Tag: Froid

  • [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    Cet été, il fait chaud. Beaucoup trop chaud. « Mais c’est tout à fait courant dans le monde dans lequel on va », affirme pourtant, un brin fataliste, Stéphane Roos, directeur adjoint de Météo-France sur la zone sud-est. Car il faut s’y résoudre : « De notre vivant, on ne retrouvera jamais la planète telle qu’elle était. On voit cet été comme exceptionnel par rapport à des références qui, aujourd’hui, n’existent plus. Dans 15-20 ans, il sera tout à fait normal ».

    Cela fait « des dizaines d’années » que l’institution, devenue grande contributrice du GIEC, prévient « d’un réchauffement climatique majeur. On en a la confirmation, et on se rend compte que ça arrive en temps et en heure, même un peu avant. Là, pour l’instant, on est encore dans les scénarios décrits par la TRACC, la trajectoire régionale d’adaptation au changement climatique », appuie Stéphane Roos. Ceux-ci sont utilisés par la France pour produire des politiques d’adaptation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En ligne de mire : +3°C à horizon 2100 au niveau mondial, 4°C en France « et peut-être même +0,8°C de plus sur l’arc méditerranéen », met-il en garde.

    Avec tous les changements globaux que cela induit : « Il ne s’agit pas juste de 3°C en plus : 3,6°C, c’est ce qui nous sépare du mammouth laineux. Il y a 120 000 ans et 60 000 ans, plus des deux tiers de l’hémisphère nord étaient recouverts par 1 à 2 km de glace. Ça a mis 20 000 à 30 000 ans pour se réchauffer ». À l’inverse, 3°C supplémentaires auront pour conséquence une sécheresse accrue des sols : « Ces températures jouent sur l’hydrométrie. De plus, même s’il y a presque toujours autant de pluies, au lieu d’être étalées dans le temps et de recharger les nappes, elles sont concentrées sur des épisodes très courts et dévastateurs, et au lieu de rentrer dans le sol, elles ruissellent vers la mer, ce qui limite la recharge des nappes phréatiques. C’est aggravé par l’évapotranspiration : quand les plantes reçoivent des gouttes d’eau, elles les captent et transpirent parce qu’il fait chaud, les rejetant dans l’atmosphère ».

    « D’une logique d’observation à une logique de prévision »

    Pour établir ces prévisions à long terme, il faut regarder derrière. C’est ce que s’attelle à faire, depuis le Moyen-Âge, la climatologie. « Au XVIIe siècle, on a découvert la pression atmosphérique. Petit à petit, on invente les moyens de mesurer la force du vent, le pluviomètre… On s’est mis à noter de manière de plus en plus rigoureuse, et on s’est servi de ces données pour caler les modèles d’évolution climatique : on les utilise pour ajuster les modèles », explique Stéphane Roos.

    Dans le même temps, il faut aussi avoir un œil sur le temps à venir. C’est le sujet de la météorologie, qui trouve ses racines dans un événement historique : le siège de Sébastopol par les troupes franco-anglaises en 1854. Une violente tempête décime la flotte française en Mer Noire. « Napoléon III charge l’équivalent du ministre de l’Enseignement et de la Recherche de l’époque, l’astronome Urbain Le Verrier, qui relevait les paramètres météo heure par heure, d’essayer d’anticiper les tempêtes », raconte Stéphane Roos. Le Verrier recueille les données de ses confrères européens, notamment la pression atmosphérique et sa tendance. Il observe que la tempête suit un minimum dépressionnaire, et qu’on peut, par ce biais, évaluer sa direction. Le Verrier fut ainsi à l’origine de la Veille météorologique mondiale – un réseau européen mis en place dès 1874 pour passer « d’une logique d’observation à une logique de prévision » – et du Service météorologique français en 1854, ancêtre de Météo-France.

