Tag: François Crémieux

  • Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    « Le moment de la sortie d’hospitalisation est un moment à haut risque de rupture dans les parcours de soins. Mais aussi un risque élevé de rupture dans les parcours d’hébergement », déclare Clélie Nallet, chargée de recherche opérationnelle à l’Observatoire des pauvretés de Marseille. Elle présentait la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille » ce jeudi 2 juillet au palais du Pharo.

    Cette enquête montre notamment le manque de moyens et de dispositifs afin d’accompagner les personnes sans domicile qui quittent l’hôpital sans solution d’hébergement adaptée à leur état de santé. Cela représentait, sur une année, plus de 855 personnes dans les services médecine et chirurgie et 348 femmes au sein des maternités. Si les chiffres sont de 2024, le problème est loin d’être une nouveauté. Clélie Nallet évoque ainsi une problématique à laquelle « les acteurs de terrains sont confrontés depuis longtemps ».

    « L’enjeu est désormais collectif », constate Karim Touche, adjoint au maire de Marseille délégué à l’action sociale. Toutes les institutions présentes telles que les hôpitaux de Marseille (AP-HM) ou l’agence régionale de santé (ARS) s’accordent sur la nécessité de collaborer pour répondre à une problématique à la croisée des domaines d’intervention. Il ne s’agit pas seulement de la sortie d’hôpital mais « du bout du bout du bout du parcours de la personne très précaire ou de la personne sans domicile », souligne ainsi. François Crémieux, directeur général AP-HM.

    « J’avais particulièrement insisté pour qu’on parle des femmes, et notamment des femmes qui venaient d’avoir un enfant », insiste Isabelle Epaillard, préfète à l’égalité des chances. En effet, les difficultés rencontrées par les femmes sans domicile en sortie de maternité se trouvent au centre de l’enquête.

    Femmes en première ligne

    Faute de dispositifs idoines, les femmes sont gardées plus longtemps à l’hôpital et le système sature alerte Halima Benmouis qui travaille au service social de la maternité de l’hôpital de la Conception. « Ça devient un moment d’attente, d’anxiété et d’angoisse pour ces femmes », ajoute-t-elle car les structures ne sont plus adaptées pour des nourrissons de plusieurs mois.

    Des salariées du dispositif de périmaternité du SIAO 93 (service intégré d’acceuil et d’orientation) sont venues présenter les 20 centres dédiés à l’accompagnement autour de la maternité qui existent en Seine-St-Denis. Idem pour l’association France Horizon qui développe des dispositifs similaires au sein des CHU de la région PACA dont la directrice Aurore Philippart plaide pour « des structures intermédiaires ». Un centre dédié doit ouvrir à Marseille en septembre 2026.

  • [Entretien] François Crémieux, AP-HM : « Un outil de réponse en cas de crise sanitaire »

    [Entretien] François Crémieux, AP-HM : « Un outil de réponse en cas de crise sanitaire »

    La Marseillaise : Que va changer ce bâtiment pour l’AP-HM ?

    François Crémieux : Ce bâtiment Samu c’est l’un des premiers grands jalons de la rénovation et de la modernisation de l’assistance publique dans le cadre du plan Marseille en grand. C’est un outil technique de réponse en cas de crise sanitaire sur le département. Sur un plan strictement opérationnel, c’est un bâtiment qui était nécessaire pour installer les équipes du Samu zonal, du Smur de la Timone, du centre anti poison, des équipes du 31 14, qui est le numéro national de prévention du suicide, afin qu’elles puissent aussi travailler dans des conditions optimales.

    Une salle est dédiée aux « crises », cela concerne la crise climatique que nous vivons ?

    F.C. : On se souvient tous de la canicule de 2003 où il y avait eu un afflux de très grand nombre de patients très âgés qui avaient beaucoup souffert mais aussi beaucoup de décès. J’espère que notre pays est mieux préparé et sera mieux capable d’anticiper un risque climatique de ce type-là. À l’heure où on parle, il y a beaucoup d’appels au Samu parce que nos concitoyens ont des difficultés particulières, sont inquiets ou ont besoin de conseils. Les enjeux de crise climatique, ce sont ceux des conséquences sur la santé. C’est aussi le travail des équipes du Samu d’être capable d’y répondre.

    Vous dîtes espérer que le pays est « mieux préparé », l’AP-HM l’est-elle ?

    F.C. : Pour avoir connu la crise de 2003, il est clair que les hôpitaux, les professionnels de santé, les structures médico-sociales qui prennent en charge des personnes âgées ont considérablement évolué. Aujourd’hui, tout le monde sait ce qu’est le risque de chaleur extrême, les enjeux d’aérer la nuit pour refroidir et de se protéger du soleil la journée, mais aussi de faire attention à ne pas se déshydrater au détour d’une canicule. On a collectivement acquis une certaine expérience, malheureusement parce que le réchauffement climatique est là et qu’il va continuer à se poursuivre. Dans le Sud de la France, on était déjà relativement compétents en 2003, du côté des équipes soignantes, et on l’est aujourd’hui plus encore.

