidents du Sénat et de l’Assemblée, Marc Fesneau, représentant François Bayrou, Gabriel Attal et Edouard Philippe ont été les premiers reçus.

    Méthode

    Les discussions ont porté sur « l’adoption d’un budget pour l’État et pour la sécurité sociale » et « l’avenir de la Nouvelle-Calédonie », selon un communiqué de Matignon à midi. « Un échange s’en est suivi sur l’urgence budgétaire et les paramètres d’un compromis possible avec les oppositions », indiquait le texte sans préciser la tonalité des échanges. Entre eux déjà, l’accord n’était pas majeur. Avant le rendez-vous, Marc Fesneau, le patron des députés Modem avait visé Gabriel Attal, très critique, la veille, vis-à-vis d’Emmanuel Macron dont il assure « ne plus comprendre » les décisions. Mardi, sa voix a encore dissoné. Sans aller jusqu’à se mêler à celle de « ceux qui appellent matin, midi et soir à la démission » du Président, il a plaidé une nouvelle méthode intégrant « un négociateur indépendant des partis ». L’idée ? Contourner la polarisation politique d’un Premier ministre désigné par Macron. On en rirait…

    Démission

    Dans la matinée, Edouard Philippe, Premier ministre de 2017 à 2020, a poussé plus loin encore la charge contre la figure tutélaire, en l’appelant le président de la République à « prendre l’initiative » et organiser une élection présidentielle anticipée, après l’adoption du budget. « Ce n’est pas une critique de l’homme, j’ai de l’estime pour lui. Mais face à l’affaissement et cette mise en cause de l’autorité de l’État, il doit prendre une décision à la hauteur », explique le président du parti Horizons, un des composants de la macronie.

    « La dissolution de l’Assemblée ne peut pas être la solution (…) Il faut un projet clair et partagé », justifie Paul Christophe, le patron des députés Horizons. Une « démission programmée » déjà mise sur la table par Hervé Morin, président des Centristes, et portée, la veille, par David Lisnard, le maire (LR) de Cannes.

    Cohabitation

    à rebours du socle commun, Bruno Retailleau, le président des Républicains n’était pas à Matignon le matin. Il a été reçu en tête à tête à 17h, une heure après Laurent Wauquiez, le chef des députés LR qui lui mène une fronde en interne, estimant que la sortie ayant entraîné la démission de Lecornu, a « abîmé l’image » de « stabilité et de responsabilité » du parti.

    Avant de s’y rendre, le ministre de l’Intérieur démissionnaire a planté le décor : « Nous participerons à une condition, que ce soit un gouvernement de cohabitation », a-t-il expliqué chez Europe 1 et CNews, assurant qu’« une page était tournée ». « La condition, c’est que le président ne gouverne plus », pousse son vice-président, François-Xavier Bellamy, écartant la nomination d’un macroniste à Matignon. « Les échanges ont été francs et constructifs » glissait l’entourage de Lecornu après le rendez-vous. Ni « un macroniste », ni « homme de gauche » a confirmé Retailleau au JT de France 2.

    Dissolution

    « Un Premier ministre de gauche serait extrêmement minoritaire à l’Assemblée », juge de son côté Aurore Bergé, la porte-parole démissionnaire du gouvernement alors que le PS sera reçu à Matignon ce matin. Mais « est-ce que ce bloc du centre et de la droite (…) est capable de réussir à continuer à s’entendre ? », questionne-t-elle aussi, lucide.

    Alors que son entourage indiquait le matin qu’il « prendra ses responsabilités » en cas d’échec de Lecornu, Emmanuel Macron a reçu dans l’après-midi Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, entretenant l’hypothèse d’une dissolution. La Constitution prévoit en effet que le chef de l’État consulte les présidents des deux chambres avant de dissoudre la représentation nationale…

    Retraite : une suspension de la réforme envisagée

    La ministre démissionnaire de l’Éducation et ancienne Première ministre Elisabeth Borne s’est dite mardi ouverte à une « suspension » de la très impopulaire réforme des retraites qu’elle avait fait adopter en 2023, dans une interview au Parisien. Affirmant qu’il « faut savoir écouter et bouger », elle a ajouté qu’il ne fallait pas en faire « un totem ». « La suspension de la réforme des retraites, c’était impossible il y a quelques jours encore, aujourd’hui ça devient possible », a confirmé Raphaël Glucksmann de Place publique au sortir de son entretien avec Sébastien Lecornu mardi soir, assurant que le Premier ministre démissionnaire avait « ouvert la porte » mais que cela demandait à être « précisé ».

    Cette « volte-face est un aveu : la réforme des retraites est un échec », a immédiatement réagi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. « Même Elisabeth Borne qui avait porté cette réforme ouvre aujourd’hui la voie à une suspension », a-t-elle affirmé dans une déclaration écrite envoyée à l’AFP, « Le chef de l’État ne peut plus se permettre de faire la sourde oreille ». « Le Président de la République doit maintenant choisir, a intimé Sophie Binet. S’il veut renouer avec toute forme de légitimité, il doit entendre, écouter, abroger. Cette réforme est rejetée par plus de 80% des Français, elle a mobilisé des millions dans la rue : elle ne peut survivre ».

    Bardella « prêt à tendre la main »

    Le parti d’extrême droite qui a décliné l’invitation de Lecornu, a multiplié mardi les demandes de dissolution. Persuadé que le « barrage républicain » de 2024 « est en train de prendre l’eau », Jordan Bardella, le président du RN, « probable » candidat, estime que son parti peut l’emporter lors « de potentielles élections », mais se dit quand même prêt à « tendre la main aux Républicains » ne souhaitant pas « se fondre dans le macronisme », pour « former une majorité si besoin ». « Une main pour nous étouffer » a réagi, Daniel Fasquelle, le vice-président des Républicains. Ch. C.

  • Point de non-retour

    Point de non-retour

    Ambiance fin de règne. Le premier coup – et le plus dur – a été porté lundi soir par Gabriel Attal, président du parti présidentiel et du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Confiant ne « plus comprendre » les décisions du chef de l’État, il a déploré son entêtement dans la méthode.

    Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un autre ancien Premier ministre, Édouard Philippe, viole le dernier tabou macroniste en appelant de ses vœux une présidentielle anticipée après le vote du budget.

    Élisabeth Borne, également ancienne hôte de Matignon, s’est quant à elle déclarée ouverte, au nom de la « stabilité » du pays, à la suspension de la réforme des retraites qu’elle avait imposée à coups de 49.3…

    Rassemblement

    « Un aveu : la réforme des retraites est un échec », a commenté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Emmanuel Macron lâché par les siens, face à un bilan en forme de champ de ruine, a-t-il conscience que la France avait atteint un point de non-retour ?

    S’il s’avère incapable de nommer un Premier ministre de gauche ou, pire, si la gauche se révèle incapable de proposer un compromis fondé sur la justice sociale au pays, alors il faudra en revenir aux urnes.

    Mais rien ne permet d’assurer que de nouvelles législatives conduiraient à une situation sensiblement différente d’aujourd’hui.

    L’extrême droite, haineuse et revancharde, bien que déconsidérée par les affaires, croit dur comme fer en ses chances.

    Il y a urgence à lui opposer un rassemblement pour la démocratie et le progrès social.