    Depuis, l’observation météo a beaucoup progressé : stations automatiques, satellites, radars, supercalculateurs… « La prévision météo est liée à la modélisation physique, c’est-à-dire traduire en expression mathématique ce qui se passe dans l’atmosphère », synthétise Stéphane Roos. Avec une précision parfaite ? « Non. Par exemple, il est très difficile de prévoir la position exacte de la supercellule orageuse dévastatrice qui va donner 60 mm/heure pendant deux heures », reconnaît-il. Il en va de même pour les prévisions saisonnières : « Il s’agit de tendances basées sur des modèles et des éléments macros comme les masses d’air. On passe de prévisions déterministes (le temps qu’il va faire demain), à de la probabilité ».

    L’histoire de l’institution

    Établissement public fondé en 1855, le Service météorologique français, devenu Météo-France en 1993, a pour mission d’observer et prévoir le temps, étudier le climat, faire progresser les savoirs et fournir des données et services voués, notamment, à assurer la sécurité des biens et des personnes.

  • Nicolas Pagnol signe un pastis avec Guillaume Ferroni

    Nicolas Pagnol signe un pastis avec Guillaume Ferroni

    J’aime bien l’apéro, je voulais mon pastis. Pour moi, c’est le symbole de la Provence, de l’amitié. Je l’ai fait par passion », lance joyeusement Nicolas Pagnol depuis la colline de la Treille. L’odeur de la garrigue, le chant des cigales lui font remonter le temps. Il poursuit « Ça faisait longtemps que j’y pensais, je voulais réhabiliter mon enfance avec un pastis de comptoir au goût de réglisse et d’anis. »

    La maison Ferroni passionnée par la création de spiritueux effectue régulièrement des collaborations. Guillaume Ferroni, historien-distillateur raconte sa rencontre avec Nicolas Pagnol : « Il m’a fait part de son envie de créer un pastis qui ferait écho aux collines du Garlaban. Nous nous sommes rapprochés comme ça. Avec Aurélien mon maître de chai, nous avons fait des balades dans la colline jusqu’à la maison d’Angèle pour faire état des plantes fraîches nécessaires pour ce pastis de garrigue. »

    Breuvage populaire

    Historiquement, le pastis est un produit domestique, sans alambic, issu d’une macération à froid. « C’est de la tisane, du coup on retranscrit totalement l’arôme de la plante », détaille Guillaume Ferroni. Selon le cahier des charges « on retrouve 6 plantes du terroir et colline, et les deux plantes obligatoires soit l’anis et le réglisse. Un produit typiquement méditerranéen. » Nicolas Pagnol raconte avoir cogéré le développement gustatif : « Avec mes petites éprouvettes, je me suis pris pour un chimiste. » L’enthousiasme est réel. Avec ses 45 degrés, de l’avis de tous, il est important de le consommer avec modération, même en période de forte chaleur. Et Nicolas Pagnol cite Fernandel : « Le pastis, c’est comme les seins : un, c’est pas assez et trois, c’est trop. »

    Pastis Taoumé. 26 euros.

  • Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    C’est par son père qui dirige une petite société de climatisation, que Matheos Jaadar a découvert ce métier. « Ce domaine, c’est grâce à mon père que je m’y suis intéressé », confie le jeune homme de 20 ans. Cela fait maintenant six ans qu’il pratique, – après avoir débuté dans le domestique – dans la climatisation et les centrales de traitement d’air, avant de passer par une entreprise mêlant agroalimentaire et froid industriel, et de se spécialiser entièrement dans le froid, le domaine qui le passionne le plus aujourd’hui.

    Son parcours de formation est dense. Après un CAP où il apprend les bases du montage comme les raccordements fluidiques et le câblage électrique, Matheos poursuit avec un brevet professionnel en froid énergétique au CFA d’Aix-les-Milles, puis un bac pro en froid et énergie domotique. Une étape clé, qui lui permet d’apprendre à calculer la puissance frigorifique nécessaire pour chaque installation. Aujourd’hui, il prépare un BTS Fluides, Énergies, Domotique (FED), en alternance, pour approfondir encore ses compétences et accéder, à terme, au bureau d’études.

