Tag: France Jamet

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.

  • [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    Si l’extrême droite a raflé toutes les circonscriptions du Gard en 2024 et une partie de la ruralité héraultaise, son ancrage au plus près de la population reste encore à prouver. Sans personnalités locales reconnues, le RN ou l’UDR sont en effet contraints de s’appuyer sur leurs députés pour tenter d’engranger des victoires pour ces élections municipales des 15 et 22 mars. Ce pari n’est en effet pas très risqué : avec le non-cumul des mandats, soit ils sont élus et seront alors remplacés à l’Assemblée nationale par leur suppléant (garantissant à leur parti le même nombre de députés), soit ils perdent et ils gardent leur poste de député. Tour d’horizon de ces députés en campagne.

    Pascale Bordes

    à Bagnols-sur-Cèze

    Les Bagnolais vont-ils élire une candidate qui a méprisé les questions locales pendant cinq ans ? Élue d’opposition depuis 2020, la députée de la 3e circonscription du Gard n’a en effet plus mis les pieds en conseil municipal depuis 2021. Pourtant, l’avocate Pascale Bordes a été facilement réélue députée en 2024 (46,65% au premier tour, 53,92% au second). Après avoir écarté les profils « problématiques » du RN à Bagnols, elle fait aujourd’hui figure de favorite dans la 3e ville du Gard. Et signe que le parti a misé sur elle, Marine Le Pen en personne est venue la soutenir vendredi 6 mars. Si elle est élue, c’est Catherine Dellong-Meng qui siégera à l’Assemblée.

    Nicolas Meizonnet

    à Vauvert

    Dans le parti lepéniste, la politique, c’est une affaire de famille. Après le père, Jean-Louis Meizonnet, battu en 2020 par Jean Denat (par 155 voix), c’est au tour du député Nicolas Meizonnet de défier l’édile socialiste de Vauvert. Adhérent du Front National depuis 2011, il devient député en 2020 lors de la démission de Gilbert Collard en partance pour le Parlement européen. Contre le mariage pour tous, félicitant Donald Trump lors de son élection, Nicolas Meizonnet a aussi dirigé le FN gardois en 2017. S’il est élu, c’est Caroline Devaux qui le remplacera à l’Assemblée nationale.

    Julien Sanchez à Nîmes

    Julien Sanchez a préparé son atterrissage à Nîmes. Maire de Beaucaire depuis 2014, l’adhérent du FN depuis 2000 qui garde Jean-Marie Le Pen pour « modèle » s’est fait élire en 2024
    au Parlement européen. Également en charge des investitures du parti pour ces élections municipales, il ne passe donc qu’un an à Strasbourg avant d’annoncer sa candidature dans la capitale du Gard… S’il est très peu présent sur le terrain, il a reçu le président du RN Jordan Bardella pour un meeting, le 3 mars.

    Alexandre Allegret-Pilot à Bessèges

    Le Haut-savoyard parachuté par Éric Ciotti dans les Cévennes, promettait des défaites à tous les maires de gauche (et notamment communistes) sur sa circonscription. Finalement, l’absence de relais locaux ne lui a pas permis de peser sur les listes dans sa circonscription à l’exception de Bessèges. La ville du nord du Gard était promise à son assistant parlementaire Nathan Casano sauf que celui-ci est inéligible (il n’a pas présenté ses comptes de campagne après sa candidature aux législatives de 2022). Tant pis, le député UDR s’est rangé en cinquième position de la liste menée par l’entrepreneur pro Zemmour, Hervé Fiselle (mais largement construite par Nathan Casano).

    Aurélien Lopez-Liguori à Agde

    Après l’affaire de la « voyante ventriloque » et l’emprisonnement du maire Gilles d’Ettore (LR), le RN a très vite compris qu’il avait une carte à jouer dans la cité balnéaire héraultaise. C’est donc au député de la circonscription, Aurélien Lopez-Liguori, que la tâche a été confiée (il a dû pour cela déménager de Sète à l’été 2025) ce qui a provoqué des départs dans les rangs des élus RN locaux. Il a lui aussi reçu Jordan Bardella début février. Agde est devenu un véritable enjeu pour le parti d’extrême droite qui considère l’agglomération comme la plus prenable de France. Aurélien Lopez-Liguori aurait aussi dans le viseur la présidence du Département de l’Hérault en 2028. En cas d’élection, il sera remplacé à l’Assemblée par Bernard Chaumeil qui figure sur la liste d’Yves Michel (DVD) à Marseillan.