    Le Premier ministre a annoncé mardi activer le plan Orsan au niveau 2 sur 4, qu’est-ce que ça signifie ?

    F.C. : Ça dépend du niveau de gravité de la canicule dans les différentes régions, le système de santé va s’adapter, notamment pour être prêt à accueillir plus de patients d’urgence si c’était nécessaire. Aujourd’hui ce n’est pas le cas à Marseille, peut-être que ce le sera, on est capables de l’anticiper. Le sujet pour nous, à date d’aujourd’hui, c’est l’augmentation du nombre d’appels au centre 15. Ça signifie par exemple qu’on va renforcer un peu la salle de régulation pour garder un rythme de décroché qui soit très rapide. Si demain, il y a un plus grand nombre de patients qui viennent aux urgences on saura les prendre en charge. C’est faire en sorte notamment dans les structures de prise en charge de patients handicapés ou de personnes âgées, de faire très attention à elles, parce qu’on sait qu’elles sont les premières victimes potentielles de forte chaleur. Le système de santé au sens large du terme, est en train de s’organiser jour après jour, en fonction de la météo et en fonction de ce qui va se passer, pour être capable de répondre.

  • Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des plaintes prises directement sur site… L’AP-HM et la police nationale ont signé ce vendredi 19 décembre une convention de partenariat. De quoi finaliser la présence, début janvier, d’effectifs de police pour assurer le dépôt des plaintes des agents éventuellement agressés au travail mais aussi des femmes victimes de violences conjugales accueillies au sein de la Maison des femmes Marseille Provence, avec une permanence assurée une fois par semaine.

    Le résultat d’un processus démarré sous l’égide de l’ex-préfète de police, Frédérique Camilleri, raconte Wanda Wrona, directrice de la sécurité de l’AP-HM et ex-commissaire de police. Avec près d’un million de personnes accueillies chaque année « la violence à l’hôpital fait partie du quotidien », témoigne-t-elle, « l’idée était de simplifier les démarches ». Une centaine d’agents sont victimes de violences physiques par an, 500 de violences psychologiques avec par exemple des insultes, précise François Crémieux, directeur général de l’AP-HM.

    Le début de la réparation

    Une situation « inacceptable et qui prend de l’ampleur » à laquelle il fallait réagir, avec de la formation pour désamorcer les crises, des aménagements dans les salles d’attente aussi, le tout financé par l’Agence régionale de santé à hauteur de « plusieurs millions d’euros », et une meilleure prise en charge de l’équipe, résume-t-il.

    Avec plus de 400 nouvelles femmes qui se sont présentées entre janvier et septembre à la Maison des femmes, une permanence, à l’image de celle installée à Saint-Denis, était aussi nécessaire pour convaincre celles qui « par crainte, par manque d’accompagnement », n’ont pas poussé la porte d’un commissariat, estime Wanda Wrona. Et ce malgré l’intervention du bureau d’aide aux victimes, de la permanence avocats. « La plus grosse des difficultés, c’est aussi la confrontation, il faudrait voir comment les protéger » ajoute le Pr Florence Bretelle, cheffe de service de la Maison et responsable du service obstétrique de la Conception.

    Le dépôt de plainte est « très important, c’est le début d’une réparation morale pour la victime », ajoute Christophe Allain, directeur zonal de la police nationale. Il insiste sur le recours aux réservistes pour assurer ce dispositif. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone aujourd’hui à 8 000 en 2030, constituée de policiers à la retraite mais aussi de citoyens volontaires complète Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale des Bouches-du-Rhône.

    Côté justice, Sylvie Odier, procureure de la République adjointe, a assuré d’une réponse pénale « ferme et systématique », se félicitant de cette prise en charge « pluridisciplinaire » de la victime.

  • Un Samu tout neuf pour le printemps

    Un Samu tout neuf pour le printemps

    Tout ne sera livré qu’au printemps, mais l’essentiel des murs du futur Samu « zonal », dont le périmètre s’étend de Marseille à la Corse en passant par l’Occitanie, a été monté. Implantés à la Timone, à deux pas du futur pôle Femmes Parents Enfants, les 7 500 mètres carrés de ce bâtiment aux dernières normes environnementales accueilleront également le centre de régulation des réception et de régulation des appels au 15, le centre anti-poison et les équipes du Smur (service mobile d’urgence et de réanimation). Un bond dans la modernité, conviennent les équipes médicales. Et une immense satisfaction pour le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), qui a participé à hauteur de 6 millions d’euros sur les 23 millions de coût du projet.