    Son métier ? Concevoir des systèmes frigorifiques destinés aux supermarchés et à l’industrie agroalimentaire. « On fait de la commande de meubles et de centrales du système frigorifique », explique-t-il. Son rôle couvre tout le cycle : raccordement, démarrage, dépannage et entretien des installations.

    Un métier tous les jours
    différent

    « C’est un métier qui est très polyvalent », résume-t-il. Sur chaque chantier, tout est à « construire depuis zéro. » Il faut d’abord réaliser le lotage, qui consiste à planifier le chantier en différentes zones de travail, pour avancer de façon méthodique plutôt que dans le désordre. Ce n’est qu’une fois cette préparation terminée que le raccordement des tuyaux et la mise en route du système peuvent commencer. Une organisation rigoureuse, indispensable selon Matheos pour mener à bien chaque installation. « J’ai appris à travailler sans être bordélique », confie t-il. Vient ensuite le supportage, c’est-à-dire poser les structures métalliques qui vont fixer et maintenir les tuyaux sur les murs ou les plafonds, avant même de pouvoir installer la moindre tuyauterie.

    Pour Matheos, c’est précisément cette diversité qui rend le métier passionnant. « Chaque jour, on voit une nouvelle évolution et on continue d’apprendre », souligne-t-il. Cette polyvalence, mêlant technique, calcul et organisation est, selon lui, ce qui distingue ce métier des autres filières de l’énergie. « Mon but, c’est de continuer d’apprendre, d’évoluer et de pouvoir monter les échelons », jusqu’au bureau d’études qu’il vise à terme. Un objectif qu’il compte bien atteindre en poursuivant ses études après le BTS, par une licence professionnelle dans les métiers de l’énergie. Et c’est cette ambition qui l’a poussé à se qualifier aux Worldskills, à Marseille en octobre dernier, une compétition nationale où de jeunes professionnels s’affrontent sur leur métier.

  • Ukraine : quatre ans et la guerre continue…

    Ukraine : quatre ans et la guerre continue…

    Pour la présidente de l’association, Lyudmyla Tsivka, le 24 février n’a rien d’un simple repère calendaire. Elle parle d’un jour de mémoire, de douleur, mais aussi de force et d’unité. Au-delà de la commémoration, c’est un jour de sensibilisation à une guerre qui ne se joue plus seulement sur le front.

    Dans l’ouest de l’Ukraine, où vit la mère de Lyudmyla, les coupures de courant durent parfois plus de dix heures par jour. Plus de lumière, de chauffage ni d’eau chaude. Par -20°C, la température dans les appartements tombe à quelques degrés à peine. Les familles s’entassent dans une seule pièce et les nourrissons sont exposés au froid. Et ce n’est pas un dommage collatéral, selon elle. Depuis l’automne 2022, environ 40% de l’infrastructure énergétique ukrainienne a été détruite ou gravement endommagée. L’ONU estimait fin 2024 que les trois quarts des sites de production d’énergie avaient été touchés. Une seule vague de frappes peut priver jusqu’à un million de personnes d’électricité. L’objectif, selon la présidente de SOS Montpellier Ukraine, est d’épuiser la société ukrainienne en frappant ses bases vitales. « Casser la résistance citoyenne. » C’est sans compter la résilience des habitants, car des « points de survie » ont été mis en place, des lieux équipés où les habitants peuvent venir se réchauffer une ou deux heures lorsque leur logement n’est plus viable.

    20 000 enfants transportés en Russie

    Il y a également la question des enfants ukrainiens transférés vers la Russie. Kiev estime à environ 20 000 le nombre de mineurs concernés, un phénomène dénoncé par les autorités ukrainiennes et plusieurs organisations internationales comme une tentative d’effacer l’identité ukrainienne. La présidente parle d’un processus de « désukrainisation ». « L’enfant, c’est l’avenir d’un pays. » C’est dans ce contexte que l’association a lancé un appel aux dons baptisé « Urgence chaleur » pour des générateurs, stations électriques, matériels de chauffage et denrées de première nécessité via la plateforme HelloAsso*.