    Julien Gabarron

    à Béziers

    Après Emmanuelle, Robert ? Vainqueur face à la députée sortante et femme de Robert, Emmanuelle Ménard, Julien Gabarron tente désormais de s’attaquer à l’édile de Béziers qui a reçu le soutien des Républicains à défaut d’avoir celui du RN. Élu en 2014 avec l’aide du Front national, Robert Ménard reste en tête des sondages et pourrait même être élu au premier tour. Julien Gabarron, patron du RN héraultais, ancien membre de l’UMP, a tout de même reçu le soutien de trois responsables locaux de LR et espère créer la surprise dans la 2e ville de l’Hérault.

    Manon Bouquin à Mèze

    Comme en 2020, l’ostréiculteur Joël Armentier, membre du parti d’extrême droite depuis 20 ans, se lance dans la campagne des municipales. Mais cette année, il pourra compter sur le soutien de la députée du coin Manon Bouquin qui figure à la deuxième place de sa liste. Battue en 2022, l’assistante parlementaire d’Aurélien Lopez-Liguori a en effet pris sa revanche en 2024. Candidate initialement à Paris, Manon Bouquin est une ancienne militante de la Cocarde étudiante, un syndicat étudiant d’extrême droite qui a participé à des actions violentes.

    France Jamet

    à Montpellier

    Cette historique du Front national, fille d’Alain Jamet qui a fondé le parti avec Jean-Marie Le Pen et encartée dans le parti d’extrême droite depuis 1974, est devenue députée européenne lorsque Louis Aliot a été élu à l’Assemblée nationale en 2017. Soutenue cette année par l‘UDR et « Identité et Liberté », elle s’était déjà présentée dans la capitale de l’Hérault en 2014 (13,8% au 1er tour, 9,1 au second). Malgré la présence du dissident Thierry Tsagalos, France Jamet est donnée entre 8 et 10% dans les sondages.

  • Montpellier : les mesures phares des candidats

    Montpellier : les mesures phares des candidats

    Il y a ceux qui croient dur comme fer qu’ils vont diriger Montpellier, ceux qui viennent régler des comptes, d’autres pour témoigner ou faire le pitre. Mais les 13 listes en course le 15 mars ont toutes un programme : plus ou moins crédible, audacieux, finançable. L’examen des mesures phares de chacun rappelle que si des passerelles existent, les gauches et les droites cultivent des visions différentes, parfois à l’opposé.

    Parmi les sujets consensuels, on peut citer la création d’emplois (30 000 pour Delafosse, Atrad…) ou la propreté de la ville. En déclarant son amour à Montpellier, l’ancien maire Philippe Saurel (mouvement Utiles) qui déplore une « brutalisation sans concertation » promet une « ville plus belle » en rénovant le patrimoine à l’instar de la place royale du Peyrou. De l’entretien des parcs et jardins d’Isabelle Perrein (DVD) ou de la « végétalisation » de l’Écologiste Jean-Louis Roumégas, chacun promet un « embellissement ». Y compris le maire Michaël Delafosse (PS) qui entend ralentir sur les grands travaux et se consacrer, quartier par quartier, à la rénovation des places et des trottoirs pour une « ville-parc marchable et respirable ».

    La gratuité quasi unanime

    D’autres thèmes sont plus clivants. À commencer par les mobilités. La plupart de ceux qui en 2020 prétendaient la gratuité des transports « impossible » semblent avoir changé d’avis face à la popularité de la mesure. Seuls Thierry Tsagalos (EXD) et Isabelle Perrein (DVD) y mettraient fin pour une « gratuité intelligente » circonscrite aux jeunes et retraités. Nathalie Oziol (LFI) qui dit incarner une « gauche de rupture » face à ce qu’elle nomme « l’incarnation du macronisme », veut accroître la fréquence des bus et tramways (toutes les 10 ou 5 minutes) jusqu’à 2h du matin. Comme Jean-Louis Roumégas, la députée Insoumise s’oppose aux « méga-projets routiers écocides » (COM, Lien). Michaël Delafosse, lui, promet de mener à bien les 4 lignes de bustram restantes, soutenir la LGV et concrétiser le Service express régional métropolitain (Serm).

