Tag: Fusion

  • Une réduction d’effectifs du projet Iter fait des remous

    Une réduction d’effectifs du projet Iter fait des remous

    à Saint-Paul-lez-Durance, au nord d’Aix, Iter, projet international de recherche en fusion nucléaire prend forme. Mais le projet international vient de réduire ses effectifs. L’information a été dévoilée par La Provence. Ces départs font suite à une décision du Conseil Iter, tenu en juin, durant laquelle l’Organisation Iter (OI) « a mis en œuvre une réduction ciblée de ses effectifs dans le cadre de mesures plus larges de réduction des coûts », avant de préciser que « plusieurs mesures ont été prises en amont afin de limiter l’impact sur les membres du personnel directement employés. Des mesures de maîtrise des coûts ont également été appliquées aux prestataires externes ainsi qu’à d’autres formes de soutien externe. Le Comité du personnel d’Iter a été consulté et un dispositif de départ volontaire a été proposé (…) » Selon Iter, les « réductions d’effectif non-volontaires » concernent environ 3,5% de ses effectifs, sans compter les contrats non renouvelés. À noter que 1 100 personnes sont directement employées par l’organisation sur le site de St-Paul-lez-Durance. Celle-ci réaffirme également que ces « mesures récentes ont été prises dans le contexte de la situation financière et de trésorerie globale du projet » et que « tous les membres d’Iter ont réaffirmé leur soutien au projet. »

    « Préoccupations »

    Elle n’estime pas non plus que les licenciements ne modifient « le calendrier global de la Baseline 2024, notamment le démarrage des opérations de recherche prévu en 2034. » Sans avoir pu joindre de personnel concerné par ces licenciements, une longue note d’intention des membres du personnel de la Commission et de Fusion for Energy (F4E), organisation en charge de gérer la contribution de l’Union Européenne au projet Iter, adressée à Pietro Barabaschi, directeur général de l’OI et Jan Panek, chef de la délégation européenne auprès du Conseil Iter, ces derniers s’inquiètent. Et soulignent les « préoccupations » que ces mesures pourraient avoir sur le personnel et appellent à « ouvrir un dialogue avec les autorités compétentes ». Parmi les interrogations soulevées dans cette note, « la décision prise par le Conseil Iter en juin 2026 de ramener de neuf à trois mois le délai de notification applicable aux contrats concernés », jugée « particulièrement préoccupante », et « une dégradation de la protection de l’emploi au sein d’une organisation dans laquelle l’Union joue un rôle central ». Et de dénoncer « une référence répétée », dans un message adressé au personnel « à l’éventuelle ouverture de procédures disciplinaires » en cas de divulgation de « circonstances entourant leur licenciement ». Globalement, une procédure trop rapide, peu transparente. Qui interroge également la justification financière des licenciements.

  • Des milliers d’experts réunis à Aix autour de l’énergie de fusion

    Des milliers d’experts réunis à Aix autour de l’énergie de fusion

    Dans plusieurs lieux de la ville, scientifiques, chercheurs, mais aussi industriels et responsables institutionnels de toutes nationalités se réunissent autour d’un vaste sujet : l’énergie de fusion. La fusion nucléaire, phénomène qui alimente le Soleil, consiste à faire fusionner des noyaux atomiques légers afin de libérer une importante quantité d’énergie. Un phénomène naturel que scientifiques et ingénieurs cherchent aujourd’hui à reproduire pour exploiter cette source énergétique.

    Dès ce lundi et pendant cinq jours, 12 000 participants issus de 29 nationalités prennent part à la 34e édition du Symposium on fusion technology (Soft), lancée depuis le Grand théâtre de Provence. Soit, comme l’a rappelé Michael Houry, président du comité d’organisation internationale (CEA), « 66 ans après notre toute première édition, en 1960, l’une des premières conférences internationales consacrées à la fusion ».

    « Notre milieu a travaillé à démontrer que la fusion peut être contrôlée et durable, et nous avons réalisé des progrès remarquables », contextualise Michael Houry. À l’image du projet international Iter, situé à quelques dizaines de kilomètres au nord d’Aix-en-Provence juste à côté du CEA, qui vise à démontrer la faisabilité de la fusion nucléaire comme source d’énergie.