    Mardi 24 février, place de la Comédie, les participants sont attendus à 18h30, une bougie à la main. Un rassemblement pour honorer les victimes et rappeler, insiste Lyudmyla, qu’« il y a un agresseur et un agressé. »

    * Sur www.helloasso.com.
    Taper «
     Chaleur pour l’Ukraine »
    dans le moteur de recherche.

  • Les parents d’élèves mobilisés à l’école Révolution à Marseille

    Les parents d’élèves mobilisés à l’école Révolution à Marseille

    Depuis le 5 janvier, l’école élémentaire Révolution Jet d’Eau (3e) est privée de chauffage et subit des coupures d’électricité. Face à cette situation, les parents d’élèves ont organisé un blocage devant l’école, ce mardi à 8h30, pour alerter les pouvoirs publics de l’urgence des réparations. « Actuellement, la température au niveau des classes est de 10 degrés. Les enfants vont avec l’école avec deux manteaux, des pulls, des écharpes et des bonnets. Ce ne sont pas de bonnes conditions pour éduquer nos enfants », regrette une déléguée des parents d’élèves. « On nous dit que le chauffage est réparé, mais deux jours après, ça resaute : le problème, c’est qu’il n’y a pas de suivi », ajoute une enseignante à temps partiel.

    Les chaudières « réparées jeudi »

    « Le chauffage, c’est la goutte de trop. En mars, il y avait déjà eu l’effondrement du mur entre le Comptoir de la Victorine et l’école. Les éboulements n’ont pas encore été dégagés, les issues de secours sont encombrées. S’il arrive quelque chose à nos enfants, les pompiers ne pourront pas intervenir », se désole une maman.

    Le député (LFI) Sébastien Delogu, candidat à la mairie de Marseille, était présent lors de cette mobilisation. « Malgré de nombreuses sollicitations auprès de la mairie, les parents d’élèves sont restés sans réponse », affirme Alladine Salim, militant LFI dans les 2e et 3e arrondissements.

    Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure que « les chaudières seront définitivement réparées jeudi grâce à une nouvelle intervention des techniciens ». Concernant le mur, « les travaux du fond de parcelle ont été effectués », mais « la cour reste fermée aux élèves dans l’attente de l’installation d’un garde-corps définitif ».

  • Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Parfois, quand je tends un café chaud à un habitué de nos maraudes, que je discute avec lui cinq minutes, je me demande si ce n’est pas notre dernière conversation parce qu’il est annoncé des températures horribles la nuit. Il faut s’accrocher face à la détresse humaine qu’on croise », soupire Céline Bouloc. La présidente de l’association Action froid à Montpellier est plus qu’inquiète en ce qui concerne les personnes dormant à la rue. Voilà maintenant plusieurs jours qu’une vague de froid s’abat sur l’Hexagone et n’épargne pas Montpellier. Preuve en est, le mercure est négatif la nuit et le ressenti peut atteindre
    -6 °C. Le drame est arrivé le 30 décembre dernier à Montpellier : un jeune homme de 29 ans est décédé à cause du froid. La vague de froid perdurant, la préfecture a décidé d’agir. « Des moyens humains, des équipements spécifiques (sacs de couchage grand froid) et des capacités d’accueil ont été mobilisés en renfort, dès le 31 décembre », fait savoir la préfecture.

    70 places débloquées

    Aussi, avec la Ville de Montpellier, un accueil de nuit a été ouvert le 4 janvier. « Dès la fin de la matinée, le Samu et le SIAO nous avaient fait remonter que les conditions étaient difficiles, les gens étaient en souffrance. Le maire a donc discuté avec la préfète l’hébergement inconditionnel est une compétence de l’État afin d’ouvrir un lieu d’hébergement exceptionnel. Nous avons donc équipé le gymnase Emmanuel-Gambardella en 1 heure avec la Croix Rouge », détaille Michel Calvo, adjoint aux solidarités de la Ville de Montpellier. Le même dispositif avait été mis en place lors de l’épisode cévenol de la fin décembre. Ainsi, 33 personnes dont une femme ont été accueillies le premier soir sur une capacité de 70 places. À l’heure où La Marseillaise mettait sous presse, la mesure était maintenue a minima jusqu’au 8 janvier.