    Pour le reste, si personne ne dit vouloir supprimer de pistes cyclables, nombreux promettent de revoir le plan de circulation en ville. Y compris Jean-Louis Roumégas qui promet de rouvrir l’avenue Albert Dubout pour une « circulation en pétales sur les 4 boulevards » embouteillés. Comme T. Tsagalos, F. Jamet (RN) irait jusqu’à rouvrir aux voitures le tunnel sous la Comédie pour « rompre avec la sclérose actuelle » et « libérer Montpellier de l’écologie punitive ». Quant à Isabelle Perrein, qui s’est fait connaître en répertoriant les nids-de-poule et veut redonner toute sa place à la voiture, la notaire imagine un tunnel sous le rond-point du grand M. Osé mais moins que le dôme végétalisé imaginé par l’IA pour Rémi Gaillard avenue de Toulouse.

    Côté urbanisme, le maire sortant, qui prévoit 10 000 logements à prix abordables dont 4 000 en bail réel solidaire, promet de préserver les deux tiers des terres agricoles grâce au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Insuffisant pour Jean-Louis Roumégas qui prône le « zéro artificialisation nette » pour « arrêter l’étalement urbain sur les espaces naturels et terres agricoles ». Même logique chez Nathalie Oziol qui dit stop au « bétonnage ». À l’extrême gauche, Max Müller entend réquisitionner 13 000 logements vides pour loger les sans-abri. À droite, Mohed Altrad veut doubler le parc de logements sociaux et accession à la propriété dès 15 ans en HLM vu en « tremplin et non comme un enfermement ». Isabelle Perrein veut « rénover plutôt que construire ».

    Sur la sécurité, la droite et son extrême font comme toujours dans la surenchère. France Jamet rêve de doubler les effectifs de police municipale et les caméras, Thierry Tsagalos les tripler. Mohed Altrad veut instaurer un « couvre-feu » pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans après 22h. Du Robert Ménard dans le texte. Même chose pour Isabelle Perrein qui ajoute « l’expulsion des logements sociaux pour fauteurs de troubles ». À noter que Philippe Saurel qui veut 100 à 200 policiers de plus, abandonnera le projet d’hôtel des sécurités jugé trop éloigné à Celleneuve. À gauche, Michaël Delafosse musclera les effectifs de police municipale (+100 agents) et les caméras (1 000 au total). Seul Max Müller veut « désarmer la police municipale, dissoudre les polices des transports et du logement ».

    Déchets : quelle option ?

    Sur le social, la gauche est de loin la mieux armée. Le maire promet de créer un « office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement ». Nathalie Oziol une « régie publique de l’énergie avec tarification sociale » et une « cantine bio à bas prix ». Avec Jean-Louis Roumégas, elle serait même « gratuite » (Altrad aussi) avec des « épiceries municipales à prix coûtant dans les quartiers populaires ». À droite, Isabelle Perrein imagine des maisons de santé et un handipass.

    Enfin, face au « fiasco historique » qui voit Montpellier exporter ses déchets, Michaël Delafosse propose un nouvel outil : une chaudière pour combustibles solides de récupération (CSR) à la place de l’usine Ametyst. Une technologie moderne mais méconnue dont quasiment tous ses adversaires dénoncent les dangers potentiels. « La santé des Montpelliérains n’est pas négociable », assène Mohed Altrad sans ne rien proposer d’autre. Isabelle Perrein préférerait un incinérateur, Thierry Tsagalos une nouvelle usine de traitement à bilan carbone neutre. À gauche, Jean-Louis Roumégas veut muscler le tri à la source et le compostage. Pareil pour Nathalie Oziol qui renvoie à une grande consultation. Un des sujets pour le fameux RIC que l’Insoumise, Jean-Louis Roumégas ou Max Müller promettent aux électeurs.

