Tag: Frontignan

  • À Frontignan, quel avenir pour l’ex-site industriel ?

    À Frontignan, quel avenir pour l’ex-site industriel ?

    Un immense terre-plein central et un bâtiment administratif. À Frontignan, voilà ce qu’il reste de l’ancien site de 11 hectares de la raffinerie Exxon Mobil, dont l’opération de dépollution vient de s’achever.

    Après 4 ans de travaux complexes mais réalisés « sans aucun incident majeur », précise Pierre Grangette de North Atlantic Group Énergies – à l’exception de la découverte sur le chantier d’une bombe datant de la Seconde guerre mondiale (!) -, cette friche industrielle a pu être remise, le 27 mai, à la Ville de Frontignan, propriétaire du terrain.

    Obtenue en justice il y a 20 ans, par l’ancienne majorité municipale de Pierre Bouldoire (PS) sur la base du pollueur- payeur à l’entière charge (60 millions d’euros) de l’entreprise Esso SAF, l’opération de dépollution du site fut titanesque. Entre août 2022 et mars 2026, quelque 175 000 m3 de terre ont été excavés jusqu’à 4 mètres de profondeur, dont la moitié pour traitement en biocentre et réemploi. Afin de limiter les nuisances (émanations d’hydrocarbures, poussières), une tente gonflable géante (120 mètres de long sur 50 de large et 16 de haut) avait été installée sur place. Un dôme géant de 60 tonnes déplacé 18 fois pour quadriller la zone au fur et à mesure de l’avancée d’un des plus grands chantiers de ce type en Europe qui aura mobilisé sur place entre 40 et 70 ouvriers. Un « vrai défi » relevé en faisant en sorte que « les riverains soient le moins possible impactés par le bruit et les nuisances olfactives », se félicite Olivier Laurent, adjoint au maire.

    Un pôle d’échanges autour de la future gare SNCF

    Et maintenant ? Quel avenir pour cette friche industrielle à Frontignan la Peyrade ? S’il est donc réhabilité, le site ne pourra pas forcément accueillir n’importe quel projet. Une étude va être menée avec les services de l’État pour voir ce qu’il est possible de faire. Quoi qu’il en soit, le président de Sète Agglopôle voit le signe du « lancement d’une nouvelle ère pour le bassin de Thau ». « Les friches industrielles constituent un enjeu fondamental. Un espace de cette qualité-là, à proximité de la plage et du centre-ville, est unique et précieux », insiste Loïc Linarès (PS) précisant que sa collectivité facilitera le cas échéant les demandes « d’implantation d’entreprises locales » ou « d’installation de grands groupes ».

    Son homologue socialiste de la mairie de Frontignan a déjà des idées derrière la tête. L’ancien bâtiment administratif de la Mobil est voué à accueillir les voyageurs de la gare, avec espace de restauration et parc à vélos à proximité. L’idée de Michel Arrouy est d’implanter un pôle d’échange multimodal. La gare SNCF déplacée en serait le cœur (début des travaux espéré en 2028 ou 2029) avec un parking pour « fluidifier la circulation à l’entrée de la ville » ainsi qu’un passage souterrain et un cheminement piéton vers le centre-ville. Mais seulement si la concertation avec les habitants s’avère concluante. « Nous voulons créer un quartier qui vive toute la journée, tourné vers la jeunesse, et ainsi, permettre à tous nos concitoyens de s’approprier cet espace public comme un vrai lieu de vie, à la fois source d’activités économiques, de qualité de vie au cœur de la ville », confie Michel Arrouy. Si l’État donne son feu vert, il n’est pas exclu que le futur quartier accueille aussi des logements…

    « Créer un quartier qui vive toute
    la journée, tourné vers la jeunesse (…) »

  • Le roman noir prend le parti d’en rire

    Le roman noir prend le parti d’en rire

    « Rira bien qui rira le dernier ! », avertit l’affiche. En ces temps de désordre mondial, le Festival international du roman noir (Firn), porté par la Ville de Frontignan, a décidé de miser sur l’humour. Vache, sarcastique, désopilant, noir, pince-sans-rire… « L’humour sous toutes ses formes est un outil de critique formidable très usité dans le roman noir, qui se caractérise par un regard porté sur la société et une critique sociale », explique Camilla Bailbe, directrice de la culture et du patrimoine de Frontignan la Peyrade.