    « Dans le même temps, de nouveaux concepts émergent. Le secteur privé devient une part importante du paysage de la fusion (…). Il y a une dynamique autour de la fusion aujourd’hui. Et Soft a un rôle important à jouer. Le partage des connaissances et des expériences est essentiel. Mais c’est aussi un nouvel espace pour créer des partenariats, notamment entre les organismes publics et le secteur privé », poursuit Michael Houry.

    Une conférence grand public

    Tout au long de la semaine, plusieurs sessions dites plénières, ainsi que des sessions parallèles, permettront aux différents acteurs de la fusion de présenter leurs avancées, leurs travaux et de débattre des enjeux du secteur.

    Plusieurs lieux culturels de la cité aixoise sont mobilisés pour l’occasion : le Pavillon noir, le Grand théâtre de Provence, mais aussi le conservatoire Darius-Milhaud.

    Des posters scientifiques réalisés par de jeunes chercheurs internationaux, doctorants ou en fin de thèse, seront également présentés. « Ils pourront présenter leurs travaux de thèse sur des posters. Ils y mettent leurs résultats scientifiques », explique le service communication du centre CEA de Cadarache. Au total, 800 posters sont exposés dans les espaces du Grand théâtre de Provence.

    Au milieu de cette effervescence scientifique, un rendez-vous est également destiné au grand public. Ce mardi à partir de 18h30, à l’hôtel de ville d’Aix, Alain Bécoulet, scientifique en chef de la Iter Organisation, donnera une conférence consacrée au projet Iter et à la « course mondiale vers l’énergie de fusion ». L’entrée, est libre et gratuite.

  • [Entretien] Gilles Béna, directeur de recherche à l’IRD : « Il n’y a aucune réflexion et ça se fait au pas de charge »

    [Entretien] Gilles Béna, directeur de recherche à l’IRD : « Il n’y a aucune réflexion et ça se fait au pas de charge »

    La Marseillaise : Vous travaillez sur quoi actuellement ?

    Gilles Béna : Mon unité travaille sur la santé des plantes et notamment sur la lutte contre les pathogènes qui attaquent le riz, en Colombie, en Afrique ou en Asie du Sud-Est. Je travaille avec le Cambodge où nous avons monté en co-construction, un laboratoire mixte international. Notre problématique, c’est la culture du riz et la question de l’agroécologie : comment diminuer les traitements aux pesticides, aux insecticides par des approches alternatives.

    Concrètement ce travail au Cambodge se traduit comment ?

    G.B. : Fin août, je pars pour trois ans en affectation à Phnom Penh pour développer des programmes avec les chercheurs et enseignants-chercheurs locaux. Avoir une question de recherche et la développer avec nos partenaires du Sud sur des problématiques de leur pays, c’est le cœur de métier de l’IRD. Ces outils de projection, ces expatriations, ces missions longue durée font son originalité et permettent aussi d’encadrer et former des étudiants.

    Quel est l’intérêt d’être sur place ?

    G.B. : La continuité. Il y a cette image de « chercheurs hélicoptères », notamment pour les chercheurs américains qui restent quinze jours, prennent les données qui les intéressent et repartent. Ils vont associer les chercheurs du sud dans leurs publications mais en termes de formation, il n’y a rien. Nos projets sont plus ambitieux.

    On parle de la soft diplomatie de l’IRD. ça participe de cela ?

    G.B. : Complètement. On a des exemples de gens que l’IRD a accompagnés dans leur parcours scientifique de formation et sont rentrés dans des ministères de la recherche ou de l’enseignement supérieur des pays du sud. On voit qu’un lien intime et personnel, s’est créé avec l’IRD et la France. Tous les pays riches font de l’aide au développement mais souvent, ce n’est que du financement. L’IRD et la France ont une relation beaucoup plus proche via ces relations personnelles qui se nouent.

    Ce projet de fusion de l’IRD avec le CNRS, remet en cause votre mission ?