    « Nous créerons un office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement »

  • Des listes fragmentées font face à Delafosse

    Des listes fragmentées font face à Delafosse

    Le 15 mars, pas moins de 10 listes affronteront Michaël Delafosse. C’est certes 3 opposants de moins que ce qu’avait connu Philippe Saurel défait en 2020 mais c’est beaucoup. Au point qu’on se demande si, par leur incapacité à s’entendre, les adversaires du maire sortant ne seraient pas ses meilleurs alliés.

    D’autant que la division n’épargne aucune tendance politique. À la gauche de la majorité sortante, deux listes se tirent la bourre. Celle de la députée Insoumise Nathalie Oziol apparaît de loin la mieux placée. Moins par sa modeste notoriété que grâce au travail de sape de troupes LFI organisées dans les quartiers populaires. Crédités de 15 à 17%, les Insoumis qui dézinguent le « maire macroniste » et promettent une « politique de rupture » (bien que floue sur le traitement des déchets), semblent avoir du mal à capitaliser sur le score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (40%). La seconde liste assumée à gauche est celle du député écologiste Jean-Louis Roumégas. Si le Printemps montpelliérain avance des propositions séduisantes, sa dynamique paraît en panne. La faute à l’éternelle division des écologistes qui a conduit au départ de Julia Mignacca ou de Nordine Maktoubi.

    La droite n’est pas davantage unie. Si Les Républicains sont absents, vaccinés par la claque reçue en 2020, ils soutiennent Isabelle Perrein, de même que l’UDI et le MoDem. Partie la première arpenter le terrain pour se faire connaître, la notaire surfe sur la colère des automobilistes et les nids-de-poule dus aux travaux. On a cru qu’elle aurait le soutien de Mohed Altrad, en vain. Exaspéré de ne pouvoir acheter le stade de rugby à la Métropole, le milliardaire retente sa chance dans l’espoir de régler ses comptes. Entrepreneur à succès, sa stratégie politique interroge. Lui qui n’a jamais siégé au conseil municipal et refuse de participer aux débats de la campagne.

    Philippe Saurel de retour

    Deux autres listes sont difficiles à classer. Soutenu par le mouvement Utiles, Philippe Saurel qualifie la sienne de « divers gauche, citoyenne et écologiste » mais plusieurs colistiers, sans être encartés, sont centristes ou de droite. À 68 ans, l’ancien socialiste fâché avec ses ex-amis remet les gants pour un troisième round contre le PS. Apprécié de nombreux Montpelliérains, le baron de Caravète connaît très bien la ville et ses traditions. Peut-il recréer la surprise en s’étant déclaré aussi tard ? Rémi Gaillard retente lui aussi sa chance. Adepte du « tous pourris », aux frontières des invectives diffamantes et des théories du complot, « l’humoriste » aux propositions farfelues à base d’IA a fait de M. Delafosse sa tête de Turc. Franchira-t-il la barre fatidique des 10% pour continuer son cirque au 2e tour (9,58% en 2020) ?

    Alliances improbables ?

    Rares sont les villes où l’extrême droite n’est pas une menace. Montpellier est l’une d’elles, ce qui, là encore, n’empêche pas la division. Déjà candidate en 2014, la députée européenne France Jamet a obtenu l’investiture du RN au nez et à la barbe de Thierry Tsagalos, passé dissident. Enfin, à l’autre bout de l’échiquier politique, figurent deux listes d’extrême gauche. L’une est menée par Morgane Lachiver pour Lutte ouvrière. L’autre par Max Müller pour Révolution Permanente. Créditées de 1 à 2%, elles ne devraient pas peser lourd.

    Dans cette équation à 10 inconnues, l’enjeu est de savoir qui obtiendra le meilleur score face au maire ? Et qui fera plus de 10% pour pouvoir se maintenir au 2nd tour ? Outre celle de Nathalie Oziol, les listes de Mohed Altrad, Philippe Saurel ou Rémi Gaillard semblent les mieux placées pour y parvenir. Attention toutefois aux sondages dont les marges d’erreur sont grandes (jusqu’à + ou -4%) et moins fiables sur des élections locales. Quoi qu’il en soit se posera au 2e tour la question des alliances. En 2020, certaines avaient surpris voire choqué, écœuré. Perrein peut-elle rallier Altrad ? Saurel fusionner avec Gaillard ? Roumégas rejoindre enfin Oziol ? Impossible à dire, tout dépendra des écarts et des motivations de chacun. Michaël Delafosse a, lui, déjà annoncé que sa liste resterait identique.