    C’est donc l’humour qui fera le lien entre les 15 auteurs (8 femmes, 7 hommes) de 6 nationalités différentes (Italie, Maroc, Grande-Bretagne, Belgique, Espagne, France) invités les 29 et 30 mai pour cette 29e édition. Un plateau international, donc, composé de Gianni Biondillo, Manu Causse, Zainab Fasiki, Pascale Ferroul, Koé, Anouk Langaney, Hicham Lasri, Iain Levison, Melvina Mestre, Nadine Monfils, Michèle Pedinielli, Mabrouck Rachedi, Christophe Siebert et David Torres.

    Comme l’an dernier, la manifestation se déroulera à la médiathèque Montaigne et sur la place du Contr’un, juste en face. Les auteurs et autrices, mêlant littérature jeunesse, bande dessinée, science fiction, roman noir, proposeront des séances de dédicace vendredi (9h-19h) et samedi (9h-19h) sur le stand des librairies partenaires.

    Nouveauté cette année, le festival propose, le vendredi matin (9h-12h), une journée professionnelle (mais ouverte également au grand public) dédiée au polar arabe autour de deux figures tutélaires : Driss Chraïbi, créateur de la série de l’inspecteur Ali, dont on commémore en 2026 le centenaire de la naissance et Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature et auteur du premier roman noir moderne en arabe (Le voleur et les chiens), mort il y aura 20 ans. L’occasion d’échanger avec des universitaires et des auteurs de la nouvelle scène marocaine.

    Comme chaque année, des rencontres thématiques seront proposées avec les auteurs, toute la journée du vendredi et du samedi. Par exemple : « Rire de tout, c’est sérieux », avec Manu Causse, « Mourir(e) dans la ville sourde », avec Gianni Biondillo et Michèle Pedinielli, « Le rire du désespoir » avec Iain Levison, « Guignol’s Band » avec Nadine Monfils et Mabrouck Rachedi ou encore « À chacun(e) ses armes », avec Melvina Mestre et David Torres. Des formats de rencontre plus courts et plus conviviaux appelés « apérobook », seront également au rendez-vous : « On se retrouve autour d’un verre pour un échange un peu plus rapide entre un éditeur et un auteur, suivi d’un temps de questions avec le public. »

    Le festival fera aussi la part belle à la lecture à voix haute, avec des performances offertes par les membres de la Brigade d’action livre et lecture engagée (Balle), qui liront des extraits de romans. « On a aussi des auteurs qui se prêtent au jeu, avec par exemple une lecture dessinée [ le retour de l’Inspecteur Ali, par Hicham Lasri et Zainab Fasiki, Ndlr] et une lecture musicale [Karnaval par Christophe Siébert, Ndlr] prévues pendant le festival », précise Camilla Bailbe.

    Deux remises de prix, une brasucade inaugurale, une exposition et un escape game dans les années 50 sont également au programme, sans oublier, le samedi, la traditionnelle « dictée noire » durant laquelle 200 enfants, adolescents, adultes tenteront de déjouer les subtilités orthographiques concoctées par l’autrice Anouk Langaney.

    * Tout le programme sur : www.frontignan.fr/firn-2026

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.

  • Le sortant socialiste l’emporte au 1er tour à Frontignan

    Le sortant socialiste l’emporte au 1er tour à Frontignan

    51,16%. C’est le score réalisé par le maire sortant de Frontignan Michel Arrouy, assuré, dès le premier tour, d’entamer un second mandat. Une victoire aux airs de grand chelem puisque le socialiste, à la tête d’une liste d’union de la gauche – excepté LFI, qui ne présentait toutefois aucun candidat – l’a emporté dans les 19 bureaux de vote de la ville. « Quand on voit les résultats autour de nous, on se dit que pour une ville de 25 000 habitants, c’est pas mal », savoure Michel Arrouy. Une « victoire collective », insiste-t-il, à mettre au crédit d’une « équipe des forces de gauche » et d’un bilan : « durant 6 ans, on a transformé la ville en faisant des investissements attendus par nos concitoyens sans dénaturer ni l’identité ni l’histoire de Frontignan ».