    G.B. : J’ai une lettre d’affectation au 1er septembre. L’interrogation, c’est si au 1er janvier, l’IRD a été dispersé au sein du CNRS : est-ce que le CNRS, qui est dans une vraie difficulté financière, va continuer à financer ces projections ? Si ce n’est pas le cas, des dizaines d’années de partenariats vont s’écrouler du jour au lendemain. Ce n’est pas la même ampleur mais on voit ce qui s’est passé avec les États-Unis de Trump qui ont, du jour au lendemain, arrêté leurs soutiens financiers. Ça a été catastrophique.

    Vous avez en tête d’autres cas de travaux de recherche ?

    G.B. : L’IRD a des partenariats dans à peu près tous les domaines de recherche, de la maladie du sommeil, la trypanosomiase africaine qui est en phase d’éradication en République de Gambie et est un exemple de réussite, à la gestion des stocks de poissons au Chili autour de la problématique de El Nino, dont le suivi a permis de donner des préconisations sur leur gestion. On peut décliner à la pelle les exemples de travaux issus de collaborations à long terme qui aboutissent à des choses vraiment concrètes.

    Et pour le quotidien des Français ?

    G.B. : J’ai vu mardi qu’un premier cas de virus West Nile dans les Pyrénées-Orientales a été observé. Ce virus de la vallée du Nil en Égypte est transmis par des moustiques. On voit bien qu’avec le réchauffement climatique, ces maladies qui sont travaillées par des unités de recherche de l’IRD depuis des années dans des pays du Sud, arrivent chez nous… C’est ce qui est un peu troublant dans cette volonté de faire disparaître l’IRD sur une base dogmatique, arguant que l’état doit être efficace, qu’il y a deux opérateurs, CNRS et IRD, et qu’il n’en faudrait plus qu’un. Mais il n’y a aucune réflexion et ça se fait au pas de charge. Officiellement, on n’est pas censé savoir que cette fusion arrive mais on l’annonce officieusement pour le 1er janvier. Tous les services administratifs disent « c’est impossible », sauf à aller au chaos.

  • Une fusion redoutée à l’école Simone-Veil

    Une fusion redoutée à l’école Simone-Veil

    Un projet de fusion des écoles maternelle et élémentaire Simone-Veil à Avignon, souhaité par la précédente municipalité, provoque encore quelques remous. Le syndicat Snudi-FO 84 regrette en effet que la direction académique ait retiré « le poste vacant de direction de l’école maternelle Simone-Veil pour préparer la fusion avec l’école élémentaire pour la rentrée 2027… après avoir échoué à la réaliser pour la rentrée 2026 ».

    Le syndicat estime que « rien ne justifie de soustraire ce poste au mouvement » et que le projet de fusion « n’avait pas l’adhésion des équipes pédagogiques ». « Pour diverses raisons, il a été décidé de prendre une année supplémentaire pour finaliser ou non ce projet. L’ensemble des acteurs concernés seront donc consultés l’an prochain, notamment les conseils d’école. Les échanges se poursuivront l’an prochain et la direction académique mettra en œuvre les décisions qui auront été prises. Le sujet sera donc abordé avec la nouvelle équipe municipale dans les semaines ou mois à venir », précise, contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse.

    Si la fusion des écoles n’est pas prévue avant 2027, une direction unique pour la maternelle et l’élémentaire sera bien mise en place à la rentrée 2026 pour l’heure.

    La direction académique confirme bien ce retrait, mais ajoute que c’est seulement de façon temporaire. « Dans la mesure où un des deux postes de direction d’école sera vacant à la rentrée 2026, il a été décidé de n’y affecter un personnel qu’à titre provisoire, le temps de s’assurer que la fusion aura lieu (auquel cas, il n’y aura plus qu’une direction unique). Si le projet est abandonné, le poste de direction sera de nouveau proposé au mouvement des personnels pour la rentrée 2027 », confirme la direction académique de Vaucluse.