    « J’ai fait toutes mes études dans les urgences et je me souviens, on se reposait sur des brancards », commente l’élu en découvrant les chambres de garde. Espace de coworking, vaste salle de régulation et PC de crise, parking pour les 16 ambulances… Des dimensions adaptées à l’activité du « deuxième Samu de France derrière celui de Lille », explique le docteur Fouzia Heireche, directrice médicale du Samu 13, avec 800 000 appels au 15 et 40 000 interventions par an. « Et cela ne fait que monter, nous prévoyons dans nos projections d’atteindre le million », ajoute-t-elle.

    Un engagement collectif

    « Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation de l’AP-HM », précise François Crémieux, son directeur général, rappelant qu’au sortir du Covid, le système était « déstabilisé », même s’il se félicite que les bâtiments des années 60 aient « tenu le coup ». Mais « on est arrivé a une fin de cycle », estime-t-il. C’est aussi pour lui le résultat d’un « engagement collectif ». D’abord de l’État avant 2020, assorti d’une rallonge dans le cadre du plan Marseille en grand, puis des collectivités territoriales, souligne-t-il, avec 31 millions d’euros de la part de la Région, « quand partout ailleurs c’est quelques centaines de milliers d’euros ».

    Un investissement justifié estime Renaud Muselier. Si ce n’est pas dans ses compétences, « j’ai la charge de l’aménagement et du développement de ce territoire et ce n’est pas possible de ne pas avoir de réponse sur la santé », déclare-t-il, ajoutant que 130 millions d’euros ont été débloqués pour ce faire. « On a ventilé sur les 6 départements, on avait 15 maisons de santé ouvertes, on en a maintenant 124 », détaille-t-il. Et d’insister sur sa volonté pour le Samu, d’avoir « quelque chose d’efficace tout de suite » et qui serve à toute la région.

  • Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    À la sortie du métro Gèze, à gauche du magasin Lidl, se tient ce mercredi et jeudi un drôle de village dans les locaux de l’association Banlieue Santé. Pendant deux jours les habitants du quartier peuvent se faire vacciner, faire faire leurs lunettes, prendre rendez-vous chez des professionnels de santé ou encore actualiser leurs droits.

    C’est le 4e événement de ce type que la ville de Marseille organise cette année. Après Air Bel, Belle de mai et les Rosiers, c’est donc à Gèze que se retrouvent service de la Ville, assistance publique et hôpitaux de Marseille (AP-HM), sécurité sociale et associations. « La genèse de ce projet, c’est l’ambition de lutter contre les inégalités d’accès à la santé, explique Michèle Rubirola, première adjointe (EELV) au maire chargée des questions de la promotion santé. Parce que dans ces quartiers il manque de tout : praticiens, services publics… ». à l’entrée du bâtiment, des « passeports santé » sont distribués à toutes les personnes qui arrivent pour qu’elles puissent y inscrire leurs informations. Dans la première salle, les stands sont plutôt dédiés aux questions d’accès aux droits. La sécurité sociale y tient par exemple un stand pour aider ceux qui en ont besoin à faire leurs démarches.

    Préventions, vaccins et lunettes

    à côté, la maison des femmes est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Souad Falhi, bénévole et diplômée en prévention en santé est là pour bien orienter celles qui seraient intéressées. « On fait de la prévention sur la santé, notamment sexuelle et reproductive. Quand il y en a besoin on peut les rediriger vers la maison des femmes ».

    Dans la cour, à l’arrière, d’autres associations sont présentes pour faire de la prévention, vacciner ou s’équiper en lunettes. Jeunes, personnes âgées, parents avec enfants, ils sont nombreux à s’arrêter au stand du centre de vaccination international de Marseille. Certains sont de passage sur leur pause de travail et en profitent pour faire un bilan de prévention. Nadia, la cinquantaine, est tombée sur le village santé par hasard. « Je ne connaissais pas l’endroit, mais en faisant mes courses, on m’en a parlé, explique-t-elle. Comme j’ai beaucoup de maladies chroniques, je voulais voir si tout allait bien. » Un peu plus loin, sur le stand de « droit de regard », les visiteurs choisissent leurs lunettes. « On est un opticien classique mais on pratique le 0 reste à charge, donc les clients repartent en ayant rien à avancer », explique l’opticien derrière des centaines de montures exposées.

    « Aller vers » les habitants

    Un village santé organisé par la Ville en partenariat avec l’AP-HM. « Les hôpitaux ont toujours été très concentrés à l’intérieur de leurs murs, explique François Crémieux directeur de l’AP-HM. Notre but est de sortir de cela pour aider à l’accès au soin et à la prévention. » L’organisation de ces villages répond à un besoin « d’aller vers » des populations qui peuvent être éloignées du système de soin. Mais pour l’adjointe au maire chargée de la santé ce n’est pas suffisant : « on ne fait pas que des événements one shot. On a ouvert 3 centres de soin avec l’AP-HM aux Aygalades, aux Flamants et à André Roussin pour avoir une meilleure couverture de soins à l’année car la santé devrait être un bien commun. » Un dernier village santé est prévu à Littoral Sud du 15 au 17 octobre.

    « La santé devrait être un bien commun »