    Rien n’était pourtant joué dans cette commune du Bassin de Thau ouvertement convoitée par le Rassemblement national, dont le candidat Cédric Delapierre, arrivé second, a tout de même recuelli 35,87% des suffrages (4 152 voix, soit 477 de plus que le précédent candidat du RN, Gérard Prato, lors du deuxième tour des municipales de 2020, en duel contre Michel Arrouy).

    La liste RN décroche ainsi 6 sièges au conseil municipal de Frontignan face à 27 élus de la liste d’union de la gauche emmenée par Michel Arrouy et 2 élus de la liste conduite par le divers droit Thibaut Cléret Villagordo, arrivé troisième (12,97%). Reste une inconnue et un enjeu de taille : la répartition des sièges – donc le rapport de forces – au sein de l’Agglo de Sète, dont plusieurs communes, à commencer par Sète, doivent encore passer le couperet du second tour. A.G.

  • Économie et littoral au cœur de la campagne à Frontignan

    Économie et littoral au cœur de la campagne à Frontignan

    Un second mandat pour finir les réalisations du premier. Tel est le leitmotiv de Michel Arrouy, maire PS de Frontignan, candidat à sa réélection (lire ci-contre). Dans cette commune de près de 24 000 habitants, l’édile entend notamment poursuivre la revitalisation du cœur de ville, engagée avec la création d’un pôle culturel et l’ouverture d’un cinéma. Mais pour ce faire, le socialiste devra faire face à deux autres candidats qui tenteront de lui ravir son strapontin, à savoir le député RN Cédric Delapierre et Thibaut Cléret-Villagordo (divers droite).

    Ce dernier – tentant de chasser l’électorat RN avec la volonté d’augmenter les effectifs de police municipale et la mise en place d’une « préférence municipale » pour le logement et l’emploi – estime que le centre-ville se meurt. « Beaucoup me disent qu’il n’y a rien à faire à Frontignan. La politique s’est résumée à construire du logement mais on n’arrivera pas à dynamiser la ville. Frontignan dispose d’un atout majeur. Nous avons 11 hectares en plein cœur de ville et il y a un manque de divertissement sur le bassin de Thau. Nous créerons donc un pôle loisir sur la Mobil », détaille celui qui était déjà candidat en 2020.

    Ce n’est pas le seul foncier disponible de la commune, à l’instar de la ZAC des Pielles ou de la zone de Lafarge. Mais c’est là que les visions divergent entre le maire et Thibaut Cléret-Villagordo. Alors que le premier priorise des lieux de rencontre, des espaces de fraîcheur ou encore des promenades, Thibaud Cléret met l’accent sur la diversification des activités pour attirer les entreprises. « Nous doublerons la zone d’Intermarché afin de fixer la clientèle et créer de la richesse », indique Thibaut Cléret-Villagordo.

    Préservation du littoral

    Commune balnéaire, Frontignan est aux premières loges du dérèglement climatique et doit s’adapter au recul du trait de côte. « On l’a beaucoup anticipé sur ce mandat. Je crois qu’il ne faut pas mentir à nos concitoyens, il faut leur donner la réalité aujourd’hui. Les changements climatiques, le recul du trait de côte sont des réalités. Or, ce ne sera pas à l’échéance de nos vies. Mais, cela ne veut pas dire qu’on abandonne un quartier comme la Plage, on va devoir faire des aménagements et continuer à travailler avec nos concitoyens sur ce risque avéré », détaille Michel Arrouy.