  • L’optimisme de Renaud Muselier face aux résultats régionaux

    L’optimisme de Renaud Muselier face aux résultats régionaux

    Dans un très long communiqué, le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, a livré ce lundi son analyse du scrutin municipal. Tout d’abord et largement pour se féliciter de ce qu’il analyse comme « l’échec » de la performance de l’extrême droite dans la région. Elle « ne remporte pas la victoire éclatante que les pronostiqueurs lui prédisaient ».

    Celui qui avait soutenu Martine Vassal, dont les piètres résultats à Marseille sont notamment expliqués par son manque de clarté vis-à-vis de l’extrême droite, se démarque clairement, cite « l’échec cuisant » du RN à Marseille et Toulon et se réjouit : « Ils détiennent aujourd’hui seulement 15 communes de plus de 9 000 habitants. Sur les 946 communes de la région, ils détiennent moins de 2,5% des communes, toutes tailles confondues. »

    « Victoire probante

    du bloc central »

    Et de détailler la situation par département pour se réjouir « qu’aucune mairie » ne soit gagnée dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, que dans les Bouches-du-Rhône, « seulement deux communes ont basculé à l’extrême droite soit 1,6% du département » ou que, « en Vaucluse, sur 151 communes, le RN a échoué dans sa conquête, sauf dans quatre villes ». Même dans les Alpes-Maritimes, il trouve une lecture optimiste à l’« élection violente et fratricide » entre Éric Ciotti et Christian Estrosi : la ville « est conquise par l’extrême droite (UDR), mais pas par le Rassemblement national ».

    Renvoyant facilement dos à dos LFI et le RN, Renaud Muselier savoure que, « à gauche, la fusion des listes du Parti socialiste et de la France insoumise a été rejetée par les électeurs. Elle perd ses derniers fiefs de Vaucluse et de l’ouest des Bouches-du-Rhône », même si il « regrette la chute d’Aubagne » qu’il met sur le même plan que celle de Fos-sur-Mer – alors que la première a basculé à gauche et la seconde dans les bras de Philippe Maurizot, candidat soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio – expliquant ces deux résultats par « le fruit de la division ».

    Et d’en profiter pour en tirer une conclusion toute à son avantage : « C’est donc une victoire probante du bloc central qui conserve trois des quatre grandes métropoles, 90 communes sur les 101 de plus de 9 000 habitants de la région, et 98% des 946 communes de la région. »

    Après avoir félicité « l’ensemble des maires élus et leurs équipes », Renaud Muselier envoie un message qui semble spécialement destiné à Martine Vassal : « Pour les élus d’opposition, je souhaite qu’ils engagent avec les majorités des débats apaisés dans leurs assemblées au profit de leurs concitoyens. »

  • Carpentras emportée par la vague brune devant une gauche divisée

    Carpentras emportée par la vague brune devant une gauche divisée

    La division de la gauche à Carpentras aura donc conduit à ce que la mairie tombe, pour la première fois de son histoire, entre les mains de l’extrême droite. C’est le candidat du Rassemblement National, Hervé de Lépinau, qui l’emporte avec une majorité absolue, avec 50,78% des suffrages exprimés, et obtient 30 sièges au conseil municipal. Francis Adolphe (DVG), maire de 2008 à 2018, contraint de quitter ses fonctions après une condamnation pour violences conjugales, arrive deuxième avec 24,70% et obtient 5 sièges. Le maire sortant, Serge Andrieu (DVG), recueille quant à lui 24,52% et 4 sièges. L’abstention reste élevée : 40,68%.

    À 20 heures, dans les couloirs de l’Hôtel de ville de la capitale du Comtat Venaissin, l’annonce des résultats par Serge Andrieu a commencé avec un souffle d’abattement devant une centaine de personnes acquises à la cause du candidat du parti à la flamme. Après quelques railleries venues du camp d’extrême droite du député de la 3e circonscription de Vaucluse, et avoir serré la main du nouveau premier édile, Serge Andrieu file sans dire un mot.

