Tag: front républicain

  • À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    Une seule chose demeurait certaine ce dimanche soir à la Seyne-sur-Mer : le candidat du Rassemblement national Dorian Munoz a réalisé un tour de force en se plaçant largement en tête des suffrages avec 35,30% des voix. Derrière suivent trois candidats : dans l’ordre, le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), le dissident de la majorité Cheikh Mansour (HOR, 13,25%) et le candidat d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%).

    Le premier est en position de force. S’il n’a pas désiré s’exprimer avant que le résultat des votes soit complètement entériné (à l’heure où nous bouclons, des doutes persistent sur certains bureaux), le maire sortant a été vu en train de discuter avec Frédéric Dailleau (SE), crédité de 5,66%. En vue d’une fusion ?

    Sacco ne compte pas se retirer

    Une fusion à laquelle ne devrait pas prendre part Stéphane Sacco. Ce dernier a d’ores et déjà annoncé qu’il ne comptait pas se retirer dans l’idée d’un front républicain face au RN. « Cela signifierait ne plus avoir de conseillers municipaux. Nous l’avons fait à la région et aujourd’hui, nous n’avons plus aucun élu de gauche », justifie-t-il, croyant encore en la possibilité de mobiliser davantage d’électeurs au second tour, notamment dans les quartiers populaires. « Le RN avait fait 15,6% au premier tour en 2020, et 10,9 au second », rappelle-t-il. Une position inflexible même si des consignes nationales étaient données en ce sens ? Du côté de ses colistiers, on ne pense pas que cela changera quoi que ce soit. En revanche, et même si cela n’avait pas encore été fait dimanche soir, des discussions avec les deux autres candidats de gauche, Olivier Andrau (PS, 8,63%), et Zohra Sidi Driss (LFI, 3,99%), bien que celle-ci ne soit pas en position de fusion, étaient envisagées.

    Dans l’équation également, Cheikh Mansour. Arrivé en troisième position, l’ancien membre de la majorité, qu’il a quitté au moment de la condamnation de Nathalie Bicais – dont il reste proche – à une peine d’inéligibilité de 5 ans en mai dernier, se gardait de divulguer tout choix stratégique avant de s’être réuni avec son comité de campagne. Mais il se disait toutefois ouvert à toutes les options, que ce soit une alliance avec Minniti, ou même à travailler avec la gauche dans l’optique de faire barrage à l’extrême droite. « Je ne pense pas que le RN soit une bonne chose pour la Seyne », glissait-il.

  • À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    Martigues la républicaine tient bon dans la tempête ! » lance le maire (PCF) et candidat à sa réélection, au moment de proclamer les résultats définitifs du 1er tour des élections municipales pour la ville de Martigues dimanche soir.

    Devant la foule réunie au sein de l’hôtel de Ville, l’édile a annoncé dans l’ordre les 3,04% récoltés par Anne-Marie Sudry (DVG) ancienne adjointe (GRS) de la majorité, 7,9 % pour Frédéric Grimaud (DVG), tête de liste insoumise du Collectif citoyen martégal, suivi de 25,3% pour Jean-Luc Di Maria (DVD), candidat LR et de 28% pour le député RN Emmanuel Fouquart. Enfin, Gaby Charroux annonce que la liste d’union de la gauche et citoyenne qu’il conduit récolte 35,71% des voix, pour une participation de 57,55%, qu’il considère comme « pas très fameuse ». Et rajoute : « Mais il y a sans doute des raisons et c’est à nous d’aller chercher ceux qui ont manqué » remarque-t-il. Des résultats définitifs sous réserve de modification ultérieure.

    Triangulaire en vue

    Le maire sortant a fait part de sa « satisfaction et du plaisir » qu’il retient de la campagne. « Nous avons travaillé dur et nous sommes très contents des résultats qui nous placent en tête. On nous annonçait une vague RN mais on résiste ! Nous sommes devant le RN », jubile le candidat devant une assistance soulagée, répondant par des applaudissements et clameurs.

    Mais la campagne n’est pas terminée, avec le second tour déjà en tête pour le candidat communiste. « Il est très probable qu’il ne restera que 3 listes, nous allons mener bataille contre le RN et la droite », annonce Gaby Charroux. S’agissant d’éventuelles discussions avec d’autres candidats, le maire indique que « nous restons sur nos objectifs », estimant qu’il est « un peu tôt à peine après avoir annoncé les résultats ». « Nous avons besoin de réfléchir », considère-t-il, la nuit portant conseil, en attendant de « voir ce que les autres vont faire ».

    C’est peut-être là l’enjeu du second tour : les abstentionnistes. « Nous sommes en tête dans beaucoup de quartiers populaires mais avec une forte abstention », relève le maire sortant, se disant que c’est « à nous de travailler ceux qui n’ont pas voté ».

    Forte abstention

    D’autre part, l’édile pense aux voix issues des deux autres listes de gauche. « À nous d’aller chercher leurs électeurs pour qu’ils nous accompagnent pour faire barrage au RN. À eux de dire ce qu’ils veulent : le pouvoir au RN ou défendre les idées de la gauche comme ils l’ont affirmé dans leur campagne », tranche Gaby Charroux.

    À quelques pas, Frédéric Grimaud commente les résultats : « On est parti de 0 on fait 8% et c’est bien, on est content, on aurait peut-être préféré 10% mais ce n’est pas ce qui est important » estime le chef de file du Collectif citoyen martégal. « Ce soir je vois la droite cumulée au-dessus de la gauche. On réunit une assemblée ce soir pour une analyse collective » et la rédaction d’un communiqué. En attendant, l’insoumis l’affirme : « Soit le maire appelle à un front républicain et peut-être qu’on répondra, soit on fera un communiqué de second tour ».