    Une vision rejetée par Thibaut Cléret-Villagordo. « La majorité actuelle a baissé les bras. Ils vont pousser vers le repli des côtes et évacuer [le quartier] Frontignan Plage. Une ville qui abandonne sa plage perd une part d’elle-même. » Et de miser sur les dunes, l’ensablement. « Des solutions existent mais il faut mettre tout le monde autour de la table et prendre les bonnes mesures. »

  • [Entretien] Michel Arrouy : « Être un maire réparateur plutôt qu’un bétonneur »

    [Entretien] Michel Arrouy : « Être un maire réparateur plutôt qu’un bétonneur »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir voulu vous représenter ?

    Michel Arrouy : J’arrive à la fin de mon premier mandat. L’action et les projets en cours nécessitaient un deuxième mandat pour les finaliser. Mais je ne suis pas pour le cumul des mandats et la longévité. Par contre, il faut un minimum de temps pour que l’action publique se mette en place.

    Quels sont les projets à finaliser ?

    M.A. : On a attaqué la rénovation du cœur de ville, des quais au bord du canal avec le pôle culturel et le cinéma qui a ouvert. Demain, on va attaquer les 11 hectares de la zone d’Exon Mobil où la dépollution a démarré le lendemain de mon élection. Il y a eu cinq ans de remédiation et puis là, c’est ce grand projet qui va démarrer avec la nouvelle gare, le pôle d’échanges multimodal. Mais aussi des activités de loisirs, d’animations et des entreprises qui s’implanteront sur le site. C’est un grand projet qui va permettre d’accélérer la requalification, la revitalisation de notre cœur de ville qui est un enjeu majeur.

    Il y a beaucoup de fonciers disponibles à Frontignan, est-ce un atout pour la commune ?

    M.A. : À Frontignan, on a cette chance d’avoir la maîtrise du foncier puisque ces 11 hectares sont la propriété de la Ville donc il n’y a pas de procédures d’acquisition. C’est une chance aussi pour la ville d’avoir ces zones industrielles. Nous avons commencé il y a quelques années sur la ZAC des Pielles avec la médiathèque, du logement, des espaces publics. On a une chance de reconstruire la ville sur elle-même sans utiliser de nouveaux espaces.

    Mais le contexte économique ne risque pas de limiter votre marge de manœuvre ?

    M.A. : Non, puisque nous sommes sur du volontarisme politique. Par exemple, sur ce mandat, on n’a pas augmenté les impôts et on n’a pas endetté la Ville d’un euro supplémentaire. Si on travaille collectivement sur des projets, on peut y arriver mais ça veut dire qu’il faut se retrousser les manches et aller chercher les financements là où ils sont. Je crois à l’intelligence collective dans ces projets, par exemple, nous avons ouvert un cinéma dans une période où il n’y a pas d’ouverture de cinémas et c’est un véritable succès puisqu’il y a eu quasiment 30 000 entrées en deux mois. Donc, si on travaille les projets véritablement, qu’on les boucle bien, on peut le faire sans dégrader les finances communales.

    Quels sont les nouveaux projets ?

    M.A. : À la Peyrade, on aura un pôle sportif. Nous réalisons un travail de bouclage du secteur en termes de voirie. Le nouveau gymnase du collège Simone-de-Beauvoir du Département sera implanté. Il y aura aussi la nouvelle piscine intercommunale financée par l’Agglo. Ça, c’est un gros projet qui est attendu parce que notre piscine est désuète. Ça n’impactera pas les finances communales, le projet est financé à la fois par l’Agglo et le Département. Autre projet, la friche Lafarge en bordure de l’étang de Thau. Ce sont 70 hectares que nous allons renaturer et qui permettront de reconnecter la ville et la Peyrade à notre façade du bassin de Thau. Car nous avons oublié à Frontignan qu’on était véritablement une ville du bord du bassin de Thau. Nous sommes une des seules parties du bassin qui n’est pas urbanisée. On va le rendre à nos concitoyens à travers des promenades, quelques activités culturelles et d’économie circulaire. Ce sera un des enjeux du prochain mandat, il faudra être un maire réparateur plutôt qu’un maire bétonneur. Il va falloir retrouver de l’espace public, des espaces de fraîcheur dans la ville, créer des lieux de rencontre, parce que je crois que c’est ce qui manque aujourd’hui dans notre société. Le programme ne doit pas être lié uniquement à du bétonnage et à des grands ensembles.