    Mais là où le bât blesse, c’est que la préfecture n’a pas déclenché le plan grand froid – la température doit être en dessous de zéro même en journée – au grand dam des associations. Pourtant, le plan aurait permis une mobilisation générale afin de trouver des places d’hébergement supplémentaires. « Ce qui m’inquiète, c’est qu’après le 8 janvier, on ne va pas retrouver des températures de 20 degrés, qu’est-ce qu’on va faire ? Comme on n’active pas le plan grand froid, en journée, les sans-abri n’ont pas de lieu de repli. Quand il fait 2 ou 3 degrés, nous, nous avons des vêtements chauds, un foyer avec un minimum de chauffage mais ce n’est pas leur cas », poursuit Céline Bouloc. Pour maintenir la pression et tirer la sonnette d’alarme, des rassemblements quotidiens sont organisés par plusieurs associations à 18h devant les grilles de la préf.

    En ligne de mire, l’objectif est de faire bouger les lignes. « On veut vraiment une municipalité, une préfecture qui s’engagent pour ouvrir un gymnase, mettre les moyens et faire en sorte que ça puisse être pérennisé sur une semaine ou plus en fonction des besoins », soutient la présidente d’Action froid de Montpellier. Une solution pour répondre à l’urgence, avant de mettre les bouchées doubles pour pallier la situation. « Il faut absolument qu’il y ait un peu plus de moyens financiers mis au service du secteur du social. Qu’il y ait plus d’éducateurs, qu’on puisse avoir plus de temps de prise en charge. Car on croise beaucoup de jeunes qui viennent de l’aide sociale à l’enfance. Passé 18 ans, on sait qu’ils sont foutus à la porte parce qu’il n’y a pas de solution pour la suite. Ces jeunes-là se retrouvent donc dans la rue et malheureusement, il n’y a pas de structure d’hébergement qui a la capacité de prendre du temps pour les écouter, pour les réinsérer. Or leurs parcours sont chaotiques : on croise des personnes en grande fragilité psychique, des gens en situation de handicap, en fauteuil roulant », se désole Céline Bouloc.

    Un travail effectué en majeure partie par des bénévoles qui manquent de bras. Un risque que la situation empire ?

  • Les résidents gelés de Frais Vallon reçus par le bailleur

    Les résidents gelés de Frais Vallon reçus par le bailleur

    On n’est pas des pingouins ! », « Il fait plus chaud dans nos frigos que dans nos appartements », crient les locataires en brandissant des pancartes devant le siège de Provence Métropole Logement. Une situation qui se répète chaque hiver depuis plusieurs années dénoncent les associations CLCV et CGL.

    « Je n’ai eu aucun chauffage de tout l’hiver. Et l’eau chaude, c’est un peu et plus rien », décrit Angélique, locataire du bâtiment N. Au B1, chez Jessica, « on accumule les couvertures, les enfants dorment avec des polaires et des bonnets ». Aziz, 74 ans, ne sent plus ses jambes « le soir à cause du froid qui passe sous les fenêtres. Les boiseries sont trop usées ». Au 14e étage, une locataire de la tour K a « mis du scotch sur les vitres ». Au bâtiment O, « on promène des convecteurs électriques du salon aux chambres, mais la facture va exploser », craint Aminata. Quant à Hadidja, au bâtiment G, elle « fait bouillir des marmites d’eau pour laver les enfants ».