    Il s’exprimera finalement par communiqué quelques minutes plus tard. « Le résultat de ce soir est une terrible nouvelle pour Carpentras. L’extrême droite remporte notre ville. Elle va en faire son laboratoire, y développer des politiques xénophobes, inégalitaires et profondément injustes. Ce résultat, ce sont les plus faibles, les plus précaires, qui en paieront le prix pendant les prochaines années », pose-t-il. Avant de s’attaquer à celui avec qui une fusion n’a pu s’effectuer : « La responsabilité de Francis Adolphe dans la période sombre qui s’ouvre est immense. Sa haine à mon égard, son orgueil, sa soif de revanche ont condamné notre ville au pire », assure-t-il, avant d’ajouter que « pour contrer l’extrême droite, nous avons besoin de clarté, de conviction et de constance. Tout ce dont Francis Adolphe est dépourvu. L’égo de Francis Adolphe, condamné par la justice pour violences conjugales, était démesuré. C’était profondément contraire à mon honneur de marchander la démocratie ». Il conclut qu’il ne se dérobera pas à ses responsabilités et que « l’heure est donc désormais celle d’une nouvelle génération, qui doit organiser l’opposition à l’extrême droite dans notre ville ».

    « Pff, c’est tout »

    L’ambiance était tout autre au sein du QG de campagne du troisième protagoniste qui, malgré sa défaite, a fini second en devançant Serge Andrieu de seulement 22 voix. « Ça va, on est devant Andrieu », glisse un de ses soutiens. « On est devant Andrieu, j’emmerde le reste », lance une autre. « On n’a rien pu faire. Je ne vais pas verser de larme car je suis toujours dans le coup d’après », lâche, la voix cassée, Francis Adolphe devant une tablée remplie de boissons et de chips. Et comme seule réaction à l’élection de Hervé de Lépinau, un « Pff, c’est tout ». Ses yeux sont désormais tournés vers la Communauté d’Agglomération Ventoux Comtat Venaissin : « J’apporterai ma voix au candidat qui sera le plus proche de nos valeurs, c’est-à-dire qui ne sera pas dans l’extrême droite. Et le combat sera là. » Un combat après l’autre. Mais la division mène à la chute.

    Le vainqueur du soir était lui-même présent en mairie, avec à ses côtés les deux candidats d’extrême droite qu’il avait devancés au premier tour et qui l’ont rejoint ou soutenu au second. À savoir Bertrand de la Chesnais, ancien directeur de campagne d’Éric Zemmour, et Christian Richaud-Simoni, qui était initialement investi par le parti à la flamme, puis désinvesti suite à la découverte de tweets racistes dont quatre colistiers ont rejoint Hervé de Lépinau. Les trois se sont affichés main dans la main. Hervé de Lépinau se réjouit d’une alliance « pas si évidente » et assure qu’il va « redonner du dynamisme » à la ville, sans accabler le bilan du maire sortant. Interrogé sur les inquiétudes des associations concernant d’éventuelles baisses de subventions, il affirme vouloir s’appuyer sur la loi NOTRe de 2015, qui redéfinit les compétences entre collectivités, et précise qu’il attendra des résultats pour chaque contrat passé. Une annonce qui n’augure rien de rassurant pour les structures associatives.

  • À Cogolin, l’extrême droite toujours debout malgré la fin de l’ère Lansade

    À Cogolin, l’extrême droite toujours debout malgré la fin de l’ère Lansade

    Aux mains de Marc-Etienne Lansade entre 2014 et 2025, jusqu’à sa condamnation à 5 ans inéligibilité en juillet, Cogolin bascule. Au premier tour, trois des quatre listes d’extrême droite – record en France -, menées par des (ex) proches de l’ancien maire, dont celle de sa successeuse Christiane Lardat n’ont pas franchi les 10%. La quatrième, menée par le RN Philippe Vallet, 3e du scrutin (18,76%), se retire et fusionne partiellement (trois candidats) avec celle de Pierre-Yves Tierce (Union des droites), qu’il justifie par ce qu’il considère comme un « flou entretenu entre la droite et la gauche » par la liste d’Isabelle Farnet-Risso (DVD), en tête au premier tour (33,88%, contre 29,2 pour Tierce).