    Frontignan n’échappe pas à la tendance nationale de la montée de l’extrême droite. En deux ans, le RN progresse de dix points. Comment lutter ?

    M.A. : Les chiffres du RN sont très forts sur le bassin de Thau depuis très longtemps sauf pour les élections locales. Sur les élections locales, les citoyens font confiance à leur maire, aux élus locaux. Et ça, c’est important. Je pense qu’il y a un divorce de nos concitoyens avec nos élus nationaux plus qu’avec nos édiles locaux. Le maire ou les élus, que ce soit Frontignan ou ailleurs, sont les interlocuteurs de proximité des citoyens. Concernant la ville de Frontignan, le candidat RN habite à Frontignan depuis six mois, il n’est pas d’ici et est un parachuté. Je ne pense pas qu’on fasse de la politique en prenant les administrés pour des imbéciles. Je crois que c’est important que les élus, quels qu’ils soient, nationaux ou locaux, renouent la relation avec leurs concitoyens et ne sortent pas juste six mois avant les élections.

  • Le chantier de réhabilitation de la Mobil à Frontignan touche à sa fin

    Le chantier de réhabilitation de la Mobil à Frontignan touche à sa fin

    Après des années de lutte et de négociations avec l’industriel, la réhabilitation environnementale du site de l’ancienne raffinerie Exxon-Mobil de Frontignan, exploitée par la société pétrolière et gazière américaine pendant plus de 80 ans jusqu’à son démantèlement en 1986, a débuté en 2022. Pris en charge par Esso, devenu il y a quelques mois North Atlantic, cet énorme chantier de dépollution à plus de 60 millions d’euros – un des plus gros d’Europe – a consisté à excaver 11 hectares de terres impactées par des hydrocarbures et des métaux lourds. Il touche aujourd’hui à sa fin.

    170 000 m3 de terres excavées

    Après avoir été déplacée pour la 16e fois le 28 octobre dernier, l’immense tente gonflable de 120 m de long par 50 m de large et 16 m de haut, « dispositif unique au monde destiné à limiter les émanations d’odeurs d’hydrocarbures », a été déplacée pour la dernière fois le 7 janvier afin d’accueillir la dernière ligne droite d’un chantier qui s’achèvera début mars. « 170 000 m3 de terres auront ainsi été excavées de 1 à 4 m de profondeur, dont 85 000 m3 auront été évacués hors site » vers des centres agréés, indique la Ville de Frontignan dans un communiqué. Suivront trois mois de démantèlement (démontage de la tente gonflable, de la tente conventionnelle utilisée pour le criblage et le stockage des terres, de l’unité de traitement des eaux, de la base-vie, nivellement final et repli des engins de chantier… )

    « L’achèvement prochain de ce chantier hors-norme marque une étape majeure pour Frontignan-la Peyrade », déclare le maire de la commune, Michel Arrouy (PS). « Après des décennies d’attente, ce site emblématique de notre histoire industrielle va enfin être dépollué, dans des conditions exemplaires et intégralement prises en charge par l’industriel responsable. C’est un soulagement pour les habitants et une réussite collective. Nous pouvons désormais nous projeter vers l’avenir », se réjouit l’édile. Une fois les terrains restitués à la commune, l’heure sera en effet à la reconversion du site, qui « ouvrira la voie à un projet structurant pour le territoire, avec le déplacement de la gare, la création d’un pôle d’échanges multimodal et l’accueil d’activités économiques tournées vers la transition écologique », précise Michel Arrouy.

