L’événement qui débute aujourd’hui à Marseille et va faire étape dans plus d’une soixantaine de villes jusqu’à fin octobre, doit faire date. Lancé par le président de la République lui-même il y a trois ans, celui-ci écrit aujourd’hui qu’avec cette manifestation : « Nous célébrons la richesse des liens exceptionnels qui unissent les populations de Méditerranée. »
Effectivement, au travers de ces dizaines d’expositions, performances, concerts et rencontres, la culture fait aujourd’hui le lien entre les différents pays, les différents peuples et les différents artistes du pourtour méditerranéen. Elle encourage à la réflexion, la critique, à porter le regard au lointain, à tendre la main, à se questionner. Mais de là à « célébrer » ?
Faut-il que le cœur y soit. Las, durant les trois années qui ont séparé l’annonce de la concrétisation du rendez-vous, la Méditerranée a pris une couleur rouge Vermeil, des pays, des territoires saignent, en premier lieu la Palestine, Gaza, le Liban aussi, dont l’existence même est menacée. Quand cette mer ne devient pas le linceul de milliers de personnes fuyant l’oppression et la guerre.
Politique de la main tendue
À l’immense espoir soulevé par le printemps arabe en 2010, a succédé une nouvelle chape de plomb, mettant à mal la liberté d’opinion, de penser, de militer… Sans compter certaines postures, privilégiant les discours démagogiques aux relents nationalistes et le repli sur soi plutôt qu’une politique fraternelle de main tendue. Et à naviguer à vue dans ses brumes menaçantes, les artistes et leurs œuvres qui prennent place à Marseille sont autant de phares guidant notre humanité.