    Devant l’entrée du siège, l’ancien logo HMP est toujours là. Et le passif d’une gestion peu réactive pèse encore. Aux rênes de Provence Métropole Logement depuis mai 2024, Jean-Bernard Dambier a accusé réception de l’injonction du maire de Marseille aux bailleurs sociaux à prendre les mesures nécessaires. Il reçoit les responsables associatifs, puis les locataires, par groupes d’immeubles. Frais Vallon est alimenté par un seul réseau de chaleur armé d’une chaufferie qui date de la construction de la cité dans les années 60. « Un système fuyard qui présente des dysfonctionnements. On a fait des travaux pour créer des petits réseaux. En découplant les bâtiments K, L et M, ça a déséquilibré l’ensemble », explique le nouveau directeur général. Les logements sont chauffés par le sol par inertie, il faut régler le thermostat de la chaudière à plus de 30 °C pour en obtenir 20 dans les logements en bout de circuit.

    Accélérer la rénovation

    La situation devrait revenir progressivement à la normale d’ici lundi. « J’ai accordé aux locataires une remise sur 15 jours de charges », précise le DG. S’il admet « faire ces travaux un 20 décembre n’était pas opportun », le responsable de PML s’attache à accélérer les réhabilitations en attendant les travaux Anru prévus en 2027 pour 600 logements. « En fin de premier semestre 2026 nous attaquons les travaux d’isolation des façades et rénovation des appartements dans les tours H et F, un investissement de 85 000 euros par logement. »

    « La régie fait son boulot, ils mettent les moyens, reconnaît Thierry Del Baldo, président de la CGL 13, mais ils sont débordés par la vétusté. » PML entame une réhabilitation lourde de 4 500 logements de son patrimoine, dont les cités Jean-Jaurès et Massalia, et investit une enveloppe de 4 millions d’euros sur deux ans pour rénover les ascenseurs, notamment aux Lauriers et aux Iris.

  • Les locataires de Frais Vallon mobilisés pour être chauffés

    Les locataires de Frais Vallon mobilisés pour être chauffés

    On va chercher ce vendredi 9 janvier des réponses car la situation est devenue intenable », annoncent Fathia Ziani et Nouria Sirat, les responsables des deux associations de locataires CLCV et CGL. Un fonctionnement « totalement à l’arrêt » ou « en mode aléatoire » qui concerne trois des cinq bâtiments de la résidence HLM.

    Un thermostat est censé déclencher automatiquement les appareils. Pour autant « les thermomètres affichent moins dix degrés et on se gèle, déplore Fathia Ziani, certains ont un radiateur qui se met à chauffer une heure, puis plus du tout, d’autres ne se sont pas du tout allumés ». Des pannes un peu trop récurrentes et qui perdurent en dépit de plusieurs signalements auprès de la régie de service. Une situation particulièrement sensible durant cette vague de froid qui a affecté de nombreux foyers.

    Charges en hausse

    Les présidentes de CLCV et CGL recueillent les plaintes de locataires « gelés » et dont la colère est décuplée par « une hausse des provisions sur charges qui nous a été facturée sans le service qui va avec. Et les gens sont obligés de brancher des convecteurs électriques ». Aux pannes d’ascenseurs et de chauffage, s’ajoutent la vétusté des logements et le manque d’isolation. « Hier j’ai dû intervenir auprès d’une dame âgée. Il y a un espace de près de 2 cm dans les huisseries de la porte-fenêtre qui donne sur le balcon », précise Fathia Ziani. La problématique de ces « passoires thermiques » est bien connue du bailleur. La cité doit faire l’objet d’une rénovation dans laquelle les 217 logements des bâtiments E et C sont voués à la démolition, dont celui qui abrite le siège social de PLM. Mais dans cette perspective, le bailleur social ne prévoit pas de travaux avant 2026-2027, début du Nouveau programme national de rénovation urbaine.