    De son côté, Anne-Marie Sudry (DVG) n’a pas souhaité réagir dimanche soir. De l’autre côté, à droite, Jean-Luc Di Maria n’a pas non plus fait de commentaire.

  • Nicolas Sarkozy prêt à enterrer le front républicain à Marseille ?

    Nicolas Sarkozy prêt à enterrer le front républicain à Marseille ?

    Tout juste libéré, toujours sous contrôle judiciaire, Nicolas Sarkozy dédicace, ce jeudi à Marseille, son Journal d’un prisonnier, sorti la veille. Dans cet ouvrage publié aux éditions Fayard, propriété du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, le seul président de notre histoire récente à être passé par la case prison raconte ses vingt jours de détention. Plus de 200 pages, où il se dépeint comme un martyr à la découverte de « l’enfer » carcéral – bien qu’ayant bénéficié d’un régime d’exception – et assure être « innocent ».

    L’ancien chef de l’État a été condamné en première instance à cinq ans de prison avec mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire pour associations de malfaiteurs dans l’affaire du financement illégal de sa campagne électorale de 2007 par des fonds du régime libyen.

    Pour ce déplacement marseillais, le multicondamné est attendu dans la Librairie Arcadia, dans les 11-12, un secteur municipal géré par la droite mais où le RN est particulièrement influent. Une « reconnaissance » pour les « très nombreux courriers qu’il a reçus quand il était incarcéré et notamment de la part des Marseillais », veut croire le maire de secteur Sylvain Souvestre (LR).

    « Parler à tous les électeurs »

    L’annonce de la visite de l’ancien champion de la droite a provoqué l’ire de la majorité municipale. « Soutenir et avoir de l’amitié pour quelqu’un, ce n’est pas nier une décision de justice. Aujourd’hui, jusqu’à preuve du contraire, M. Sarkozy est libre », justifie Sylvain Souvestre, renvoyant le Printemps marseillais à une prétendue alliance avec l’insoumis Sébastien Delogu aux municipales, « qui, lui, a été condamné pour avoir frappé un proviseur », se défend le maire des 11-12. Pour rappel, Nicolas Sarkozy est définitivement condamné dans deux autres affaires, celle dite des écoutes de l’Élysée et Bygmalion.

    Le gris de la cellule du prisonnier vire au brun lorsqu’il y enterre le front républicain. Au téléphone avec Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy lui assure qu’il ne s’associera pas à un barrage à l’extrême droite. « Je l’assumerai en prenant le moment venu une position publique sur le sujet », promet-il à la fille de Jean-Marie Le Pen, évoquant au passage un « rassemblement le plus large possible » à droite, « sans exclusive et sans anathème ». De quoi pousser son camp dans les poubelles de l’Histoire auxquelles appartiennent le Rassemblement national ? « Il n’a jamais écrit ou jamais appelé à l’union des droites. Il dit simplement qu’il faut parler à tous les électeurs », rattrape Sylvain Souvestre, rappelant qu’il a lui même fait le ménage dans ses rangs.

    À la Région, Renaud Muselier est sur la même ligne : « Dans son livre, il dit du bien de moi et des bébés Chirac de l’époque, je le verrai ce jeudi. Nicolas fait du Sarko, j’ai lu dans son livre qu’il disait “une alternative ne réside pas dans un accord ou non avec le RN mais dans une volonté de parler sincèrement, vraiment, profondément, à ses électeurs qui ne sont plus les nôtres après l’avoir été”. Je note qu’il avait asséché le RN par son discours républicain lorsqu’il a mené ses campagnes présidentielles. Je vais garder cette thèse là », assure-t-il.

  • Au Pontet, un front républicain pour sortir le RN se profile

    Au Pontet, un front républicain pour sortir le RN se profile

    En 2020, Joris Hébrard, maire RN du Pontet avait été réélu pour un second mandat, dès le premier tour, récoltant 57% des voix face à trois listes divers droite. En juin, le premier magistrat a annoncé, dans le magazine municipal, sa volonté de briguer un 3e mandat. Pour se donner une chance d’éviter six nouvelles années d’extrême droite, ses opposants espèrent partir unis.

    « Le rassemblement des forces républicaines, sociales et solidaires est en bonne voie pour faire obstacle à la politique d’exclusion et de grippe-sou de l’extrême droite », annonce, dans un communiqué, Michel Lovera, chef de file du PCF, mandaté pour représenter la gauche, historiquement peu implantée au Pontet. Un soutien est acté auprès de Jean-Firmin Bardisa, actuel chef de file de l’opposition et qui a annoncé sa candidature il y a un mois et demi. En lice aussi en 2020, Christophe Roux (UDI) s’est rallié à Bardisa. « Début octobre, on a aussi rencontré Caroline Grelet-Joly [autre élue d’opposition] qui, a priori, ne souhaite pas nous rejoindre mais n’a pas encore décidé si elle sera candidate », fait valoir Michel Lovera. En face, l’extrême droite pourrait aussi avancer divisée. Le premier adjoint, Patrick Suisse, et éphémère maire lors de la parenthèse de moins d’un an d’Hébrard comme député, a des velléités de liste même si le maire œuvre pour l’en dissuader.

    En attendant, les représentants de cette large liste républicaine doivent se revoir encore ce mercredi soir et espèrent lancer leur campagne début novembre. « Même si on peut avoir des divergences, un travail sur des thématiques partagées est engagé », assure Michel Lovera.