    De quoi mettre à mal les déclarations de Pierre-Yves Tierce, prétendant n’avoir « aucun logo de parti ». Michael Rigaud, colistier d’Isabelle Farnet-Risso, affirme également que ce dernier, avec qui il avait échangé en décembre, avait demandé l’investiture du RN, accusant par ailleurs « Messieurs Tierce et Vallet d’avoir dilué les voix avec un accord de retrait au deuxième tour en cas de triangulaire pour avoir une chance de battre Isabelle Farnet-Risso. »

    Cette dernière, conseillère municipale d’opposition particulièrement active depuis 2020 face au clan Lansade, revendique « une liste apolitique, composée de personnes de toute tendance et opinion, unis par une conviction simple : “servir et ne pas se servir.” ».

  • À Aubagne, après la fusion, la gauche et le centre espèrent la victoire

    À Aubagne, après la fusion, la gauche et le centre espèrent la victoire

    Faire rempart contre l’extrême droite. C’est le but premier de la fusion annoncée ce lundi par le candidat de gauche, Jean-Pierre Squillari avec la liste de Giovanni Schipani (DVC). Une décision qui pourrait bien faire basculer le destin de la ville dimanche soir… Alors que Joëlle Melin (RN) est arrivée en tête du premier tour avec 24,94% des voix, talonnée par le maire LR sortant Gérard Gazay qui a rassemblé 24,83% des suffrages, il s’agit pour la tête de liste de l’union de gauche de « chasser Gérard Gazay de la maison et d’empêcher que Joëlle Melin y rentre », expliquait-il dans nos colonnes. Huit colistiers de la ligne « Aubagne mérite mieux » l’ont donc rejoint. « Un rassemblement naturel puisque nous avons le même langage », insistait Jean-Pierre Squillari.

    À ceux qui déplorent une « alliance contre nature », Giovanni Schipani estime dans un communiqué que « cette formule est commode, mais elle ne résiste pas aux faits ». « J’ai échangé et rencontré l’ensemble des équipes politiques locales depuis plus de trois ans. J’ai construit des relations de travail et de respect », estime-t-il, mettant l’accent sur « des proximités programmatiques » avec la liste de gauche, sur « des engagements prioritaires pour Aubagne ».

    Un programme partagé

    Reconnaissant avoir reçu des sollicitations de colistiers de Joëlle Melin, il a fait le choix d’ouvrir des discussions avec les équipes de Jean-Pierre Squillari et de Mohammed Salem (DVC), martèle-t-il et avoir travaillé au-delà d’une simple « fusion technique ». De son côté, Mohammed Salem qui a totalisé 6,6% des voix au premier tour a apporté son soutien au maire sortant. Mais certains de ses colistiers sont tout de même allés au soutien de la nouvelle liste fusionnée comme Yohann Otokpa présent au meeting de ce jeudi à la salle du Bras d’Or.

    Arrêt du bétonnage à tout crin, renouveau du centre-ville avec la construction d’une halle ou le soutien local au pouvoir d’achat font partie de propositions sur lesquelles se sont rassemblés les deux candidats de la gauche et du centre. Tous les deux sont également favorables à la tenue de tables rondes avec les commerçants pour contrer la fermeture des magasins et attirer de nouvelles enseignes à Aubagne. À noter que Jean-Pierre Squillari défend également la réhabilitation totale de la piscine du Bras d’Or pour en faire un vrai pôle aquatique couplé avec l’aménagement d’un parc urbain.

    Une campagne
    tout azimut

    Au cours d’une dernière journée de campagne, les militants des deux équipes ont mis le paquet, et se sont retrouvés ce vendredi matin devant les commerces de Valriant et de Camp major, pour poursuivre devant plusieurs boulangeries du centre-ville, puis devant les écoles de la Pérussonne, Marie Mauron, Antide Boyer et Nelson Mandela avant de terminer avec un porte-à-porte géant dans le centre-ville.

    Dans le cadre de cette triangulaire, il s’agissait ces derniers jours d’aller également à la pêche aux abstentionnistes quand un Aubagnais sur quatre ne s’est finalement pas rendu aux urnes au premier tour.