  • La drague Hydromer bientôt plus écolo en Occitanie

    La drague Hydromer bientôt plus écolo en Occitanie

    C’est une première mondiale. La drague Hydromer, ce navire destiné à l’entretien des fonds des trois ports propriétés de la Région à Sète-Frontignan, Port-la-Nouvelle et au Grau-du-Roi, va bénéficier d’ici septembre 2026, de l’installation à son bord de la technologie hydrogène.

    En 2024, le navire a remplacé le Cap Croisette qui a pris une retraite bien méritée après 47 ans de nettoyage.

    -20% d’émissions de CO2

    Pour rappel, la Région avait initié en 2021 la construction du navire Hydromer dans le cadre du renouvellement de sa flotte de navires et afin de poursuivre la réduction de l’impact environnemental des activités portuaires. Il avait été mis en service en septembre 2024 et fonctionnait à l’énergie électrique, bien que conçu pour fonctionner à l’hydrogène. Une solution temporaire en attendant la mise en production de l’usine Hyd’Occ de fabrication d’hydrogène vert à Port-la-Nouvelle. L’Hydromer sera équipé de la technologie durant l’été.

    À terme, la Région annonce 20% d’émissions de CO2 en moins et zéro émission au port ou au mouillage, soit 700 tonnes de CO2 non rejetées dans l’atmosphère par an.

    Depuis sa mise en service, l’Hydromer a dragué 440 000m3 de sédiments dans les ports de la Région, soit l’équivalent de 150 piscines olympiques.

  • [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    Sur l’île singulière, 2025 restera l’année du séisme politique. Après 24 ans de règne sans partage, François Commeinhes a brusquement tout perdu : la mairie de Sète, la présidence de l’Agglomération et son statut de notable respectable.

    Pour le gynécologue de profession qui jusqu’ici paraissait intouchable, la dégringolade fut brutale, dans la lignée de celle de son voisin agathois de droite, Gilles d’Ettore, contraint l’an passé de quitter le pouvoir dans l’attente de son procès dans l’affaire de la voyante.

    Pour François Commeinhes, qui n’avait plus sa carte des Républicains depuis 2017, point de conversation ésotérique avec l’au-delà mais là encore une affaire de « détournement de fonds publics ». Fin avril, l’édile était définitivement condamné en cassation pour avoir versé, entre 2016 et 2019, des rémunérations indues à son ancien directeur général des services, Patrice Millet, pour la coquette somme de 99 000 euros. Quand bien même la Cour de cassation reconnaissait que F. Commeinhes ne s’était pas lui-même enrichi de la manœuvre dont il a toujours nié avoir eu connaissance, la Justice confirmait ainsi le jugement de la Cour d’appel de Montpellier. Condamné à un an de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec interdiction de droit de vote, F. Commeinhes, 76 ans, prenait acte de la sanction jugée « disproportionnée sur le fond ». Dans une vidéo Facebook postée le 30 avril, il annonçait aussitôt sa démission de tous ses mandats sans désigner d’héritier politique.

    Linarès récupère l’Agglo

    En dépit de la secousse, la Ville de Sète est restée à droite. Du conclave de la majorité municipale, c’est finalement avec le nom d’Hervé Marquès que sort la fumée blanche le 5 mai avant le vote de confirmation le 12 mai. Salué pour sa connaissance des dossiers et sa personnalité, l’ancien adjoint aux sports fait consensus et coiffe sur le poteau d’autres postulants (François Escarguel, Jeanne Corporon, Hervé Merz…). Depuis, le maire par intérim, qui n’a pas encore déclaré sa candidature en 2026, s’efforce de terminer le mandat dans les pas de son mentor, sans faire trop de vagues ni coup d’éclat.

    En revanche, l’histoire a pris un tout autre cours dans le Bassin de Thau. Le 13 mai, Jean-Guy Majourel (22 voix), le candidat envoyé par la municipalité sétoise, était battu à la présidence de Sète Agglopôle. Après 3 tours d’un scrutin indécis, Loïc Linarès (PS), jusque là deuxième vice-président du maire de Frontignan, Michel Arrouy (PS), prenait la main (24 voix). Avec une majorité relative fragile, Loïc Linarès s’est immédiatement promis d’agir dans un « esprit de coopération sincère en respectant les sensibilités et en assurant une gouvernance claire, partagée et respectueuse de l’intelligence collective ». Si la gauche conserve Frontignan en 2026, voilà qui ouvre des perspectives.