    En attendant, les moisissures progressent et le vent pénètre les logements. « Le droit à un logement décent, incluant le chauffage reste fondamental », s’insurgent les responsables associatives, qui exigent en plus du rétablissement « immédiat » du chauffage, « des explications claires sur la panne et les délais d’intervention, un remboursement des charges indûment facturées et des garanties pour que cette situation ne se reproduise plus ». Contactée, à l’heure où nous publions, PLM n’a pas donné suite.

  • La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    « Le soir on va dans des trous, dans des garages qu’on trouve ouverts », lâche Berny. L’homme, âgé de 69 ans, est assis, mercredi, sur un banc de l’Esplanade de Gaulle, grande étendue de bitume à l’ombre, battue par les vents. Son frère Mokhtar, 61 ans, vomit sa bière. La nuit, continue Berny, « il fait super froid, mais on est bien couverts. On a des couvertures et des coussins que nous a donnés Emmaus ». Un hébergement ? « Il y a le 115*, mais on n’aime pas aller dans ces centres d’hébergement, il n’y a que des voleurs », assure Berny. Algériens, ils sont en France depuis une vingtaine d’années. Ils ont tous les deux bossé, en maçonnerie, électricité, mais « au noir ». Donc pas de retraite. « On est quelquefois un peu désespérés. Il y a des gens qui nous chassent de leur garage, et jettent les matelas, les couvertures et tout ce qu’on a… », raconte Berny. À propos des réfractaires au 115, « certains ne sont pas prêts à aller dans du collectif. Ou bien ils ont un confort précaire auquel ils sont attachés. Certains craignent, s’ils sont hébergés par le 115, qu’au retour on leur ait chipé leurs affaires… », commente Eliès Hannai.

    Les assos sur le pont

    L’homme gère l’accueil de jour « La maison du partage » régi par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la Ville d’Aubagne à l’Espace Ambroise Croizat, au 384 boulevard Marcel-Pagnol. « Depuis que les Bouches-du-Rhône ont été placées en vigilance jaune, on a augmenté l’amplitude horaire de l’accueil de jour, de 7h à 11h (d’habitude 10h), et de 14h à 17h30 (d’habitude fermé). Le matin, les personnes à la rue peuvent venir se doucher et prendre un petit-déjeuner. On a aussi des temps de maraude, de 10h à 12h et de 14h à 16h30 », explique-t-il. La maison du partage reçoit environ 40 personnes par jour. Elle est ouverte toute l’année du lundi au vendredi, et un samedi sur 2 du 1er novembre au 31 mars. « Comme les températures ont chuté rapidement, le maire (LR) Gérard Gazay nous a demandé, mardi, de mettre à l’abri les personnes. Les 10 places ont été pourvues », explique Eliès Hannai. C’est suffisant, affirme-t-il, car des sans-abri ont été orientés vers les gymnases ouverts par la Ville de Marseille. À Aubagne, les assos Urgence et solidarité, Croix rouge, Restos du cœur, Secours populaire se relaient pour s’occuper des sans-abri et leur amener des repas chauds. Ce mercredi soir, les bénévoles de la Croix rouge seront sur place, assure Jean-Pierre Turchaini, président de l’union locale d’Aubagne. « On n’est pas fermés à l’idée de récupérer des couvertures en bon état », glisse Eliès Hannai.

    * Numéro à composer pour demander un hébergement d’urgence.

  • Verglas, double accident : l’A8 en partie fermée

    Verglas, double accident : l’A8 en partie fermée

    « Très probablement liés aux conditions météorologiques dégradées », d’après un communiqué de la Préfecture de Région, les incidents auraient été favorisés par l’apparition de plaques de verglas sur la chaussée. Deux d’entre eux, impliquant deux poids lourds, se sont déroulés sur l’A8 dans le secteur de Trets. La circulation sur l’autoroute a été interrompue entre la bifurcation A8 et A52 dans les Bouches-du-Rhône, et entre l’A8 et l’A57 dans le Var. La route, après que les véhicules accidentés ont été dégagés, s’est faite envahir par une trentaine de chasse-neige, chargés de racler la chaussée pour retirer le verglas causé par la neige et le froid.