    « Battre à la fois le RN et raccompagner Gérard Gazay à son domicile est à portée de vote » estimait vendredi Jean-Pierre Squillari, assurant que « celles et ceux qui nous rejoignent sont de plus en plus nombreux chaque jour ». Giovanni Schipani martèle : « Notre union n’est en aucun cas une adhésion mais le choix de la raison. » Puis prudent, le candidat divers centre appelle à la mobilisation. « Chaque voix comptera pour transformer l’essai car rien n’est gagné », considère-t-il.

  • À Roquevaire, Hélène Spinelli et la gauche ont un sérieux défi à relever

    À Roquevaire, Hélène Spinelli et la gauche ont un sérieux défi à relever

    Hélène Spinelli (DVG) est arrivée en tête du premier tour dimanche dernier avec 38,06 % des voix. Derrière elle, Éric Bouillé (DVC) est deuxième avec 25,71 %, suivi de Marie-France Bertin (UDR) avec 18,88% et de Judith Dossemont (DVD) avec 17,35 %. Une quadrangulaire s’annonçait donc à l’issue du premier tour. Mais une fusion a été actée entre les listes d’Éric Bouillé, Mieux vivre Roquevaire, et de Judith Dossemont, Roquevaire avenir.

    En additionnant les voix du premier tour, la fusion permet théoriquement aux candidats arrivés en deuxième et quatrième positions de totaliser 43,06 % des voix… La candidate de gauche, en tête au premier tour, se retrouverait à présent en ballotage défavorable. Hélène Spinelli qui se dit « sereine » compte sur les abstentionnistes et ses voix de réserve pour maintenir la mairie à gauche. Mais le scrutin s’annonce serré.

  • À Lodève, pas de fusion mais une gauche rassemblée

    À Lodève, pas de fusion mais une gauche rassemblée

    Si les deux listes de gauche n’ont pas réussi à fusionner, les discussions ont néanmoins abouti au retrait de Sébastien Rome, qui voit certaines de ces propositions reprises par Fadilha Benammar-Koly. En ligne point de mire, la menace d’une victoire de la droite. En effet, au lendemain du premier tour, Claude Laateb (DVD) récolte 39,20% des suffrages, loin devant la représentante socialiste Fadilha Benammar-Koly (28,82%) et l’insoumis Sébastien Rome (21,48%). « Ce premier tour a montré que la gauche est bien implantée à Lodève. Nos deux listes ont une courte avance mais nous sommes devant », soutient Fadilha Benammar-Koly. Une courte avance certes, mais qui implique une union des suffrages si à gauche veut conserver la mairie. D’autant que Jean-Michel Salvador (divers) arrivé quatrième avec 10,49%, s’est retiré donnant des voix potentielles à Claude Laateb.

    « Nous avons beaucoup de points communs »

    Les discussions ont donc commencé le 16 mars. Mais celles-ci semblaient patiner. Si bien que Le 17 mars, socialistes et insoumis semblaient partir chacun de leur côté. Mais la raison l’a finalement emporté. « Les 21,48% des votes pour Sébastien Rome représentent une partie importante de la population, on ne pouvait faire comme si elle n’existait pas. De plus, nous avons beaucoup de points communs dans notre programme, ce qui est une bonne nouvelle », poursuit la candidate. Les négociations se sont poursuivies jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. « L’ensemble des conditions techniques pour l’union étaient présentes. Toutefois, le temps nécessaire pour organiser un réel travail commun n’ont pas été réunies. C’est pourquoi, en responsabilité face à la menace d’une droite trumpiste, nous avons décidé nous retirer du deuxième tour », écrit l’équipe de Sébastien Rome dans un communiqué. La socialiste s’est engagée à reprendre plusieurs mesures du programme du leader LFI l’insoumis, notamment la gratuité des fournitures scolaires, la création d’une foncière municipale et une politique environnementale plus ambitieuse. « Ce qui est important, ce n’est pas les étiquettes des partis mais l’amélioration du quotidien des Lodévois, défendre les services publics », souligne Fadilha Benammar-Koly. Aux Lodévois de trancher.