  • Un nouveau cinéma indépendant prend son envol à Frontignan

    Un nouveau cinéma indépendant prend son envol à Frontignan

    Il faut être un peu fou pour ouvrir un cinéma aujourd’hui », s’amuse Priscillia Schneider. Après 25 ans à la tête du Cinémistral, le cinéma municipal de Frontignan qui a fermé définitivement ses portes en avril, elle prend les rênes d’un cinéma indépendant flambant neuf.

    Baptisé Quai des lumières, qui sonne comme un hommage croisé à Quai des brumes et aux frères Lumières, ce nouveau cinéma est amarré au bord du canal, quai Voltaire, dans d’anciens chais réhabilités. Le 19 décembre, au terme de 3 ans de travaux, il accueillera ses premiers spectateurs pour un envol qu’on lui souhaite heureux. Un pari forcément risqué, le cinéma indépendant restant une économie très fragile, mais un défi stimulant pour les quatre passionnés de 7e art qui se sont associés dans ce projet : Priscillia Schneider, donc, directrice de ce nouveau lieu, mais aussi Isabelle Moreau, Frédéric Perrot et Jean Villa, tous exploitants de salles de cinéma en Occitanie.

    Une expérience
    haut de gamme

    Avec ses quatre salles et 548 fauteuils, le Quai des lumières voit bien plus grand que son prédécesseur, à salle unique (149 fauteuils). Mais l’esprit, lui, reste fidèle à ce que fut le Cinémistral : « Je défends une programmation pluraliste, qui présente à la fois Avatar et l’Inconnu de la grande arche », illustre Priscillia Schneider. Du cinéma grand public comme des films d’auteur, généraliste mais avec un axe fort art et essai. « Un cinéma ouvert, vivant, en lien avec ses spectateurs », où seront programmés régulièrement, comme du temps du Cinémistral, des événements autour des films.

    « Nous accordons aussi beaucoup d’importance à ce que les tarifs moins de 10 euros* restent accessibles », insiste la directrice. Cela n’empêchera pas les spectateurs de visionner les films dans les meilleures conditions : « On a un outil extraordinaire entre les mains. D’un point de vue technologique, on est au même niveau qu’un multiplexe, avec des projecteurs dernier cri, des fauteuils inclinables haut de gamme. ». Au Quai des Lumières en revanche, pas de bornes numériques pour prendre ses places, mais un accueil en chair et en os, à l’ancienne. Priorité à l’humain.

    « On est dans une période complexe pour la salle de cinéma. On est sorti d’une année 2024 exceptionnelle et on a fait une année 2025 catastrophique liée à l’offre de films, vraiment faiblarde à cause notamment de la grève des scénaristes aux États-Unis. À quoi s’ajoutent l’attrait des plateformes et la qualité des séries », décrypte Priscillia Schneider. Outre le noyau dur des cinéphiles, il faut donc « aller chercher des gens qui ne vont plus au cinéma et leur redonner l’envie. C’est un gros challenge. Mais je me sens forte de l’histoire du Cinémistral pendant 25 ans : on a démarré à 17 000 entrées par an et on a fini à 60 000 pour 149 fauteuils. Là, on a un objectif de 120 000 entrées pour 548 fauteuils, en espérant atteindre les 140 000. Si tel est le cas, on fera deux salles supplémentaires, car on a gardé une réserve locative », confie la directrice.

    Le site devrait attirer du monde, car outre le cinéma, les « Chais du canal » comprennent également une librairie, une école de cinéma documentaire (Explore Academy) et une brasserie ouverte 7 jours sur 7, pour casser la croûte ou boire un verre avant ou après une toile…

    * 9,50 euros la place
    7,50 euros tarif réduit.