  • Municipales : Michaël Delafosse annonce être candidat pour « continuer à transformer Montpellier »

    Municipales : Michaël Delafosse annonce être candidat pour « continuer à transformer Montpellier »

    « Par amour pour Montpellier, par ambition et exigence pour notre ville et l’envie de poursuivre cette transformation ». C’est par ces mots que Michaël Delafosse vient d’annoncer à Midi Libre les raisons qui le poussent à briguer un second mandat à la mairie de Montpellier.

    Pour la plupart des observateurs, ce n’est pas vraiment une surprise. Pourtant, à cause des menaces répétées des narcotrafiquants et en raison de son attachement à l’équilibre familial, l’édile socialiste a préféré prendre le temps de la réflexion. Mesurant aussi l’ampleur de la tâche que celle de diriger la 7e ville de France et sa Métropole de plus d’un demi-million d’habitants à la croissance démographique exponentielle. « J’ai acquis davantage d’expérience et de solidité qui me permettent de mieux agir pour Montpellier et dans ma vie privée », confie-t-il.

    Son premier mandat n’aura pas été un parcours de santé. Débuté en pleine crise Covid, handicapé par le désengagement de l’État et l’inflation amplifiée par la guerre en Ukraine, il aura malgré tout permis de concrétiser la plupart des promesses faites aux électeurs en 2020.

    La plus marquante reste la réalisation de la 5e ligne de tramway (inaugurée le 20 décembre 2025) couplée à la gratuité des transports en commun pour tous les habitants de la métropole. Une mesure que la plupart de ses opposants prétendaient « impossible ». D’autres gains de pouvoir d’achat et coups de pouce ont été offerts aux habitants via la création de la mutuelle communale, les 15 premiers m3 d’eau gratuits ou encore la tarification sociale dans les cantines scolaires pour les familles les plus modestes. Au prix certes d’un endettement accru. « On a investi pour 50 ans », répond le maire.

    Après la gouvernance Saurel (2014-2020) jugée pantouflarde par l’actuelle majorité de gauche, le mandat qui s’achève aura été celui des grands chantiers. 5e ligne de tramway, liaison des deux gares, première ligne de bustram, pistes cyclables, de l’Esplanade et de nombreuses places… Ces dernières années, les grues ont investi nombre de quartiers pour transformer les déplacements et le cadre de vie des habitants. Un grand chamboulement qui a forcément généré des nuisances (bruit, embouteillages…) et donc une part de mécontentement. L’élu socialiste assume en invoquant son mentor en politique et bâtisseur. « Je dois beaucoup à Georges Frêche, je sais combien il faut agir ».

    En 6 ans tous azimuts, Michaël Delafosse estime avoir « rattrapé le retard ». Désormais, il souhaite poursuivre son engagement pour un second « mandat de consolidation, de poursuite de transformation de la ville ». Plus apaisé donc même si à l’image des 4 lignes de bustram ou des opérations de rénovation urbaine menées conjointement avec l’État à la Mosson, il lui reste des chantiers majeurs à mener à terme.

    Dans les prochaines semaines, en vue des élections des 15-22 mars, le maire sortant va présenter ses nouveaux engagements pour Montpellier. Son équipe se tient prête. Des socialistes, des communistes, des écologistes… mais aussi des militants d’autres partis de gauche (Place Publique, PRG, Parti animaliste,…) ainsi que des membres de la société civile. En milieu de semaine, ces derniers avaient appelé de leurs vœux une candidature de leur capitaine. Au contraire de 2020, ils espèrent une campagne « digne » de leurs opposants.

    Avec cet engagement du maire sortant, la campagne 2026 s’accélère. Jeudi 15 janvier, la candidature du milliardaire Mohed Altrad avait été un fait majeur. Suivi le lendemain par l’investiture du RN accordée à la députée européenne France Jamet (soutenue par l’UDR). En milieu de semaine prochaine, l’ancien maire Philippe Saurel pourrait lui aussi se dévoiler et entrer dans la course.

    Jusqu’ici, deux députés s’étaient déjà déclarés. L’Insoumise Nathalie Oziol ainsi que l’écologiste Jean-Louis Roumégas. La notaire Isabelle Perrein a déjà le soutien de l’UDI. D’autres prétendant affirment vouloir monter une liste : l’élue d’opposition Alenka Doulain avec Cause Commune, Max Müller avec Révolution permanente, ou Thierry Tsagalos bien que privé de l’investiture du RN et qui risque l’exclusion. Tous vont désormais pouvoir débattre projet contre projet avec le maire candidat. Michaël Delafosse, que deux sondages donnent favori, se dit prêt à défendre son bilan et son projet pour l’avenir. « J’ai un cap pour Montpellier », assure-t-il.

  • Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Invisible à Montpellier depuis 2017, l’actuelle députée européenne d’extrême droite France Jamet est de retour. Plus revancharde que jamais 12 ans après son échec en 2014 (13,8% au 1er tour puis 9,18% au 2e tour), l’héritière du co-fondateur du Front national vient d’annoncer avoir été investie aux municipales par le Rassemblement national (RN) avec la bénédiction de l’Union des droites pour la République (UDR) d’Eric Ciotti.

    Une investiture obtenue de Paris au nez et à la barbe de Thierry Tsagalos qui s’autoproclamait candidat du RN depuis plusieurs semaines. « Il s’est obstiné, il a préféré jouer une carte personnelle. C’est dommage, il va être exclu. Quand on a une machine de guerre comme la nôtre, on doit mettre nos forces en commun », tranche France Jamet.

    Fille d’Alain Jamet (décédé récemment), le co-fondateur du FN aux côtés de Jean-Marie Le Pen , France Jamet a de solides appuis au sommet de l’état major du RN. Le député pro-Eric Ciotti, Charles Alloncle (UDR), l’a bien compris. Opportuniste, il sera en bonne position sur la liste RN au contraire de son suppléant Thierry Tsagalos. De même que Flavia Mangano, ancienne candidate RN aux législatives sur la 2e circonscription de l’Hérault. Un troisième colistier a été dévoilé : Alex Frederiksen, collaborateur de la députée Manon Bouquin (RN).

    Le RN qui n’a jamais scoré à Montpellier ambitionne moins de rafler la ville que d’y gagner en influence. Comme les autres opposants déclarés, France Jamet s’inscrit dans une « volonté de rupture » avec la politique municipale actuelle. A l’instar de Mohed Altrad, déclaré candidat la veille ou de l’ancien maire (2014-2020) Philippe Saurel (qui pourrait lui aussi se dévoiler dans les prochains jours), elle fustige les 2 milliards de dette de la Ville (un audit des finances sera réalisé) et promet de faire des « économies ». La solidarité devrait trinquer. « On supprimera les subventions à SOS Méditerranée », illustre-t-elle. En revanche, au vu du succès populaire, pas question de faire marche arrière sur la gratuité des transports en commun.

    A l’image d’Isabelle Perrein, autre candidate divers droite soutenue par l’UDI, France Jamet cible la circulation embouteillée en ville. Elle promet de rouvrir le tunnel sous la Comédie et l’avenue Albert Dubout. « Le tout vélo ne marche pas, il faut plus de parkings. On doit en finir avec cette politique répressive des automobilistes et sortir de cette dictature écologiste ».

    Alors même que son parti prône le repli sur soi (protectionnisme, frontières, droit du sang…), elle trouve que « Montpellier s’est trop renfermée sur elle-même. Rien n’a été fait vis-à-vis de Toulouse. Montpellier doit retrouver sa place en s’ouvrant ».

    Enfin, sans surprise, elle compte axer sa campagne sur la sécurité. Tandis que l’actuelle majorité a déjà créé des brigades des transports et du logement social, elle joue la surenchère avec « plus de caméras, de policiers municipaux équipés ». « On doit abandonner le laxisme ». France Jamet, elle, n’a rien perdu de sa hargne.